samedi 17 décembre 2011

Lettre ouverte à ATT

Paris, le 17 novembre 2011
Son Excellence El hadji Amadou Toumani TOURÉ Président de la République du Mali Koulouba - Mali
Objet : Lettre ouverte (Appel) relative au projet de référendum constitutionnel Excellence Monsieur le Président Le Front du Non à la nouvelle Constitution (FNC) vous présente très respectueusement ses compliments, souhaitant porter à votre connaissance les raisons de son opposition au projet de référendum constitutionnel en cours dans notre pays. Un appel en ce sens, "l’Appel du 26 Août", a été lancé dont nous vous adressons copie pour information. Votre souci, que nous partageons, de moderniser les institutions politiques du Mali vous honore. Mais une telle entreprise nous paraît inopportune du fait du calendrier électoral pour 2012, de l'état très sérieusement préoccupant du fichier électoral, et du caractère dispendieux de l’effet cumulatif des trois consultations électorales en moins d'un an. Nous vous saurions infiniment gré d’accorder à notre appel toute l’attention qu’il mérite, de le prendre en compte, afin de préserver notre pays d’une opération contre-productive et onéreuse, et, pour être franc, inopérante en l’état d’un fichier électoral à la fiabilité problématique. De surcroît, l’initiative de "coupler" l’élection présidentielle et le référendum constitutionnel - deux consultations éminemment majeures et distinctes, dévalorise plutôt leur portée solennelle. Dans cette optique, Nous, Maliennes et Maliens de l'intérieur et de la diaspora africaine, personnes physiques et émanation d’organisations politiques et de la société civile malienne, réunis au sein du Front du Non à la nouvelle Constitution (FNC), faisons appel à votre sens du bien public et de l’intérêt national, en vous demandant instamment de bien vouloir reconsidérer votre position. Certes, la « Loi fondamentale » du Mali n’est pas immuable et peut être soumise à réforme. Mais une telle hypothèse devrait pouvoir s’envisager dans un contexte apaisé. Si tel devait être le cas, cela devrait se faire dans la transparence démocratique et la sérénité, avec notre préférence qu'une telle possibilité ressortisse de la responsabilité du président élu en 2012, s'inscrivant ainsi dans la logique normale et légale de la continuité de l'État ! Cela, en rien, n'amoindrit le mérite pour vous de la paternité du projet. Ni le "Front", ni l’"Appel" ne constituent un geste de défiance ni à votre égard, ni à l'endroit des réalisations immenses que le pays saura mettre à votre crédit, mais l’expression d’une opinion divergente sur le bien-fondé d’une initiative. Nous vous remercions de toute l’attention que vous porterez à notre courrier, et dans l’attente, nous vous demandons, Excellence Monsieur le Président, de bien vouloir agréer l’expression de notre considération, avec l’assurance de nos meilleurs sentiments patriotiques. La Coordination F N C –

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