mardi 31 janvier 2012

ATT : Une chance pour la rébellion ?




ATT : Une chance pour la rébellion ?
 
Pour gagner une guerre, il faut pouvoir savamment combiner plusieurs facteurs parmi lesquels : Des équipements militaires adéquats, une diplomatie forte et une habileté dans la négociation.
 Sans être un professionnel en la matière, tout laisse croire que les forces de sécurité du Mali ne sont suffisamment outillées pour mettre en déroute la rébellion. Nous osons croire pour notre part que ce n’est pas les hommes qui manquent mais plutôt un équipement adéquat. Même si aux yeux du malien moyen, cela peut être inexplicable. Des raisons budgétaires pour financer le conflit seraient plus plausibles.
Pour parler du volet de la communication je voudrai mettre l’accent surtout sur les relations diplomatiques et d’amitiés basées sur les intérêts mutuels entre les pays pouvant apporter des soutiens politiques et souvent matériels qui peuvent de quelque que manière que ça soit  avoir un impact positif en faveur d’un côté ou pour  l’autre en cas de conflits armés. Dans le cas présent, le Mali a détruit toutes les relations qui pourraient éventuellement lui être utiles dans cette épreuve. Par exemple l’Algérie. Je crois dur comme fer que le pouvoir algérien ne prétend récolter aucun intérêt avec un Mali morcelé. L’Algérie n’y gagnera rien. Même les intérêts géostratégiques ne peuvent pas justifiées un tel vœu de la part du pouvoir algérien. Les relations historiques entre les  pays ne permettent pas d’abonner dans ce sens. Ce n’est  un secret pour personne que les rapports entre les Présidents des deux pays sont exécrables. Pourquoi les deux Présidents entretiennent-ils des relations conflictuelles, lorsqu’ils sont condamnés à travailler ensemble pour venir à bout du terrorisme qui sévit dans leur espace territorial commun ? Sans offense, les atermoiements du Président malien a l’égard de la nébuleuse Al-Qaïda y sont pour quelque chose.  Autre soutien sur lequel le pouvoir malien ne peut pas compter aujourd’hui c’est bien la France, trop frustrée par le chantage du groupe terroriste basé  au Mali. Là aussi le Président malien ou tout au moins certains de ses proches collaborateurs sont accusés d’être en connexion avec Al-Qaida pour tirer le maximum de profits personnels. Quant au voisin mauritanien, c’est le même genre de relations ambigües qu’ATT entretient avec son homologue de Nouakchott et toujours à cause de cette situation d’insécurité qu’entretient Al-Qaïda dans la région. Même si le Mali n’est pas en conflit « ouvert » avec le Niger, les deux pays ne partagent pas la même vision quant à la rébellion touareg. Niamey peut se targuer d’avoir mis sa rébellion sous sa coupe. Toujours sur le plan communicationnel, il y a un autre volet que les pouvoirs publics maliens n’exploitent pas suffisamment. Il n’est un secret pour personne que les animateurs et certains combattants de la rébellion d’aujourd’hui se réclament du pouvoir déchu de Mouammar Kadhafi considéré comme un dictateur sanguinaire par la communauté internationale. Des prises de position que le pouvoir politique malien pourrait utilisé pour dresser la communauté internationale contre la rébellion. Mais il en est rien.
Sur le théâtre des opérations, la situation n’est point enviable. Le Président malien manque d’agressivité. L’histoire nous enseigne qu’un conflit armé commence toujours par une démonstration de force et se termine autour d’une table de négociation. Dans le cas du Mali, le constat est accablant. Que de temps perdu à vouloir caresser une vipère qui n’attend que de trouver une occasion pour mordre.
Aussi longtemps que je me souvienne, je ne connais pas de chef de guerre aussi inoffensif, passif, intacte. A tel point qu’il n’est pas exagère de croire que ATT peut être une chance pour la rébellion pour atteindre ses objectifs. Cependant, je suis convaincu qu’il en est malade. Qu’il en souffre dans sa chair et dans son sang et qu’il veut même la combattre. Malheureusement les choix opérés par le Président à tous les niveaux n’ont pas été judicieux. Que de louvoiements, d’incertitudes, d’imperfections, de tâtonnements. Cette maladresse et cette impromptitude dans les choix tactiques autant sur le terrain des opérations militaires que sur ses attitudes personnelles risquent de plonger le Mali, un pays jadis épris de paix sociale, dans une situation d’insécurité et de conflits généralisés à durée indéterminée et aux conséquences imprévisibles.

Hamadoun Yattara
USA

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