mardi 31 janvier 2012

LES TOUAREGS NE SENTENT PAS MALIENS, ILS SONT MALIENS, DES AUTOCHTONES À PART ENTIÈRE.

A MONSIEUR LE DIRECTEUR DE PUBLICATION DU JOURNAL ‘’L’ESSOR ‘’



Monsieur,

Dans l’article paru dans le journal ESSOR intitulé : ‘’Biennale 2008 : Tombouctou, Ségou, Gao le trio majeur ‘’ les auteurs ont écrit ceci je cite : « ……Et comme il n’a cessé de le faire  depuis les début des événements au nord il( le  Président A. T. TOURE) a invité nos compatriotes à ne pas faire l’amalgame entre les bandits et les Touarègues qui se sentent des Maliens à part entière. Il s’est réjouit  à ce propos  de la participation des jeunes de Kidal à la Biennale »
A la lecture de cette partie, en tant que cadre Touareg loyaliste, légaliste et uniquement par amour pour mon pays, je me dois sans polémique aucune, de lever certaines équivoques :
- Les Touaregs, au nom desquels je proteste, ne se sentent pas maliens, ils sont  maliens, des  autochtones à part entière.
 Cela est un fait indéniable.
Les verbes se sentir, paraitre, sembler et ressembler  sont différents du verbe être.
Il est nécessaire  de rappeler certains faits :
- L’histoire des trois régions du nord et de Mopti a été caractérisée par la cohabitation
pacifique quelques rares fois tumultueuse des différentes ethnies qui y vivent : Sonrhaï, Touareg,  Peulh, Maures et Dogons.
Les Touareg ont participé depuis le temps des empires à  la construction du Mali au gré des alliances avec d’autres communautés.
Malgré cela le pays n’a jamais connu de guerres d’origine ethnique ou religieuse
- Si l’on se réfère  à une période récente , de la colonisation à nos jours, les Touareg ont suffisamment marqué l’histoire par leur patriotisme, leur appartenance à cette terre malienne, à un destin commun avec leurs voisins.
Pour  rappel, on doit toujours avoir en mémoire ces grands patriotes  dont les plus illustres sont :
  - Chebboun, vainqueur du Colonel Bonnier à Tacoubao (25 km de Goundam). Un monument a été érigé en ce lieu par la France, le Mali indépendant ne lui accorda aucune importance historique.
 -  Ingona  cet irrédentiste qui croisa le fer avec les colonisateurs bien après la prise de Goundam pendant plus de sept ans pour sauver l’identité des tribus dont il était le chef contre les «  mécréants ».Il fut tué et son fils déporté.
- Fihroun  ce grand résistant dont la révolte contre les Français est connue de tous, le camp militaire de Gao porte fièrement son nom.
Et d’autres  oubliés de l’histoire contemporaine.
De Niafunké à Kidal c’est un vrai chapelet de cimetières d’envahisseurs tant dans le gourma que dans le haoussa.
Revenons à cette rébellion  touarègue  dont on  ignore  certains aspects, loin de moi la prétention de vouloir récrire l’histoire.
La première date des années de 1963 mais les vraies causes datent des années 50
Elle a été interprétée comme un soulèvement des  Ifoghas contre le Mali indépendant : un refus de reconnaitre la souveraineté du Mali indépendant .On connait la suite dont on garde encore malheureusement les stigmates.
Les journalistes et les historiens soucieux de rétablir la vérité doivent se rendre dans l’Adrar et nous édifier car  les témoins vivants existent heureusement encore.
La région de Tin Bouctou( vrai nom de la cité mystérieuse) n’avait pas été touchée par cette première crise .
Cependant, dans le cadre de la sauvegarde de la sécurité du pays, des éléments touaregs et maures originaires des cercles de Niafounké, Goundam, Diré et Tin Bouctou ont été recrutés pour constituer la force principale du GIGN de Tarkint avec à leur tête le Lieutenant de gendarmerie Zoulbeiba Ag Mohamed Alhadi dit Zoul..
Une autre omission de l’histoire !!!!
La deuxième  qui commença en juin 90 ne concernait pas la 6ème région mais malheureusement l’amalgame fait par les autorités de notre pays  a transformé l’étincelle de Ménaka en feu de brousse qui ravagea tout le Mali
En effet, après l’attaque de Ménaka, on a décrété l’état d’urgence dans toutes les régions du Nord ( de Kidal à Léré)avec son lot de maltraitance, de rapine et de chantage sur les populations touaregs et maures jusque là pacifiques.
 Le début de l’amalgame :un sous officier de la Police de Tin Bouctou disait de façon cynique que la vie d’un tamasheq vaut un chèque de 1 tama (centime en bamanan).
A Tin Bouctou, les premières arrestations ont concernées des chefs de fractions,  au motif qu’ils portaient des armes blanches et un vieux pistolet 5mm à barillet sans autorisation de port d’arme. Une méconnaissance de la culture de cette ethnie qui veut que le sabre , le couteau de jet et le fusil font partie de l’accoutrement.
La première attaque dans cette région avait été perpétrée quelques mois plus tard par des éléments se réclamant  du FIA à Razelma , celle-ci avait été neutralisée par une unité de l’Armée constituée en majorité  des soldats et sous officiers touaregs et maures.
L’opération avait été dirigée par un Lieutenant de la Garde originaire de Gargando, cercle de Goundam.L’oncle de ce patriote, médaillé  de l’indépendance, a eu sa maison saccagée en répresaille à l’attaque de la ville .
Un autre oubli de l’histoire !!!!
Ensuite commença l’hystérie collective contre son voisin, son demi frère, son ami, son promotionnaire de Lycée : les Maliens toute ethnies confondues étaient devenus fous.
Ils ont oublié tout ce qui les unis en oubliant que toutes les guerres finissent sous un drapeau blanc mais resteront le remord, la honte  etc.

Depuis cette triste période, les touaregs et les maures sont désignés dans le parler quotidien de leurs autres compatriotes sous les noms peu enviables de rebelle, rebelle nounou, reber, rober etc.
Trop de vocables infamants pour toute une race !!!
A cela s’ajoutent des déclarations de certains hauts responsables sur les antennes des média nationaux  qui parlent de « mogho nounou » :ces gens là  (sans distinction aucune) !!!
le  paroxysme de l’amalgame.
Je rappelle que cette confusion ne provient pas de mes voisins Sonrhaïs et Peulhs, avec qui j’ai partagé les champs et les pâturages des lacs Télé, Fati, Faguibine, Horo et d’autres espaces que l’on avait sauvé des razzias Regueibat venus du Rio d’Oro dont la dernière date de 1923 qui avait été anéantie par un détachement de l’armée coloniale appuyée par des éléments de la Tribu Kel Antessar du Chef Attaher .
L’amalgame ne viendra  pas aussi des amis d’enfance Touré , Maiga ,Dicko ,Cissé ,natifs comme nous de ces régions et avec qui on  a partagé l’appellation de Koroboro à l’internat du lycée Askia en 1973.
L’amalgame ne peut être fait par nos cousins Dogno avec qui nos ancêtres entretenaient des relations commerciales séculaires toujours pacifiques
Pour preuve ,durant des siècles, les populations ont tracé la fameuse route du petit mil reliant tout le pays Dogon à Tin  Bouctou, G Rharous et Bourem foghas dont une branche est devenue la route de l’Espoir ou route de Diabira.
L’amalgame ne viendra pas des  Bozo qui, pendant des décennies, remontaient les cours des lacs  Faguibine , Télé avec la crue et s’installaient librement pour pécher et fumer des quantités importantes de poissons.
Jamais ils n’ont été inquiétés.
Le résultat de l’amalgame c’est de passer du stade de « tlo bleni » à celui de « rebelle nounou »même quand on est né à Koulikoro et grandit à Bamako.
Cependant, cette situation est entretenue  par la politique de deux  poids , deux mesures :un véhicule volé par un touareg  à Gao est une occasion pour soulever la ville contre des paisibles populations et de perpétrer des casses tandis que quand un autre malien braque la BDM à Bamako et est neutralisé par un garde touareg ,cela relève du fait divers !!!!!
Sous d’autres cieux cela s’appelle un  délit de faciès.
.L’amalgame provient de ceux la  qui font de notre insécurité un fonds de commerce, de ceux la qui ne gagneront rien en faisant la paix, ceux là qui veulent prendre le Mali en otage pour pérenniser leur situation.
Ces faux spécialistes du problème du Nord toute appartenance confondue qui pullulent éternellement dans nos institutions. Des vrais maitres chanteurs déguisés en pompiers ou notables .
Un peuple un but une foi doit être notre devise, notre objectif, notre raison d’être.
Que Dieu sauve le Mali !


ALY dit « Aly du Mali »
Adresse connue : arrêt Sotrama  Rebel plaqui
Bamako

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