samedi 2 avril 2011

MAMANE NE ME FAIT PLUS RIRE !

 

 

MAMANE NE ME FAIT PLUS RIRE !

 

Une chronique avait déclenché partout en Afrique un air de bonne humeur et de l'ambiance.  Il s'agit de celle de Mamane sur RFI à propos de la « République très très démocratique du Gondwana ». Basée sur une certaine vision de l'Afrique et de ses régimes démocratiques ¨sous haute surveillance¨, la chronique du Nigérien n'avait particulièrement séduit par son sens de l'auto-dérision sur cette République « située entre l'Europe le Cap de Bonne Espérance » c'est-à-dire l'Afrique. On y reconnaît facilement nos « apprentis-démocrates » et « dictateurs reconvertis » prompts à se confondre avec l'Etat. Il faut reconnaître que Mamane a le style particulier des chroniqueurs à la mode dans l'Hexagone dont les cibles favorites demeurent les hommes politiques : ils rivalisent qui par la mime, qui par la parodie et la provocation sur le traitement l'actualité politique. Ces contemporains des Guignols de l'info de Canal + ont le mérite de débrider l'atmosphère politique en France et d'avoir une vision décalée de la politique.

 

Mais ce qui passait pour une chronique politico-humoristique  a vite basculé dans le champ des clichés. Gondwana rime avec médiocrité, corruption, tyrannie. Tandis que son alter ego, Bengué, est le pays où tout va très bien. L'autodérision est une qualité si elle ne tombe pas dans l'auto-flagellation à outrance, histoire de faire rire surtout les ¨maître à penser¨, amuser la galérie. On a tous compris que Mamane , qui a fait ses armes chez Laurent Ruquier (On va se gêner sur France 2) rêve d'avoir l'audience des Nicolas Cantelou, Stéphane Dillon, Laurent Gerra, Florence Forresti et autres Dieudonné M'Bala M'Bala. Il rappelle malheureusement les stéréotypes qu'on a de l'Afrique et des africains en Europe: paresseux, tricheurs, hypocrites, etc. Gondwana, c'est le pays des ténèbres tandis que Bengué, c'est la lumière ! Il renforce davantage l'ignorance de nombreux européens qui perçoivent l'Afrique, non comme un continent de 53 Etats, mais comme un pays aux cultures et aux manières homogènes. Là réside son tort  car des chroniques se nourrissent invariablement de ses vieux clichés qui font certainement le bonheur des auditeurs occidentaux de RFI et de l'émission « Plus d'Afrique » (la télé de Gondwana sur Canal +).

 

L'humour doit occuper la place qui est la sienne dans le divertissement éducatif de tous. Il a permit la défaite de nombreux tabous et malentendus. Il a été le détonateur d'importants mouvements sociaux. Le rôle des humoristes comme Coluche, Le Luron, Habibou Dembélé¨Guimba¨, Michel Sangaré, Bakary Bamba, Adama Dahico etc. dans la décrispation de l'atmosphère politique en France, au Mali et en Cote d'Ivoire ne sont plus à démontrer. Toutefois quand l'humour se nourrit à la soupe des clichés, il devient  gênant et rébarbatif. Mamane renforce cette  tendance et il ne me fait plus rire. Il ne fait plus rire parce que je ne suis pas d'accord que tout soit forcement mauvais en Afrique et que celle-ci soit perçue comme une grosse république bananière. Il ne fait plus rire parce que je ne suis pas d'accord que tout soit forcement bon en Europe et que celle-ci soit perçue comme la référence en tout. Il ne fait plus rire parce que je ne suis plus d'accord avec lui et tous ceux qui persistent à défendre la thèse des « négrologistes ». Qu'il tente une blague sur Israël, il sera traité d'antisémite. Comme Dieudonné. Est-ce que Mamane remarque comme moi qu'on dit « humour noir, colère noire, idée noire, page noire, broyer du noir, série noire, etc. » pour n'évoquer que des choses tristes et lugubres ? Pourquoi ces sensations et actions ne sont-ils jamais blanches ?

 

Gamma Beta


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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