jeudi 5 janvier 2012

LE RÔNIER DE KOULOUBA (ATT) : LE DÉBUT DE LA FIN !

LE RÔNIER DE KOULOUBA (ATT) : LE DÉBUT DE LA FIN !

Ahmadou Kourouma écrit : « il n’y a pas de marche qui un jour ne finit pas. »
Oui chaque chose a une fin comme l’a chanté notre très chère regrettée Tara Bouaré : « SANOU NEKE NI YO YARI NEKE NI YO MOKO BI Y KILE KE KA MOKO KELE KILE TE DIEN LA BAN » traduction (chaque homme fait son temps mais personne n’est éternelle).
Pendant deux mandatures (de 2002 à 2012) le peuple combattant du Mali a fait confiance à ATT pour mener son bateau vers les meilleures eaux du Djoliba, il arrimera bientôt. Oh ! Que la traversée à été longue et éprouvante pour le bas peuple ! Dix(10) ans après la pilule est amère à avaler. Un cauchemar est en marche comme le démontrent les aléas Maliens.
Avec son slogan « retrouvons ce qui nous unit », ATT, ce témoin et acteur majeur des transformations politiques, économiques, sociales et morales de notre société a bénéficié de la générosité vitale et spontanée de notre peuple en 2002. Cet homme des symboles avec une prétention pharaonique s’est fait passé avec notre commune indulgence comme le meilleur rempart possible contre toutes les turpitudes. L’imposture n’a jamais de limites ….
Et pourtant Nikita Khrouchtchev nous avait prévenu en disant que : « Les politiciens sont les mêmes partout. Ils promettent de construire un pont même lorsqu’il n’y a pas de fleuve. »
Sans risque de se tromper nous pouvons dire aujourd’hui que le règne d’ATT a été le commencement d’une période sombre pour le Mali, car les espoirs et espérances placés en « l’homme de réserve de la République, du 26 mars 1991, au messie » pour réaliser nos rêves de grand Mali ont été déçus.
 Il s’agissait de lutter contre la pauvreté, la corruption, l’insécurité en restaurant l’autorité de l’État, faire des reformes institutionnelles et administratives, mettre en place une école qui éduque et qui forme, mettre en place une vraie politique de santé, donner de l’emploi aux jeunes et organiser une alternance démocratique en organisant des élections transparentes et crédibles .
A part son slogan « retrouvons ce qui nous unit », son PDES (Programme de Développement Économique et Social), son double langage et quelques infrastructures et logements sociaux (ATTbougou) que lui-même a magnifié dans son dernier discours pendant 45 minutes lors de ses vœux du nouvel an, que pourrions-nous retenir des mandats d’ATT ?
Cet homme portait en lui et dans ses programmes la notion de la grandeur du Mali. Une notion qui est la marque des grands dirigeants mais il a fini par brouiller le message et tout le dispositif en abusant de sa position dominante avec l’ingratitude pathétique qu’on lui connait.
Ce pays doué et inventif se trouve depuis dix(10) ans vilipendé, menacé, tripoté, humilié et violenté de toutes parts. Au Nord AQMI le caresse, le griffe ou le mord en rêvant de l’avaler. De l’autre côté l’Occident fait tout pour le punir de son laxisme et de ses indécisions à cause du harcèlement des islamistes. Car ATT à une aversion instinctive pour toute prise de décision.
Le nord devient ainsi le champ clos d’une séquelle abominable de prises d’otages, de trafic et de crimes de tout genre. Au Mali on retrouve de la honte et du sang sur le tapis rouge, ôtant ainsi aux maliens l’estime d’eux-mêmes.
Le Mali arrive tard à tout.  La complaisance d’ATT à l’égard de la situation a toujours été stupéfiante surtout lorsqu’il prétend incarner la morale, la bonne conscience, la bonne gouvernance, les droits de l’homme, de la femme et de l’enfant.
A croire qu’il suffit de sortir à la télé aux côtés des enfants et des jeunes pour dire être leurs amis et les laisser après dans la disgrâce, l’infortune et la déchéance avec autant de mépris et de haine viscérale.
Avec l’humanisme d’ATT et l’activisme de sa fondation, 33 enfants de moins de 4 ans sont morts de malnutrition à la Pouponnière de Bamako, entre Août 2010 et Février 2011, une honte pour tout le Mali.
Pendant dix(10) ans, la jeunesse malienne a été laissée pour compte sans emplois, sans éducation, sans promotion, sans perspectives réelles pour l’avenir avec son corollaire de violences et d’accidents de la route.
Comme disait Jean Paul Sartre : « pour aimer les hommes, il faut détester fortement ce qui les opprime. »
Le candidat des pauvres et des démunis crédité d’une sympathie réelle a retourné sa veste en laissant se goinfrer à ses côtés tous les prédateurs de notre économie. Ce qui devrait être une avancée pour le pays est devenue un recul énorme.
L’homme providentiel est devenu l’homme de l’amertume et des déceptions car entre mauvaise conscience et realpolitik, il essaye de se ressaisir pour améliorer la gouvernance mais l’ingratitude du temps et les aléas de la mode ne jouent pas à sa faveur. De toute façon le mal est fait car les maux pour lesquels il a sollicité le suffrage du peuple malien existent toujours et se sont mêmes aggravés.
En ce début de la fin de son mandat le Mali est à l’intersection du banal, du sublime et de l’effroyable à cause du manque d’autorité et la désinvolture du chef, le Mali est devenu un pays sans vision, ni gouvernance. Malgré son habilité tactique, la méfiance s’est installée entre les acteurs politiques par rapport au choix du fichier électoral et fait planer sur le pays la menace du retour de l’instabilité et de velléités putschistes.
Il a transformé la République en une agence de publicité pour sa gloriole personnelle, au lieu d’avoir le souci de l’intérêt général et de la pacification du pays.
Comme disait Aimé Césaire : « on n’en peut plus de tant de mensonges, de tant d’abominations. »
Eh ! SABU N’YUMA NA DONI TA EN KA WA DIEN KO YO KO LABAN YO BE LA ! Traduction : Eh ! Bonne chance porte nous le fardeau et partons chaque chose à une fin !
« OUAHI » ! Que le fardeau de l’indifférence, de l’inaction, de l’injustice, de l’inculte, de l’insécurité, du népotisme, de la corruption, de la faim, de la médiocrité, de la démagogie … est lourd à porter ! Courage ! Le peuple …
Alors pour clore cette variante inédite de la paranoïa politique, cette parenthèse de notre histoire contemporaine, la seule question qui vaille aujourd’hui est de savoir : Comment construire une société réconciliée, juste, respectueuse des identités, des mémoires et du droit à la vie de chacun ?
A mon avis pour répondre à cette question, les différents candidats à la magistrature suprême doivent nous proposer un nouvel ordre, un nouveau contrat social, car le contrat social est au fondement de la nation. Lui seul libère l’homme de l’esclavage, de la dépendance, de l’arbitraire. Le contrat social lie tous les citoyens, quelques soient leur origine ethnique, leurs croyances, leur couleur de peau.
Nous savons que beaucoup de nos compatriotes considèrent les élections comme des opérations boursières, où ils cherchent à maximiser leur profit dans un temps court mais nous devons aujourd’hui sonner le tocsin de l’indifférence et de l’inaction.
Rarement dans l’histoire de notre pays les hommes politiques ont témoigné d’un tel aveuglement, d’un tel détachement, d’un tel cynisme qu’aujourd’hui. Leur ignorance des réalités est impressionnante, leurs yeux ne voient pas, leur cœur ne sent rien.
Or tous les êtres humains aspirent à la santé, à l’éducation, au savoir, à une existence sûre, à un emploi stable, à un revenu régulier, à mettre leur famille à l’abri des humiliations, à exercer pleinement leurs responsabilités politiques et civiles, loin de tout système d’arbitraire, protégés des malheurs qui offensent leur dignité.
Nous devons faire la nécessaire reconstitution mémorielle, travailler et de cesser d’invoquer sans cesse un glorieux passé pour mieux dissimuler les turpitudes du présent.
Oui notre pays et notre démocratie font figure de modèle dans les manuels d’histoire, qui rappellent à raison notre héritage commun, mais si nous laissons sans solution des conflits et de graves problèmes actuels, qui pourtant, engagent, à l’occasion la survie même de notre pays.
Oui « l’avenir à un long passé » selon Talmud de Babylone surtout dans notre pays où l’engagement et le militantisme sont disqualifiés, où les privilégiés sont régulièrement parachutés dans le champ politique, il faut une clause de non discrimination, beaucoup de doses de tolérance, de la réciprocité, de la justice et du droit pour ne pas encore humilier d’avantage ce peuple appauvri et sans secours.
Aujourd’hui nos hommes politiques doivent ne pas confisquer à leur seul profit « l’humanité » en laissant la majorité silencieuse dans l’exclusion et l’angoisse du lendemain.
En faisant encore du jeu politique de notre pays la somme des humiliants et des humiliés, ils risquent même de menacer à l’occasion la survie de l’espèce. Car une longue humiliation, une trop cruelle souffrance peuvent jeter les peuples dans les bras des pires démagogues. Faisons en sorte que le jour et la date du 8 juin 2012 soient le début d’une nouvelle ère pour le Mali.
 
Mr. Mariko Bakary.
France.
 

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