mercredi 5 octobre 2011

RAPPORT SUR L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR.

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR REPUBLIQUE DU MALI ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE Un Peuple – Un But – Une Foi ------------------ SECRETARIAT GENERAL ------------------ RAPPORT SUR L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Juin 2011 Introduction 4 A.Analyse du secteur 5 B.De la politique, de la Gouvernance et du cadre législatif et règlementaire du secteur de l’enseignement supérieur 7 C.De la gestion, du contrôle et de l’évaluation du système d’enseignement supérieur 9 D.De l’accueil, de l’orientation et de l’encadrement des étudiants 10 E.Propositions d’amélioration 12 F.Ressources humaines 13 G.Infrastructures 13 H.Technologies de l’information et de la communication (TIC) 14 I.Œuvres universitaires 14 J.Ressources financières 15 A.Impact et Défis 16 K.Planification de la mise en œuvre 18 Introduction Le système d’enseignement supérieur malien est confronté actuellement à des problèmes qui affectent à terme les perspectives de développement de la Nation toute entière. Il faut dire que depuis l’avènement de la 3ème République, abstraction faite des facteurs exogènes, le système d’enseignement supérieur de notre pays connait des difficultés liées en bonne partie aux effectifs pléthoriques1 de filières de formation à dominante littéraire et aux faibles capacités d’encadrement du personnel enseignant et de gestion du personnel administratif. Malgré la création en 2010 d’une deuxième université (régionale), il n’y a pas de promesse d’amélioration des conditions de vie des nombreux diplômés sans emploi, encore moins de la société confrontée à la sévère concurrence sous régionale et continentale. Il faut noter cependant que les jeunes de moins de 25 ans, y compris ceux ayant fini des études secondaires et supérieures, représentent près de 65% de la population du pays. Avec les moyens de communication à leur portée et la démocratisation des savoirs, ils sont aujourd’hui nettement plus informés sur les choses de ce monde que ne l’étaient leurs ainés ! Dans toutes les rencontres opérées ces vingt dernières années, c’est le même diagnostic qui est fait du système d’enseignement supérieur et qui est partagé par tous. On relève entre autres : l'augmentation trop rapide des effectifs étudiants par rapport à ceux des enseignants ; corrélativement, le déficit criard en infrastructures pédagogiques et résidentielles ; le déséquilibre structurel entre les ressources affectées au sous-secteur et les besoins réels ; la faiblesse des capacités de gouvernance ; la difficulté à améliorer l’employabilité des diplômés. Pour y apporter des solutions, le Gouvernement a organisé en 2008 un forum élargi à l’ensemble des parties prenantes de la société. Le Forum National sur l’Education a abouti à des recommandations dont le suivi de la mise en œuvre est assuré conjointement par le Gouvernement et les représentants de la société civile. Cependant, les syndicats jugeant l’allure de la mise en œuvre de ces recommandations trop lente, ont déclenché en mars 2010 une grève illimitée. Il s’en est suivi une longue négociation au cours de laquelle les syndicats ont semblé de moins en moins enclins à honorer leur sacerdoce. Le Gouvernement ayant accédé à certaines revendications liées notamment à l’amélioration des revenus, la grève a été suspendue en juillet 2010. En mars 2011, malgré tous les efforts fournis par l’Etat, les syndicats ont décrété la reprise de la grève illimitée en revendiquant entre autres la relecture immédiate des statuts des enseignants et des chercheurs. En dépit des cours de rattrapage organisés en août et septembre, à la date du 30 Mars 2011, ce sont 53 000 des 73 000 étudiants inscrits à l'Université de Bamako qui n'avaient toujours pas commencé la nouvelle année universitaire 2010-2011 tandis que ceux des grandes écoles, dont les effectifs sont pédagogiquement plus conformes aux standards internationaux, avaient démarré les cours depuis décembre 2010. Préoccupé chaque fois à sauver l’année, les differents acteurs du sous-système sont devenus moins regardant dans l’application des textes législatifs et règlementaires au point que l’université s’est retrouvée dans la situation totalement inédite d’une année académique de 18 mois avec plus de 5 mois de grève et aucune chance de régularisation d’ici octobre prochain. C’est dans ces conditions que le Département en charge de l’Enseignement Supérieur (ES), pour ne pas céder à la dictature de l’urgence et aux perpétuels diktats des syndicats, a mené une réflexion interne pour, cette fois ci, sauver l’école ! A. Analyse du secteur L'université a pour mission d'assurer la formation des compétences (savoir, savoir- faire et savoir-être), la promotion et la diffusion des connaissances scientifiques et techniques et de contribuer au développement du pays. Elle produit des innovations scientifiques et techniques dans les secteurs clés du développement ; fournit expertise et conseil aux opérateurs économiques et industriels . Elle prodigue des formations qualifiantes, diplômantes par diverses voies : initiale, continue, apprentissage, à distance, tout au long de la vie. Elle adapte ses horaires et optimise ses moyens humains et matériels pour répondre à ses objectifs ainsi qu'aux orientations nationales tout en demeurant au service des citoyens et de ses étudiants. Elle prépare les jeunes à l'insertion dans la vie active. Une tendance lourde, dans tous les volets de la vie universitaire, porte vers une internationalisation croissante des formations qui se traduit notamment par une mobilité étudiante accrue, par une circulation à la hausse des professeurs ainsi que par l’apparition graduelle d’équipes de recherche internationales, regroupant les universités du Sud et du Nord. Une autre tendance lourde a trait à la formation ouverte et assistée à distance. Enfin, il faut souligner, depuis octobre 2005 la mise en place à Lomé du Réseau pour l’Excellence de l’Enseignement Supérieur en Afrique de l’Ouest (REESAO) chargé du Pilotage du système Licence Master Doctorat (LMD) en Afrique de l’Ouest. Cette réforme LMD vise à : assurer une transition harmonieuse entre la vie académique et la vie active ; favoriser la régulation des flux ; offrir aux apprenants un complément de formation pouvant favoriser leur entrée sur le marché de l’emploi ; répondre aux défis de la formation pour l’emploi par la définition de nouvelles compétences en direction des enseignants ; diversifier l’offre de formation et les stratégies pédagogiques ; permettre aux universités de devenir compétitives par la création de pôles d’excellence  aider les universités à participer pleinement au processus de développement ; Il est évident que notre système universitaire a beaucoup de défis à relever pour satisfaires ces attentes : → une profonde réforme des pratiques et des comportement, → d’importantes ressources humaines, matérielles et financières qu’il faudra programmer à court et moyen termes. C’est à ce prix que sera atteint l’objectif fixé par le Président de la République de « remodeler notre université pour en faire un moteur d’innovation…en faire un véritable espace d’enseignement et de recherche pour notre développement » (PDES). B. De la politique, de la Gouvernance et du cadre législatif et règlementaire du secteur de l’enseignement supérieur Face à la triple contrainte actuelle d’une demande sociale d’enseignement supérieur forte, de possibilités budgétaires réduites et d’un marché de l’emploi peu porteur pour nos diplomés, le département en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) a bâti sa politique d’enseignement et de recherche autour des trois objectifs généraux suivants : renforcer l’utilité sociale et économique de l’ESR en adaptant au maximum l’offre de formation et de recherche aux besoins actuels et à venir du pays et en améliorant sa qualité ; réguler les flux d’étudiants entrant dans le supérieur de manière à établir le meilleur compromis possible entre les besoins du marché de l’emploi, la demande sociale, et les moyens mobilisables ; optimiser l’utilisation des moyens disponibles en orientant le plus possible de ressources vers les dépenses pédagogiques et de recherche, ce qui conduira à limiter à un plafond acceptable les dépenses sociales et à utiliser au mieux les potentialités du secteur privé. Et plus spécifiquement le Département a entrepris de : 1. Redéfinir l’offre de formation dans le cadre de la réforme LMD. 2. Maîtriser et orienter l’évolution des effectifs étudiants. 3. Moderniser les pratiques pédagogiques. 4. Améliorer sensiblement les conditions de vie et d’études des étudiants 5. Valoriser la fonction enseignante et de chercheur. 6. Favoriser le développement d’un’enseignement supérieur privé performant. 7. Améliorer la gouvernance de l’ESR. 8. Adapter les cadres juridiques et institutionnels pour rendre effective l’autonomie des établissements d’ES. 9. Dynamiser la recherche scientifique. 10. Valoriser les résultats de la recherche L'université fonctionne au sein de la société et doit interagir avec ses partenaires naturels. Elle doit mettre en place des cadres permanents de concertation tant pour assurer la professionnalisation des formations que pour recueillir les demandes des partenaires locaux. L'université comme toute communauté est marquée par la force de ses composantes et de leur sentiment d'appartenance. Ses acteurs majeurs doivent être associés à son fonctionnement en toute collégialité et participer à l'ensemble des décisions qui la concernent, notamment au travers de ses différentes instances. Principaux constats Les textes sont soit inadaptés, soit mal appliqués ou simplement non respectés Le Conseil d'Université présidé par le Recteur, comme c’est le cas à l’Université de Bamako, ne semble pas le cadre le mieux approprié à la conduite d'un débat démocratique sur les décisions et leur mise en œuvre ; L’imprécision des comditions de prise en compte des heures supplémentaires d’encadrement ; Les « promotions spéciales » des enseignants qui tendent à s’institutionnaliser en marge du CAMES et au détriment de la CNELA2 qui est l’organe règlementaire de promotion interne. La problématique de l’autonomie des établissements est différemment perçue par les responsables universitaires et la Tutelle (la responsabilité des acteurs et donc la confiance de l’Etat). La gestion des crises est très souvent inadaptée à la recherche de performance (comme la relecture des textes sous la pression) et a des conséquences sociales désastreuses (non respect de la hiérarchie et interférences multiples dans les prises de décisions). Les ressources financières affectées à l’enseignement supérieur sont insuffisantes : Le budget du sous secteur de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique au titre de l’exercice 2010 était de l’ordre 39 Millards. 56% (à vérifier) du budget de l’ESRS est consacré au volet « social » (salaires et accessoires de salaires + CENOU) Les ressources propres des établissements d’enseignement supérieur publics sont nettement insuffisantes au regard de leurs besoins. En 2010, les ressources propres, presque exclusivement alimentées par les frais d’inscriptions des étudiants, ne représentaient que 7% du budget de l’Université de Bamako. Les domaines universitaires sont menacés par la spéculation foncière. Tout récemment encore, le Rectorat de l’Université de Bamako a été confronté à un cas de convoitise d’une partie de l’espace de la future bibliothèque universitaire sur le campus de Badalabougou. C. De la gestion, du contrôle et de l’évaluation du système d’enseignement supérieur Si l'université est une institution sociale qui assure, en les intégrant, les fonctions relatives à l'enseignement, à la recherche, elle doit disposer d'un mode de gestion et de prise de décision qui soit marqué par la collégialité, la rigueur et l’équité. Ce qui suppose un fonctionnement correct des organes d’administration et de gestion ainsi que le respect strict des textes en vigueur. Principaux constats Les capacités insuffisantes voire inexistantes de planification, de programmation, de gestion et d’évaluation rendent difficiles la mise en place d’un cadre de développement cohérent et une régulation efficace du dispositif d’enseignement supérieur. La CPS est plus tournée vers l’éducation de base et le secondaire général que vers l’enseignement supérieur. L’absence de manuels de procédure administrative et de gestion, de structure de contrôle interne ne permettent pas une gestion efficiente du dispositif. Les cadres nommés aux postes de responsabilité n’ont souvent pas reçu au préalable une formation en matière de gestion administrative. On assiste à une situation de tâtonnement et l'on a tendance à croire que le pilotage d'une telle structure est possible pour tout enseignant ou tout agent administratif sans formation préalable et spécialisée. Les structures de concertation et de coordination ne jouent pas pleinement leur rôle. La DNESRS, dont l'une des missions est d'assurer le suivi de la politique du gouvernement en matière d'enseignement supérieur, le fait difficilement faute de personnel. Avec la création de l’Université une bonne partie des activités de cette direction ont été transférées au Rectorat. Les enseignants et chercheurs hiérarchisés, avaient donc des réticences à servir au niveau de cette Direction. Du coup, 50% des postes prévus par le cadre organique, ne sont pas pourvus. Le problème s'est accentué avec la décision d'exclure du bénéfice des primes et indemnités (prévus dans le protocole d'accord signé le 17 Août 2010) les enseignants et chercheurs qui seraient affectés ailleurs que dans les structures de formation, les laboratoires et départements de recherches. La problématique centrale et récurrente des heures supplémentaires liée au départ à la pénurie d’enseignants est devenue peu à peu une manne financière. Au point que l’on constate de la résistance face au recrutement de nouveaux enseignants. Des enseignants accumulent des heures supplémentaires alors que leurs collègues n'ont pas atteint les volumes horaires prévus par les textes… Si la situation des revenus des enseignants a connu quelques avancées, leurs conditions de travail restent à améliorer. La participation des apprenants au frais de formation est faible. Le montant des frais d’inscription est constant (5000 FCFA) depuis l’ouverture de l’Université en 1996. Les frais de scolarité sont inexistants ainsi que les droits d’accès aux œuvres universitaires, les frais de bibliothèque, etc. D. De l’accueil, de l’orientation et de l’encadrement des étudiants Principaux constats Les infrastructures pédagogiques et résidentielles sont insuffisantes et mal adaptées. A son ouverture en 1996, l’Université du Mali a hérité des infrastructures des grandes écoles et l’ex lycée de Badalabougou. C’est progressivement, grâce aux efforts consentis par le Budget national sur une période de dix ans, que l’Université a été dotée d’infrastructures propres. Des actions de réhabilitation des infrastructures des Grandes Ecoles furent également entreprises. Compte tenu de la demande sociale en éducation supérieure toujours plus forte, ces milliards de Francs d’investissement consentis par le Gouvernement n’ont pas suffi à combler les besoins en infrastructures d’accueil de l’Université. Tant et si bien que, pour près du tiers de ses effectifs, l’Université de Bamako vit dans des immeubles dont certains sont mal adaptés et baillés à grands frais (Immeuble SYLLA et Salle Bakaïna à Sogoniko, AZAR Center et Palais de la Culture à Badalabougou, Salle de spectacles du Stade Omnisports à Médine). Il existe encore de nombreuses filières sans passerelles entre elles, qui sont soit trop classiques, soit véritablement obsolètes. On perçoit bien ce que cela peut occasionner comme difficultés en matière d’orientations pédagogiques. Enfin, leur pertinence n'est pas assurée tant que leur choix relève strictement des seules instances universitaires. Le taux d’encadrement des étudiants est très faible. Il est de l’ordre d’un enseignant pour 100 étudiants (avec un effectif étudiant qui avoisine les 83 000) et est quatre fois supérieur à la norme reconnue par l’UNESCO. Ce personnel enseignant est du coup soumis à une charge d’enseignement (cours, corrections de copies, encadrement de mémoires) au-delà des normes et même des capacités humaines. En effet : un enseignant en arrive à corriger jusqu'à 5000 copies et à assurer jusqu’à 40 heures supplémentaires contre une moyenne statutaire de 10 heures hebdomadaires ; une session d’examen peut occuper jusqu’à deux des neuf mois que dure l’année académique. Toutes choses qui ne permettent pas un épanouissement de ce personnel et la disponibilité d’esprit que requiert la conduite d’activités intellectuelles et encore moins celles de recherche scientifique. Les profils enseignants recherchés sont parfois absents sur le marché de l’emploi. Si dans les autres secteurs organisant des concours de la fonction publique les candidats se bousculent, il n’en est pas encore de même pour la fonction enseignante. L’absence de système d'information central et partagé ne permet pas d'avoir une vision rationnelle sur les capacités d'accueil des établissements. La non-prise en compte des capacités d’accueil a conduit plusieurs facultés à être en sureffectifs dès les premières années de fonctionnement. Tout cela explique pourquoi l’unique université publique du pays (celle de Bamako) accueille autant d’étudiants. L’engorgement de certaines filières d’enseignement secondaire qui débouchent de façon quasi exclusive sur certaines filières de l’enseignement supérieur y est aussi pour beaucoup. Le délai des inscriptions sans cesse repoussé, parfois jusqu’à la veille des examens, décrédibilise les gestionnaires de la scolarité. Il n'y a pas de bibliothèque centrale et les bibliothèques spécialisées lorsqu’elles existent dans les facultés et instituts, sont peu fournies en documents actualisés. En dehors de quelques sites comme le Campus numérique francophone implanté à la Faculté des Sciences et Techniques ou de certains laboratoires comme à la Faculté de Médecine, l'Université de Bamako ne possède pas suffisamment de salles de travail équipées de micro-ordinateurs performants et connectées à l'Internet. Les spécialistes en maintenance des ordinateurs et du réseau en poste dans les établissements d’enseignement public sont peu motivés au regard de leurs collègues du secteur privé. L'insécurité et l'insalubrité sévissent sur les Campus universitaire de Badalabougou et du Point G. Il y a peu de temps, les rivalités entre responsables de l’AEEM ont abouti à des accrochages qui ont malheureusement occasionné chez certains étudiants des blessures physiques et morales indescriptibles. Les installations électriques datant des années soixante sont vétustes, et répondent difficilement à la demande actuelle (ces installations ont déjà subi des débuts d'incendie). En outre, une seule et même installation électrique alimente les infrastructures pédagogiques, les dortoirs et la dizaine de « maisons d'astreinte » à proximité ainsi que les petits commerces, kiosques implantés en divers endroits sans l'autorisation des responsables universitaires. La consommation d'eau et d'électricité de tout l'ensemble est supportée par le budget de l'Université. La gestion des dortoirs est toujours entre les mains des Comités AEEM. Les dortoirs de la FAST abritent près de 2500 personnes pour 600 places prévues. Ces sureffectifs menacent même la stabilité des bâtiments. L'environnement est rendu insalubre par la proximité de dépôts d'ordures que toutes les actions menées par les autorités rectorales n'ont pu jusqu’ici endiguer. L'absence de restaurant universitaire sur le campus malgré la forte concentration d'étudiants amène ces derniers à se nourrir sur le tas : repas non équilibrés, nourriture apprêtée dans des conditions d'hygiène douteuses. Conclusion Le poids des habitudes, la prégnance du prisme local qui se situe souvent en-dehors des normes internationales, le poids des corporations étudiantes et enseignantes, plus habituées à imposer leurs revendications et leurs doléances qu'à dialoguer et faire valoir l'intérêt général et à avoir comme visée le véritable développement du pays, la tendance de la tutelle à réagir dans l'urgence, tout cela a conforté la crise sans perspective réaliste d'en sortir à moins d'un coup de barre vigoureuxi. E. Propositions d’amélioration La crise actuelle du système d’enseignement supérieur malien appelle des actions correctives dès cette année 2011 et nécessite un accompagnement du Gouvernement par la mise à disposition des moyens appropriés à leur mise en œuvre vigoureuse en vue de favoriser la dynamisation du système et surtout d’anticiper sur d’autres crises. Aujourd’hui plus qu’hier, il est impérieux d’investir dans l’enseignement supérieur en tant que moyen capital d’édifier une société de la connaissance inclusive et diversifiée et de promouvoir la recherche, l’innovation et la créativité. L’enseignement supérieur devrait, au sein de chaque société, être la première source de connaissances mondiales sur les moyens de relever des défis du développement durable. Ses fonctions essentielles, à savoir la recherche, l’enseignement et le service à la communauté devront être remplies dans le contexte de l’autonomie institutionnelle. Il est par ailleurs nécessaire de former des planificateurs de l’éducation et conduire des recherches pour améliorer les méthodes pédagogiques. Les mesures ci-dessous pourraient être envisagées d’ici la fin de l’année pour asseoir les bases du renouveau de l’enseignement supérieur au Mali. 1. Gouvernance Il importe de poursuivre la refonte du dispositif juridique pour accompagner la modernisation du secteur de l'enseignement supérieur au Mali qui sera conforme aux pratiques bien établies en la matière à travers le monde. Le Département a entrepris de : Traduire le nouveau cadre d’autonomie en actes juridiques : Finaliser et adopter les textes relatifs à l’enseignement supérieur (loi et décret) ; Relire les textes relatifs à l’Université de Ségou pour les adapter à ce nouveau cadre juridique ; Relire les textes relatifs aux statuts des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche ; Finaliser et adopter les textes relatifs à la recherche innovation Et envisage de : Dynamiser les structures de pilotage et de coordination du dispositif d’enseignement supérieur et de recherche scientifique et technologique ; Instituer le contrôle par le Rectorat de la qualité de l’exécution des missions de l’Université ; Mettre en place une cellule de contrôle interne (entre le Cabinet et les Rectorats) ; Veiller à l’élaboration de projets d’établissements par les établissements d’enseignement supérieur, en vue de la contractualisation de leurs relations avec l’Etat ; Elaborer et mettre en œuvre un plan de formation continue à la gestion des responsables des structures universitaires dès leur nomination ; Élaborer ou finaliser les manuels de procédures des établissements3 et veiller à leur application ; Élaborer et valider les outils d’évaluation des établissements d’enseignement supérieur ; Acquérir les logiciels de gestion administrative financière et pédagogique et assurer la formation des personnels concernés. Scinder l’Université de Bamako en quatre nouvelles universités Procéder à la nomination des responsables des nouvelles structures de l’enseignement supérieur Mettre en place une cellule informatique au MESRS Mettre en place dans chaque structure d’enseignement supérieur de cellules d’assistance sociale ; Finaliser le basculement de toutes les structures dans le système LMD en novembre 2011 comme prévu dans l'agenda du Réseau pour l'Excellence de l'Enseignement Supérieur en Afrique de l'Ouest (REESAO) dont l'UB est membre. F. Ressources humaines Il s’agit d’assurer la qualité de l’enseignement supérieur par le recrutement et la rétention d’enseignants, de chercheurs et d’administrateurs qualifiés, talentueux en nombre suffisant. A cet effet, le Département prévoit de : Accélérer la mise en œuvre des plans de formation des formateurs de l’Université de Bamako et des Grandes écoles ; Elaborer un plan vigoureux de recrutement d’élèves enseignants à former pour le supérieur Après avoir identifier les profils de formation déficitaires et les mesures correctives nécessaires Rendre plus attractif le métier d’enseignant-chercheur du supérieur en relevant le niveau de revenu ; Veiller à l’application du statut des chercheurs en ce qui concerne leur implication dans la formation ; Faire élaborer par les équipes d’enseignants-chercheurs des programmes de recherche fondés sur les questions de développement ; Renforcer en ressources humaines la DNESRS dans ses missions de suivi, contrôle et évaluation ; Dans la perspective d’une bonne mise en œuvre de la réforme LMD, renforcer le personnel d’encadrement G. Infrastructures Commanditer des dossiers d’avants projets sommaires et détaillés sur la base des besoins en infrastructures nouvelles pour Bamako, pour Ségou, pour Sikasso ; Veiller au respect des délais contractuels fixés dans les conventions signées avec les entreprises de construction des infrastructures universitaires ; Préparer les dossiers de constructions des infrastructures administratives, pédagogiques et sociales de l’Université de Ségou ; Réhabiliter les installations électriques des bâtiments de l’Université de Bamako ; Poursuivre l’immatriculation et l’affectation au ministère en charge de l’enseignement supérieur de tous les domaines universitaires ; Identifier les besoins d’infrastructures sportives sur les campus universitaires et les moyens de leur réalisation ; Rénover les résidences universitaires ; Lancer le marché du restaurant universitaire, en partenariat avec le secteur privé. H. Technologies de l’information et de la communication (TIC) Il nous faut adopter des approches nouvelles en intégrant les TIC dans l’enseignement supérieur (administration, enseignement, recherche) Poursuivre l’interconnexion des différentes structures de l’UB et l’étendre aux grandes écoles à travers la fibre optique ; Renforcer le parc informatique des structures d’enseignement supérieur (administration, salle de formation, laboratoire) ; Mettre en œuvre le projet « un étudiant un ordinateur » Multiplier les bornes électriques de recharge  d’ordinateurs permettant aux étudiants de travailler en plein air ; Assurer une gestion efficace de l’Internet haut débit ; Développer un réseau intranet dans l’enseignement supérieur ; Contractualiser la maintenance et la gestion des infrastructures et des équipements TIC ; Former les personnels de l’enseignement supérieur à l’utilisation du logiciel de gestion intégré. I. Œuvres universitaires Elaborer un texte réglementant la vie sur les campus sociaux (Kabala, Kati et Ségou) ; Mettre en œuvre le programme d'activités sportives et culturelles en liaison avec les ministères concernés Prendre des mesures pour la restitution effective de la gestion des résidences au CENOU, Contractualiser la sécurité sur les campus universitaires avec une société spécialisée ; Terminer le processus de la bancarisation des bourses ; Elaborer une convention de transport avec des promoteurs privés. Poursuivre la location de résidences privées Délocaliser le dépôt de transit d’ordures qui empiète sur le domaine de l’université à Badalabougou J. Ressources financières Pour soutenir les options retenues ci avant, le Département propose : En plus du fonds compétitif de la recherche, la mise en place du fonds compétitif pour l’amélioration de la qualité académique et de la performance institutionnelle. Ce Fonds compétitif financera des projets présentés par des facultés, instituts, centres et des établissements d'enseignement supérieur publics et privés. Il privilégiera les projets qui améliorent la qualité des enseignements, et partant, l’employabilité des diplômés et les capacités de gestion des structures. L’identification et l’application de différentes mesures susceptibles d’améliorer le niveau de ressources propres des établissements d’enseignement supérieur ; le relèvement du budget de l’enseignement supérieur dans le cadre d’un collectif budgétaire ; la relecture des critères d’attribution de bourses en vue de diminuer leur pression sur le budget et améliorer la gestion des aides sociales ; la négociation avec le Ministère des finances de nouvelles procédures compatibles avec le fonctionnement spécifique des structures universitaires. A. Impact et Défis L'enseignement supérieur malien peut devenir un lieu d'excellence si l'Etat accepte de s'inscrire dans une logique de contractualisation et d'autonomisation avec les principes suivants : Un nouveau partage des responsabilités Le développement d'une culture du résultat (imputabilité) Le développement d'une culture de la qualité Le positionnement de l'université malienne dans la mouvance internationale. Cet impact de l'international doit être ressenti tant au plan de la formation que de la recherche et représentera la meilleure garantie du succès de la mise à niveau du système malien d'enseignement supérieur. La relation État - université doit se baser autour d'objectifs clairs et précis. L'État confèrera aux universités toute l'autonomie nécessaire aux plans pédagogique, scientifique, culturel, et administratif Le système de l'enseignement supérieur doit être soumis dans sa globalité à une évaluation régulière portant sur sa rentabilité interne et externe, et touchant les aspects pédagogique, administratif (finances, gestion des ressources humaines, etc) et de recherche. Il ne s'agit pas d'une révolution, mais d'une évolution naturelle Pour que l'enseignement supérieur malien retrouve sa mission première, il doit s'orienter vers un nouveau système de gouvernance dans lequel l'ensemble des forces en présence (Etat et universités) s'associent selon des modalités nouvelles. Il est préconisé clairement que le gouvernement cesse de gérer directement les établissements et mette en place, dans le même temps, de nouvelles formes de tutelle et d'influence qui, par le jeu de puissants moyens de pression tels que le financement et la reconnaissance de la qualité, la sanction des fautes poussent l'enseignement supérieur malien à répondre de leurs performances. La survie de l'Université de Bamako est à ce prix. Mais une telle rupture n'est pas possible sans des hommes et des femmes engagés, déterminés, formés et stimulés, amoureux du mieux-être et soucieux d'un avenir meilleur pour la jeunesse du Mali. Des hommes et des femmes à identifier au Ministère, dans les établissements, dans l'administration et dans les entreprises et la société, que ce soit à l'intérieur du pays ou à l'extérieur. Des hommes et des femmes capables de sortir de leurs « certitudes », ayant le sens de l'écoute, de l'observation et la capacité de travailler pour l'intérêt général. Des responsables politiques, des enseignants, des étudiants, des acteurs de la société civile et du monde économique, bref des hommes et femmes de bonne volonté qui peuvent s'engager dans une dynamique de changement et non dans un simple toilettage, des hommes et des femmes ayant l'amour de l'enseignement supérieur et du Mali. RECOMMANDATIONS En marge des mesures préconisées, celles ci -après devraient permettre de préparer le terrain pour une remise sur les rails de l’ES Scinder l’Université de Bamako en trois nouvelles universités à effectifs plus raisonnables Finaliser les préparatifs pour le basculement de toutes les structures dans le système LMD à la rentrée 2011 comme prévu dans l’agenda du Réseau pour l’Excellence de l’Enseignement Supérieur en Afrique de l’Ouest (REESAO) dont Université de Bamako est membre Fermer l’Université de Bamako et mobiliser toutes les énergies, toutes les compétences pour préparer la rentrée 2011-2012 de toutes les structures en même temps, y compris l’Université de Ségou Fermer les internats afin de permettre leur réhabilitation et la reprise de leur gestion par le CENOU K. Planification de la mise en œuvre Mesures Echéance Responsable Elaborer et soumettre au CM la communication relative à la scission de l’UB Semaine du 06 juin Cabinet Prendre des mesures pour la restitution effective de la gestion des résidences au CENOU fin juin CENOU Finaliser et soumettre au CM les textes relatifs à l’enseignement supérieur (loi et décret) juillet Cabinet Relire les textes relatifs aux statuts des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche (hiérarchie, primes et indemnités) Juillet Cabinet Organiser l’atelier bilan de la réforme LMD au Mali Juillet DNESRS Mettre en place la mission universitaire (textes et budgets à proposer) Fin juillet Cabinet Elaborer et mettre en œuvre un plan de formation continue des responsables des structures universitaires à la gestion d’administration universitaire août Rectorat Adopter les textes de création des nouvelles Universités Septembre Cabinet Mettre en place les équipes des Rectorats des nouvelles Universités créées Fin Septembre Cabinet Réhabiliter les installations électriques des bâtiments de l’Université de Bamako Septembre DFM Assurer une gestion efficace du Haut Débit Septembre Rectorat Elaborer un texte réglementant la vie sur les campus sociaux de Kabala, Kati et Ségou septembre CENOU Accélérer la bancarisation des boursiers actuels septembre CENOU Acquérir les logiciels de gestion administrative financière et pédagogique Septembre Cabinet Elaborer ou finaliser les manuels de procédures des EPSTC et les faire appliquer Septembre EPA, EPST© Identifier les profils de formation déficitaires et les mesures correctives nécessaires Septembre EPA, EPST© Rénover les résidences universitaires Septembre CENOU Poursuivre la location de résidences privées Septembre CENOU Poursuivre l’interconnexion des différentes structures de l’UB Septembre Cabinet Multiplier les bornes électriques de recharge d’ordinateurs permettant aux étudiants de travailler en plein air Septembre Cabinet Contractualiser avec des sociétés de la place spécialisées dans la maintenance et la gestion des infrastructures et des équipements TIC Septembre Cabinet Contractualiser la sécurité sur les campus universitaires avec une société spécialisée Septembre Rectorats et Directions Élaborer une convention de transport avec des promoteurs privés Septembre CENOU Elaborer un plan vigoureux de recrutement d’élèves enseignants à former pour le supérieur Septembre Cabinet Rendre plus attractif le métier d’enseignant du supérieur en relevant le niveau de revenu Septembre Cabinet Veiller à l’application du statut des chercheurs en ce qui concerne leur implication dans la formation Septembre EPA, EPST (C) Autoriser les établissements d’enseignement supérieur à instaurer des frais de scolarité dans des limites déterminées annuellement par l’Etat Septembre Cabinet Développer un plateau numérique performant pour la gestion des étudiants (scolarité, bourses…), des enseignants, du personnel administratif, des infrastructures Septembre Cabinet Etablir un recensement exhaustif de tous les enseignants et chercheurs (statut et position) Septembre DRH Etablir un recensement exhaustif de tous les étudiants Septembre EPA, EPST (C) Former les personnels de l’enseignement supérieur à l’utilisation du logiciel de gestion intégré octobre EPA, EPST (C) Veiller au basculement de toutes les structures universitaires au LMD Novembre Cabinet Mettre en place des structures d’assistance sociale décembre CENOU Identifier les besoins en infrastructures nouvelles du secteur de l’enseignement supérieur et préparer les dossiers en conséquence Décembre Cabinet Construire des restaurants universitaires, en partenariat avec le secteur privé Décembre CENOU Mettre en œuvre le programme d'activités sportives et culturelles en liaison avec les ministères concernés Décembre Cabinet Renforcer en ressources humaines de la DNESRS et du CNRST dans l'accomplissement de leurs missions Décembre  Cabinet Renforcer le parc informatique des structures d’enseignement supérieur (administration, salle de formation, laboratoire) Décembre EPA, EPST (C) Mettre en œuvre un dispositif permettant aux établissements d’enseignement supérieur, aux enseignants et aux étudiants d’acquérir à moindre couts des ordinateurs Décembre Cabinet Développer un réseau intranet dans l’enseignement supérieur Décembre Cabinet Organiser une table ronde sur l’emploi des diplômés de l’enseignement supérieur avec les représentants des chambres consulaires, d’ordres et d’associations professionnels etc. tant du Mali que de la sous-région décembre DNESRS Etendre l'interconnexion aux grandes écoles via la fibre optique 2012 Cabinet Élaborer et valider les outils d’évaluation des établissements d’enseignement supérieur 2012 DNESRS Relire les critères d’attribution de bourses en vue de diminuer leur pression sur le budget et améliorer la gestion des aides sociales 2012 CENOU Négocier avec le Ministère des finances de nouvelles procédures compatibles avec le fonctionnement spécifique des structures universitaires   Cabinet

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