vendredi 28 octobre 2011

Elections générales de 2012 : ATT maitre du jeu jusqu’au bout ?

Elections générales de 2012 : ATT maitre du jeu jusqu’au bout ? En politique, disait Machiavel Nicholas « le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal » Essayons d’examiner de plus prés cette assertion dans le contexte des préparations des élections générales de 2012. On le sait, les dates des élections générales de 2012 sont connues depuis ce mercredi 19 octobre 2011. On sait aussi que Koulouba tient à son referendum, et en a décidé de le coupler au premier tour de la Présidentielle. Pour quelles raisons ? Depuis les jardins verdoyants de koulouba l’on murmure que c’est pour réduire la facture budgétaire qui s’annonçait très salée dans la loi des finances déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale. Faut-il croire au Gouvernement? Ou faut-il voir dans cette décision une ruse du Général Président ATT pour rester maitre du jeu jusqu’au bout ? Mon propos n’est pas de reprendre ici les arguments des opposants aux reformes constitutionnelles, mais de susciter le débat autour de la dérive que pourrait découler de la décision de coupler le referendum à la Présidentielle. Le citoyen malien de Haïti que je suis, même loin des intrigues politiciennes qui se profilent au bord du Djoliba, s’étonne de l’attitude du pouvoir qui tient vaille que vaille à son projet. Je paierais une fortune à un « buveur de sauce » de Koulouba pour savoir ce qui fait tant courir notre grand champion de la gestion consensuelle sur le chemin du referendum. J’aurai aussi aimé être dans les secrets de Koulouba pour élucider cette autre question qui me taraude l’esprit : pourquoi ATT a t-il décidé d’organiser son « referendum » le jour des élections présidentielles ? Voudrait-il brouiller la campagne des présidentielles à son profit, j’allais dire au profit de son candidat? Là est selon moi, tout l’enjeu du referendum. Une semaine après l’annonce, les états-majors politiques restent muets sur la question. Pris de court par le stratège ATT, les futurs candidats à la Présidentielle sont face à un dilemme cornélien : se contraindre au silence pour ne pas se mettre dos contre le maitre du jeu, ou dénoncer la décision. L’élève et le successeur de Alpha Oumar konaré, a certainement étudié Winston Churchill qui disait que « La politique ne consiste pas à faire taire les problèmes, mais à faire taire ceux qui les posent » Les prochains jours nous édifieront si le General politicien gagnera la bataille faute de combattants en faisant taire tous ses adversaires politiques comme il a magistralement su le faire jusqu’à présent. Pour le moment seul le Professeur Ali Nouhoun Diallo, mastodonte de ce qui reste du mouvement démocratique et défenseur farouche du Candidat officiel de l’ADEMA ne s’est fait pas dorloter. Dans une récente interview accordée à un journal de la place, le Professeur doute qu’ATT ne veuille confisquer le pouvoir en créant un chaos post électoral pour y rester. Parole d’un politicien avisé, habitué aux coulisses et aux délices du pouvoir à prendre au sérieux. Contrairement au Professeur à qui je voue respect et considération pour son engagement et son courage politique, je pense qu’ATT, suffisamment rusé et intelligent, partira non sans influencer le choix de son successeur. Pour le réussir, il descendra comme tous les candidats à la présidentielle dans l’arène de la campagne électorale pour, d’une part, défendre le « vote utile » au referendum, et d’autres parts, donner des consignes de vote pour son successeur. Déjà , il peut et sait compter sur ses chevaux de Troie qu’est le PDES. Le parti, j’allais dire, le club de hauts fonctionnaires de l’Etat dévoués dans leur âme et chair à sa cause. On peut comprendre aisément pourquoi « l’enfant béni » de la République, Diane Semega et ses amis Ministres PDES bénéficiant de la magnanimité d’ATT, rendront la vie difficile à Jeamille Bittar, la brebis galeuse qui veut s’égarer de l’enclos de Soudh baba. Le couplage referendum - présidentielle est une occasion de rêve pour ATT de focaliser la campagne sur sa personne, car pour la cause, il aura de son coté toutes les ressources matérielles et humaines du PDES. Pour gagner la bataille du referendum, le maitre de Koulouba peut aussi compter sur les serviteurs de l’Etat, les « baba commandant » qui lui sont redevables et qui auront à cœur de lui prouver en retour leur reconnaissance. Il est utile de rappeler à ce sujet les primes importantes et véhicules tout terrain octroyés généreusement par le père de la Nation à ces administrateurs infatigables ou encore le bonus retraite accordé à certains agents des forces armées et de sécurité pour « services à rendre ». Il va s’en dire que les consignes de vote du bienfaiteur ATT pour le referendum seront suivis à la lettre et par conséquent brouilleront les cartes des candidats à l’élection présidentielle. Ceux-ci seront avalés par la machine de guerre électorale du General et n’auront qu’à attendre le verdict du vote d’ATT. Le risque est grand de voir les maliens choisir leur futur Président sur la base d’une campagne qui sera menée de bout en bout par ATT. Avec le couplage du referendum aux présidentielles, le doute n’est plus permis sur les véritables intentions du maitre de jeu de Koulouba : assurer une retraite paisible dans son champ à Mopti comme son prédécesseur Alpha qui se la coule en toute quiétude au bord du Djoliba à Souleymanbougou. Pas besoin de porter des loupes pour voir le portrait robot de son successeur : « ni vu, ni su ni entendu ». Sans faire l’insulte aux électeurs et aux futurs candidats, je dirai que les carottes sont presque cuites. Si l’aventure venait à se réaliser, c’est une ère de dynastie de relayeurs relayés qui commence au Mali. Pourrions-nous éviter l’instauration d’une telle dynastie après vingt années d’une démocratie balbutiante? Oui me diriez vous en allant voter le jour J. mais c’est tout ce qui se fait depuis 1992. Peut-on utiliser le vote qui est incontestablement une arme redoutable dans les mains des électeurs, comme une arme de sanction ou de récompense? Nul besoin d’être «soma » politique pour envisager une victoire du General Président au referendum... Et à la présidentielle du 29 avril 2011, si rien n’est fait pour empêcher le couplage. Il urge pendant qu’il ne soit trop tard de trouver les moyens légaux qui annuleraient ce couplage referendum-présidentielles. L’heure doit être à l’unité d’actions pour dénoncer dans des campagnes de sensibilisation et d’information d’envergure nationale les dérives d’une telle aventure. Et c’est à ce niveau que le rôle des citoyens est prépondérant pour faire barrage à ce qui peut déjà être considéré comme un hold-up électoral au soir du 29 avril prochain, car comme écrivait Montesquieu dans « Esprit des Lois » « Une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi, mais elle doit être loi parce qu’elle est juste ». Port-Au Prince, le 26 Octobre 2011 Yachim MAIGA

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