mercredi 14 septembre 2011

Sekou Kyassou Dialloa publié surLa Prise De Conscience, La Révolution de demain Ne faisons pas des réponses un fonds de commerce référendaire L’histoire commence après l’une de mes publications vendredi passé. Le titre de l’article est « Les chiffres magiques du Mali : 48 nouveaux milliardaires et 48 milliards de budget de referendum et de présidentielle. » Sans savoir qui se trouve derrière le clavier ADM Mali, durant trois jours, je recevais sur Facebook des messages en discussion instantanée à propos. Notre pays est appelé à voter pour le projet de réformes constitutionnelles initié par notre Général bien aimé, SEM Amadou Toumani Touré. Après 20 années d’expérience démocratique, il a été jugé que le temps est arrivé de revoir la Loi fondamentale du Mali, fruit de la Conférence nationale dirigée par le maitre actuel de Koulouba et à laquelle toutes les couches sociales avaient pris part. Certes, comme l’a bien noté ADM Mali, une Constitution n’est ni le Coran ni la Bible. Cela est une vérité que l’on ne saurait nier. A la différence des Livres saints qui sont la Parole divine, celle-ci est un consensus, la volonté de la majorité des membres de la société à vouloir vivre et évoluer sur des règles bien précises. Elle est faite par les hommes, pour les hommes, donc elle est sujette à des retouches si nécessite il y a. Le projet de reformes au Mali a soulevé des débats à plus d’un niveau. La semaine dernière, l’honorable président de ADM Mali, Mr. Madani Tall, dans un discours devant des journalistes, a déclaré que d’aucuns cherchent à se faire un fonds de commerce politique et que tous ceux qui s’opposent à la réforme sont des démagogues. C’est normal. Nous sommes en démocratie et chacun a droit à exprimer son point de vue pour l’édification d’un Mali fort et émergent. Cependant, ce qui préoccupe, c’est l’opportunité de la réforme. Même s’il s’avère que la révision est nécessaire, le moment aurait été assez mal choisi de le faire, c’est-à-dire la veille de la présidentielle. Dans un cadre général en Afrique, on assiste très souvent à des retouches à l’approche des élections. Une pratique qui attise déjà les soupçons. Faut-il rappeler le Sénégal qui vient de connaitre des émeutes sur le même sujet ? Le Mali, d’ailleurs cité en exemple pour sa démocratie, aurait dû faire la différence en évitant cette erreur qui sème le doute. Des gens ont même trouvé qu’ATT devrait laisser cette question de réforme au futur président malien, pour se concentrer sur la tenue d’élections libres et transparentes. Celui qui a été le héros de la Transition malienne et qui a été parmi les rares leaders africains à partir volontairement de son poste gagnerait plus dans ce sens que de vouloir faire adopter à notre pays de nouveaux Textes. Nul doute qu’ATT a assez fait pour le Mali, surtout sur le plan des infrastructures. Modeste et tenant à sa parole d’officier, il a déjà déclaré qu’il irait cultiver son champs de riz à Mopti à partir du 8 juin 2012. S’il réussissait en même temps la tenue d’élections transparentes, il n’y aurait plus aucun doute que l’homme sera entré dans l’Histoire de notre pays, de l’Afrique entière de surcroit, comme étant l’une des grandes personnalités attachées à l’enracinement de la démocratie. Le préambule de la nouvelle constitution provoque déjà la méfiance. La Charte du Kouroukan Fouga y est mentionnée. Ce document, plus vieux que nombre de Constitutions, élaboré par nos ancêtres et classé de nos jours comme patrimoine mondial, prouve que nous avions dans le passé des sociétés assez bien structurées. Mais, ce qu’il faut souligner, c’est qu’il répondait à l’époque à des réalités qui ont disparu aujourd’hui. Il s’agit surtout du clivage social. Mieux encore, la Charte ne condamne pas l’esclavage. Devons-nous alors la mentionner dans la Constitution du Mali du 21-ième siècle au moment où le monde entier mène une lutte contre ce phénomène ? Nous faisons face ici à un danger de division ethnique qui pourrait conduire à des situations déjà vécues chez des voisins de notre pays. Même ADM Mali, fervent défenseur des réformes, a signalé son désaccord la dessus. Ce qui ne l’a pas empêché de se prononcer sans réserve pour l’adoption. Car il estime qu’en démocratie il est normal de se ranger sur la position générale même au cas où on n’est pas d’accord sur certains points. Qu’à cela ne tienne ! Mais comme l’a noté Me Konaté avocat à la cour, mieux vaut ne pas avoir de réformes que d’avoir une Constitution mal révisée. Pourquoi vouloir construire une maison en commençant par le toit ? Les langues nationales et le français sont langues d’expression officielle, d’après le projet. L’effort que le gouvernement malien déploie en vue de valoriser nos langues nationales est à encourager. Cependant ce point est matière à confusion. Chaque ethnie malienne n’a-t-elle pas alors le droit d’exiger l’établissement de ses pièces à l’état civil dans sa langue ? Combien de langues nationales avons-nous au Mali et combien d’interprètes faudra-t-il à un directeur de département qui ne maitrise qu’une seule, au cas où d’autres décident d’user de leur droit constitutionnel? Un Touareg, un Sonrhaï ou un Soninké ne sera-t-il pas dans son droit de demander au président de la République de ne s’adresser à lui que dans sa langue ? Certes, le français qui est celui du colonisateur serait alors affaibli. Et la confusion risque aussi de s’établir. D’origine malienne et ne jouir d’aucune autre nationalité pour pouvoir se présenter à la magistrature suprême. Cela nous rappelle un pays voisin qui avait créé un tel concept pour écarter un rival du pouvoir. Il a été même interdit une fois à celui-ci de se présenter aux élections. Par la suite, nous savons ce qui est arrivé. Au Mali de demain qui vivra sous la Constitution proposée, il n’est pas exclu que des citoyens soient dans l’obligation de prouver leur origine devant un juge et que pendant qu’ils le feront, le délai de dépôt de candidature sera déjà clos. Quant à la création du sénat, il est lieu de se poser la question si notre pays doit encore prendre sur le cou des dépenses supplémentaires au moment où la société est confrontée à de grands maux qu’il serait plutôt juste de soigner d’abord. Le chômage, la corruption, l’école malienne, les femmes qui meurent au cours des accouchements, les enfants qui mangent à peine et le choléra qui pourrait bientôt frapper le Mali à plein cœur, c’est-à-dire à Bamako, tant l’épidémie gagne peu à peu du terrain. Lisons l’ADM Mali: « Par rapport à la création d’une seconde chambre, M. Tall a un avis mitigé. Il estime que nous sommes une démocratie en construction et qu’il fallait un peu attendre d’atteindre une certaine maturité pour introduire une telle nouveauté. » Le Prétoire du 08 septembre 2011, article : Madani Tall face aux reformes : «Tous ceux qui s’opposent à la reforme sont des démagogues». Mais voilà une autre réponse d’ADM Mali sur Facebook. Concernant le sénat, il a vocation à donner plus de réalité à la décentralisation. Et le fait que la décentralisation malienne soit citée en exemple ne veut pas dire que l’on s’en arrête là. Il s’agit de donner plus de représentativité aux c...collectivités locales et territoriales qui sont le pilier de cette décentralisation. C’est le haut conseil qui est transformée en sénat pour lui permettre de mieux accomplir sa mission. Il s’agit de faire en sorte que la voix de nos villages et soit entendu au niveau national.... (Hier, à 14:46 • J’aime Je n’aime plus) Nous n’avons vu aucun démenti à ce que le Prétoire a écrit ; mais ADM Mali dit que sa première déclaration concernait le passé et que le moment est venu maintenant de créer le sénat malien. Et puis, le budget de 48 milliards de francs pour les votes. Il est exorbitant ! ADM Mali trouve ceci : « Je ne suis pas d’avis que c’est une question d’argent mais plutôt une question de démocratie » Autrement dit, ceux qui meurent de choléra, ceux qui connaissent d’interminables années scolaires blanches et ceux qui sont en chômage faute de création d’emplois, etc., sont le sacrifice que le Mali se doit de payer pour l’avènement définitif de la démocratie. Serait-il plus juste de mettre environs 100 millions de dollars dans les urnes que de songer à apporter de l’aide élémentaire à ceux-là mêmes à qui on veut faire cadeau de la nouvelle Constitution ? Oui, le Mali a besoin de démocratie. De sa démocratie arrachée en mars 1991 au prix de jeunes vies humaines. Nous sommes interpellés par la mémoire de ces martyrs. Pour consolider les acquis démocratiques, il faudrait bien entendu aussi des sacrifices financiers. Notre démocratie et l’argent du contribuable, c’est comme un bébé et du lait. Le bébé en a besoin pour sa croissance. Mais il serait étrange que le bébé exige 100 litres de lait en une seule fois pour ce faire ! Pour finir, voilà à propos « des démagogues ». Le secrétaire général de l’UNTM est formel : « Si c’est pour nous, (il s’agit des reformes, N.P.) nous n’en voulons pas. Et si le gouvernement y persiste, nous allons l’obliger à faire marche arrière. Nous en avons les moyens et les hommes pour ça ». Et, le patron syndical : «Mon organisation est apolitique. Mais, elle est contre toute politique qui menace les idéaux du 26 mars 1991». Extrait de l’article de LA REFONDATION publié le 13 septembre 2011 : Le collectif « Touche pas à ma constitution »/ En ordre de bataille. L’UNTM n’est pas un parti politique. Elle est la voix des travailleurs maliens. Quel fonds de commerce cherche-t-elle alors ?
Force est de souligner le mérite d’ADM Mali, en ce sens que tout homme doit se battre pour ces idées. La persévérance et la patience conduisent au but. Cependant, cela ne doit pas nous empêcher de voir la réalité. Que les Maliens, dans leur majorité, sont contre ces réformes au moment actuel. Qu’en 20 ans de démocratie malienne, le pays, Dieu Merci, n’a pas connu de crise institutionnelle. D’autres diront même que la Constitution de 1992 n’est pas totalement appliquée. Il ne s’agit donc pas d’adopter les reformes pour un cadeau. Il s’agit de l’intérêt de notre Maliba. Pour cet intérêt, je réitère ma position: C’est le NON. PS : A propos de la réforme, Je doute déjà de la tenue d’un débat public sur Facebook pour des raisons qui ne dépendent pas de moi. Je l’avais annoncé dans les groupes, mais je voudrais m’excuser d’avance.

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