jeudi 2 février 2012

Guerre au Nord Mali Oui nous pouvons éviter le pire.

Guerre au Nord Mali
Oui nous pouvons éviter le pire

Des images d’une horreur indescriptible circulent sur les sites d’informations et sur les fora de discussion depuis quelques jours. Ce qu'il faut a tout prix éviter c'est l’amalgame, on n'est pas très loin de qui est arrivé au Rwanda, que dieu nous préserve.
Je confirme que sur la base d'informations vérifiées il y a bel et bien eu morts à Aguelhok de militaires maliens de toutes les couleurs. Dans une fosse on a retrouvé 7 soldats maliens touaregs et trois soldats maliens bambaras mutilés.
Je voudrais par ce message, lancer un appel à tous les patriotes d'ou qu'ils se trouvent de véhiculer le langage de la paix.
Les mosquées, les églises doivent être mises à profit pour véhiculer le langage de l'amour.
Souvenons nous de ce qui est arrive au Rwanda, c'est par la faute de quelques  arrivistes politiciens (dommage que c'est toujours les politiciens). ATT n'a jamais su gérer le problème, à nous de trouver une voie, il n'yen a pas d'autres, la voie de l'action pour la paix.
Nous devrions véhiculer le message selon lequel, à Aguelhok, il n'y a pas eu seulement que des morts de soldats de couleur noire mais aussi des morts de touarègues restés patriotes. Ils ont payé cher de leur amour pour la patrie, rien qu'avec ces images de soldats touarègues morts sur le champ de l'honneur pour la patrie, nous devrions nous sacrifier pour la paix.
Dommage qu'ATT n'aie pas eu à inviter les leaders religieux, politiques à s'investir sans attendre dans la recherche de la paix partout sur le territoire national.

Pour rappel, il existe une légende « surgo nda gabibi » qui veut dire littéralement : « le targui et le songhaï » pour nous dire que nous sommes condamnes à vivre ensemble. J’ai souvent fait référence à cette légende dans mes tribunes sur les questions du Nord. Je l’ai encore utilisée dans mon  film documentaire intitule : flamme de la paix » que j’ai réalisé pour le compte du PNUD Mali c’était en 1997.  Ce film existe encore dans les archives du Fespaco de 1997 et de l’ORTM.
Il est bon qu’on puisse rediffuser le film pour montrer a quel point l’amalgame est a éviter.
Voici donc la légende : « Il était une fois, une jolie Princesse noire, princesse dont la beauté avait mis en concurrence plusieurs princes des contrées environnantes. L’heureux élu fut un prince targui. De l’union naquit un garçon blanc. La légende raconte que cette union fut éphémère et que de son second mariage avec un prince noir, la princesse conçut un garçon noir. A l’âge adulte un conflit de terre opposa les deux frères. Chacun décida de faire appel aux siens et un beau jour, malgré les suppliques de leur mère, l’armée blanche de l’ainé et l’armée noire du cadet, s’apprêtaient à en découdre, lorsque la malédiction divine  tomba comme un couperet. Les deux armées avec en tète les deux frères, furent transformées en pierres.  Ce sont les trois rochers en aval des chutes de Tossaye, au milieu du fleuve Niger. De très loin, les rochers, (la mère, et les deux armées) donnent la terrible image de deux troupes prêtes à en découdre, avec au milieu une femme, le sein droit tendu vers le ciel, réclamant le châtiment suprême.»

« Ne nous reposons pas sur nos acquis, mais efforçons-nous de construire la paix, de vouloir que la paix soit dans le cœur et dans l'esprit de chacun » disait John Kennedy.  « Ne négocions jamais avec nos peurs, mais  n'ayons jamais peur de négocier » disait encore John Kennedy. Le Mali est un grand peuple, un peuple divers et uni dans sa culture et sa géographie. Nous avons les ressources nécessaires d'y parvenir à la paix, seulement il faut mettre le prix.
Yachim MAIGA
Port-Au Prince, le 2 Février 2012

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