dimanche 9 février 2014

Regardes moi...made in Mali.

Regarde-moi…made in Mali!

Regarde-moi, je suis le Mali d’en bas,
Le chômage et la misère, c’est moi qui les combat
Regarde-moi, je l’ai la même nationalité et le même sang que toi
La sueur et la valeur, c’est moi qui les connait
Regarde-moi j’ai les mêmes devoirs mais pas les mêmes droits que toi!

Regarde-moi je m’appelle Moussa, ce jeune homme de l’IPEG au sourire radieux que tu dépassais chaque matin le regard froissé dans ta mercedès classée XL qui te ramenait à Liberté A!

Regarde-moi je m’appelle Binta, cette jeune fille pleine d’élégance et de vie qui te fais cuire tes frou-frous et tes gnômis tous les matins avant que tu ailles rejoindre le regard glacé ton ministère et tes employés!

Regarde-moi je m’appelle Oumar, ce prantikè de rail-da n’ayant pas eu la chance d’étudier comme toi, fatigué de sa journée de travail de la veille, et quand même prêt jour après jour à t’amener et te ramener de ton lycée!

Regarde-moi, je m’appelle Ag, ceci n’est pas mon prénom mais bien mon nom, mais appelle moi comme tu voudras, je ne suis ni rebelle, ni apatride, contrairement à ce que tu penses, je suis encore plus patriote et malien que toi, et ne t’étonnes pas que je parle mieux le bambara et que je connaisse mieux l’histoire et la culture du Sud que tu ne connaisses l’histoire et la culture du Nord! Regarde moi!

Regarde-moi je m’appelle Astan, cette jeune étudiante sans famille à Bamako, qui ne demande qu’à étudier et à réussir dans la vie pour retourner auprès de ses parents au village, mais qui doit se plier toutes les années à tes grèves et à tes assemblées générales! Regarde-moi je n’ai pas les mêmes chances que toi, alors je t’en prie ne fous pas en l’air les miennes!

Regarde-moi, je m’appelle Abdoulaye, premier de ma promotion, j’ai dû lutter dur pour en arriver là mais je n’ai pas eu la chance de me rebeller pour pouvoir bénéficier d’une entrée sans diplôme dans l’administration de l’Etat! Regarde-moi!

Regarde-moi, je m’appelle Chacka, jeune cultivateur des rizières de Niono, je me lève plus tôt que toi tous les matins et me couche plus tard que toi tous les soirs, mais contrairement à toi je n’ai pas droit aux mêmes loisirs, ni aux mêmes plaisirs de la vie, ni même aux mêmes reconnaissances, et pourtant Dieu sait combien je donne de moi pour toi!

Regarde-moi, je m’appelle MALI!

Regarde-moi…!!!

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Tres belle satyre que les satyrs du Mali de la democratie devraient reflechir et faire de l'egalite des droits et des chances une priorite.
De grace, qu'ils aient la grandeur d'ame de ne pas oublier le triste sort des chacka, des astan, des Ag, qui triment au quotidien, ils ont comme les hauts d'en haut le droit aux plaisirs, aux loisirs, bref au bonheur. J'ose esperer de tout mon coeur que le Mali nouveau soit synonyme d'egalite dans la repartition des biens et des chances. Merci encore une fois mon cher Mao.
fatogoma M ouattara