vendredi 7 octobre 2011

Notes sur la note technique du MESRS recommandant la scission de l’UB en quatre universités

Notes sur la note technique du MESRS recommandant la scission de l’UB en quatre universités Diola Bagayoko1, Mohomodou Houssouba2, Fad Seydou3 Nous avons reçu et lu avec beaucoup d’intérêt la « note technique sur la scission de l’Université de Bamako », préparée, le 4 juillet 2011, par le cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS). Cette note examine trois scénarios, à savoir les cas de cinq, quatre, puis trois universités, avant de faire la recommandation de la scission de l’université de Bamako (UB) en quatre universités. A la lecture de cette note, nous ne pouvons pas cacher quelques surprises et inquiétudes que nous avons ressenties et que nous comptons partager avec nos compatriotes, particulièrement nos collègues de l’enseignement supérieur du Mali. Notre première inquiétude, et elle est de taille, c’est de ne voir dans cette note technique aucune phrase se référant aux recommandations du Forum national sur l’éducation, organisé par le gouvernement du 30 octobre au 2 novembre 2008. C’est d’autant plus surprenant que la pertinence de ces recommandations est mentionnée aussi bien dans la déclaration de politique générale du Premier ministre, le 24 juin 2011, que dans la lettre de mission du président de la République au chef du gouvernement (Point 2.6), le 11 mai 2011. Il aurait été beaucoup plus crédible de clarifier les mesures qui ont été prises en compte du forum et la continuité qu’on peut apercevoir entre les démarches. Deuxième inquiétude : Le développement de l’enseignement supérieur professionnel court, une forte recommandation du forum sur l’éducation et du conseil supérieur de l’éducation à sa session de 2009, bien que présente dans le rationnel de la note technique (p. 2), n’a pas reçu une attention particulière. Il faut faire une distinction entre la création d'écoles professionnelles bien structurées, des instituts bien organisés au sein du système universitaire, mais potentiellement autonomes et la création de nouvelles universités. Troisième inquiétude : Se référer à des hypothèses comme « Les immeubles relevant du Domaine de l’Etat et abritant des ministères pourraient servir de sièges aux rectorats si ces ministères déménageaient dans la nouvelle Cité ministérielle » (p.6). A moins de trois mois seulement de la rentrée universitaire, nous devions avoir beaucoup plus de précisions. Quatrième inquiétude : Suggérer que la multiplication des bureaucraties, sans prévision de nouveaux locaux et de recrutements massifs d’enseignants, permettra une meilleure gestion. Dans la réalité, la situation sera pareille avec les mêmes ratios enseignant/étudiants et infrastructure/étudiants. Aussi, les besoins réels en recrutements, locaux, recherche, méthodologies, etc. ne sont pas traités dans cette note technique.  Cinquième inquiétude : Faire croire que, dans le scénario de quatre universités autonomes, nous aurons des universités multisectorielles. En réalité il n’en est rien. Sixième inquiétude : L'université de Ségou n’est pas prise en compte sur le fond. On fait cas de l’ouverture en octobre 2011 (après des annonces ratées en 2009 et 2010) sans en tenir compte dans l’équation de la répartition des étudiants. Septième inquiétude : Pourquoi n’a-t-on pas tenu compte des nouveaux bacheliers dans la répartition ? Huitième inquiétude : Qu’advient-il de l’idée d’un corps de professeurs associés (CPA) avancée et acceptée durant aussi bien le Forum national sur l’éducation que le Forum de la diaspora intellectuelle et scientifique ? Neuvième inquiétude : Avoir quatre universités, en plus des écoles supérieures dans la seule ville de Bamako n'est pas une bonne chose à une époque où nous devons mettre en avant  la décentralisation et la déconcentration. Dixième inquiétude : A moins de trois mois de la rentrée universitaire, les autorités n'auront pas le temps de faire des appels à candidature suffisamment organisés pour assumer la nomination correcte des nouveaux recteurs et la formation des nouvelles administrations. Il nous semble aussi que le document actuel contient de déclarations vagues et de vœux plutôt irréalistes quant à la transformation d’économies marginales en ressources fraîches à injecter dans les nouvelles structures. Le document reste flou et incomplet sur les ressources investies dans l'enseignement supérieur et la portion allouée aux nouvelles universités. La note technique soulève beaucoup d’inquiétudes, trop de références spéculatives et évasives : de quels pays de comparaison s'agit-il dans de mentions sommaires comme « la fréquence des exemples existants dans la sous-région ou au-delà » (p. 3) ? Pour un si petit document, la première partie (p.2) ramasse trop de généralités pour servir d'articulation précise d'un besoin spécifique. Pas de réflexion sur le frein à appliquer à l'explosion des effectifs. En conclusion, il nous semble que le plan présenté dans cette note technique est erratique, trop pressé et peu rigoureux. Nous recommandons encore une fois l’application des recommandations du Forum national sur l’éducation et du Forum de la diaspora intellectuelle et scientifique. Il est également important que tout projet de création de nouvelles structures d’enseignement supérieur soit basé sur des études rigoureuses et les décisions doivent être justifiées sur des bases rationnelles

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