dimanche 15 mai 2011

Et si les élections ne se tenaient pas en 2012 ?


 
--- En date de : Dim 15.5.11, MJDPS <fasomalidanbe@yahoo.fr> a écrit :

De: MJDPS <fasomalidanbe@yahoo.fr>
Objet: Réaction de M. Mariko Bakary!
À: fasomalidanbe@yahoo.fr
Date: Dimanche 15 mai 2011, 1h57

Et si les élections ne se tenaient pas en 2012 ?
 
Bien annoncé pour 2012, les élections présidentielles du Mali suscitent beaucoup d'inquiétudes au sein de la classe politique et de la société civile depuis le mémorandum du Parena de mars dernier sur la question.
Après la déclaration du Président de la République lors du forum des municipalités du Mali mettant fin à la polémique sur la prolongation des mandats , qui disait pour la circonstance que les élections se tiendront à la date prévue, et que le 08 juin 2012 à midi il passera la main à son successeur.
 
Mais la question qui taraude notre esprit est de savoir comment?
 
Car l'ouverture du débat actuel sur la question nous montre que rien n'est plus sûr sur le calendrier et qu'à 10 mois des élections, on ne sait même pas quel genre de ficher sera utilisé. Du coup la classe politique est divisée sur la question.
Des partis comme l'URD, le MPR, le CARE etc... expriment leur préférence pour le ficher informatisé basé sur le RAVEC que le Président de la République avait appelé de son voeux en 2009 pour organiser des élections transparentes et crédibles, cela après la mise en cause de l'ancien ficher électoral accusé de tous les noms par une partie de la classe politique et par le Président du Conseil Constitutionnel de l'époque.
Mais face à l'impréparation et le retard pris par les autorités dans l'organisation des élections de 2012, le gouvernement semble raboter en touche depuis quelques jours et il est soutenu dans ce revirement à 180 degré par l'ADEMA, le parti majoritaire, en attendant que les autres se prononcent.
 
Alors que faire face à cette situation grave pour l'avenir de notre démocratie et la stabilité du pays?
 
Cette situation exige la recherche d'un large consensus politique et social au tour de la question, car à défaut de cela, elle ouvre la porte à toutes les aventures. Or, ces élections sont une occasion unique d'offrir une alternative démocratique transparente et crédible au peuple malien.
Le défi qui s'impose à notre pays aujourd'hui apparaît plus que jamais à double tranchant.
 
Faut-il reporter les élections pour mieux les organiser ou faire encore le choix de l'exception démocratique? 
 
Reporter les élections aura le mérite de les rendre plus crédibles et transparentes , cela réduirait les risques de contestations postesélectorales mais il n'est pas sans conséquences sur les Institutions. Car le 08 juin 2012 à midi s' il n' y a pas un nouveau président de la République cela créera un vide juridique que notre constitution du 25 février 1992, ne prévoit rien à ce effet, il y aura vacances du pouvoir car l'exécutif deviendra caduque et aucun mécanisme juridique n'est prévu pour gérer une telle situation.
 
Faire le choix de l'exception démocratique consisterait à organiser des élections comme à l'accoutumer dont le vainqueur est connu d'avance et se retrouvera à la tête soit avec un score stalien ou avec un taux de participation de 17% chose qui invaliderait les élections sous d'autres cieux. Mais comme c'est l'Afrique des observateurs étrangers viendront valider les résultats au motif que nous sommes en apprentissage démocratique, or notre démocratie aura plus de 20 ans en 2012.
 
Pour ma part à défaut d'un large consensus sur la question pour aller à des élections apaisées, je propose une transition démocratique dénommée COMITÉ DE REDRESSEMENT DE LA DÉMOCRATIE(CRD).
Cette transition devrait se faire sans ATT et les partis politiques. 
Comme au Niger, le CRD sera dirigé par l'Armée et la société civile pour une année, et aura pour feuille de route :
1. L' Organisation d'élections crédibles et transparentes sur la base du RAVEC;
2.  Le parachèvement des reformes actuelles;
3. La lutte contre la corruption.
 
Le CRD doit se faire sans ATTparcequ' il est le seul et l'unique responsable de la situation actuelle. Car malgré les cris de coeur et les différentes alertes émises à son égard, il est resté droit dans ses bottes de Général, souvent même exprimant son agacement, ses regrets et son indignation quant au fait que des gens ne lui faisaient pas confiance sur la question. Mais comme le temps est le meilleur juge, nous sommes tous mis aujourd'hui devant le fait accompli et pour cela il doit payer de son départ à la tête de l'Etat, pour son immobilisme à malin malin et démi , cette fois- ci la ruse et la manipulation ne passeront pas.
 
Il doit aussi se faire sans les partis politiques, car comme on le dit on ne peut pas être juge et partie. ils gagneront plus à animer le débat politique qui a fait défaut pendant ces 10 ans passés et à mobiliser leurs militants pour les échéances futures.
Aujourd'hui notre classe politique doit sortir de son empêtrèment dans un conservatisme dépassé et englué dans des modèles très éloignés des exigences et des aspirations du peuple en général et des nouvelles générations en particulier.
Elle doit faire sa mue sans arrogance avec une bonne dose  de démocratisation et de générosité en allant cette fois- ci à des élections transparentes et crédibles pour le bonheur de tous..
 
M. Mariko Bakary.
 
France.

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