jeudi 29 septembre 2011

LE PROFIL DU NOUVEAU LEADER POUR LE MALI

! Ralph Waldo Emerson avait l’habitude de saluer ses vieux amis qu’il n’avait pas vus depuisLE PLE PROFIL DU NOUVEAU LEADER POUR LE MALI ROFIL DU NOUVEAU LEADER POUR LE MALI quelque temps de la manière suivante : « Qu’est-ce que tu as compris depuis la dernière fois ? » Au cours de mon dernier voyage au Mali je me suis permis de l’imiter en demandant à certains amis et camarades ce qu’ils avaient compris depuis la dernière fois, apparemment pas grande chose car durant tout mon séjour la seule question qu’on m’a posée est la suivante : Toi tu vois qui en 2012 ? Suivi de ce commentaire : cette fois il faut que nous soyons du bon côté c'est-à-dire avec le vainqueur ! Peu importe même s’il ne propose pas de perspective gagnant-gagnant pour le peuple et qu’il prône la continuité totale du système finissant, hors Dieu sait qu’il faut de la rupture même si cela doit se faire dans la continuité. Tous semblent adopter la position stérile du spectateur, or ce qui se joue ici est loin d’être un spectacle, il s’agit de l’avenir et du devenir de notre pays le Mali. Il existe actuellement presque un conformisme intellectuel au sein de notre société plus particulièrement au sein de nos grands partis au lieu d’être des aiguillons intellectuels stimulants de leur impatience généreuse et de leurs coups d’éperons agaçants le débat politique pour pousser le gouvernement à aller à des élections transparentes et crédibles, ils se contentent d’attendre et d’observer comme tout le monde. Aujourd’hui, l’ampleur des défis et le rythme du changement souvent ne semblent pas s’être accompagnés de grandes notions ni de grands hommes pour les mettre en œuvre. Ce qui me fait penser à la lettre adressée en 1790 par Abigail Adams à Thomas Jefferson je cite : « Voici venus les temps difficiles qu’un génie aimerait vivre. Les grandes causes appellent les grands hommes ». S’il y a eu dans l’histoire un moment où une vision stratégique globale du leadership a vraiment manqué dans notre pays c’est maintenant. Le besoin n’a jamais été aussi grand car l’incapacité généralisée de notre gouvernement et de certains leaders de nos organisations à répondre aux attentes de leurs commettants est un facteur inquiétant. Ce vide augure peut-être la venue de nouveaux leaders avec l’émergence de grands hommes et femmes on peut attendre de nouvelles visions passionnantes du pouvoir. Le pouvoir est à la fois l’élément le plus nécessaire et le plus décrié de tout progrès humain, il est l’énergie fondamentale nécessaire pour lancer et soutenir une action ou la capacité de traduire l’intention en réalité et de soutenir l’action. Le leadership est l’usage judicieux de ce pouvoir cela s’appelle le leadership transformatif c'est-à-dire le leader qui motive les autres à agir, qui transforme les exécutants en chefs et qui peut faire des chefs de véritables agents du changement. C’est ce leadership efficace que le Mali aura besoin en 2012 pour lui faire passer de son l’état présent à un état futur en créant des perspectives potentielles pour le peuple, en l’inspirant la volonté de changer et d’instiller de nouvelles philosophies et stratégies de nature à mobiliser et à focaliser l’énergie et les ressources. Pendant dix ans le leadership a brillé par son absence , impuissance face à la crise, impuissance face à la complexité, avec les contradictions et la polarisation de la pensée et de l’action, le pouvoir a été miné et une sorte de désordre s’est installé, les institutions ont été rigides, laxistes ou inconstantes. Des prétendus chefs semblent ignorants et insensibles, bornés et irresponsables. Pis que tout, des solutions ont été échafaudées à la hâte ou tout simplement pas échafaudées du tout. Nos leaders ont manqué d’engagement et de motivation, ils n’ont pas réussi à inculquer vision, compréhension et confiance au peuple. Aujourd’hui nous devons faire du problème de leadership, l’élément central de l’effort de création du progrès, du mode de développement et de survie de nos organisations. Les problèmes actuels ne seront pas résolus sans des organisations performantes et les organisations performantes sans un leadership efficace. Notre pays a besoin d’être dirigé pour combattre sa somnolence et pour l’adapter à l’évolution des circonstances, pour cela il lui faut un leader qui lui confère sa vision et son aptitude à traduire cette vision en réalité. Ce leader sera celui qui parviendra à dominer la confusion actuelle, par opposition à ceux qui se contentent de réagir, baissent les bras, vivent dans un état de choc permanent et d’attendre tranquillement qu’ATT leur renvoie l’ascenseur. Le réveil sera brutal pour eux. Nous avons besoin de leaders d’avant-garde c'est-à-dire des leaders qui ne se contentent pas de pousser plus loin ce que d’autres ont déjà fait, mais des leaders qui créent de nouvelles idées, de nouvelles politiques et de nouvelles méthodologies selon Camus « créent dangereusement » et ne se contentent pas de maîtriser des activités fondamentales. Leur perspective est orientée vers la vision et ne perdent pas leur temps à chercher à savoir « comment il faut faire », mais à savoir « ce qu’il faut faire ». Nos leaders doivent comprendre qu’on ne peut rien accomplir de valable sans détermination, pour diriger il faut savoir où on va soi-même, de ce qu’on a été à ce qu’on souhaite être, malgré les ambigüités, et contre l’adversité inhérente aux idéaux et aux intérêts. Ils doivent comprendre que la confiance est le ciment qui préserve l’intégrité d’une telle entreprise, le lubrifiant qui la permet de fonctionner. La confiance implique la responsabilité, la constance et la fiabilité. Or on ne fait confiance à des gens cohérents et constants, dont on connait les positions et qui s’y tiennent ; les leaders qui bénéficient de la confiance des autres se font connaître et précisent leur position. En politique, la position c'est-à-dire ce qui est juste et nécessaire, la persévérance et la détermination sont des éléments déterminants pour créer un leadership de nature essentiellement humaine. Ce qui n’est pas le cas au Mali, car à quelques mois des élections générales c’est le silence radio du côté de nos leaders à part quelques uns qui ce sont fais connaitre par leur positionnement et leur vision tous les autres sont dans les grandes manœuvres avec la prudence d’un chat de gouttière parcourant un champ de mines, un vrai tandem chef /exécutant, dirigeant/dirigé. Toute chose qui les discrédite et crée dans le pays un climat lourd et suspicieux. Demain ce blanc seing, et cette démission générale face aux questions d’intérêt national certains vont le payer cher car à ce que je sache il n’y a qu’un seul fauteuil de président à Koulouba. A cause de leur mutisme, inconstance et incohérence ces élections qui n’annonçaient comme une fête pour une véritable alternance démocratique au Mali risqueraient d’être un holdup électoral, un véritable passage en force, une nomination à cause de l’état d’impréparation générale (manque de fichier électoral fiable) et des différentes manœuvres (referendum constitutionnel) entreprises pour détourner l’attention du peuple. Déjà la mise en place ratée de la commission électorale nationale indépendante(CENI) qui est par essence et qui a pour vocation d’être le gendarme des joutes électorales, restera une tache noire sur sa crédibilité et entachera la moralité des scrutins à moins que la Section Administrative de la Cour Suprême ne vole à son secours. Face à cette situation le Mali aura besoin d’un leader visionnaire qui lui fait pas perdre son temps et qui sera capable de le rêver Grand selon Walt Disney : « si vous êtes capable de le rêver, vous êtes capable de le faire ». Un leader capable de susciter enthousiasme et engagement chez les autres, de présenter une image convaincante d’une situation recherchée, un leader qui a une identité établie, capable d’engagement, de faire face à la complexité, et d’avoir de la crédibilité. Un vrai Homme d’État doublé d’un diplomate (« le diplomate n’est jamais en position de faiblesse car il a apprécié le rapport de force et qu’il a en tête, alors même qu’il négocie un plan B qui est précisément celui de la guerre. S’il est un stratège, c’est aussi un as des tactiques. Il connaît ses dossiers, perçoit les ruses de son adversaire qui n’a pas vu les siennes, sait ce qu’il peut concéder et ce qui n’est pas négociable. Bref, c’est un professionnel des relations humaines qui maîtrise ses émotions autant que sa partition et sait jouer à merveille son rôle, comme un acteur de l’ombre. Sa devise : ruse et efficacité ! ») Il lui faudra de l’engagement pour se faire un nom après ATT en trouvant des solutions urgentes aux problèmes (corruption, école, santé, insécurité etc.) que ce dernier n’a pas pu régler. Mais aussi gérer les contestations postélectorales. Il lui faudra faire face à la complexité de l’évolution rapide et spasmodique de la situation en générale et plus particulièrement de la question de l’insécurité dans le nord de notre pays surtout avec la nouvelle donne sécuritaire dans la bande sahélo-saharienne. Il lui faudra crédibiliser l’image négative du Mali et qui risque de se dégrader d’avantage après la période électorale auprès de certains de nos partenaires. Cela à cause de 10 ans d’immobilisme, de victimisation et de négociation d’otages. Il doit impérativement réhabiliter l’image du Mali sur la scène internationale à travers une diplomatie active et crédible où notre Oui sera considéré comme un Oui et notre Non comme un Non sans que nous subissions après le coup de la réputation. Le nouveau leader doit réussir à vaincre la résistance au changement en suscitant des visions de l’avenir qui évoquent la confiance dans de nouvelles pratiques ainsi que la maîtrise de celle-ci. Aujourd’hui à cause du problème de leadership nous sommes confrontés à un avenir incertain et instable, mais qui pour autant n’échappe pas à toute vision. La vision est la denrée des leaders, le pouvoir est leur monnaie d’échange. Nous abordons un tournant de l’histoire de notre nation et nous ne pourrons revenir, en tant qu’individus ou en tant que pays, à ce que nous étions il y a dix, cinq ou même un an. L’avenir, c’est maintenant, et c’est à nous de jouer. Je suis sûr que malgré la situation actuelle le peuple malien ne restera pas les bras croisés. Mr. Mariko Bakary. l

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