mercredi 1 juin 2011

Projet de transition politique de l'opposition sénégalaise


Ne présenter qu'un seul candidat, c'est l'option privilégiée par la principale coalition de l'opposition au Sénégal. En cas de victoire à la présidentielle, elle préconise une période de transition de 3 ans et l'adoption d'une nouvelle constitution sur la base d'une refonte totale des institutions des régimes précédents fondées sur la corruption, l'abus de pouvoir et l'impunité. Le président qui dirigera la période de transition de 3ans ne pourra plus se présenter aux nouvelles présidentielles. Le président de la république du nouveau régime issu de cette nouvelle constitution n'aura plus tous les pouvoirs comme auparavant, ils seront partagés avec le premier ministre. On peut être d'accord ou pas, mais voilà au moins un projet sérieux que présente l'opposition sénégalaise à ses concitoyens pour résoudre le problème africain : problématique alternance politique - corruption - impunité et abus de pouvoir.

Toutefois, le Niger a déjà expérimenté ce type de régime semi-présidentiel dans les faits (pas seulement dans les textes) pendant 10ans (2000 - 2010) sous Mamadou Tandja avec Hama Amadou comme premier ministre. Résultat, le premier ministre s'est octroyé tous les pouvoirs et a pillé le pays pendant ces 10 années. Il avait 15 millions de FCFA par semaine comme fonds politiques (non compris les détournements, les commissions, les marchés de gré à gré de milliards,etc.) et en a fait une arme de corruption massive, tandis que le président de la république Mamadou Tandja, en avait 12 millions et en patriote convaincu, reversait dans le trésor public jusqu'aux dons en argent que ses pairs plus riches lui offrait. Le regret du devoir non accompli parce que usurpé par le premier ministre (il le disait clairement à qui veut bien l'entendre) était une des motivations de son projet du tazartié au cours duquel il voulait, entre autres, changer le type de régime (de semi-présidentiel et un régime présidentiel)par l'adoption d'une nouvelle constitution. Cet ex-célèbre premier ministre est actuellement le président de l'AN (son parti a soutenu l'actuel président) et est l'un des hommes les plus riches du Niger. Il est pratiquement la cause du triste rang du Niger de dernier du monde sur le plan de l'IDH.

Mais le Sénégal n'est pas le Niger et ce qui n'a pas marché au Niger peut bien marcher ailleurs, alors bonne chance à l'opposition sénégalaise pour la réussite de son projet.

Kamano
 
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