samedi 5 novembre 2011

Tensions au Nord du Mali. Tous les Touareg sont-ils des rebelles ? (Deuxième partie)

Sekou Kyassou Diallo Tensions au Nord du Mali. Tous les Touareg sont-ils des rebelles ? (Deuxième partie)
Les causes de la crise sont triples. La première est qu’il existe bien une partie de la population targuie qui s’estime blanche et qui se sent frustrée d’être dirigée par des Noirs. Ceux-ci sont des aventuriers purs et simples qui semblent nostalgiques d’un passé révolu. Que diront alors les Américains ? Au moment ou ce pays qui était des plus esclavagistes accepte d’être dirigé par un Noir, ces groupuscules touareg, il reste à savoir s’ils le sont réellement, risquent de se discréditer eux-mêmes aux yeux du monde qui les taxerait de racistes pour finir enfin par les classer sur la liste noire des organisations terroristes à traquer et à combattre. Certainement, Ils auront ainsi donc l’effet contraire de ce qu’ils souhaitent. Le Mali ne connaît pas ce problème comme en Mauritanie ou les Noirs sont sujets à la discrimination. Il y a des Touareg intègres et aussi patriotes que tous les autres, pour lesquels, sans doute, les Maliens voteraient. L’important, c’est l’homme qui fera notre Mali et non sa couleur. Mais ces opportunistes, qu’on rencontre d’ailleurs chez les autres ethnies maliennes, jettent la méfiance sur toute une population éprise de paix, de justice, de progrès et dont les revendications sont des plus nobles ! Cette population n’est pas composée que de Touareg ! Et pourquoi ce sont eux qu’on indexe tout le temps ? Les Touareg aux bonnes intentions seraient tentés de baisser les bras pour la cause du Mali. A quoi bon de se fatiguer si malgré tout, on est taxé de tous les maux ? La deuxième cause est la majorité écrasante, comme partout au Mali, qui aspire à des conditions de vie meilleures. C’est un droit légitime de tout citoyen de se les souhaiter. Quand votre enfant meurt de faim tandis que celui de l’autre séjourne dans de belles villas construites évidemment avec de l’argent volé au peuple, cela ne peut laisser indifférent aucun parent. Des questions se posent sans que des réponses claires puissent être trouvées. Le sentiment d’être trahi ou abandonné gagne peu a peu. Certains malhonnêtes qui reçoivent des fonds du gouvernement malien et n’en font pas bénéficier les couches sociales concernées, se livrent à la propagande. Ils utilisent cette grande misère à leur fin en poussant de pauvres gens à la révolte sous le couvert de l’Azawad en vue de gagner encore plus d’argent. Alors, une répartition équitable des revenues perçues sur les richesses nationales s’impose d’ores et déjà. Laisser un groupe restreint s’accaparer de tous les biens conduirait le pays dans l’impasse d’où il sortira difficilement. Je doute qu’un Targui aisé, tout comme n’importe qui, suive des rebelles qui préconisent la voie de la destruction. La dernière cause est qu’à la place de l’amorcement d’un développement réel de la zone, les mafieux de Bamako hissés quelque part au sommet l’ont transformée en un lieu de grand banditisme: Le trafic des drogues et des armes y bat son plein. « Air Cocaïne », Français enlevés au Niger et séquestrés dans le désert malien en vue d’obtenir une rançon, des courtiers occultes qui font la navette en se faisant passer pour des négociateurs ; beaucoup tirent profit de cette situation sombre, de l’incapacité ou du manque de volonté de Bamako à vouloir y mettre de l’ordre. Résultat : chute de l’effectif des touristes, source de gains pour les populations et, partant, la hausse du mécontentement général dans la zone. De quel développement, de quels investissements parler dans une région qui n’est pas sécurisée ? Des rares fois, l’armée mauritanienne s’y aventure pour dénicher des bandits recherchés pendant que certains de nos militaires, après s’être bien bourrés, oublient leurs bérets dans les bars chinois de Bamako! Que voulez-vous ? Le fond du problème n’est ni le nord ou le sud, ni l’est ou l’ouest encore moins le centre du Mali. Ce ne sont ni les Touaregs, ni les Songhoïs, ni les Arabes. C’est plutôt le grand vol aux ampleurs effrayantes dans notre pays, de l’argent qui aurait pu être destiné à résoudre des problèmes sociaux et à faire baisser la tension qui monte. C’est la « légalisation » de l’impunité et du laisser- faire que le Mali n’a jamais connu sous aucun autre régime. Malgré les grandes réalisations faites çà et là, la croissance économique maintenue déjà des années durant, la pauvreté n’a pas reculé. Au contraire, l’inégalité est devenue criante et l’injustice est partout au quotidien du citoyen lambda. 70% des jeunes diplômés sont au chômage. Pourquoi s’étonner alors que l’extrémisme progresse au Mali ? Les rebelles savent toujours manipuler la masse misérable. C’est dire que construire un pont est bien, mais on ne vit pas que de briques! Des personnes occultes souhaiteraient l’embrasement du Nord malien, ce qui permettrait constitutionnellement un report des élections et un prolongement du mandat d’ATT. Apparemment, mars 1991 n’a rien appris à d’autres. La situation actuelle rappelle à plus d’un niveau celle qui prévalait à l’époque. S’il s’avère qu’un tel souhait est formulé dans certains milieux, nous aurions donc le témoignage que certains individus seraient prêts à tirer un grand profit même de la déstabilisation du pays. Nous devons en tirer alors les conclusions nécessaires. Il faut noter au passage que lors de la révolution de mars 1991 les Maliens ont tombé l’élément principal du système, c'est-à-dire GMT. Mais le système lui-même est resté sur place et s’est même solidifié au fil des années pour aboutir à ce que nous voyons aujourd’hui. Ayant promptement porté des masques démocratiques, les éléments de ce système que nous pouvons toujours observer sur la scène politique malienne se sont substitués aux braves jeunes. En 20 ans de démocratie, ont été sophistiquées toutes les méthodes possibles de vol et de corruption, de népotisme et d’impunité. Bref, les élèves sont devenus plus doués que le maître de l’UDPM! Au point que les malades de sida, les paludéens, les tuberculeux et ceux qui sont frappés de polio sont restés sans financement de l’extérieur. Eux, même leur maigre argent destiné à l’achat de médicament n’a pas été épargné. Tout est systématiquement raclé. Les coupables sont en liberté et l’honneur du Mali en a été sali. Mais, le sommet du pays a le grand secret de savoir garder curieusement le silence sur les grands maux de notre société! Alors, Touareg, Peuls, Bozo, Senoufos ou Dogons, j’en passe, quelle différence ? L’argent est volé pareillement à tous! « La beauté d’un tapis vient de la diversité de ses couleurs », disait Hampaté Ba. Notre force au Mali réside dans ces mots de notre illustre compatriote. Nous avons le même combat, le même destin et les mêmes aspirations. Notre Mali est un, il est indivisible. Cela doit être clair tous. Notre combat légitime, c’est 2012. Celui qui doit nous préoccuper le plus pour l’instant et duquel nous ne devons pas permettre que nous soyons détournés. Afin que viennent au pouvoir des patriotes capables de relever l’image du Mali, de nous sortir des griffes des rapaces qui rongent le pays. En quelques années, nous avons perdu 338 milliards de francs, argent empochés par des malhonnêtes. Combien d’enfants, Touareg, Bobos, Soninké, aurait-on pu scolariser avec cet argent? Ne cherchons pas alors le diable alors qu’il n’est pas au Nord du Mali, ni dans aucune autre région du pays d’ailleurs! Pour leur barrer le chemin, c'est-à-dire aux personnes de mauvaise intention, commençons par nous inscrire sur les fiches électorales et soyons vigilants pour les cas de fraudes qui se préparent. Votons sur notre conscience et d’après nos convictions pour des projets de sociétés fiables, non pour du thé et des Jakarta. Ce ne sont, croyez-moi, que des voleurs qui les proposent et des ennemis du peuple qui les acceptent. Cessons d’être des complices et mettons-nous plutôt au travail! Vive le Mali! Vive la République! Vote bien 2012 ou tu perds ! N.B. Je remercie le Doyen Mahamane Saliou Cissé pour les conseils apportés

Aucun commentaire: