dimanche 4 septembre 2011

Qu’est-ce-qu’un intellectuel ?

Un intellectuel n’est pas un de ces poètes, écrivassier ou écrivaillon au service du pouvoir assassin sanguinaire et corrompu.
Un intellectuel n’est pas un de ces poètes et écrivains qui cautionnent les dictateurs sanguinaires et en se cachant derrière leurs plumes.
Un intellectuel doit savoir utiliser sa culture à bon escient.
C’est quelqu’un qui sait réfléchir, écouter, curieux de tout dans le bon sens du terme. C’est un cérébral !
L’intellectualisme est avant tout l’humanisme doté d’un esprit modeste et humble. « Être un intellectuel est une attitude, pas un métier » disait Jean-Paul Sartre qui définit d’abord l’intellectuel comme simple commentateur de l’événement au nom de l’éthique universelle. Celui-ci peut assumer, le cas échéant, un engagement politique ponctuel sans que le cours de sa vie ou de la production de son œuvre en soit modifiée. Jean Paul Sartre ajoute que : « l’intellectuel est donc prisonnier d’une contradiction : son discours tend vers l’universel mais il se trouve situé, lui, dans le conjoncturel. Ainsi la conscience d’une crise donne naissance à une crise de conscience en produisant une crise du langage et une crise de la pensée, incapable tous deux de rendre compte de la nouvelle réalité. Le langage ne permet plus la formulation de concepts nouveaux. L’intellectuel se trouve écartelé entre la pensée de l’Histoire et l’histoire de la Pensée, l’histoire de l’écriture et l’écriture de l’Histoire et devient alors celui qui fait de la réalité un problème. »
Sartre faisait alors une distinction entre l’intellectuel et le politique. Le premier incarnait l’universel et le second la contingence. L’intellectuel se trouvait donc par essence opposé au Pouvoir car il mettait constamment en évidence le décalage entre les idéaux et leurs réalisations. Il était bien l’incarnation de la conscience universelle toujours « au-dessus de la mêlée »
L’intellectuel donne des conseils, découvre des vérités, conteste l’ensemble politico-social bourgeois tout en lui restant fidèle et soutient l’action et le projet prolétariens tout en leur étant étranger. C’est quelqu’un qui au nom de cette conscience malheureuse « n’est pas si malheureux que ça »
Sartre reconnaissait que la caractéristique principale des intellectuels était surtout de « se mêler de ce qui ne le regardait pas ». Car il ne se contente pas d’analyser, il conteste aussi.
L’intellectuel selon Mouloud Mammeri : « Je considère que l’honnêteté intellectuelle, cela existe, et que c’est un des beaux attributs de la fonction-même et surtout quand on écrit dans un organe national : là moins qu’ailleurs on ne peut se permettre de batifoler avec la vérité. Je parle de la vérité des faits, car pour celle des idées il faut une dose solide d’outrecuidance pour prétendre qu’on la détient. »
Un intellectuel n’est pas un régionaliste ou un raciste, mais un humaniste armé d’une grande culture universelle au service de l’humanité.
L’intellectuel selon Tahar Djaout : « Mais c’est vrai aussi qu’il y a eu l’intellectuel officiel, le prototype de l’intellectuel qui était là pendant le parti unique, qui était le porte-parole du pouvoir qui, avec la démocratie, se découvre soudain l’âme de démocrate et qui, lorsqu’il s’agit de prendre ses responsabilités, lorsque les jeux ne sont pas clairs, cet intellectuel généralement se terre chez lui en attendant que les choses s’éclaircissent pour qu’il puisse s’exprimer sans prendre aucun risque. Mais peut-on appeler intellectuel ce genre de personnage ? »
L’intellectuel selon Rachid Mimouni : « Je crois à l’intellectuel comme éveilleur de consciences, comme dépositaire des impératifs humains, comme guetteur vigilant, prêt à dénoncer les dangers qui menacent la société. »
Un intellectuel ne doit pas emboîter le pas aux dictateurs assassins. Ni être complice de ses dictateurs.
Je ne conçois pas comment des êtres peuvent demeurer dans la planète des singes qui deviennent si souvent tigres.
Informez-vous et instruisez-vous avant de cautionner les criminels, sinon vous risquez de tomber dans les jeux de palefreniers.
Messieurs comme disait Abraham Lincoln : « Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps. »
A bon entendeur salut.
Yahia Yanes (Enseignant, poète et écrivain.)

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