lundi 26 septembre 2011

Les contours de l'investiture du candidat de l'Urd

Chers sœurs et chers frères suite à un message de mon excellent frère Mamadou Cisse en date du 22 septembre regrettant la molless
e et même l'endormissement dans lequel nos espaces de débat sont tombés. J'ai l'intention depuis un certain temps de partager avec vous des réflexions portant sur la lecture de certains événements courants en fonction de l'esprit de l'indépendance du 22 septembre 1960 mais aussi sur la situation économique internationale. Mais en attendant,  je voudrais ici réagir a l'actualité immédiate au Mali. Les contours de l'investiture du candidat de l'Urd Je prends acte de la candidature à l'élection présidentielle de Soumaila Cisse. Notre frère Soumaila est indiscutablement un acteur constant et de première ligne dans le monde politique malien depuis 20 ans. Notre rôle est de permettre que le débat se tienne qu'il soit informatif et instructif, en un mot qu'il permettre au peuple de se prononcer en toute connaissance de cause. C'est cela l'essence de la démocratie. Il me semble à la lecture de tout ce que j'ai pu lire que le débat consiste déjà à cadrer une partie du débat en disant que Soumaila a été un excellent Commissaire de l'Uemoa. C'est possible, il peut l'avoir été. Mais nous ne devons pas accepter que l'Uemoa devienne un élément décisif du débat politique national. Car en réalité l'Uemoa n'est pas, encore, une réussite. Ceci est, il est vrai, totalement indépendant de la personne de Soumaila Cisse. L'Uemoa n'arrive pas progresser dans ses propres projets d'union régionale dont une étape importante était la création d'une monnaie unique. Cette création est sans cesse reportée et il me semble que sa naissance est désormais hypothétique sinon abandonnée. Les fonctionnaires de l'Uemoa sont nommes par des Etats dont peu sont démocratiques et efficaces. A part le Niger et le Cap Vert je ne vois pas d'autres pays de l'Uemoa avançant de façon assurée dans la démocratie. Des fonctionnaires dont certains étaient déjà si peu efficaces dans leurs pays d'origine, en raison même des règles discrétionnaires de leurs nominations, peuvent-ils être plus efficaces à l'Uemoa? En plus l’Uemoa qui aurait du activer les échanges intra communautaires ne semble pas avoir réussi à empêcher ces echanges de baisser au cours des 20 dernières années. Actuellement il y aurait au moins une dizaine de chauffeurs-camionneurs maliens emprisonnes au Sénégal pour des raisons liées a leurs activités cependant conforment aux objectifs de l'Uemoa. Tous les documents dénotent, mois après moi que tant de comportements des fonctionnaires nationaux s'opposent, localement, directement  aux objectifs d'intégration régionale. En ce sens les gendarmes maliens sont indexes au nombre des plus corrompus sur les routes et les plus opposes aux objectifs de l'Uemoa. La situation sur les routes de l'Uemoa a été décrite de façon réaliste par des journalistes, y compris maliens, qui se sont imposes de connaitre le calvaire des citoyens, en le partageant, pour en rendre compte. Pire, un ivoirien durant des mois pouvait difficilement circuler d'une zone d'Abidjan a une autre. Selon des documents d'Interpol qui a organisé en février 2011 a Dakar une réunion sur le sujet, l'économie de la région est fortement portée par le trafic de drogue dont l'impact est évalué a plus de 38milliards US Dollars. Peut être le double? Le Triple? De nombreux observateurs internationaux ont même établi un indice visuel qui permet d'identifier la criminalisation de l'économie d'un pays de la région. Cet indice, non scientifique et non officiel mais si utile, se révèle dans le bourgeonnement des immeubles impressionnants et la multiplication des véhicules 4x4. Une bonne partie des financements de ces infrastructures ne peuvent être retracée et reliée à des sources propres. Attention cependant: il ne faut pas déduire de cela que tout immeuble en construction ou toute voiture 4x4 procède d'une activité criminelle. En me limitant a ces faits que chacun peut constater, qui peut donc nous dire où est le succès de l'Uemoa qui soit visible au niveau de nos peuples. Je ne dis pas que l'Uemoa n'a rien fait mais j'affirme qu'il ne s'agit en rien d'une success-story. Notre rôle est de clarifier la situation afin que le débat politique national ne soit pris en otage par des hypothèses fausses. Le sens de l'économie Grace à un excellent jeune frère, je viens de lire un article du journal gouvernemental, écrit dans le cadre de la célébration du 22 septembre 2011, glorifiant la privatisation de la BIM.SA en la présentant comme un succès et même comme un cas d'école. Comment peut-on, en septembre 2011 écrire dans un journal national un article vantant la privatisation d'une banque. Alors même que ceux qui nous ont instruit cette privatisation, les Etats Unis, la Grande Bretagne, la France, le FMI, la Banque Mondiale, l'Union Européenne, etc..., sont entrain de nous dire que la phase actuelle de l'économie exige de nationaliser les banques et de faire de l'instrument monétaire un levier central de la politique économique. En image l'attitude de ce journal est comparable à la situation suivante. Votre mère est malade. Un médecin vous apporte un médicament que vous faites prendre à votre mère. Peu après, le médecin fait savoir au monde entier que ce médicament, en réalité, est un poison violent. Et vous, vous choisissez ce moment, avec fierté, pour sortir vous vanter devant ce même public d'avoir administré ce médicament à votre mère..... Cet article est si décalé par rapport a l'actualité économique et financière dramatique que vit le monde depuis 2008 qu'il indique que certains maliens ont volontairement décidé d'ignorer la réalité, d'ignorer les événements, et les enseignements de ceux-ci, qui sont entrain d'ébranler le monde. Il est entrain de naitre un monde nouveau. Ce journal indique au monde que nous avons choisit de prendre un chemin a rebours comme s'il existait un monde propre au Mali. Un monde ou les lois et principes des sciences sociales ne s'appliquent pas. Réveillez vous. Réveillons nous. Au moins, permettons que le débat soit clair. Autrement nous serons complices, en étant spectateurs muets et inertes, des erreurs de choix politiques qui pourraient arriver dans notre pays. Le temps est arrive pour nous de participer activement aux élections à venir. Depuis vingt ans au moins les banques s'abstiennent de financer l'économie de notre pays. Dans nos débats nous avons dit nos désaccords avec cette situation. Nous avons des idées alternatives. Il est légitime pour nous de revendiquer que le peuple nous donne la possibilité de prouver que nous savons faire mieux pour l'économie nationale que ce que font les banques depuis vingt ans. Depuis vingt ans nous ne cessons de dénoncer le fonctionnement de la justice dans notre pays. Depuis vingt ans nous ne cessons de dénoncer que des maliens compétents soient mis de coté au profit de personnes souvent incompétentes, ayant souvent triché en se prévalant de savoirs, d’un savoir-faire, de compétences qu'elles n'ont pas. Il est venu le temps ou nous devons parler au peuple, dire que nous avons de meilleures idées et réclamer de contribuer à l'exercice du pouvoir d'Etat afin de faire du Mali un pays plus juste et plus équitable. Nous en avons même l'obligation morale. Depuis vingt ans nous dénonçons la promotion qui est faite à l'ignorance par le laisser aller qui prévaut dans l'éducation nationale. Ne soyons pas timides. Disons haut et fort que nous avons des idées  qui produiront des résultats meilleurs que ceux que nous connaissons. Je voudrais en profiter pour avertir les hommes politiques aspirant à présider notre pays en leur disant qu'ils caressent un rêve dangereux s'ils espèrent reproduire les mêmes pratiques de gouvernement, les mêmes habitudes, les mêmes comportements, avec les mêmes femmes, les mêmes hommes que les vingt dernières années. S'ils le faisaient, ils auront, alors, eux mêmes, attisé le feu destructeur qui fera exploser la révolution sociale. Ces personnes doivent savoir qu’elles sont souvent à la tête de partis et d'associations faits de femmes et d'hommes dont certains sont notoirement corrompus. Il leur appartient de faire le ménage autour d'eux et dans les appareils de ces structures. Je voudrais ici appeler encore une fois mes frères Dioncouda Traore, Soumaila Cisse, Ibrahim Boubacar Keita, Soumana Sacko, Modibo Sidibé (au cas où il serait candidat) à contribuer a une reconstitution de la vie politique nationale. Il s'agit de tracer un trait. En deca de ce trait on abandonne les femmes, les hommes qui ont pourrit la vie de notre pays avec toute sorte de tricherie en en tirant des avantages personnels visibles vérifiables et souvent exhibes. Au delà de ce trait, en vue du Mali nouveau, il s'agit de mettre ensemble ce que le Mali sait faire de mieux, en mettant ensemble les meilleurs talents des maliens, de promouvoir le savoir, le savoir-faire des maliens. Les patriotes, républicains, démocrates maliens au milieu desquels je me situe ont aujourd'hui la légitime aspiration de participer a la construction de notre pays sur des bases renouvelées et saines. Je vous l'affirme, nous ferons en sorte que le passe malsain qui a prévalu au Mali ces 20 dernières années soit révolu. Bien entendu la terre des hommes ne sera jamais le paradis de Dieu, mais nous nous battrons pour que ceux les pratiques néfastes cessent dans notre pays au lieu de continuer à être la norme. Il n'y aura pas deux présidents à la fois au Mali. Faisons que celui qui sera élu en 2012 le soit au nom d'un projet, pour des idéaux matérialisés par une ligne politique et un projet clairs. Rassemblons nous, loin des ego, rapprochons nous du Mali eternel pour le faire triompher à nouveau  sur la base de la force de l'esprit humain et la solidarité. Chère sœur, cher frère, tu souffres de l'injustice et de la corruption. Si tu ne l'es pas, regardes le visage de ton fils sans emploi malgré son diplôme et sa ténacité il est un homme économiquement mort. Si ton fils et ton ferre ne sont pas en peine, alors regarde le visage de la veuve et de l'orphelin dans le quartier que la faim et la soif surtout de justice rejettent en dehors de la vie économique et sociale. Si tu ne connais pas cette veuve et cet orphelin, alors lèves toi quand même car le savoir que tu portes t'en fais obligation. L'Histoire universelle continue sa marche grâce à la grandeur de l'esprit des plus inventifs des êtres humains. Nous avons fait le choix de marcher cette Histoire car elle va inexorablement vers le bien être des peuples. Nous nous avons choisit. Aux hommes politiques de choisir. Notre choix s'est traduit par la description d'une ligne politique, d'un projet politique et d'un programme de gouvernement. Nous rendrons bientôt publics ces documents pour un large débat. Je dois dire ma satisfaction que des hommes politiques comme Soumana Sacko ont fait un choix qui est en convergence avec le nôtre. Rassemblons-nous. Pour le Mali. A bientôt. Dialla Konaté Blacksburg, 24 septembre 2011

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