jeudi 7 avril 2011

Un gouvernement pour le symbole et le calendrier!



Un nouveau gouvernement pour le symbole et le calendrier !

La nomination de Madame Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, comme premier ministre, la semaine écoulée, a été accueillie favorablement dans l'opinion publique malienne, elle a suscité chez les populations d'énormes espoirs de changement.

Mais au vu de la composition du gouvernement nous sommes en droit de nous demander si ce remaniement ministériel n'est pas fait plutôt pour le symbole, et par respect pour un calendrier ?

Pour ma part je pense que oui,  ATT dans sa quête effrénée de reconnaissance, et de gloire a nommé Madame la première ministre tout simplement pour le symbole car il veut  multiplier les symboles pour apparaitre comme le plus grand Président du Mali, sauf que ce ne sont pas les symboles seulement qui font les grands Hommes.

Ensuite, je pense que ce remaniement a été fait tout simplement pour respecter le calendrier de l'ex premier ministre, Monsieur Modibo Sidibé afin qu'il se prépare pour les échéances futures. Parce que malgré l'urgence de la situation et à contrario l'immobilisme qui régnait au sein de l'ancienne équipe gouvernementale, ATT a maintenu le statu quo.

Ce remaniement ou réajustement a un air de déjà vu c'est toujours les mêmes depuis vingt ans.

La seule surprise c'est l'entrée au gouvernement du PARENA et du RPM, surtout  celle du PARENA, ce parti politique républicain jouait de façon élégante et éloquente son rôle de contre pouvoir.

Le PARENA aurait dû rester dans l'opposition jusqu'à la fin de cette mandature surtout en cette période préélectorale qui s'avère être cruciale pour l'avenir de notre démocratie, et de notre pays.

Car avec la création du ministère des reformes de l'Etat, le président de la république a l'intention   de continuer des reformes aussi importantes comme la révision de la constitution, le code de la femme et de l'enfant en quelques mois de la fin de son mandat aux risques de les bâcler.

Quant  à la composition du gouvernement, François Mitterrand disait que la principale qualité d'un homme politique est « l'indifférence » et ATT en use à satiété car malgré l'urgence sur le plan social, économique, politique et sécuritaire, malgré la conjoncture internationale avec son corollaire de vent de liberté, et de demande de justice sociale surtout pour les jeunes, le président de la république est resté indifférent au message du changement.

Sinon comment comprendre que le ministre  de la sécurité  soit resté  à son poste après les nombreux  morts du stade omnisports Modibo Keita lors de la célébration du baptême du prophète Mohamed(PS)  et l'attentat manqué contre l'Ambassade de France au Mali par le terroriste Tunisien Bachir Simoun , normalement il devrait démissionné mais comme il ne l'a pas fait , alors il devrait être démis. Mais comme ATT a instauré le laxisme comme principal mode de gestion il ne fallait pas s'attendre à un miracle.

Le comble dans tout ça c'est l'entrée dans le gouvernement de Monsieur Sidiki Konaté comme ministre de la communication et des nouvelles technologies.

Cette nomination est le sacre de la médiocratie sur la méritocratie, la victoire de la courtisanerie sur la compétence, de l'abaissement sur la dignité, de la censure sur la liberté, du zèle sur la modestie. Mais  à quelque chose  malheur est bon les téléspectateurs de l'ORTM  pourront exprimer enfin un grand ouf de soulagement en disant bon débarras Monsieur le directeur.

Comme on pouvait s'y attendre ce remaniement est plutôt un réajustement de l'équipe sortante pour l'adapter aux besoins de la classe dirigeante et non à ceux du peuple.

 

La grande absente ici est la jeunesse, elle a été oubliée encore une fois par son ami ATT.

C'est pourquoi aujourd'hui la jeunesse doit plus que jamais se mobiliser et savoir où elle va,  quel va être son rôle, il n'y a pas de défi que la jeunesse ne soit pas capable de relever si on lui montre un chemin de justice et d'espoir, c'est ce chemin que nous devons tracer ensemble.

Nous devons être une jeunesse d'innovation, porteuse des espoirs de son temps, qui comprend les contraintes liées à la mondialisation et qui ne renoncerait pas à les repousser.

Nous voulons autant que d'autres que le Mali se fasse, qu'il conduise son destin de grande nation, mais nous disons non à un Mali vassal, non à un Mali qui démissionne aujourd'hui pour s'effacer demain.

Puisqu'il s'agit du Mali, de son indépendance, de son devenir et de l'avenir, puisqu'il s'agit de notre patrie, de sa cohésion et de sa volonté, nous ne transigerons pas.

Nous lutterons de toutes nos forces pour qu'après tant de sacrifices, tant d'épreuves et d'exemples, notre génération ne signe pas dans l'ignorance, le déclin de la démocratie et de sa stabilité.

 

M. Mariko Bakary

France.

 

 

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