samedi 30 juin 2012

Alerte ! Une menace d’épuration ethnique au Nord – Mali


         Alerte ! Une menace d’épuration ethnique au Nord – Mali




Au moment où le Mali vit une crise institutionnelle profonde, son sort abandonné aux mains d’un pouvoir qui multiplie les bavures ;
Au moment où le chaos politique prend le pas sur ce qui reste de démocratique dans un Etat, déjà fragile ;
Au moment où le Nord du pays est entre les mains des rebelles, et forces étrangères, et la constitution confisquée par la junte au pouvoir ;
Au moment où les hommes de la transition multiplient les visites et les échanges avec la communauté internationale afin de mieux cerner les contours du drame que vit le Pays,
Au moment où les Chefs d’Etat de la CEDEAO se réunissent à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, pour tenter de mettre un terme à la crise malienne ;
Au moment où des hommes dominés par le seul sentiment de haine, de vengeance et de meurtre multiplient les prouesses et affinent leur programme qui consiste à vider le nord du Pays de toute présence nomade, quelqu’en soit le prix, je m’inquiète et je voudrais attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les risques et les menaces d’épuration ethnique qui se prépare à Bamako à l’encontre des populations arabo berbères du Mali. J’attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le risque et la menace de génocide de cette communauté du Nord-Mali. J’attire enfin l’attention des responsables de la CEDEAO, de l’UA, de l’UE et des Nations unies sur la campagne de nettoyage ethnique des arabo-berbères, que nous sentons venir et que nous appréhendons.
Messieurs des N.U de l’UE de l’UA de la CEDEAO, vous êtes avertis et prévenus et vous porterez l’entière responsabilité du massacre au cas où ses auteurs le mettraient à exécution sous la bannière (en cas d’intervention militaire) de la CEDEAO.
Vous porterez la responsabilité historique de cette épuration ethnique que nous craignons et qui se planifie au Nord Mali.
Nous sommes du Mali. Nous sommes au Mali dans l’administration, dans la presse. Nous sommes à Kati, à Bamako, dans les casernes et dans le transport. Nous sommes dans la rue, le commerce et le transport. Nous sommes bien au courant de ce qui se prépare. La communauté arabo-berbère du Mali serait en sursis. En cas de conflit ouvert au Nord Mali, Il n’y aura pas de différence. Il n’y aura pas de quartier, pas de pitié pour les paisibles et innocentes populations civiles qui soufrent aussi bien des exactions terroristes que des menaces d’extermination qu’on leur lance à tout bout de champs dans les rues de Bamako, de Ségou de Gao de Tombouctou. D’aucuns pensent qu’il faut exterminer les arabo-berbères, comme ça, il n y aura plus de rébellion au Nord. C’est une grosse erreur. On ne peut exterminer un peuple car les peuples ne meurent pas.
Quel est le tort de cette communauté ? Son seul tort est qu’elle est de teint clair, qu’elle est touarègue ou arabe, qu’elle vit dans l’Azaouad son seul terroir depuis des siècles. Son tort, son seul tort était d’avoir subi l’invasion des groupes terroristes qui ne lui ont pas demandé son avis, encore moins un sauf-conduit pour occuper ses terres, ses puits et disposer de son cheptel de l’eau de ses puits, du corps de ses filles. Ces groupes terroristes ont pourfendu son désert, installé la peur et détruit sa jeunesse. Le seul tort de cette communauté est de vivre sur cette terre transformée en noman’s land par des groupes armés et des narco trafiquants presqu’exclusivement au service de gros bonnets installés à Bamako. Ce n’est pas nous qui avons fait venir les terroristes d’Algérie et d’ailleurs. Notre communauté n’est pas le MUJAO, ou AQMI. Ils sont arrivés et se sont installés au vu et au su des autorités maliennes qui les ignoraient à l’époque. L’éclatement de la Libye, le silence de l’Algérie et celui de la communauté internationale, focalisée sur la destruction des régimes arabes leur ont permis de s’armer et d’occuper le Nord avec la complicité maladroite de l’armée malienne (coup d’état injustifié).
Nos hommes à nous, (arabes et touaregs) sont morts au combat pour le Mali, pour sa défense, la défense de son intégrité, sa sécurité et celle de sa population.
Aujourd’hui notre population, ou ce qui en reste attend anxieusement, la horde des soldats de la CEDEAO pour l’achever. Nous sommes inquiets par le scenario qui se dessine, qui se planifie qui pointe à l’horizon. Nous sommes inquiets car pour les soldats de l’armée malienne et de la CEDEAO, tout homme du Nord, de teint clair et portant une barbe, ou une djellaba, serait un terroriste, une cible, un objectif, Tout campement nomade dans le Sahara, serait considéré comme un repère, un bivouac, un camp de terroriste ou d’entrainement. Toute femme ou enfant aperçu serait un indicateur des terroristes, des rebelles et doit être abattu. Les puits les points d’eau seront asséchés ou pire, seront empoisonnés comme par le passé au cours des rebellions antérieures. Tout troupeau sera décimé pour ne pas servir de nourriture aux terroristes et aux rebelles. Voila le scenario qui nous inquiète, qui se prépare et se planifie même dans quelques cercles intellectuels à Bamako.
La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) réclame sans cesse une résolution spécifique du Conseil de sécurité des Nations unies pour valider l'usage de la force au Nord-Mali"
Cependant les troupes de la CEDEAO ignorent tout du Sahara malien. Elles ne comprennent rien à notre espace, notre organisation sociale, nos tribus, nos ethnies, notre répartition géographique. L’organisation régionale a encore beaucoup de faiblesses et de limites. Elle ne dispose d’aucun moyen lui permettant de reconnaitre le « bon musulman tout court du terroriste », « l’ennemi, de l’allié ». Les dégâts causés par les combats et par la circulation incessante des troupes armées dans le Sahara, ou en fuite, seront énormes. Les soldats de la CEDEAO se serviront de nos biens en vidant nos greniers, en enlevant nos animaux. Ils l’ont fait ailleurs. Nos populations seront marquées à vie. Des milliers de filles seront victimes de viol et d'autres formes de violence et d'exploitation sexuelles. Les attaques contre les campements seront systématiques et délibérées. Les maladies, la malnutrition, les violences physiques et les privations seront notre lot quotidien. Nous perdrons nos foyers, nos biens, et nos proches.
Les conflits armés diffusent la destruction et violent les droits des peuples. Nos écoles, nos postes de santé nos hôpitaux, nos villes et nos villages et notre cheptel disparaitront. Nos équipements collectifs connaitront le chaos et l’incertitude. Voila ce que nous vivrons en cas d’intervention militaire de la CEDEAO. Voila ce qui nous inquiète en cas de conflits ouverts au Sahara. Nos enfants, seront marqués sur le plan psychologique comme ils l’ont été en 1963, en 1990 en 1994 lorsque leurs mères furent violées sous leurs yeux, lorsque leurs pères furent égorgés sous leurs yeux ou exécutés sommairement. Aussi, toute intervention militaire ne fera qu’enfoncer le Pays et ses habitants dans une spirale de haine partagée, d’attaques-représailles sans fin avec son lot de décès parmi les civils, de destruction massive, et d’anarchie. Si toutefois l’intervention militaire devient une nécessité absolue, je propose que ces opérations soient étudiées minutieusement, planifiées, limitées dans le temps et l’espace et exécutés en étroite collaboration avec des éléments ressortissants du Nord arabo-berbères et sonrhaï que les objectifs soient identifiés, localisés et détruits tout en épargnant la population civile.
Aujourd’hui nos populations sont refugiées dans les pays limitrophes, croulant sous le coup de la chaleur, de la misère, vivants sous des morceaux de tissus et de nattes et tendant la main pour survivre. Nos populations refugiées subissent les maladies, les privations, la désolation.
Ailleurs les femmes et les enfants se déplacent entre l’Algérie, le Mali, le Niger, ou ailleurs dans les grandes villes de l’Afrique de l’Ouest, pour mendier au bord des routes et assurer leur survie. Ils sont visibles, dans les ronds-points des villes comme Abidjan, Conakry, Dakar Ouagadougou ou Accra, trainant leurs misères.
Nos jeunes adolescents laissés à eux même, seront une proie facile pour les recruteurs des groupes terroristes et autres narco trafiquants. Ils seront embrigandés et entrainés vers des sites de formation accélérée au maniement des armes. C’est eux qui serviront de chair à canon, de kamikaze demain en cas de conflits, ou qui iront ailleurs grossir les rangs des terroristes, et servir leur cause.
Voila ce qui nous inquiète. Cette situation alarmante est le résultat de facteurs qui amplifient son intensité, des facteurs liés à une mauvaise distinction entre les parties en présence, un manque d'information, une mal interprétation, la colère, la perception négative de l’autre, son rejet, et le désir de vengeance.
L’alliance républicaine de la communauté arabe du Mali, est pleinement et entièrement rattachée à l’unité du Mali, son intégrité territoriale et sa souveraineté. Nous sommes contre le terrorisme et le trafic de drogue. Nous l’avons déclaré au cours notre congrès tenu en République islamique de Mauritanie. Nous l’avons soutenu et rappelé officiellement aux instances internationales, aux ambassadeurs européens, aux gouvernements voisins du Mali. Nous nous y attellerons avec toutes les autres composantes du Pays, et celles du Nord en particulier. Notre vision pour un Mali de demain serait celle d’un Mali différent, un Mali de justice, d’égalité, divers et uni.
Nos officiers, sous officiers et hommes de troupes sont restés loyaux et fidèles au Mali et sont prêts à reprendre le combat. Nos frères du FNLA luttent actuellement contre les groupes terroristes dans le désert.
Nous condamnons toute forme d’épuration de notre communauté du Nord sous l’égide de la CEDEAO avec la bénédiction des Nations Unies. Nous saisissons l’opinion nationale et internationale, les autorités du Mali, celles de la CEDEAO et nous leur disons « Ne faites pas de notre région un second Rwanda, ne faites pas de notre peuple arabo-berbère un peuple de paria. Ne « somalisez » pas notre Pays.
Un grand intellectuel a dit « vivre est mieux que mourir mais la mort n'est rien à coté de la souffrance vécue lors d'une guerre ou d'un génocide »
Selon Maître Jean Morissette Avocat et médiateur « Un conflit réglé ne fait pas de victime collatérale. Une entente permet d’atteindre la paix sans faire de guerre… »
A bon entendeur salut !
Mohamed Ould Moydidi

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