mardi 19 mars 2013

Page 1 sur 19 MANIFESTE DU MOUVEMENT POUR LA RENAISSANCE DU MALI « Il suffit, pour que le mal triomphe, que les hommes de bien se taisent et ne fassent rien ». Edmund Burke. Page 2 sur 19 MANIFESTE Du Mouvement pour la Renaissance du Mali: Une Nouvelle République pour un Mali Nouveau. Hier, il y a un demi-siècle, le 22 septembre 1960, la République du Mali renaissait des cendres des Grands Empires médiévaux qui jadis illuminèrent l’Afrique. Ils furent parmi les plus belles constructions étatiques de tous les temps. Le 22 septembre 1960 fût avant tout un acte de foi. Un Peuple uni, un Peuple debout, doté d’ambitions fortes, proclama à la face du Monde qu’il entendait assumer pleinement son destin et devenir un acteur majeur de la construction de l’histoire de l’humanité. Les pères de l’indépendance, Modibo Keïta et ses compagnons de l’Union Soudanaise RDA se sont sacrifiés pour l’indépendance du Mali. Ils se sont totalement dédiés à la construction d’un Mali moderne, enraciné dans ses valeurs de civilisation tout en étant ouvert aux Autres. Ils ont fait appel au meilleur des Maliens pour mettre en oeuvre un projet d’indépendance nationale et de justice sociale. De fortes oppositions politiques, puis le coup d’état militaire du 19 novembre 1968 brisèrent cet élan national. Les injustices sociales et l’arbitraire se conjuguèrent à la paupérisation pour plonger le Mali dans une longue nuit. Après 23 ans d’un régime militaire obscurantiste, Mars 1991 fût, assurément, l’une des plus belles expressions de la détermination du peuple malien qui brava avec un courage exemplaire la répression pour en finir avec l’ignominie. En accomplissant la Révolution du 26 mars 1991, les Maliens aspiraient à un changement fondamental de société. Ils exigeaient une lutte implacable contre la corruption, l’instauration d’une démocratie pluraliste et d’une société de progrès et de justice sociale. Le Mouvement démocratique, qui abattît la dictature, s’attacha à mettre en oeuvre les idéaux du 26 mars et à relever les défis de la construction d’une nouvelle République. Toutefois, ensemble hétéroclite composé de plusieurs partis, associations et syndicats qui ne disposèrent que de peu temps pour apprendre à travailler ensemble, il s’est rapidement disloqué à l’épreuve de la conquête et de l’exercice du pouvoir d’Etat. Malgré les efforts consentis, la Révolution de Mars 1991 n’a pas donné tous les fruits escomptés. Les maux se sont, à nouveau, peu à peu accumulés : la perversion des valeurs sociétales, la dégradation de l’École, le dépérissement de l’autorité de l’État sous l’effet de la corruption à grande échelle, la généralisation de l’incivisme, Page 3 sur 19 l’injustice et l’impunité. Le mensonge et la trahison, la méchanceté et la médiocrité nous ont envahis. Le Mali s’est éloigné, chaque jour davantage, des valeurs qui ont fait sa trace dans l’histoire. La débâcle des forces armées dans le Nord du pays était la résultante d’une décennie de mauvaise gouvernance. L’Armée malienne a été victime d’une décennie d’abandon, de corruption, de dilution du professionnalisme, d’érosion des principes républicains, de destruction des valeurs morales… L’affairisme et les trafics ont ruiné l’honneur de nombre d’officiers supérieurs. Les errements du général ATT ont abouti à la désorganisation totale des forces armées et de sécurité, à la dilution de leur professionnalisme, à leur sous-équipement, à leur démoralisation totale et à la perte de leur capacité combattive. Aujourd’hui, Les institutions de la Troisième République se sont effondrées. Le Mali traverse une crise profonde, la plus grave de son existence depuis son accession à la souveraineté internationale, marquée par :  Le discrédit des élites politiques qui ont tourné le dos aux aspirations fondamentales de progrès social et de justice des populations, pour s’abimer dans la corruption ;  Le délabrement des forces armées et de sécurité ;  L’échec de l’expérience démocratique, qui a été dévoyée par ceux-là mêmes qui avaient porté le flambeau pour l’avènement d’un Mali pluriel débarrassé des scories des 23 années de la dictature militaire du général Moussa Traoré ;  Les traumatismes causés par la partition de facto du territoire national (d’avril 2012 à janvier 2013) suite à l’occupation des trois régions du Nord par des groupes armés coalisés qui n’ont cessé de martyriser les populations locales;  Le désarroi des populations face à l’amplitude de la crise et l’absence de solutions à court terme… Nous sommes comme au fond d’un trou, punis par nos fautes, nos incohérences, nos petitesses, notre soumission aveugle au présent, notre goût de la facilité, notre propension à accepter la médiocrité, à tolérer les mensonges, à ne pas s’insurger contre la méchanceté et l’injustice. Beaucoup de nos concitoyens et, surtout, les jeunes, sont abattus, frustrés, paralysés par les incertitudes du présent et la peur du lendemain. Ils ont perdu l’espoir que la vie peut être meilleure demain. Aujourd’hui, la généralisation des pratiques corruptives fait croire à de nombreuses personnes que l’on peut réussir dans la vie sans fournir aucun effort. Devenir riche en un clin d’oeil, être un propriétaire terrien en spoliant les braves populations rurales et usant de prête-noms, piller les deniers publics avec l’assurance de l’impunité, réussir à un concours administratif grâce à l’argent … Page 4 sur 19 Nos repères sont perdus. Notre société est malade. Aujourd’hui, l’individualisme a remplacé la Solidarité, le sens de la communauté qui prévalait autrefois. Chacun est barricadé désormais dans la défense de son intérêt propre. Chacun revendique ses droits en oubliant d’accomplir ses Devoirs vis-à-vis de la Société. C’est seulement à travers un véritable examen de la conscience collective, afin de déterminer les raisons profondes qui nous ont conduits à la perdition actuelle, que nous pourrons forger les instruments de la reconstruction de la Nation. La voie pour sortir du chaos est étroite. Soyons clairs : la solution réside en nous-mêmes. Il faut aller au fond de nous-mêmes pour trouver les clés de la renaissance. Un débat national s’impose. Il établira l’état de la Nation et déterminera les causes de l’effondrement global du pays. A travers des discussions approfondies entre toutes les composantes de la nation malienne, il conduira à l’avènement d’une Nouvelle République, juste et solidaire. Il nous faut penser par nous-mêmes, pour nous-mêmes, les solutions à la crise actuelle. C’est à travers un dialogue rigoureux que les Maliens reconstitueront leur unité nationale, refonderont un Nouveau Contrat Social et forgeront ensemble les voies et moyens pour recouvrer l’intégrité territoriale de leur pays. La solution à la crise malienne viendra d’abord des Maliens eux-mêmes. Car, nul ne peut connaitre l’ampleur des difficultés actuelles que les Maliens eux-mêmes. Nul ne peut engager le Mali sans l’accord expresse des Maliens. Nul ne peut se substituer à la volonté souveraine du Peuple Malien. Nul ne peut aimer le Mali plus que les Maliens. Nul ne peut être plus meurtri que les Maliens eux-mêmes par l’effondrement institutionnel, la partition de fait du pays, l’état déplorable des forces armées et de sécurité, la catastrophe humanitaire affectant le nord du pays, les conditions infra-humaines que vivent les populations déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Chaque Malien porte le fardeau de la crise actuelle dont la solution réside dans la conjugaison des intelligences et des bonnes volontés de toute la Nation malienne. Cette Conférence nationale sera un moment de réappropriation de notre destin, un moment de redéfinition des termes d’un Nouveau Contrat Social, un moment de Refondation de la Nation Malienne qui est meurtrie dans sa chair. Alors, nous pourrons sortir le pays de la crise profonde dans laquelle il est plongé depuis le coup d’état du 22 mars 2012. Page 5 sur 19 Que Voulons-Nous ? Fonder le Mouvement pour la Renaissance du Mali : Nous voulons créer un vaste Mouvement pour la Renaissance du Mali, un Mouvement, animé par des hommes et des femmes nouveaux, qui s’attèleront à la transformation qualificative de la société malienne. Nous ressusciterons les valeurs profondes sur lesquelles reposaient jadis la société malienne: courage, franchise, respect de la parole donnée, sens de l’intérêt collectif, engagement pour l’Autre, recherche constante de la vérité… Nous rétablirons la confiance entre les gouvernants et les gouvernés, entre les Maliens et les Maliennes en mettant fin à l’obscurantisme qui a obstrué, jusqu’à présent, la voie à l’émergence de forces politiques saines capables de proposer des projets de transformation sociale robustes et enthousiasmants. Dans le Mali Nouveau que nous construirons ensemble, nul ne sera au-dessus de la loi, nul ne bénéficiera de privilèges indus, nul ne pourra utiliser sa fonction pour tricher, pour spolier les Maliens de leurs terres, faire admettre un parent à un concours administratif, briser des vies humaines à travers des mesures administratives arbitraires… Une nouvelle élite politique et administrative doit émerger, totalement dévouée au respect de la chose publique, à la satisfaction du bien-être moral et matériel des Maliens grâce au triomphe du Bien Commun. Le Mouvement pour la Renaissance du Mali oeuvrera pour l’émergence d’une Nouvelle Génération d’hommes publics qui se dédiera à la résolution des problèmes de la société malienne et qui sera ainsi le vecteur d’un Mali nouveau réconcilié avec lui-même. Nous voulons bâtir un Mali nouveau, réconcilié avec son histoire, ses valeurs traditionnelles positives. Un Mali respectueux du passé, mais résolument tourné vers l’Avenir et déterminé à écrire une nouvelle page de l’histoire de l’Afrique. Nous voulons redonner au Mali sa dignité qui a été bafouée par ceux-là mêmes qui dirigeaient l’État. Nous voulons que le Mali redevienne un pays libre, maître de sa destinée et porteur d’espérances pour les peuples d’Afrique et du Monde. Nous voulons bâtir une Nouvelle Société fondée sur le Travail créateur de toute la Nation, sur la Justice sociale et le Bien Commun. Une Nouvelle Société où l’Etat ne Page 6 sur 19 sera plus un instrument d’enrichissement des dirigeants et un moyen d’oppression du Peuple. Nous voulons bâtir un État juste, impartial et solidaire au service de Tous. La restauration de l’autorité de l’État passe inéluctablement par le triomphe de l’intérêt national et la fin de l’impunité. L’incivisme est la fille naturelle de la mal-gouvernance. C’est l’une des expressions du rejet par le petit peuple des dirigeants corrompus qui pillent les deniers publics au lieu d’oeuvrer à la résolution des problèmes de la Nation. Adhérer au Mouvement pour la Renaissance du Mali, c’est accepter de travailler pour le triomphe de la dignité du Peuple Malien sans attendre d’autre récompense que la reconnaissance des sacrifices consentis et du service bien fait ; c’est se dédier à la cause du progrès de la Nation malienne ; c’est se soumettre à la discipline sans laquelle il n’est pas possible de construire une oeuvre durable. Adhérer au Mouvement pour la Renaissance du Mali signifie que l’on est fondamentalement attaché aux valeurs démocratiques, à la libre expression de chacun, à la prise en considération de la différence de chacun. Chaque militant et militante du Mouvement pour la Renaissance du Mali doit être un exemple vivant des vertus de la société malienne, à savoir : l’honnêteté, l’humilité, la rigueur morale et sociale, le dévouement à sa famille et à son pays, la capacité de don de soi… Nul n’instrumentalisera le Mouvement pour assouvir ses ambitions personnelles. La liberté d’expression garantira la solidité du Mouvement et favorisera l’avènement, en son sein et, dans le pays, d’une démocratie participative féconde nourrie à la sève de l’apport positif de chacun. Le Mouvement pour la Renaissance du Mali sera un forum de débats féconds, un espace d’enrichissement collectif et individuel, un tremplin visant à permettre à chacun de donner le meilleur de lui-même pour le bien collectif. Faire la Politique Autrement et Gouverner Autrement : Nous voulons fonder une démocratie participative où les citoyens seront effectivement les acteurs de la transformation qualitative de la société malienne. Le Mouvement pour la Renaissance du Mali sera l’acteur des Changements fondamentaux qu’attend le Peuple du Mali. Une Nouvelle génération d’hommes publics doit prendre la responsabilité de dessiner les contours du Mali nouveau. Page 7 sur 19 Il s’agit de mettre fin au Système de Démocratie factice qui a été synonyme de Misère, de Pauvreté, d’Abandon de l’École, de dilution de nos Valeurs, de propagation de la Corruption, de blanchissement d’argent et de trafic de drogue, de la perte de souveraineté sur le Nord de notre pays… Nous Voulons une Démocratie de tous les instants. Nous n’abdiquerons plus devant les politiciens notre droit à l’information, à la transparence des décisions publiques. Le Peuple Malien doit être informé sur tout ce qui touche au devenir de la Nation. Nous exigeons la publication des comptes publics, l’accès des citoyens à tous les actes administratifs qui les concernent. Nous voulons une administration citoyenne, transparente, équitable et efficace dédiée à la satisfaction des exigences de progrès des Maliens. C’est à ce prix que nous relèverons les défis qui nous assaillent :  la restauration et la consolidation de l’unité nationale,  le redressement de l’Armée,  la construction d’un nouveau système démocratique fondé sur l’équilibre et la séparation effective des pouvoirs, l’Etat de droit, l'indépendance de la justice et des médias,  le respect des contre-pouvoirs institutionnels,  la responsabilité et la transparence à tous les échelons de l’appareil politico-administratif,  la création d’une véritable démocratie participative au plan régional… Nous Voulons l’avènement d’une République Nouvelle où chacun sera à la place qu’il mérite, où les dirigeants seront, avant tout, les Serviteurs du Peuple Malien. Les Maliens ne doivent plus jamais dire : An Bè Sa I No Fè (Nous mourrons pour toi). C’est au dirigeant de se sacrifier pour le Bonheur du Peuple. Nous bâtirons, ensemble, un État fort, impartial, qui sera totalement dédié au service du Bien-être moral et matériel de la Nation Malienne. Les axes fondamentaux du Changement : La reconstruction d’un appareil d’Etat robuste, condition sine qua none de la Renaissance de la Nation malienne: Le Mali ne pourra se relever sans l’affirmation d’un nouvel Etat, impartial et solidaire, piloté par des dirigeants compétents, intègres, dotés d’une vision robuste du Mali et de l’Afrique. Il faut un appareil d’État légitime et robuste pour:  rassembler les Maliens autour d’un Nouveau Contrat Social ; Page 8 sur 19  restaurer l’autorité de l’Etat qui a disparu parce que l’État malien était foncièrement corrompu et injuste ;  forger les voies et moyens de la de la consolidation de l’unité nationale ;  assurer la sécurité intérieure et extérieure du pays ;  assumer pleinement un rôle majeur dans la lutte contre le terrorisme islamiste et la criminalité transfrontalière qui gangrènent présentement la bande sahélo-saharienne… La Refondation de l’Armée malienne : Il nous faut redéfinir la structure des missions de l’Armée en prenant en considération l’état de guerre qui a été imposé à notre peuple par les groupes terroristes coalisés et les nouvelles menaces découlant de l’environnement géopolitique régional et international. Il s’agira d’élaborer et d’appliquer un Plan décennal de modernisation, de formation et d’équipement des forces armées nationales. Plus globalement, il faudra réconcilier le Peuple malien avec son Armée afin de donner naissance à des forces armées patriotiques et républicaines animées d’un sens aigu de leur devoir à l’égard de la Nation malienne. Seule une Armée réconciliée avec son Peuple et soutenue par celui-ci sera en mesure d’assumer la tâche fondamentale de protection du territoire national vis-à-vis des menaces externes. La Justice pour tous les Maliens : Nous voulons la Justice pour tous les Maliens : Jeunes, Femmes, Enfants, Paysans, Ouvriers… La restauration de l’autorité de l’Etat passe immanquablement par la réhabilitation de la Justice qui doit être égale pour tous sans autre considération que celle de dire le Droit, rien que le Droit. Nous instaurerons une Justice égale pour tous les fils de la Nation. Les juges seront responsables de leurs actes. Toutes les décisions de justice seront immédiatement publiées. Fini le temps où on pourra rendre des décisions contraires à la loi pour servir des desseins inavoués. Fini le temps où les jugements sont négociés avant d’être rendus. Nous mettrons fin aux spoliations foncières, à l’injustice foncière, aux brimades administratives infligées aux citoyens par des agents indélicats (Eaux et Forets, agents des services déconcentrés l’État…). Tolérance zéro pour la corruption. La corruption a atteint, au cours des dix dernières années (2002-2012) une ampleur inégalée dans notre pays. Page 9 sur 19 Nous mènerons une lutte implacable contre la corruption dans tous les domaines d’activités de la Nation malienne. Car, elle inhibe notre capacité à sortir du sous-développement économique et social. Nous veillerons à la bonne gestion des deniers publics en mettant en place les mécanismes appropriés pour assurer la transparence et l’efficacité des dépenses publiques. Nul ne pourra s’enrichir impunément sur le dos du Peuple Malien. L’École : La situation de l’Ecole malienne est intolérable, inacceptable et injustifiable. En tant que Nation, nous portons la responsabilité collective de l’échec de l’Ecole Malienne. Tous, nous avons créé les conditions d’un naufrage collectif. Nous avons accepté de voir l’Ecole dériver vers la situation actuelle où les «années scolaires» ne dépassent pas un trimestre, où l’on forme des néo-analphabètes, inaptes à résoudre leurs propres problèmes, incapables d’assumer un emploi, inutiles à leurs familles et à leur pays? Il existe un seul passeport universel sur cette planète, c’est le Savoir, qui permet à l’individu de forger son propre destin, d’apporter sa contribution au devenir de la société. Le Savoir est la clef pour la compréhension d’un Monde de connaissances inépuisables. Le Savoir permet de dialoguer avec tous les peuples de la Terre. Nous agirons avec diligence et fermeté pour que l’École retrouve sa fonction initiale, c’est-à-dire, un lieu d’acquisition du savoir, de formation intellectuelle, professionnelle et morale des fils du pays. Nous ferons en sorte que l’École redevienne un lieu d’acquisition des savoirs, un lieu de formation intellectuelle, un centre d’apprentissage de la morale et des règles fondamentales d’une citoyenneté fondée sur les valeurs cardinales de la société malienne : Respect des Aînés, sens du Devoir à l’égard de la Société, Connaissance de Soi-même (Yeredon), apprentissage de la générosité, de l’abnégation, du Don de Soi, de la capacité à s’élever au-dessus de sa propre personne pour faire triompher le Bien Commun. Fonder une Nouvelle Économie Nous voulons le Changement afin que notre Peuple sorte de la misère. Nous fonderons une Nouvelle Economie qui marquera une rupture fondamentale. Nous proclamons qu’il faut désormais Compter sur nos propres forces. Le développement sera, avant tout, le fruit de l’effort collectif intelligent de la Nation malienne, car, personne ne construira le Mali à la place des Maliens. Nous romprons avec l’économie de pauvreté actuelle pour promouvoir une Économie de création de richesses qui générera des emplois productifs, notamment, pour les jeunes, permettra l’augmentation des revenus et donnera à l’État les moyens de Page 10 sur 19 renforcer la solidarité entre les Maliens grâce à une lutte conséquente contre les inégalités sociales. Les atouts sont là. Il s’agit, ici et maintenant, de conjuguer les avantages comparatifs du pays, de les valoriser en prenant les mesures politiques appropriées (législation, renforcement des expertises, investissements publics, partenariat public-privé, accueil des investissements directs étrangers…) afin de transformer le visage économique de notre pays. Pour sortir le Mali de la pauvreté et créer des emplois pour les Cent Mille (100 000) jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail, il faut rompre avec le rythme et la structure du taux de croissance actuel. Nous accorderons une attention particulière à cinq principaux secteurs, qui seront les vecteurs de la croissance et du développement économique, car ils recèlent les plus grandes potentialités en termes de création d’emplois productifs et de génération de revenus. Ainsi, s’agira-t-il de :  développer l’agro-industrie à travers la transformation et l’exportation des produits agricoles;  renforcer le secteur minier à travers le développement d’une industrie manufacturière compétitive;  créer une industrie nationale dans le secteur des BTP à travers la modernisation et le renforcement des capacités de l’entreprenariat local dans ce secteur ;  développer le trinôme Tourisme-Culture-Artisanat qui donnera un rayonnement exceptionnel au Mali sur la scène internationale ;  promouvoir l’utilisation systématique des technologies de l’information et de la communication afin de propulser le Mali sur l’orbite de la mondialisation et lui permettre de participer pleinement à la construction de l’histoire de l’Humanité. Grâce à la modernisation de l’agriculture et à l’émergence d’une agro-industrie exportatrice, nous assurerons la Sécurité alimentaire pour tous. Nous ferons disparaître l’angoisse de la faim qui tiraille de nombreux maliens actuellement. D’ici cinq ans, le Mali ne doit plus être cité parmi les pays où règne l’insécurité alimentaire. Le problème du Nord et la question touareg : L’implantation d’AQMI dans le nord du Mali : A partir du début des années 2000, la situation dans le Nord du pays n’a cessé de se détériorer. Grâce à l’accord tacite du général ATT, Al-Qaeda pour le Maghreb Islamique (AQMI) s’est confortablement installé dans le Sahara malien où il disposa de sanctuaires (bases de repli) et d’une totale liberté de circulation. Ainsi, AQMI a établi des rapports de coopération étroite, à la fois, avec les trafiquants de drogue, les organisations criminelles et les groupes rebelles qui pullulent dans la zone. AQMI a mis en oeuvre dans le nord du pays une stratégie d’infiltration et d’intégration des communautés locales qui lui a permis d’apparaître comme le protecteur de celles-ci. Page 11 sur 19 Par-dessus tout, le général ATT a laissé le Mali devenir la zone de prédilection pour les activités des groupes armés s’adonnant aux enlèvements d’otages occidentaux. Grâce aux revenus importants générés par ses activités illicites, AQMI été en mesure d’accroître ses moyens d’action dans toute la bande sahélo-saharienne. Au total, du fait de l’irresponsabilité coupable du général ATT, AQMI est devenu un cancer qui a gangrené, tant le corps social dans les régions du Nord que les organes centraux de l’appareil d’Etat malien. Le Mali n’exerçait plus sa souveraineté sur une large partie de son territoire national ! En laissant AQMI agir à sa guise, général ATT donna carte blanche à cette organisation terroriste et criminelle pour déstabiliser le nord du pays et la zone sahélo-saharienne. La dégradation de la situation sécuritaire dans le nord du pays eût pour conséquences majeures le discrédit des Autorités maliennes aux yeux des élites touarègues qui profitaient de leurs palinodies incessantes pour mener à leur guise leurs opérations illicites, auprès de l’Algérie et de la Mauritanie, qui désapprouvaient sa politique, à la fois, «ambigüe» et «laxiste», et des puissances extracontinentales, qui s’acharnaient à vouloir renforcer les capacités de riposte militaire du pays dans la zone pour combattre le terrorisme tout en sachant que sans une volonté robuste au sommet de l’Etat leurs efforts demeureraient vains. L’impact négatif du conflit libyen sur la zone sahélo-saharienne : Le conflit libyen est venu aggraver la situation dans la bande sahélo-saharienne en favorisant le transfert dans cette espace géopolitique d’une importante quantité d’armes de tous calibres et le retour dans les divers pays d’un nombre important de personnes aguerries au maniement des armes. Entre le 17 janvier et le 04 avril 2012, les régions de Kidal, Gao et Tombouctou ont été victimes d’une agression armée conduite par des groupes terroristes et criminels coalisés : AQMI, le MNLA, Ansar Dine, le MUJAO, Boko Haram. Le MNLA, allié à Ansar Dine et AQMI, a sauvagement massacré plus d’une centaine de soldats de l’Armée nationale à Aguelhok. Après avoir proclamé l’indépendance de « l’Azawad » et créé un prétendu Conseil Transitoire de l’Etat de l’Azawad (CTEA), le MNLA a formalisé son alliance avec Ansar Dine en décidant, lors d’une rencontre à Gao, le 25 mai 2012, de «s’auto-dissoudre dans l’Azawad» et en mettant en place le «Conseil transitoire de l’État islamique de l’Azawad». Entre mai 2012 et janvier 2013, ces groupes terroristes et criminels ont occupé le Nord du Mali où ils ont commis des actes d’une rare barbarie à l’encontre des paisibles populations : viols, amputations, braquages, exactions, destruction des mausolées des saints… Après l’attaque surprise contre Konna, le 09 janvier 2013, le président intérimaire a sollicité l’assistance militaire de la France qui a, conséquemment, déclenché, le 11 Page 12 sur 19 janvier 2013, l’Opération Serval visant à stopper l’avancée des groupes terroristes et protéger les institutions maliennes. La résolution du problème du Nord doit être la priorité des priorités dans les semaines et les mois à venir afin de trouver une solution pérenne à la crise qui affecte l’évolution de notre pays depuis plusieurs décennies. Le Mouvement pour la Refondation du Mali articulera son action sur la base des cinq principes suivants: Premièrement, il s’agit de mobiliser la Nation entière pour faire face aux menaces de déstabilisation de notre pays. Seule une Armée soutenue par le peuple sera en mesure d’assumer convenablement ses missions fondamentales. Le Malien est un peuple pacifique, tolérant, ouvert aux échanges et aux brassages. Nous sommes un peuple de métissage culturel et biologique. Nous continuerons à cultiver les vertus de la tolérance, du dialogue, de l’ouverture à l’Autre, de la recherche inlassable l’harmonie entre toutes les composantes ethniques de notre ensemble national pour le Mali soit un pays paisible tourné résolument vers l’avenir. Deuxièmement, il s’agira de doter nos forces armées et de sécurité des capacités opérationnelles adéquates pour l’accomplissement de leur mission de défense de l’intégrité territoriale. Nous moderniserons vigoureusement nos forces armées et de sécurité grâce à une loi de programmation militaire quinquennale. Le Mali devra être à la pointe du combat contre le terrorisme dans la bande Sahélo-Saharienne. Rendons un vibrant hommage à nos valeureux soldats qui sont tombés à Aguelhok, le 24 janvier 2012 et qui ont été victimes de la barbarie aveugle des groupes terroristes et criminels coalisés : le MNLA, Ansar Dine, Aqmi… La Nation Malienne apprécie leur bravoure et leur sera éternellement reconnaissante pour les sacrifices consentis. Le Mali cessera d’être un sanctuaire pour les organisations terroristes et criminelles. Nous rétablirons la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. Les Maliens pourront circuler librement, sans crainte, dans les moindres recoins de leur beau pays, du Nord au Sud, d’Ouest en Est. Nous défendrons, sans relâche, sans équivoque, les intérêts supérieurs du Mali au-dedans et au-dehors. Troisièmement, nous travaillerons d’arrache-pied sur la base de la vérité, de la transparence, avec les communautés locales pour forger les mécanismes institutionnels leur permettant de gérer librement leurs affaires et d’être les acteurs principaux d’un programme spécial visant à transformer le visage économique de la région. Page 13 sur 19 Nous ouvrirons le dialogue avec tous les acteurs concernés, nous multiplierons les échanges féconds afin qu’ensemble nous convenions des modalités d’une nouvelle architecture institutionnelle favorisant la prise en compte des spécificités culturelles des communautés du Nord. L’Etat exercera pleinement son autorité sur toute l’étendue du territoire national en garantissant à tous la sécurité sans laquelle il n’y a d’avenir viable pour personne. Il fera échec à toutes les menaces contre la cohésion nationale, la paix et la sécurité du pays en appliquant rigoureusement les lois de la République. Sans faiblesse, sans hésitation, nous assurerons la sécurité des biens et des personnes, la sécurité des Maliens, la sécurité des étrangers, sur l’ensemble de notre territoire national. Nous déracinerons dans les régions du Nord toutes les germes du terrorisme et du banditisme. Quatrièmement, il conviendra de développer et de renforcer la coopération avec les pays voisins. Sur la base de l’intérêt bien compris de chaque peuple, nous conjuguerons nos efforts pour éradiquer le terrorisme et la criminalité dans la zone sahélo-saharienne. Le Mali assumera pleinement les taches définies en commun, sans hésitation, sans arrière-pensées, sans faiblesse. Sur la base de la réciprocité, nous échangerons les renseignements, coordonnerons au maximum les conditions d’exercice du droit de poursuite dans les zones frontalières. Désormais, aucun groupe terroriste ou criminel ne franchira la frontière du Mali sans trouver devant lui les forces armées nationales en position de combat. Cinquièmement, le Mali développera, sans complexe, avec ses partenaires extérieurs, un schéma de coopération, tracé en commun, pour conforter ses capacités opérationnelles de sécurisation du territoire national. Nous mettrons en oeuvre un programme multidimensionnel de développement accéléré des régions du Nord en vue d’améliorer fondamentalement les conditions de vie des communautés locales en conjuguant harmonieusement le trinôme Paix-Sécurité-Développement. Les paramètres fondamentaux du dialogue inter-malien pour la résolution du problème du Nord: Le respect de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale : Le respect de l’intégrité territoriale signifie clairement et, sans équivoque, le rejet de toute solution préconisant la fédération, l’indépendance et l’autonomie. Du reste, le changement de la forme de l’État malien relève exclusivement du pouvoir souverain du peuple malien qui doit être impérativement consulté sur cette question par voie référendaire. Page 14 sur 19 Pour être admis à la table de négociation dans le cadre d’un vaste dialogue inter-malien, le MNLA, qui est un mouvement groupusculaire ultra-minoritaire dans la région de Kidal, doit faire une Déclaration solennelle de renonciation à l’indépendance et à l’autodétermination, déposer les armes, demander pardon à la nation malienne pour les crimes commis contre les soldats de l’armée nationale et les dommages infinis provoqués par l’occupation des régions du Nord en association avec les terroristes d’Ansar Dine, d’AQMI et du MUJAO. Le pardon ne signifie pas l’impunité. Ceux qui ont commis, à Aguelhok, le 24 janvier 2012, des crimes contre l’humanité et de graves violations des droits de l’homme devront répondre de leurs actes devant la justice nationale et internationale. De même, les déserteurs de l’armée nationale qui ont retournés leurs fusils contre leurs frères d’armes devront se soumettre aux lois nationales en vigueur. L’immense majorité du Peuple Malien, dont les Touaregs sont partie intégrante, attendent du MNLA qu’il reconnaisse qu’il s’est égaré et fourvoyé dans une aventure perdue d’avance. L’occupation des trois régions du Nord et la partition de facto du territoire national, durant les mois écoulés, constituèrent une profonde atteinte à la dignité de chaque Malien. Cette occupation était une blessure à l’âme de la Nation malienne. Le respect de la laïcité de l’État républicain : Vieille terre, irriguée et fécondée par les préceptes de l’Islam depuis plus de 1000 ans, berceau de brillantes civilisations nourries aux vertus de la tolérance religieuse, de la cohabitation pacifique entre de multiples communautés humaines, le Mali ne peut être soumis à la loi d’un groupe d’individus ayant une conception erronée de la charia. La laïcité de l’État signifie que toutes les religions ont droit de cité dans la République. Nul ne peut changer ce principe sans l’accord expresse dûment exprimé de toute la Nation malienne. La nécessité de se démarquer, sans équivoque, des groupes terroristes et criminels : Les groupes rebelles doivent se démarquer clairement d’AQMI et du MUJAO et des autres groupes terroristes et criminels qui écument la bande sahélo-saharienne. La stabilisation des régions du Nord exigera des sacrifices immenses de la part du peuple malien. Il ne s’agira plus de signer des accords de paix pour répondre à un problème circonstanciel, ni de mener des politiques à la petite semaine, en créant par-ci, par-là, des projets de «développement» budgétivores pour impliquer les élites locales dans le pillage des deniers publics, ni de mener des actions spectaculaires sans lendemains en brulant quelques vieux fusils ou kalachnikovs lors d’une cérémonie baptisée «Flamme de la paix»… Page 15 sur 19 La stabilisation des régions du Nord sera une oeuvre de longue haleine qui mobilisera chaque Malien durant de longues années car il s’agira de refonder un nouvel espace territorial national s’articulant, à la fois, sur des ensembles humains connectés les uns aux autres, des politiques économiques intégrant la diversité des avantages comparatifs nationaux et fondée sur la volonté de promouvoir une vie meilleure pour tous les fils de la Nation malienne. Les Maliens doivent être pleinement conscients de la densité des enjeux fondamentaux en présence et des sacrifices que cela impose à chaque citoyen. La Renaissance Culturelle : Nous sommes les héritiers d’une longue et puissante tradition historique. Nous avons une chance exceptionnelle de posséder un trésor inépuisable. Il nous faut puiser dans les différentes strates de notre patrimoine historique et ressusciter le meilleur de nos traditions pour féconder notre présent et notre avenir. La créativité culturelle du Mali s’étale aujourd’hui partout dans le Monde grâce aux voix de Salif Keita, Oumou Sangaré, Ali Farka Touré, Mokobé, Sidiki Diabaté ; grâce à nos jeunes rappeurs : Tata Pound, Lassy King Massassy, Tiéfanritchi, etc… Chaque année des artistes de renommée mondiale viennent puiser l’inspiration auprès de nos musiciens. Nous ferons de la Culture l’un des vecteurs de notre développement économique et social et un tremplin pour assurer le rayonnement du Mali sur la scène mondiale. Les prochaines élections générales Dans quelques semaines, s’ouvrira la campagne électorale. Les prochains scrutins se dérouleront à un moment où de nombreux périls pèsent sur le futur immédiat du pays. Depuis l’avènement de la démocratie pluraliste, notre système électoral connait des déficiences fondamentales. Les Maliens n’ont cessé de bouder les urnes. La crise structurelle du taux de participation était le signe le plus évident de la désaffection et de la défiance des citoyens à l’égard d’un système gangrené Or, une mauvaise élection entache la légitimité des dirigeants. Elle aboutit, en définitive, à une profonde césure entre les gouvernants et les gouvernés qui sont dessaisis de leur pouvoir souverain de choisir celui ou celle qui doit conduire les destinées de la Nation. Un système électoral qui ne reflète pas la volonté du corps social est condamné à produire des crises. Le Gouvernement doit prendre avec diligence toutes les mesures appropriées pour que les prochains scrutins se déroulent dans les conditions idoines de transparence et Page 16 sur 19 d’équité afin que les résultats proclamés reflètent scrupuleusement la volonté du Peuple Malien. Le Peuple Malien exige des élections générales transparentes et équitables. Il n’acceptera pas d’être privé de son droit à se donner les dirigeants de son choix. Le Peuple Malien est debout, dressé comme un seul homme, prêt au sacrifice ultime pour que sa volonté, exprimée librement à travers le suffrage universel, soit pleinement respectée. Appel aux forces vives de la Nation malienne : Nous sommes déterminés à créer une dynamique collective robuste pour féconder l’enthousiasme créateur des Maliens afin de le mettre au service du progrès global de la Nation. Nous oeuvrerons pour que les Maliens retrouvent foi en l'avenir, qu’ils aient confiance dans leur futur et le futur du Mali et de l’Afrique. Nos atouts sont innombrables. Le peuple Malien est ingénieux, travailleur, il recèle en lui une formidable énergie et d’énormes potentialités de créativité. Il est prêt à assumer pleinement son destin. Il veut écrire une nouvelle page de son histoire. Il bouillonne d’impatience pour clamer à l’Afrique et au Monde son message de paix, d’amour et de fraternité. Nous rassemblerons toutes les composantes de la société malienne, toutes les générations, en leur donnant le goût de l’avenir, en mobilisant leurs talents, en bandant leurs forces en vue de l’avènement d’une société nouvelle basée sur la Justice, l’Excellence intellectuelle, morale et sociale. Une Société qualitativement supérieure où l’homme sera le remède de l’homme comme le proclame justement la Sagesse africaine. Nous disons au peuple du Mali, à la jeunesse du Mali, que l’histoire n’est pas finie, qu’il n’y a pas de fatalité de l’échec, qu’il est possible de créer un Mali nouveau qui sera le fruit de notre imagination collective, de la mobilisation des talents de chaque Malien, de la conjugaison des efforts de chacun. Nous Voulons que les Femmes et les Hommes du Mali redeviennent fiers d’appartenir à une Nation qui a écrit les plus belles pages de l’histoire de l’Afrique à travers les Empires du Ghana, Mali, Songhaï, Ségou... Gao, Tombouctou portent encore les empreintes indélébiles de la quintessence des civilisations négro-africaines et arabo-berbères qui ont rayonné au-delà des frontières du Continent. Aucune force obscurantiste ne pourra effacer ce que le Seigneur de l’Univers, dans sa Mansuétude infinie, a permis à l’homme de bâtir. Page 17 sur 19 Oui, nous devons reconquérir notre passé pour féconder le Présent et bâtir l’Avenir du Mali. Paysans du Mali, Debout aux aurores, défricheurs et laboureurs infatigables de la terre nourricière, bibliothèques vivantes des secrets légués par nos ancêtres, gardiens des savoirs traditionnels, la Nouvelle République du Mali doit vous accorder une place de choix dans le processus de transformation sociale du pays. Avant toute chose, il sera mis fin aux spoliations foncières et aux décisions administratives dont vous êtes victimes quotidiennement. Il s’agira de rompre avec l’agriculture de subsistance pour donner naissance à une agriculture moderne en mesure d’ouvrir des perspectives positives aux nouvelles générations de paysans maliens. Femmes du Mali, Pierres angulaires de nos familles, gardiennes des valeurs cardinales de notre société, premières éducatrices des fils de ce pays, l’heure est venue d’exiger des écoles d’excellence, des établissements sanitaires de qualité, des emplois pour vos fils afin qu’ils puissent vivre décemment. Vous avez le droit de vivre dans un monde meilleur, dans un Mali nouveau, où nul ne sera laissé sur le bord de la route. Jeunes des campagnes et des villes du Mali, Victimes du chômage, de la déscolarisation et de la marginalisation, rongés par l’angoisse des lendemains incertains, désemparés face aux aspérités de la vie quotidienne, frustrés d’être inutiles à vos familles, vous êtes cette force propulsive sur laquelle le pays s’appuiera pour accélérer sa marche en avant vers le progrès multidimensionnel de la société malienne. Cadres patriotes et intègres, Magistrats, administrateurs civils, avocats… victimes de l’effritement de l’autorité de l’Etat, de la généralisation de médiocrité, de la méchanceté, du népotisme, de l’impunité, qui ont fini par gangrener tout notre système politico-administratif, levez-vous pour exiger l’application rigoureuse du principe de « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». Les Maliens, Acteurs de l’Avenir du Mali Les crises qui assaillent notre société sont les ferments pour la construction de l’Avenir. Page 18 sur 19 Notre pays se trouve à un tournant capital de son évolution historique. Il fait face à des défis gigantesques qui nécessitent que nous soyons rassemblés autour d’une ambition collective forte, autour d’un projet de transformation radicale de notre société, autour d’une idée simple : faire du Malien un homme digne, éduqué, cultivé, respectueux des valeurs qui ont fait la renommée du Mali au cours des siècles passés. Le peuple malien, dans sa grande majorité, sait que la construction d’une nation moderne, débarrassée des scories du sous-développement, nécessite de sa part des sacrifices. Nous voulons rassembler les Maliennes et les Maliens sur des bases saines, pour faire triompher la Justice sans laquelle il n’y a pas d’avenir viable et fiable pour l’Homme. Les défis sont là. A nous d’y faire face. Il s’agit, ni plus, ni moins, de faire renaître le Mali et les valeurs qui lui ont permis de dessiner l’une des plus belles pages de l’histoire de l’Afrique. Il s’agit de réconcilier, sur la base de la Vérité, les Maliennes et les Maliens de toutes les générations qui croient en un Mali fort dans une Afrique unie, maîtresse de son destin et porteuse d’espoir pour tous les peuples du Monde. Nul ne sera exclu, car chaque Malien est une force pour le Mali et chacun peut apporter sa contribution à la construction de notre destin collectif. Nous voulons réconcilier les coeurs et les esprits, rétablir une vraie fraternité entre nous afin que chacun, dans sa différence, puisse jouer harmonieusement sa partition dans la symphonie nationale. Rien de grand ne peut réussir sans sacrifices. Nous devons absolument mettre fin «au chacun pour soi» qui n’aboutit qu’à des impasses stériles. Il faut accepter de tendre la main à l’autre afin de bâtir ensemble un Mali nouveau qui sera en mesure d’apporter une contribution significative à l’unification de l’Afrique au cours de ce siècle. A nous, désormais, de savoir faire triompher notre génie créateur commun afin de construire un univers conforme à nos aspirations de justice sociale, de progrès et de liberté et d’apporter au Monde un message de paix et de fraternité. A nous de prendre à bras-le-corps notre destin pour gagner les multiples batailles qui jalonnent notre chemin pour donner un nouveau visage à notre pays. La Terre nourricière du Mali contient toutes les semences de la Renaissance de notre Nation. Chaque Malien porte en lui le souffle de la Grandeur que le Seigneur de Tout l’Univers a insufflé en chaque être humain. Page 19 sur 19 Les Maliennes et les Maliens relèveront les défis gigantesques qui assaillent notre présent. Il nous suffit tout simplement de nous Unir, de nous donner la main, d’inscrire notre Action dans un vaste rassemblement, dans une Ambition collective forte pour transformer le Mali et le placer dans le peloton de tête des Nations modernes. Nous allons reconstruire Tombouctou, Gao, Kidal et ressouder le tissu de la Fraternité, de l’Amour, de la Réconciliation et de l’Unité de la Nation Malienne. Nous ressouderons l’Unité nationale pour que tous les fils de la Nation, toutes les composantes des communautés du Nord, puissent jouir de la Paix et de la Prospérité. Nous restaurerons la Vérité et la Justice afin qu’Unis dans un vaste élan de Solidarité, les communautés du Nord du Mali puissent oeuvrer, dans l’harmonie, à l’avènement d’une société fraternelle tournée vers le triomphe du Bien Commun. Nous voulons que les «champs fleurissent d’espérance et que les coeurs vibrent de confiance». Nous répondrons au «rendez-vous de l’histoire, dans la Dignité retrouvée». Nous oeuvrerons pour « renforcer nos rangs pour le Salut Public, pour forger, avec Courage et Dévouement, le Bien Commun pour le Mali et l’Afrique ». Bamako, le mars 2013.


Page 1 sur 19
MANIFESTE DU MOUVEMENT POUR LA RENAISSANCE DU MALI
« Il suffit, pour que le mal triomphe, que les hommes de bien se taisent et ne fassent rien ». Edmund Burke.
Page 2 sur 19
MANIFESTE
Du
Mouvement pour la Renaissance du Mali:
Une Nouvelle République pour un Mali Nouveau.
Hier, il y a un demi-siècle, le 22 septembre 1960, la République du Mali renaissait des cendres des Grands Empires médiévaux qui jadis illuminèrent l’Afrique. Ils furent parmi les plus belles constructions étatiques de tous les temps.
Le 22 septembre 1960 fût avant tout un acte de foi. Un Peuple uni, un Peuple debout, doté d’ambitions fortes, proclama à la face du Monde qu’il entendait assumer pleinement son destin et devenir un acteur majeur de la construction de l’histoire de l’humanité.
Les pères de l’indépendance, Modibo Keïta et ses compagnons de l’Union Soudanaise RDA se sont sacrifiés pour l’indépendance du Mali. Ils se sont totalement dédiés à la construction d’un Mali moderne, enraciné dans ses valeurs de civilisation tout en étant ouvert aux Autres. Ils ont fait appel au meilleur des Maliens pour mettre en oeuvre un projet d’indépendance nationale et de justice sociale.
De fortes oppositions politiques, puis le coup d’état militaire du 19 novembre 1968 brisèrent cet élan national. Les injustices sociales et l’arbitraire se conjuguèrent à la paupérisation pour plonger le Mali dans une longue nuit.
Après 23 ans d’un régime militaire obscurantiste, Mars 1991 fût, assurément, l’une des plus belles expressions de la détermination du peuple malien qui brava avec un courage exemplaire la répression pour en finir avec l’ignominie.
En accomplissant la Révolution du 26 mars 1991, les Maliens aspiraient à un changement fondamental de société. Ils exigeaient une lutte implacable contre la corruption, l’instauration d’une démocratie pluraliste et d’une société de progrès et de justice sociale.
Le Mouvement démocratique, qui abattît la dictature, s’attacha à mettre en oeuvre les idéaux du 26 mars et à relever les défis de la construction d’une nouvelle République.
Toutefois, ensemble hétéroclite composé de plusieurs partis, associations et syndicats qui ne disposèrent que de peu temps pour apprendre à travailler ensemble, il s’est rapidement disloqué à l’épreuve de la conquête et de l’exercice du pouvoir d’Etat.
Malgré les efforts consentis, la Révolution de Mars 1991 n’a pas donné tous les fruits escomptés. Les maux se sont, à nouveau, peu à peu accumulés : la perversion des valeurs sociétales, la dégradation de l’École, le dépérissement de l’autorité de l’État sous l’effet de la corruption à grande échelle, la généralisation de l’incivisme,
Page 3 sur 19
l’injustice et l’impunité. Le mensonge et la trahison, la méchanceté et la médiocrité nous ont envahis.
Le Mali s’est éloigné, chaque jour davantage, des valeurs qui ont fait sa trace dans l’histoire.
La débâcle des forces armées dans le Nord du pays était la résultante d’une décennie de mauvaise gouvernance. L’Armée malienne a été victime d’une décennie d’abandon, de corruption, de dilution du professionnalisme, d’érosion des principes républicains, de destruction des valeurs morales… L’affairisme et les trafics ont ruiné l’honneur de nombre d’officiers supérieurs. Les errements du général ATT ont abouti à la désorganisation totale des forces armées et de sécurité, à la dilution de leur professionnalisme, à leur sous-équipement, à leur démoralisation totale et à la perte de leur capacité combattive.
Aujourd’hui, Les institutions de la Troisième République se sont effondrées. Le Mali traverse une crise profonde, la plus grave de son existence depuis son accession à la souveraineté internationale, marquée par :
 Le discrédit des élites politiques qui ont tourné le dos aux aspirations fondamentales de progrès social et de justice des populations, pour s’abimer dans la corruption ;
 Le délabrement des forces armées et de sécurité ;
 L’échec de l’expérience démocratique, qui a été dévoyée par ceux-là mêmes qui avaient porté le flambeau pour l’avènement d’un Mali pluriel débarrassé des scories des 23 années de la dictature militaire du général Moussa Traoré ;
 Les traumatismes causés par la partition de facto du territoire national (d’avril 2012 à janvier 2013) suite à l’occupation des trois régions du Nord par des groupes armés coalisés qui n’ont cessé de martyriser les populations locales;
 Le désarroi des populations face à l’amplitude de la crise et l’absence de solutions à court terme…
Nous sommes comme au fond d’un trou, punis par nos fautes, nos incohérences, nos petitesses, notre soumission aveugle au présent, notre goût de la facilité, notre propension à accepter la médiocrité, à tolérer les mensonges, à ne pas s’insurger contre la méchanceté et l’injustice.
Beaucoup de nos concitoyens et, surtout, les jeunes, sont abattus, frustrés, paralysés par les incertitudes du présent et la peur du lendemain. Ils ont perdu l’espoir que la vie peut être meilleure demain.
Aujourd’hui, la généralisation des pratiques corruptives fait croire à de nombreuses personnes que l’on peut réussir dans la vie sans fournir aucun effort. Devenir riche en un clin d’oeil, être un propriétaire terrien en spoliant les braves populations rurales et usant de prête-noms, piller les deniers publics avec l’assurance de l’impunité, réussir à un concours administratif grâce à l’argent …
Page 4 sur 19
Nos repères sont perdus. Notre société est malade.
Aujourd’hui, l’individualisme a remplacé la Solidarité, le sens de la communauté qui prévalait autrefois. Chacun est barricadé désormais dans la défense de son intérêt propre. Chacun revendique ses droits en oubliant d’accomplir ses Devoirs vis-à-vis de la Société.
C’est seulement à travers un véritable examen de la conscience collective, afin de déterminer les raisons profondes qui nous ont conduits à la perdition actuelle, que nous pourrons forger les instruments de la reconstruction de la Nation.
La voie pour sortir du chaos est étroite. Soyons clairs : la solution réside en nous-mêmes. Il faut aller au fond de nous-mêmes pour trouver les clés de la renaissance.
Un débat national s’impose. Il établira l’état de la Nation et déterminera les causes de l’effondrement global du pays. A travers des discussions approfondies entre toutes les composantes de la nation malienne, il conduira à l’avènement d’une Nouvelle République, juste et solidaire.
Il nous faut penser par nous-mêmes, pour nous-mêmes, les solutions à la crise actuelle.
C’est à travers un dialogue rigoureux que les Maliens reconstitueront leur unité nationale, refonderont un Nouveau Contrat Social et forgeront ensemble les voies et moyens pour recouvrer l’intégrité territoriale de leur pays.
La solution à la crise malienne viendra d’abord des Maliens eux-mêmes. Car, nul ne peut connaitre l’ampleur des difficultés actuelles que les Maliens eux-mêmes. Nul ne peut engager le Mali sans l’accord expresse des Maliens. Nul ne peut se substituer à la volonté souveraine du Peuple Malien. Nul ne peut aimer le Mali plus que les Maliens. Nul ne peut être plus meurtri que les Maliens eux-mêmes par l’effondrement institutionnel, la partition de fait du pays, l’état déplorable des forces armées et de sécurité, la catastrophe humanitaire affectant le nord du pays, les conditions infra-humaines que vivent les populations déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Chaque Malien porte le fardeau de la crise actuelle dont la solution réside dans la conjugaison des intelligences et des bonnes volontés de toute la Nation malienne.
Cette Conférence nationale sera un moment de réappropriation de notre destin, un moment de redéfinition des termes d’un Nouveau Contrat Social, un moment de Refondation de la Nation Malienne qui est meurtrie dans sa chair.
Alors, nous pourrons sortir le pays de la crise profonde dans laquelle il est plongé depuis le coup d’état du 22 mars 2012.
Page 5 sur 19
Que Voulons-Nous ?
Fonder le Mouvement pour la Renaissance du Mali :
Nous voulons créer un vaste Mouvement pour la Renaissance du Mali, un Mouvement, animé par des hommes et des femmes nouveaux, qui s’attèleront à la transformation qualificative de la société malienne.
Nous ressusciterons les valeurs profondes sur lesquelles reposaient jadis la société malienne: courage, franchise, respect de la parole donnée, sens de l’intérêt collectif, engagement pour l’Autre, recherche constante de la vérité…
Nous rétablirons la confiance entre les gouvernants et les gouvernés, entre les Maliens et les Maliennes en mettant fin à l’obscurantisme qui a obstrué, jusqu’à présent, la voie à l’émergence de forces politiques saines capables de proposer des projets de transformation sociale robustes et enthousiasmants.
Dans le Mali Nouveau que nous construirons ensemble, nul ne sera au-dessus de la loi, nul ne bénéficiera de privilèges indus, nul ne pourra utiliser sa fonction pour tricher, pour spolier les Maliens de leurs terres, faire admettre un parent à un concours administratif, briser des vies humaines à travers des mesures administratives arbitraires…
Une nouvelle élite politique et administrative doit émerger, totalement dévouée au respect de la chose publique, à la satisfaction du bien-être moral et matériel des Maliens grâce au triomphe du Bien Commun.
Le Mouvement pour la Renaissance du Mali oeuvrera pour l’émergence d’une Nouvelle Génération d’hommes publics qui se dédiera à la résolution des problèmes de la société malienne et qui sera ainsi le vecteur d’un Mali nouveau réconcilié avec lui-même.
Nous voulons bâtir un Mali nouveau, réconcilié avec son histoire, ses valeurs traditionnelles positives. Un Mali respectueux du passé, mais résolument tourné vers l’Avenir et déterminé à écrire une nouvelle page de l’histoire de l’Afrique.
Nous voulons redonner au Mali sa dignité qui a été bafouée par ceux-là mêmes qui dirigeaient l’État.
Nous voulons que le Mali redevienne un pays libre, maître de sa destinée et porteur d’espérances pour les peuples d’Afrique et du Monde.
Nous voulons bâtir une Nouvelle Société fondée sur le Travail créateur de toute la Nation, sur la Justice sociale et le Bien Commun. Une Nouvelle Société où l’Etat ne
Page 6 sur 19
sera plus un instrument d’enrichissement des dirigeants et un moyen d’oppression du Peuple.
Nous voulons bâtir un État juste, impartial et solidaire au service de Tous. La restauration de l’autorité de l’État passe inéluctablement par le triomphe de l’intérêt national et la fin de l’impunité. L’incivisme est la fille naturelle de la mal-gouvernance. C’est l’une des expressions du rejet par le petit peuple des dirigeants corrompus qui pillent les deniers publics au lieu d’oeuvrer à la résolution des problèmes de la Nation.
Adhérer au Mouvement pour la Renaissance du Mali, c’est accepter de travailler pour le triomphe de la dignité du Peuple Malien sans attendre d’autre récompense que la reconnaissance des sacrifices consentis et du service bien fait ; c’est se dédier à la cause du progrès de la Nation malienne ; c’est se soumettre à la discipline sans laquelle il n’est pas possible de construire une oeuvre durable.
Adhérer au Mouvement pour la Renaissance du Mali signifie que l’on est fondamentalement attaché aux valeurs démocratiques, à la libre expression de chacun, à la prise en considération de la différence de chacun.
Chaque militant et militante du Mouvement pour la Renaissance du Mali doit être un exemple vivant des vertus de la société malienne, à savoir : l’honnêteté, l’humilité, la rigueur morale et sociale, le dévouement à sa famille et à son pays, la capacité de don de soi…
Nul n’instrumentalisera le Mouvement pour assouvir ses ambitions personnelles.
La liberté d’expression garantira la solidité du Mouvement et favorisera l’avènement, en son sein et, dans le pays, d’une démocratie participative féconde nourrie à la sève de l’apport positif de chacun.
Le Mouvement pour la Renaissance du Mali sera un forum de débats féconds, un espace d’enrichissement collectif et individuel, un tremplin visant à permettre à chacun de donner le meilleur de lui-même pour le bien collectif.
Faire la Politique Autrement et Gouverner Autrement :
Nous voulons fonder une démocratie participative où les citoyens seront effectivement les acteurs de la transformation qualitative de la société malienne.
Le Mouvement pour la Renaissance du Mali sera l’acteur des Changements fondamentaux qu’attend le Peuple du Mali.
Une Nouvelle génération d’hommes publics doit prendre la responsabilité de dessiner les contours du Mali nouveau.
Page 7 sur 19
Il s’agit de mettre fin au Système de Démocratie factice qui a été synonyme de Misère, de Pauvreté, d’Abandon de l’École, de dilution de nos Valeurs, de propagation de la Corruption, de blanchissement d’argent et de trafic de drogue, de la perte de souveraineté sur le Nord de notre pays…
Nous Voulons une Démocratie de tous les instants. Nous n’abdiquerons plus devant les politiciens notre droit à l’information, à la transparence des décisions publiques. Le Peuple Malien doit être informé sur tout ce qui touche au devenir de la Nation. Nous exigeons la publication des comptes publics, l’accès des citoyens à tous les actes administratifs qui les concernent. Nous voulons une administration citoyenne, transparente, équitable et efficace dédiée à la satisfaction des exigences de progrès des Maliens.
C’est à ce prix que nous relèverons les défis qui nous assaillent :
 la restauration et la consolidation de l’unité nationale,
 le redressement de l’Armée,
 la construction d’un nouveau système démocratique fondé sur l’équilibre et la séparation effective des pouvoirs, l’Etat de droit, l'indépendance de la justice et des médias,
 le respect des contre-pouvoirs institutionnels,
 la responsabilité et la transparence à tous les échelons de l’appareil politico-administratif,
 la création d’une véritable démocratie participative au plan régional…
Nous Voulons l’avènement d’une République Nouvelle où chacun sera à la place qu’il mérite, où les dirigeants seront, avant tout, les Serviteurs du Peuple Malien.
Les Maliens ne doivent plus jamais dire : An Bè Sa I No Fè (Nous mourrons pour toi). C’est au dirigeant de se sacrifier pour le Bonheur du Peuple.
Nous bâtirons, ensemble, un État fort, impartial, qui sera totalement dédié au service du Bien-être moral et matériel de la Nation Malienne.
Les axes fondamentaux du Changement :
La reconstruction d’un appareil d’Etat robuste, condition sine qua none de la Renaissance de la Nation malienne:
Le Mali ne pourra se relever sans l’affirmation d’un nouvel Etat, impartial et solidaire, piloté par des dirigeants compétents, intègres, dotés d’une vision robuste du Mali et de l’Afrique.
Il faut un appareil d’État légitime et robuste pour:
 rassembler les Maliens autour d’un Nouveau Contrat Social ;
Page 8 sur 19
 restaurer l’autorité de l’Etat qui a disparu parce que l’État malien était foncièrement corrompu et injuste ;
 forger les voies et moyens de la de la consolidation de l’unité nationale ;
 assurer la sécurité intérieure et extérieure du pays ;
 assumer pleinement un rôle majeur dans la lutte contre le terrorisme islamiste et la criminalité transfrontalière qui gangrènent présentement la bande sahélo-saharienne…
La Refondation de l’Armée malienne :
Il nous faut redéfinir la structure des missions de l’Armée en prenant en considération l’état de guerre qui a été imposé à notre peuple par les groupes terroristes coalisés et les nouvelles menaces découlant de l’environnement géopolitique régional et international.
Il s’agira d’élaborer et d’appliquer un Plan décennal de modernisation, de formation et d’équipement des forces armées nationales. Plus globalement, il faudra réconcilier le Peuple malien avec son Armée afin de donner naissance à des forces armées patriotiques et républicaines animées d’un sens aigu de leur devoir à l’égard de la Nation malienne. Seule une Armée réconciliée avec son Peuple et soutenue par celui-ci sera en mesure d’assumer la tâche fondamentale de protection du territoire national vis-à-vis des menaces externes.
La Justice pour tous les Maliens :
Nous voulons la Justice pour tous les Maliens : Jeunes, Femmes, Enfants, Paysans, Ouvriers…
La restauration de l’autorité de l’Etat passe immanquablement par la réhabilitation de la Justice qui doit être égale pour tous sans autre considération que celle de dire le Droit, rien que le Droit.
Nous instaurerons une Justice égale pour tous les fils de la Nation. Les juges seront responsables de leurs actes. Toutes les décisions de justice seront immédiatement publiées. Fini le temps où on pourra rendre des décisions contraires à la loi pour servir des desseins inavoués. Fini le temps où les jugements sont négociés avant d’être rendus.
Nous mettrons fin aux spoliations foncières, à l’injustice foncière, aux brimades administratives infligées aux citoyens par des agents indélicats (Eaux et Forets, agents des services déconcentrés l’État…).
Tolérance zéro pour la corruption.
La corruption a atteint, au cours des dix dernières années (2002-2012) une ampleur inégalée dans notre pays.
Page 9 sur 19
Nous mènerons une lutte implacable contre la corruption dans tous les domaines d’activités de la Nation malienne. Car, elle inhibe notre capacité à sortir du sous-développement économique et social. Nous veillerons à la bonne gestion des deniers publics en mettant en place les mécanismes appropriés pour assurer la transparence et l’efficacité des dépenses publiques. Nul ne pourra s’enrichir impunément sur le dos du Peuple Malien.
L’École :
La situation de l’Ecole malienne est intolérable, inacceptable et injustifiable.
En tant que Nation, nous portons la responsabilité collective de l’échec de l’Ecole Malienne. Tous, nous avons créé les conditions d’un naufrage collectif.
Nous avons accepté de voir l’Ecole dériver vers la situation actuelle où les «années scolaires» ne dépassent pas un trimestre, où l’on forme des néo-analphabètes, inaptes à résoudre leurs propres problèmes, incapables d’assumer un emploi, inutiles à leurs familles et à leur pays?
Il existe un seul passeport universel sur cette planète, c’est le Savoir, qui permet à l’individu de forger son propre destin, d’apporter sa contribution au devenir de la société. Le Savoir est la clef pour la compréhension d’un Monde de connaissances inépuisables. Le Savoir permet de dialoguer avec tous les peuples de la Terre.
Nous agirons avec diligence et fermeté pour que l’École retrouve sa fonction initiale, c’est-à-dire, un lieu d’acquisition du savoir, de formation intellectuelle, professionnelle et morale des fils du pays. Nous ferons en sorte que l’École redevienne un lieu d’acquisition des savoirs, un lieu de formation intellectuelle, un centre d’apprentissage de la morale et des règles fondamentales d’une citoyenneté fondée sur les valeurs cardinales de la société malienne : Respect des Aînés, sens du Devoir à l’égard de la Société, Connaissance de Soi-même (Yeredon), apprentissage de la générosité, de l’abnégation, du Don de Soi, de la capacité à s’élever au-dessus de sa propre personne pour faire triompher le Bien Commun.
Fonder une Nouvelle Économie
Nous voulons le Changement afin que notre Peuple sorte de la misère.
Nous fonderons une Nouvelle Economie qui marquera une rupture fondamentale. Nous proclamons qu’il faut désormais Compter sur nos propres forces. Le développement sera, avant tout, le fruit de l’effort collectif intelligent de la Nation malienne, car, personne ne construira le Mali à la place des Maliens.
Nous romprons avec l’économie de pauvreté actuelle pour promouvoir une Économie de création de richesses qui générera des emplois productifs, notamment, pour les jeunes, permettra l’augmentation des revenus et donnera à l’État les moyens de
Page 10 sur 19
renforcer la solidarité entre les Maliens grâce à une lutte conséquente contre les inégalités sociales.
Les atouts sont là. Il s’agit, ici et maintenant, de conjuguer les avantages comparatifs du pays, de les valoriser en prenant les mesures politiques appropriées (législation, renforcement des expertises, investissements publics, partenariat public-privé, accueil des investissements directs étrangers…) afin de transformer le visage économique de notre pays. Pour sortir le Mali de la pauvreté et créer des emplois pour les Cent Mille (100 000) jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail, il faut rompre avec le rythme et la structure du taux de croissance actuel.
Nous accorderons une attention particulière à cinq principaux secteurs, qui seront les vecteurs de la croissance et du développement économique, car ils recèlent les plus grandes potentialités en termes de création d’emplois productifs et de génération de revenus. Ainsi, s’agira-t-il de :
 développer l’agro-industrie à travers la transformation et l’exportation des produits agricoles;
 renforcer le secteur minier à travers le développement d’une industrie manufacturière compétitive;
 créer une industrie nationale dans le secteur des BTP à travers la modernisation et le renforcement des capacités de l’entreprenariat local dans ce secteur ;
 développer le trinôme Tourisme-Culture-Artisanat qui donnera un rayonnement exceptionnel au Mali sur la scène internationale ;
 promouvoir l’utilisation systématique des technologies de l’information et de la communication afin de propulser le Mali sur l’orbite de la mondialisation et lui permettre de participer pleinement à la construction de l’histoire de l’Humanité.
Grâce à la modernisation de l’agriculture et à l’émergence d’une agro-industrie exportatrice, nous assurerons la Sécurité alimentaire pour tous. Nous ferons disparaître l’angoisse de la faim qui tiraille de nombreux maliens actuellement. D’ici cinq ans, le Mali ne doit plus être cité parmi les pays où règne l’insécurité alimentaire.
Le problème du Nord et la question touareg :
L’implantation d’AQMI dans le nord du Mali :
A partir du début des années 2000, la situation dans le Nord du pays n’a cessé de se détériorer. Grâce à l’accord tacite du général ATT, Al-Qaeda pour le Maghreb Islamique (AQMI) s’est confortablement installé dans le Sahara malien où il disposa de sanctuaires (bases de repli) et d’une totale liberté de circulation. Ainsi, AQMI a établi des rapports de coopération étroite, à la fois, avec les trafiquants de drogue, les organisations criminelles et les groupes rebelles qui pullulent dans la zone. AQMI a mis en oeuvre dans le nord du pays une stratégie d’infiltration et d’intégration des communautés locales qui lui a permis d’apparaître comme le protecteur de celles-ci.
Page 11 sur 19
Par-dessus tout, le général ATT a laissé le Mali devenir la zone de prédilection pour les activités des groupes armés s’adonnant aux enlèvements d’otages occidentaux. Grâce aux revenus importants générés par ses activités illicites, AQMI été en mesure d’accroître ses moyens d’action dans toute la bande sahélo-saharienne.
Au total, du fait de l’irresponsabilité coupable du général ATT, AQMI est devenu un cancer qui a gangrené, tant le corps social dans les régions du Nord que les organes centraux de l’appareil d’Etat malien. Le Mali n’exerçait plus sa souveraineté sur une large partie de son territoire national !
En laissant AQMI agir à sa guise, général ATT donna carte blanche à cette organisation terroriste et criminelle pour déstabiliser le nord du pays et la zone sahélo-saharienne.
La dégradation de la situation sécuritaire dans le nord du pays eût pour conséquences majeures le discrédit des Autorités maliennes aux yeux des élites touarègues qui profitaient de leurs palinodies incessantes pour mener à leur guise leurs opérations illicites, auprès de l’Algérie et de la Mauritanie, qui désapprouvaient sa politique, à la fois, «ambigüe» et «laxiste», et des puissances extracontinentales, qui s’acharnaient à vouloir renforcer les capacités de riposte militaire du pays dans la zone pour combattre le terrorisme tout en sachant que sans une volonté robuste au sommet de l’Etat leurs efforts demeureraient vains.
L’impact négatif du conflit libyen sur la zone sahélo-saharienne :
Le conflit libyen est venu aggraver la situation dans la bande sahélo-saharienne en favorisant le transfert dans cette espace géopolitique d’une importante quantité d’armes de tous calibres et le retour dans les divers pays d’un nombre important de personnes aguerries au maniement des armes.
Entre le 17 janvier et le 04 avril 2012, les régions de Kidal, Gao et Tombouctou ont été victimes d’une agression armée conduite par des groupes terroristes et criminels coalisés : AQMI, le MNLA, Ansar Dine, le MUJAO, Boko Haram. Le MNLA, allié à Ansar Dine et AQMI, a sauvagement massacré plus d’une centaine de soldats de l’Armée nationale à Aguelhok. Après avoir proclamé l’indépendance de « l’Azawad » et créé un prétendu Conseil Transitoire de l’Etat de l’Azawad (CTEA), le MNLA a formalisé son alliance avec Ansar Dine en décidant, lors d’une rencontre à Gao, le 25 mai 2012, de «s’auto-dissoudre dans l’Azawad» et en mettant en place le «Conseil transitoire de l’État islamique de l’Azawad».
Entre mai 2012 et janvier 2013, ces groupes terroristes et criminels ont occupé le Nord du Mali où ils ont commis des actes d’une rare barbarie à l’encontre des paisibles populations : viols, amputations, braquages, exactions, destruction des mausolées des saints…
Après l’attaque surprise contre Konna, le 09 janvier 2013, le président intérimaire a sollicité l’assistance militaire de la France qui a, conséquemment, déclenché, le 11
Page 12 sur 19
janvier 2013, l’Opération Serval visant à stopper l’avancée des groupes terroristes et protéger les institutions maliennes.
La résolution du problème du Nord doit être la priorité des priorités dans les semaines et les mois à venir afin de trouver une solution pérenne à la crise qui affecte l’évolution de notre pays depuis plusieurs décennies.
Le Mouvement pour la Refondation du Mali articulera son action sur la base des cinq principes suivants:
Premièrement, il s’agit de mobiliser la Nation entière pour faire face aux menaces de déstabilisation de notre pays. Seule une Armée soutenue par le peuple sera en mesure d’assumer convenablement ses missions fondamentales.
Le Malien est un peuple pacifique, tolérant, ouvert aux échanges et aux brassages. Nous sommes un peuple de métissage culturel et biologique. Nous continuerons à cultiver les vertus de la tolérance, du dialogue, de l’ouverture à l’Autre, de la recherche inlassable l’harmonie entre toutes les composantes ethniques de notre ensemble national pour le Mali soit un pays paisible tourné résolument vers l’avenir.
Deuxièmement, il s’agira de doter nos forces armées et de sécurité des capacités opérationnelles adéquates pour l’accomplissement de leur mission de défense de l’intégrité territoriale. Nous moderniserons vigoureusement nos forces armées et de sécurité grâce à une loi de programmation militaire quinquennale. Le Mali devra être à la pointe du combat contre le terrorisme dans la bande Sahélo-Saharienne.
Rendons un vibrant hommage à nos valeureux soldats qui sont tombés à Aguelhok, le 24 janvier 2012 et qui ont été victimes de la barbarie aveugle des groupes terroristes et criminels coalisés : le MNLA, Ansar Dine, Aqmi… La Nation Malienne apprécie leur bravoure et leur sera éternellement reconnaissante pour les sacrifices consentis.
Le Mali cessera d’être un sanctuaire pour les organisations terroristes et criminelles. Nous rétablirons la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. Les Maliens pourront circuler librement, sans crainte, dans les moindres recoins de leur beau pays, du Nord au Sud, d’Ouest en Est.
Nous défendrons, sans relâche, sans équivoque, les intérêts supérieurs du Mali au-dedans et au-dehors.
Troisièmement, nous travaillerons d’arrache-pied sur la base de la vérité, de la transparence, avec les communautés locales pour forger les mécanismes institutionnels leur permettant de gérer librement leurs affaires et d’être les acteurs principaux d’un programme spécial visant à transformer le visage économique de la région.
Page 13 sur 19
Nous ouvrirons le dialogue avec tous les acteurs concernés, nous multiplierons les échanges féconds afin qu’ensemble nous convenions des modalités d’une nouvelle architecture institutionnelle favorisant la prise en compte des spécificités culturelles des communautés du Nord.
L’Etat exercera pleinement son autorité sur toute l’étendue du territoire national en garantissant à tous la sécurité sans laquelle il n’y a d’avenir viable pour personne. Il fera échec à toutes les menaces contre la cohésion nationale, la paix et la sécurité du pays en appliquant rigoureusement les lois de la République. Sans faiblesse, sans hésitation, nous assurerons la sécurité des biens et des personnes, la sécurité des Maliens, la sécurité des étrangers, sur l’ensemble de notre territoire national. Nous déracinerons dans les régions du Nord toutes les germes du terrorisme et du banditisme.
Quatrièmement, il conviendra de développer et de renforcer la coopération avec les pays voisins. Sur la base de l’intérêt bien compris de chaque peuple, nous conjuguerons nos efforts pour éradiquer le terrorisme et la criminalité dans la zone sahélo-saharienne. Le Mali assumera pleinement les taches définies en commun, sans hésitation, sans arrière-pensées, sans faiblesse. Sur la base de la réciprocité, nous échangerons les renseignements, coordonnerons au maximum les conditions d’exercice du droit de poursuite dans les zones frontalières.
Désormais, aucun groupe terroriste ou criminel ne franchira la frontière du Mali sans trouver devant lui les forces armées nationales en position de combat.
Cinquièmement, le Mali développera, sans complexe, avec ses partenaires extérieurs, un schéma de coopération, tracé en commun, pour conforter ses capacités opérationnelles de sécurisation du territoire national.
Nous mettrons en oeuvre un programme multidimensionnel de développement accéléré des régions du Nord en vue d’améliorer fondamentalement les conditions de vie des communautés locales en conjuguant harmonieusement le trinôme Paix-Sécurité-Développement.
Les paramètres fondamentaux du dialogue inter-malien pour la résolution du problème du Nord:
Le respect de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale :
Le respect de l’intégrité territoriale signifie clairement et, sans équivoque, le rejet de toute solution préconisant la fédération, l’indépendance et l’autonomie. Du reste, le changement de la forme de l’État malien relève exclusivement du pouvoir souverain du peuple malien qui doit être impérativement consulté sur cette question par voie référendaire.
Page 14 sur 19
Pour être admis à la table de négociation dans le cadre d’un vaste dialogue inter-malien, le MNLA, qui est un mouvement groupusculaire ultra-minoritaire dans la région de Kidal, doit faire une Déclaration solennelle de renonciation à l’indépendance et à l’autodétermination, déposer les armes, demander pardon à la nation malienne pour les crimes commis contre les soldats de l’armée nationale et les dommages infinis provoqués par l’occupation des régions du Nord en association avec les terroristes d’Ansar Dine, d’AQMI et du MUJAO.
Le pardon ne signifie pas l’impunité.
Ceux qui ont commis, à Aguelhok, le 24 janvier 2012, des crimes contre l’humanité et de graves violations des droits de l’homme devront répondre de leurs actes devant la justice nationale et internationale. De même, les déserteurs de l’armée nationale qui ont retournés leurs fusils contre leurs frères d’armes devront se soumettre aux lois nationales en vigueur. L’immense majorité du Peuple Malien, dont les Touaregs sont partie intégrante, attendent du MNLA qu’il reconnaisse qu’il s’est égaré et fourvoyé dans une aventure perdue d’avance.
L’occupation des trois régions du Nord et la partition de facto du territoire national, durant les mois écoulés, constituèrent une profonde atteinte à la dignité de chaque Malien. Cette occupation était une blessure à l’âme de la Nation malienne.
Le respect de la laïcité de l’État républicain :
Vieille terre, irriguée et fécondée par les préceptes de l’Islam depuis plus de 1000 ans, berceau de brillantes civilisations nourries aux vertus de la tolérance religieuse, de la cohabitation pacifique entre de multiples communautés humaines, le Mali ne peut être soumis à la loi d’un groupe d’individus ayant une conception erronée de la charia. La laïcité de l’État signifie que toutes les religions ont droit de cité dans la République. Nul ne peut changer ce principe sans l’accord expresse dûment exprimé de toute la Nation malienne.
La nécessité de se démarquer, sans équivoque, des groupes terroristes et criminels :
Les groupes rebelles doivent se démarquer clairement d’AQMI et du MUJAO et des autres groupes terroristes et criminels qui écument la bande sahélo-saharienne.
La stabilisation des régions du Nord exigera des sacrifices immenses de la part du peuple malien. Il ne s’agira plus de signer des accords de paix pour répondre à un problème circonstanciel, ni de mener des politiques à la petite semaine, en créant par-ci, par-là, des projets de «développement» budgétivores pour impliquer les élites locales dans le pillage des deniers publics, ni de mener des actions spectaculaires sans lendemains en brulant quelques vieux fusils ou kalachnikovs lors d’une cérémonie baptisée «Flamme de la paix»…
Page 15 sur 19
La stabilisation des régions du Nord sera une oeuvre de longue haleine qui mobilisera chaque Malien durant de longues années car il s’agira de refonder un nouvel espace territorial national s’articulant, à la fois, sur des ensembles humains connectés les uns aux autres, des politiques économiques intégrant la diversité des avantages comparatifs nationaux et fondée sur la volonté de promouvoir une vie meilleure pour tous les fils de la Nation malienne.
Les Maliens doivent être pleinement conscients de la densité des enjeux fondamentaux en présence et des sacrifices que cela impose à chaque citoyen.
La Renaissance Culturelle :
Nous sommes les héritiers d’une longue et puissante tradition historique. Nous avons une chance exceptionnelle de posséder un trésor inépuisable. Il nous faut puiser dans les différentes strates de notre patrimoine historique et ressusciter le meilleur de nos traditions pour féconder notre présent et notre avenir.
La créativité culturelle du Mali s’étale aujourd’hui partout dans le Monde grâce aux voix de Salif Keita, Oumou Sangaré, Ali Farka Touré, Mokobé, Sidiki Diabaté ; grâce à nos jeunes rappeurs : Tata Pound, Lassy King Massassy, Tiéfanritchi, etc… Chaque année des artistes de renommée mondiale viennent puiser l’inspiration auprès de nos musiciens.
Nous ferons de la Culture l’un des vecteurs de notre développement économique et social et un tremplin pour assurer le rayonnement du Mali sur la scène mondiale.
Les prochaines élections générales
Dans quelques semaines, s’ouvrira la campagne électorale. Les prochains scrutins se dérouleront à un moment où de nombreux périls pèsent sur le futur immédiat du pays.
Depuis l’avènement de la démocratie pluraliste, notre système électoral connait des déficiences fondamentales. Les Maliens n’ont cessé de bouder les urnes. La crise structurelle du taux de participation était le signe le plus évident de la désaffection et de la défiance des citoyens à l’égard d’un système gangrené
Or, une mauvaise élection entache la légitimité des dirigeants. Elle aboutit, en définitive, à une profonde césure entre les gouvernants et les gouvernés qui sont dessaisis de leur pouvoir souverain de choisir celui ou celle qui doit conduire les destinées de la Nation. Un système électoral qui ne reflète pas la volonté du corps social est condamné à produire des crises.
Le Gouvernement doit prendre avec diligence toutes les mesures appropriées pour que les prochains scrutins se déroulent dans les conditions idoines de transparence et
Page 16 sur 19
d’équité afin que les résultats proclamés reflètent scrupuleusement la volonté du Peuple Malien.
Le Peuple Malien exige des élections générales transparentes et équitables. Il n’acceptera pas d’être privé de son droit à se donner les dirigeants de son choix.
Le Peuple Malien est debout, dressé comme un seul homme, prêt au sacrifice ultime pour que sa volonté, exprimée librement à travers le suffrage universel, soit pleinement respectée.
Appel aux forces vives de la Nation malienne :
Nous sommes déterminés à créer une dynamique collective robuste pour féconder l’enthousiasme créateur des Maliens afin de le mettre au service du progrès global de la Nation.
Nous oeuvrerons pour que les Maliens retrouvent foi en l'avenir, qu’ils aient confiance dans leur futur et le futur du Mali et de l’Afrique.
Nos atouts sont innombrables. Le peuple Malien est ingénieux, travailleur, il recèle en lui une formidable énergie et d’énormes potentialités de créativité. Il est prêt à assumer pleinement son destin. Il veut écrire une nouvelle page de son histoire. Il bouillonne d’impatience pour clamer à l’Afrique et au Monde son message de paix, d’amour et de fraternité.
Nous rassemblerons toutes les composantes de la société malienne, toutes les générations, en leur donnant le goût de l’avenir, en mobilisant leurs talents, en bandant leurs forces en vue de l’avènement d’une société nouvelle basée sur la Justice, l’Excellence intellectuelle, morale et sociale. Une Société qualitativement supérieure où l’homme sera le remède de l’homme comme le proclame justement la Sagesse africaine.
Nous disons au peuple du Mali, à la jeunesse du Mali, que l’histoire n’est pas finie, qu’il n’y a pas de fatalité de l’échec, qu’il est possible de créer un Mali nouveau qui sera le fruit de notre imagination collective, de la mobilisation des talents de chaque Malien, de la conjugaison des efforts de chacun.
Nous Voulons que les Femmes et les Hommes du Mali redeviennent fiers d’appartenir à une Nation qui a écrit les plus belles pages de l’histoire de l’Afrique à travers les Empires du Ghana, Mali, Songhaï, Ségou...
Gao, Tombouctou portent encore les empreintes indélébiles de la quintessence des civilisations négro-africaines et arabo-berbères qui ont rayonné au-delà des frontières du Continent. Aucune force obscurantiste ne pourra effacer ce que le Seigneur de l’Univers, dans sa Mansuétude infinie, a permis à l’homme de bâtir.
Page 17 sur 19
Oui, nous devons reconquérir notre passé pour féconder le Présent et bâtir l’Avenir du Mali.
Paysans du Mali,
Debout aux aurores, défricheurs et laboureurs infatigables de la terre nourricière, bibliothèques vivantes des secrets légués par nos ancêtres, gardiens des savoirs traditionnels, la Nouvelle République du Mali doit vous accorder une place de choix dans le processus de transformation sociale du pays. Avant toute chose, il sera mis fin aux spoliations foncières et aux décisions administratives dont vous êtes victimes quotidiennement. Il s’agira de rompre avec l’agriculture de subsistance pour donner naissance à une agriculture moderne en mesure d’ouvrir des perspectives positives aux nouvelles générations de paysans maliens.
Femmes du Mali,
Pierres angulaires de nos familles, gardiennes des valeurs cardinales de notre société, premières éducatrices des fils de ce pays, l’heure est venue d’exiger des écoles d’excellence, des établissements sanitaires de qualité, des emplois pour vos fils afin qu’ils puissent vivre décemment.
Vous avez le droit de vivre dans un monde meilleur, dans un Mali nouveau, où nul ne sera laissé sur le bord de la route.
Jeunes des campagnes et des villes du Mali,
Victimes du chômage, de la déscolarisation et de la marginalisation, rongés par l’angoisse des lendemains incertains, désemparés face aux aspérités de la vie quotidienne, frustrés d’être inutiles à vos familles, vous êtes cette force propulsive sur laquelle le pays s’appuiera pour accélérer sa marche en avant vers le progrès multidimensionnel de la société malienne.
Cadres patriotes et intègres,
Magistrats, administrateurs civils, avocats… victimes de l’effritement de l’autorité de l’Etat, de la généralisation de médiocrité, de la méchanceté, du népotisme, de l’impunité, qui ont fini par gangrener tout notre système politico-administratif, levez-vous pour exiger l’application rigoureuse du principe de « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ».
Les Maliens, Acteurs de l’Avenir du Mali
Les crises qui assaillent notre société sont les ferments pour la construction de l’Avenir.
Page 18 sur 19
Notre pays se trouve à un tournant capital de son évolution historique. Il fait face à des défis gigantesques qui nécessitent que nous soyons rassemblés autour d’une ambition collective forte, autour d’un projet de transformation radicale de notre société, autour d’une idée simple : faire du Malien un homme digne, éduqué, cultivé, respectueux des valeurs qui ont fait la renommée du Mali au cours des siècles passés.
Le peuple malien, dans sa grande majorité, sait que la construction d’une nation moderne, débarrassée des scories du sous-développement, nécessite de sa part des sacrifices.
Nous voulons rassembler les Maliennes et les Maliens sur des bases saines, pour faire triompher la Justice sans laquelle il n’y a pas d’avenir viable et fiable pour l’Homme.
Les défis sont là. A nous d’y faire face. Il s’agit, ni plus, ni moins, de faire renaître le Mali et les valeurs qui lui ont permis de dessiner l’une des plus belles pages de l’histoire de l’Afrique.
Il s’agit de réconcilier, sur la base de la Vérité, les Maliennes et les Maliens de toutes les générations qui croient en un Mali fort dans une Afrique unie, maîtresse de son destin et porteuse d’espoir pour tous les peuples du Monde.
Nul ne sera exclu, car chaque Malien est une force pour le Mali et chacun peut apporter sa contribution à la construction de notre destin collectif.
Nous voulons réconcilier les coeurs et les esprits, rétablir une vraie fraternité entre nous afin que chacun, dans sa différence, puisse jouer harmonieusement sa partition dans la symphonie nationale. Rien de grand ne peut réussir sans sacrifices. Nous devons absolument mettre fin «au chacun pour soi» qui n’aboutit qu’à des impasses stériles. Il faut accepter de tendre la main à l’autre afin de bâtir ensemble un Mali nouveau qui sera en mesure d’apporter une contribution significative à l’unification de l’Afrique au cours de ce siècle.
A nous, désormais, de savoir faire triompher notre génie créateur commun afin de construire un univers conforme à nos aspirations de justice sociale, de progrès et de liberté et d’apporter au Monde un message de paix et de fraternité.
A nous de prendre à bras-le-corps notre destin pour gagner les multiples batailles qui jalonnent notre chemin pour donner un nouveau visage à notre pays.
La Terre nourricière du Mali contient toutes les semences de la Renaissance de notre Nation.
Chaque Malien porte en lui le souffle de la Grandeur que le Seigneur de Tout l’Univers a insufflé en chaque être humain.
Page 19 sur 19
Les Maliennes et les Maliens relèveront les défis gigantesques qui assaillent notre présent. Il nous suffit tout simplement de nous Unir, de nous donner la main, d’inscrire notre Action dans un vaste rassemblement, dans une Ambition collective forte pour transformer le Mali et le placer dans le peloton de tête des Nations modernes.
Nous allons reconstruire Tombouctou, Gao, Kidal et ressouder le tissu de la Fraternité, de l’Amour, de la Réconciliation et de l’Unité de la Nation Malienne.
Nous ressouderons l’Unité nationale pour que tous les fils de la Nation, toutes les composantes des communautés du Nord, puissent jouir de la Paix et de la Prospérité.
Nous restaurerons la Vérité et la Justice afin qu’Unis dans un vaste élan de Solidarité, les communautés du Nord du Mali puissent oeuvrer, dans l’harmonie, à l’avènement d’une société fraternelle tournée vers le triomphe du Bien Commun.
Nous voulons que les «champs fleurissent d’espérance et que les coeurs vibrent de confiance».
Nous répondrons au «rendez-vous de l’histoire, dans la Dignité retrouvée».
Nous oeuvrerons pour « renforcer nos rangs pour le Salut Public, pour forger, avec Courage et Dévouement, le Bien Commun pour le Mali et l’Afrique ».
Bamako, le mars 2013.

1 commentaire:

Paulo Gonçalves a dit…

Bonjour!!
Après la visite à votre blogue, Je l’ai trouvé très interessant et agréable!!
Félicitations par votre travail!!
Salutations de l’Algarve au Portugal!!

Je vous invite à visiter mon blog
http://viajaredescobrir.blogspot.com