vendredi 22 avril 2011

Le Traitement du Savoir en Afrique Peut-il expliquer le sous developpement du Continent?

« En Afrique traditionnelle, le savoir est tenu secret et n'est pas transmis à grande échelle. En un mot, Il est jalousement gardé comme un secret ou privilège familial et il est utilisé pour intimider ou même faire du mal à son prochain ».

Si la connaissance africaine était rendue universelle, l'Afrique aurait probablement un niveau de développement assez avancé, sinon égal à celui des pays occidentaux et de la Chine dans le domaine de la médecine. Si l'Afrique détient une connaissance incontestée, c'est bien dans le domaine de la médecine traditionnelle, qui est restée hélas comme telle parce que secrète. Sinon, je pense que les fétiches, les gris-gris, les incantations, les connaissances dévinatoires (les cauris, la géomancie cosmique, etc.) qu'ils soient des féticheurs ou des marabouts, ne sont pas des sciences dont on peut vérifier l'exactitude à partir de preuves. Ces connaissances doivent être plus du leurre qu'autre chose. Et si elles peuvent avoir des pouvoirs de guérison et d'autres pouvoirs qui relèvent du miracle, cela doit venir du seul pouvoir du cerveau de la personne réceptrice (personnes malades, etc.) et non de celui de la personne qui est censée détenir ces pouvoirs (marabouts, féticheurs, etc.). N'ayons pas peur des mots au risque de rester dans le même secret que nos sages détenteurs de ces connaissances. Selon certains spécialistes de la psyché humaine, l'homme exploiterait son cerveau à 7% du maximum de sa capacité. Le reste des 93% restent inexploités et inconnus. La capacité de l'homme à se surpasser et qui relève du miracle à nos yeux viendrait de ce champ immense et inexploité du cerveau. Seuls les savants et autres personnes surdouées parmi lesquelles, celles que nous considérons comme des prophètes arriveraient à exploiter leur cerveau à 7%. Les personnes ordinaires utiliseraient 5% de la capacité totale de leurs matières grises.

Mais je pense que la nature généreuse et clémente de l'Afrique (sous-sol riche, bonne pluviométrie, sols fertiles, abondance des cours d'eaux, hivers doux, absence de calamités naturelles, de catastrophes géologiques et de phénomènes climatiques sévères telles que les sécheresses, les phénomènes de glaciation, les tremblements de terre, les volcans, etc.), au lieu d'être des facteurs pour le développement du continent, ont été au contraire l'une des causes de son sous-développement. C'est dans la nature humaine de ne pas fournir d'effort lorsqu'il n'est pas nécessaire pour sa survie. Sont venus s'ajouter à cette nature généreuse et clémente, les aides au développement. Elles ne nous aident pas comme leurs noms l'indiquent, au contraire. Nos arrières grands-parents et nos grands-parents ont développé la médecine traditionnelle pour le besoin vital de se soigner.

Je prends quelques exemples concrets sans vouloir verser dans la stigmatisation. Dans les pays tels que le Gabon, la Cote d'Ivoire, le Cameroun, la Centrafrique, la RDC, le Congo, etc. il suffit de planter le manioc dans le sol très fertile pour en extraire quelques mois plu tard ses racines (ou tubercules) sans autre forme d'entretien et les provisions alimentaires de toute l'année sont trouvées. Et même ces travaux sont faits par les femmes et les étrangers, les hommes rentrent dans les bars depuis le matin, le pagne enroulé autour du corps, pour en ressortir saouls tard la nuit ou au petit matin. Tous les éléments nécessaires pour faire la sauce, les fruits, le vin, etc. sont également gracieusement offerts par la nature. Quel développement peut-on réaliser dans ces conditions ? On pourra multiplier les exemples à l'infini. La découverte et l'exploitation du pétrole dans ces pays ainsi que d'autres ressources naturelles n'ont pas arrangé les choses dans le sens de l'effort, de la créativité et de l'innovation. Ce manque d'effort entraine la paresse intellectuelle. Autrement, il n'y a aucune logique rationnelle qui puisse expliquer pourquoi Oumar Bongo ou Houphouët Boigny finance certains chefs d'états occidentaux pour aller mourir dans les hôpitaux de ces mêmes pays sans être capable de construire des hôpitaux et former le personnel nécessaire dans son propre pays si ce n'est la paresse intellectuelle. Tandis que les peuples confrontés aux dures conditions naturelles doivent travailler dur pour se protéger et survivre dans ces conditions, autrement, ils ne survivraient pas d'un hiver à l'autre, d'un tremblement de terre au suivant, etc. Nous avons des sommités scientifiques internationales comme Check Modibo Diarra dont nous sommes fiers. L'africain a toujours prouvé qu'il peut facilement se mettre au niveau des savants occidentaux s'il veut bien fournir un minimum d'effort. Les exemples sont légions.

Le manque d'effort né de la générosité de la nature ou de son sous-sol et la paresse intellectuelle qui en résulte n'est pas l'apanage des seuls pays de l'Afrique noire. Les pays arabes producteurs de pétrole sont également des adeptes du non-effort, physique et intellectuel. La construction de buildings et l'utilisation des nouvelles technologies achetées avec l'argent du pétrole ne sont pas synonymes de développement, lorsque ces pays ne sont pas capables de concevoir et de fabriquer ces technologies ou construire ces buildings par eux-mêmes. Sans pétrole, des pays comme l'Arabie saoudite ou la Lybie retourneraient à l'âge de la pierre taillée. Comme Bongo et les rois et princes des pays arabes producteurs de pétrole, Kadhafi s'est contenté de distribuer les ressources du pétrole entre les tribus depuis plus de 40ans, sans investir dans les ressources humaines, dans le savoir. Avec tout son pétrole, la Lybie devrait être en mesure de fabriquer ses propres missiles, ses drones et avions de chasse qui lui manquent cruellement aujourd'hui pour retourner la donne militaire à son avantage face aux occidentaux. Chaque libyen au chômage recevrait un montant de 500 milles dollars pour entreprendre. La plupart des libyens dilapident ces sous dans la belle vie sans aucune réalisation ou investissement concret et se retrouvent au chômage. Au Niger, un de ces libyens me louait sa luxueuse villa achetée avec le reliquat de son argent pour aller dormir chez un ami.

Seul le travail réalisé avec un savoir faire amène le développement. Sans savoir, point de développement et ce quelque soit les richesses naturelles du pays.

Nous sommes tous d'accord qu'aucune société ne peut se développer sans savoir et paradoxalement nous ne prenons pas ce savoir au sérieux. Parce que notre paresse intellectuelle ne nous permet pas de nous projeter dans le long terme. Le savoir n'est pas notre nécessité du moment, nous avons encore à manger, à boire et ....à danser, sans craindre les dures catastrophes naturelles.

Kamano

 

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Savoir, c'est porter la responsabilité d'agir, et agir c'est s'engager dans la voie de la reforme de la société. L'engagement est une responsabilité sociale de l'intellectuel


--- En date de : Jeu 21.4.11, Dahamane Mahamane <dahamanemahamane@yahoo.fr> a écrit :

De: Dahamane Mahamane <dahamanemahamane@yahoo.fr>
Objet: [msas] Le Traitement du Savoir en Afrique Peut-il expliquer le sous developpement du Continent?
À: msas@maliwatch.org, peace-initiative@malilink.net
Date: Jeudi 21 avril 2011, 20h12

Bonjour,
Je me pose la question suivante: Est-ce que le fossé qui existe entre ll'occidentet l'Afrique en mmatière de développement ne s'explique pas par le traitement très diffèrent dont a bénéficié le savoir dans ces deux mondes.
Babou Niang (je ne sais pas si tout le monde le connaît) disait lors d'une conférence que la différence entre les africains et les occidentaux ne se trouve pas au niveau de l'intélligence mais dans la façon dont ils traitent (respectivement) le savoir. Il disait à cet effet qu'en Afrique traditionelle, le savoir est tenu secret et n'est pas transmis à grande échelle. En un mot, Il est jalousement gardé comme un secret ou privilège familial et il est utilisé pour intimider ou même faire du mal
à son prochain. En Occident, par contre, ceux qui possedent le savoir ont un instinct inné de le perpetuer et il est presque toujours utilisé pour le bien de la societé.
D'abord serions-nous d'accord qu'aucune société ne peut se developper sans savoir (quelle qu'en soit la nature)? Ensuite, que peut-on apprendre en comparant ces deux mondes sur les variables suivantes: la création ou la recherche du savoir, son amélioration, et sa perpetuation?
De nos jours, est-ce que l'education et la recherche sont vraiment prises au serieux chez nous (en Afrique en general et au Mali en particuier)? Je ne veux accuser personne, mais de façon générale est-ce que nos gouvernants, les enseignants (dont je fais partie) les apprenants, les parents d'élèves, la société de façon génerale, prennent vraiment le savoir éau serieux?

Merci pour votre opinion.

Dahamane 

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