mercredi 18 mai 2011

Le FMI, la question Genre et le pouvoir

Chers amis,


La capture de Dominique Strauss-Khan, directeur général du Fonds Monétaire International, aux États-Unis par la police de la ville de New York, pour une question d'agression sexuelle, soit pour l'attaque à l'intégrité physique et psychologique d'une personne est au carrefour de toutes nos discussions des derniers mois.

D'abord la question des droits des femmes: sans présumé de la culpabilité du DG du FMI, nous pouvons dire de façon générale que quand une femme dit non, c'est non. Ce n'est pas «peut-être », ce n'est pas « elle ne sait pas ce qu'elle veut ». C'est non. Et décider d'aller au-delà du non est un crime. De la même façon que les avances et, à plus fortes raisons, le harcèlement, en milieu de travail constitue un abus de pouvoir. Consommer par la force une concession sexuelle peut aussi constituer un crime.

De ce côté de l'Atlantique, on ne lésine pas là-dessus.

L'une des premières exploitations des femmes est sexuelle. Le rapport de domination Homme-Femme s'exprime beaucoup en matière de reproduction.

Ensuite, nous avons parlé sur ce groupe des facteurs déterminant une politique publique et son acceptation. Cet accident de parcours – je l'appelle comme cela encore faute d'un jugement de la Cour de New York – vient changer la donne pour le gouvernement grec - pour nommer celui-là. Un élément extérieur permettra à des acteurs locaux, tenants d'une politique plus libérale de s'exprimer avec plus de force. Si la suite des choses est assumée au FMI par un professionnel moins lié au socialisme, les réformes grecques pourraient plus drastiques encore.

Ce choc extérieur a un effet sur ce pays européen similaire à la révolution tunisienne sur les populations marocaines en ce moment; un stimulant pour les tensions internes pré-existantes.

Ajoutons comme troisième élément que les nouvelles forces de la Gouvernance mondiale (pour reprendre l'expression favorite d'Abdoulaye Ali Diallo du Mali), comme le Brésil et l'Inde, s'activent pour détrôner la France de son monopole à la direction du FMI.

On ne doit pas exclure la manipulation. Pour démontrer à tous que je ne suis pas qu'un homme naïf (sic), l'origine de la victime et la mort suspecte d'un Guinée lié au pouvoir de son pays, en banlieue de Montréal, l'an dernier m'amènent à redoubler de prudence. Y aurait-il, par effets du hasard et des réseaux maffieux, un service secret guinéen qui se mettrait au service de certains puissants. Reste qu'après l'admission de relations sexuelles par le DG, nous sommes au moins en présence d'un manque de jugement grave de la part du plus haut cadre de cette institution internationale.

Réitérons que la dénonciation de la victime a bien plus de force que toute autre présomption.

J'aimais bien la couleur qu'avait pris le FMI avec ce DG. Dommage.

Bonne fin de semaine!

Michel

PS : Puis-je être moralisateur? Demandons-nous, messieurs, si nos comportements sont aussi progressistes que nos discours?
PS2: Je ne voudrais une avalanche de courriels en provenance de Conakry. Je ne présume rien sur la nature profonde des Guinéens. Bien sûr que non.

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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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