dimanche 13 novembre 2011

« L’ETAT NATION » D’EL HADJI AMADOU TOUMANI TOURE (ATT) !

En juin dernier, l’un des abonnés à l’applaudimètre d’ATT, nous expliquait dans un brillant exposé que le Mali est un « État Nation », dans lequel il n’y avait pas de place à la pacification. Que ce mot était une marque déposée du bataillon des râleurs, des ronchons et des contestataires. Que son usage était le fait des va-en-guerres et relèverait de la politique politicienne. Mais il y a toujours dans la vie d’une nation comme dans celle d’un homme, un moment où tombe le dernier voile pour laisser crûment apparaitre la vérité. Cette fois, nous sommes au bout du bout ! Les crises inextricables dans lesquelles s’enfonce notre pays, quoi qu’on en dise sont autant de signaux d’urgence qu’il n’est plus possible d’ignorer. Après tant d’années passées à procrastiner, à victimiser et à se payer de mots. Après tant d’échappatoires et de solutions illusoires, de rapetassages et de ravaudages, d’atermoiements, d’hésitations, d’aveuglement volontaire et de surdité collective, il va falloir se résoudre à voir la réalité. Difficile de faire autrement : elle nous a rattrapés. La situation terrible, ne nous racontons pas d’histoire, place les responsables politiques actuels comme ceux qui ambitionnent de le devenir devant une responsabilité historique. Le gouvernement ne pourra plus se contenter indéfiniment de faire courir à notre « État Nation » le risque de composer avec l’incertitude c'est-à-dire les incertitudes qui influencent la vie quotidienne des maliens. Cette situation intenable que « l’homme de la grandeur du Mali et du bonheur des maliens » a en érigé en mode de gouvernement, en lieu et place d’une politique de leadership et de bonne gouvernance. Aujourd’hui il n’y a pas d’autres chemins que d’en finir avec cette dérive pathologique, l’ «État Nation » doit se ressaisir et se relever. Ce qui est paradoxale chez notre classicisme Général cinq étoiles, c’est qu’il a l’expérience nécessaire, la lucidité et le caractère, mais il n’a pas le courage et la capacité de décision pour faire face à la situation. Tout commence chez lui en légende et fini en chansons de gestes. Il n’a jamais su appliquer la « théorie de la contingence » qui est la satisfaction des exigences de l’environnement. Or, aujourd’hui l’évolution des circonstances exige différentes sortes d’actions et de réactions, la souplesse, la capacité d’entreprendre des mesures concrètes deviennent plus importantes que la stricte efficience. Il devient plus important de faire ce qui doit être fait en temps opportun et de façon « convenable » que de bien faire ce qui ne devrait pas être fait, ou de faire trop tard ce qui doit l’être. En effet, sur le plan de la sécurité, en mars dernier le Front Pour le Refus(FPR) avait attiré l’attention de nos autorités dans sa motion adressée au Président de la république, afin qu’elles anticipent la gestion du retour des combattants Touaregs de la Libye dans notre pays. Mais comme toujours le « Généralat » s’est laissé dépasser par les évènements, en laissant des hommes armés pénétrés sur notre territoire tout en les offrant gîtes et couverts. Comme d’habitude ils ont appliqué leur politique d’évitement et d’ajournement des problèmes, mais cela n’est pas surprenant comme disait Jacques Chirac : « les Généraux c’est comme de la porcelaine chinoise, ils aiment les honneurs et les décorations, mais ne résistent pas à l’épreuve du feu ». Si aujourd’hui à cause de l’inaction et de la passivité, certains d’entre eux demandent l’indépendance des régions Nord du pays, c’est parce que nos responsables se sont laissés prendre à des pièges de leur propre fabrication. D’abord ATT s’est laissé prendre au piège du succès de ses médiations antérieures (négociation et libération d’otages) et n’a fait qu’appliquer « la théorie des phénomènes transitionnels et des espaces d’illusions » en se fermant à toutes autres solutions. Ensuite le « Généralat » et ses conseillers se sont laissés piégés par l’effet de groupe, ce qui est le fait d’acquérir sans s’en rendre compte les mêmes illusions et normes de fonctionnement en un mot la perte de l’esprit critique. Les conseillers d’ATT à cause de son charisme et son sentiment d’invulnérabilité ont mis en marche toutes sortes de processus d’auto-affirmation qui les a menés à une pensée commune, dénuée de sens critique. Pour ma part, je ne vois pas d’inconvénients que nos frères du Nord manifestent de façon pacifique pour exprimer leur opinion et leurs revendications, car nous sommes en République. Et la République étant la chose de tous se doit de reposer sur la raison, et la raison c’est l’ordre. Oui la République c’est la liberté mais aussi la participation de tous aux efforts de développements. Qu’ils sachent que nous les Sudistes « y’en a marre » de leurs manipulations, de leurs chantages et de leurs caprices. Que tout le Mali est pareil de Kayes à Kidal en ce qui concerne les problèmes de survies et de développements, mais que chaque région essaye de « Sachons raison garder » ! Pour ne pas créer l’Armée de Libération de BANICO ou de KAYES, afin de maintenir et de préserver la cohésion, la quiétude et la stabilité de notre pays, indispensables à tout développement. Je trouve même très bien qu’il manifeste de façon pacifique car cela va à l’encontre de cette tendance à la léthargie, au refus de l’innovation, à l’obéissance apathique et autres états pathologiques. Elle va créer une atmosphère où l’état d’alerte sera constant et où il sera dangereux de considérer la situation comme allant de soi. De plus elle encouragera des formes d’auto-évaluation défiant la sagesse conventionnelle et les solutions utilisées qui consistent à faire taire les responsables de ceux qui posent les problèmes avec des sacs remplis d’argent sans pour autant régler les problèmes. C’est douloureux mais c’est bénéfique pour tout le monde. Sur le plan politique, la démocratie, c’est notre trésor ceux qui ne l’ont pas se battent pour l’avoir, et ceux qui l’ont la regardent avec désinvolture. Malgré la fixation des différentes dates de nos élections, l’incertitude règne quant à la volonté réelle du gouvernement d’organiser des élections transparentes et crédibles. Tout a commencé avec le décret PRM 2011/569 du 12/09 portant nominations des membres de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). L’opposition parlementaire ayant introduit une requête le 27 septembre 2011, auprès de la Section Administrative de la Cour Suprême aux fins d’annuler ledit décret. Mais elle s’est vu déniée son droit d’être reconnue comme l’unique et la seule représentante légale et légitime de l’opposition au sein de la CENI par le Président de ladite Cour. Monsieur, HAMANE DJIBRIL GOURO, le Yao André malien ….a traité le dossier avec une légèreté déconcertante qui nous a laissé sans voix. Ce haut Magistrat de la République est apparu comme un homme téléguidé, et peu fiable ne métrisant pas du tout son dossier. Quant au comportement du commissaire du gouvernement cela relève de l’indicible, de l’arrogance et du mépris tout court. En plus de ce déni de justice, la goutte d’eau qui fait déborder le vase c’est le couplage du premier tour des élections présidentielles avec le référendum constitutionnel, deux scrutins universels de haute portée et d’enjeux réels pour l’avenir, le devenir et la stabilité de notre pays. A ma connaissance de toute l’histoire démocratique c’est la première fois dans le monde que cela se fasse, en plus sans que cela ne soit d’une nécessité absolue. Sauf l’idée que les propositions de changement doivent être faisables et réalistes réduit inévitablement le changement à des simples modifications du statu-quo. Aujourd’hui, ATT et ses abonnés à l’applaudimètre veulent nous faire avaler la pilule par l’interlude de formalité électorale et d’élections préfabriquées. Qu’ils sachent que les révolutions partent des petites causes mais naissent des grandes. Or, actuellement tous les éléments sont réunis pour faire un grand cocktail Molotov à cause de l’injustice de la justice, de la corruption et du népotisme. Qu’ils sachent aussi que les hommes ont en principe une influence et une possibilité de choix importants sur ce que peut être leur monde. Sans dramatisation excessive, à cause de la négligence coupable, pour paraphraser Winston Churchill ils nous offrent en termes de perspectives que sang, labeur, larmes et sueur. Cette situation nous n’avons pas voulu, mais nous ne saurions désormais y échapper, car ATT a fait de la situation de notre pays un jeu à somme nulle au terme duquel il n’y aura que des gagnants et des perdants, or dans une nation tout le monde doit gagner. Maintenant il nous faut des réponses claires et rassurantes en lieu et place de la censure, des communiqués laconiques et de la dissimulation. Nous osons espérer que le rônier de Koulouba en devenant EL HADJI AMADOU TOUMANI TOURE(ATT) s’est complètement métamorphosé pour devenir réellement « Homme de la grandeur du Mali et du bonheur des maliens ». Mr Mariko Bakary.

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