jeudi 15 septembre 2011

Ka France 100fric?

Sekou Kyassou Diallo La France 100 fric?
La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Beaucoup ne s’attendaient point à l’entendre un jour. Pendant que les uns se précipitent d’apporter un démenti catégorique, les autres cherchent à porter plainte devant un tribunal. Robert Bourgui, un « Monsieur Afrique » rompu aux sales pratiques francafricaines, vient de couper le sommeil tant à des hautes personnalités françaises qu’à des dirigeants africains. Il a déclaré que certains présidents africains faisaient parvenir des mallettes bourrées de liasses d’argent à Jacques Chirac, Dominique de Villepin et même au très nationaliste Le Pen. A quelques encablures de la présidentielle en France, on peut croire à des manipulations pour discréditer les individus en question et saper tous leurs efforts dans le cadre de la course vers l’Elysée. D’ailleurs certains voient déjà l’ombre de Sarkozy. Après Strauss Kahn, voilà le tour de Villepin en guise de vengeance pour l’affaire CLEARSTREAM. Les menaces de Karim Wade laissent Bourgui calme. Dans une interview accordée peu après sa déclaration, il enfonce le clou. « J’attends de pied ferme ! » lance-t-il à l’encontre de ceux qui veulent le poursuivre. S’il est difficile d’admettre qu’il ait agi ainsi pour le bonheur des Africains, ce monsieur sait de quoi il parle, pour avoir été lui-même l’un des éléments du circuit. Robert Bourgui vient de nous confirmer que le fric part, et encore comment ! Ce que nous ne savions pas, c’est le montant de l’argent extorqué à l’Afrique et remis par nos leaders à des hommes politiques français pour des campagnes électorales ou pour un simple plaisir. Dans le but de bénéficier d’un protectorat politique. Au dire de Bourgui, ce sont des millions de francs et de dollars, enfouis dans des Djembés, dans des mallettes, même dans des journaux. « Du lourd » selon l’expression de Chirac. Combien d’argent a-t-on pu remettre ainsi durant des années pour que certains restent confortablement dans leurs fauteuils présidentiels malgré l’alternance démocratique tant prônée dans nos pays ? De la BCEAO qui n’est qu’un machin de contrôle économique par la France, en passant par le rattachement du franc CFA à la banque de Paris pour mieux sucer le jus africain ; des privilèges accordés aux firmes françaises au dépôt de la moitié de nos devises sur le compte du Trésor public français ; des cadeaux les plus beaux aux vacances de personnalités politiques financées ; voilà que nous découvrons une autre méthode de dépouillement de nos Etats avec la complicité de nos Etats. Combien sont-elles au juste, ces manières subtiles de nous mettre à genou devant le « maitre blanc » ? Robert Bougui donne des détails qui vont jusqu’au ridicule. Quand Gbagbo demandait de savoir combien Wade a versé au « Dieu » blanc pour en faire autant ; lorsqu’un ambassadeur, qui a pris un petit retard, arrive tout essoufflé, transportant un sac de fric ou que Villepin, ayant reçu sa part, lance : « Blaise déconne ! Encore de petites coupures ! » L’étonnement général serait aussi de nous dire que nous, nous pensons que nous votons nos présidents tandis que ceux-là achèteraient le fauteuil, ils paieraient cash pour le devenir ou le rester aussi longtemps que possible. Autrement, quel est le sens de toutes ces largesses dont Bougui parle ? Pour la bonne marche de la farce, on n’oublie pas de nous faire prendre part à des élections qui coutent des milliards à nos maigres budgets. Donc, le plus gros porteur de « gombo » est le gagnant? En tout cas, l’on est tenté de dire que le vainqueur sort plutôt d’un sac que des urnes. En somme, voilà une Afrique qui meurt de soif au bord de la rivière. Pour l’éternité des leaders au pouvoir et pour le bien-être d’une poignée d’hommes à Paris. Ecoles, maternités, hôpitaux, emplois, tout cela est bien moins important que les caprices du beau monde parisien. Un Paris qui trouve que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Une façon adoucie, peut-être, de dire tout simplement que nous sommes drôles. Ce racket instauré et accepté témoigne alors de la démocratie à double vitesse que l’on ne cesse de dénoncer dans les Etats africains. Ne sont accusés ou destitués avec le concours de leurs pairs que ceux qui veulent se soustraire de la « règle » et s’occuper, tant soit peu, des intérêts nationaux. La longévité politique revient aux résignés. Il serait naïf de croire que ces pratiques, si elles existent, cesseront après les révélations de Bourgui. La France si habituée au gâteau gratuit africain ne lâchera pas facilement prise. D’autant plus que des dirigeants rodés restent encore sur place. Si ce n’est pas un Sarkozy qui reçoit, c’est un autre. La France 100 fric africain ? Elle ne se l’image jamais, car l’Afrique lui a donné le sentiment que le continent lui appartient à titre de propriété privée! Quoi qu’il en soit, nous voyons les mêmes individus se présenter, sans inquiétude aucune, à des sixièmes mandats présidentiels qu’ils gagnent toujours à plus de 80% des voix de ceux qui ont terriblement faim et croupissent dans une misère totale. Tout se passe comme si les électeurs africains votent pour le développement du sous-développement. Car plus ils sont au pouvoir, plus nous régressons. Que dire encore, jeunes d’Afrique ? Nous devons en tirer les conclusions nécessaires. Je m’excuse de le répéter chaque fois, mais j’insiste que pour une Jakarta, un kilo de sucre ou un pauvre paquet de thé que nous acceptons pour voter, ce sont des dizaines de mallettes de fric qui sortent pour le festin à Paris. Vivement la prise de conscience!

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