jeudi 14 avril 2011

DÉVELOPPEMENT: AU SECOURS, LA CHINE AU SECOURS !

DÉVELOPPEMENT ;

 

AU SECOURS, LA CHINE AU SECOURS !

 

    Dans un article intitulé : « DEVELOPPEMENT, Attention à la Chine ! », publié dans les Echos hebdo N°965 du 13 avril 2007,   Mr. Soya DJIGUÉ, économiste de son état, se livre à une analyse européocentriste des relations sino-africaines. Le fonds de l'article se résume à cette idée principale : les relations économiques de la Chine avec le continent africain ignorent superbement les problèmes de démocratie, les chinois coopèrent avec les dirigeants antidémocratiques du continent pourvu que la Chine y trouve son intérêt économique.

 

      En d'autres termes, les relations de la Chine avec le Continent Africain foulent au pied l'éthique démocratique alors que les puissances occidentales (le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale) imposent des critères démocratiques (la bonne gouvernance pour utiliser ses propres termes). Or, comme nous le verrons plus loin, ces institutions financières, j'allais dire bancaires, comme toute banque, se fiche complètement de la démocratie, mieux ou pire, elles sont hostiles aux principes démocratiques.

 

    Mr Soya DJIGUÉ a été sans doute victime de la propagande occidentale qui voit d'un très mauvais œil la montée en puissance irrésistible et exponentielle du super géant chinois et son influence grandissante en Afrique tout comme d'ailleurs dans toutes les autres parties du monde (les deux Amériques, l'Europe, l'Asie et l'Océanie). Mais ce qui fait le plus mal, c'est son influence en Afrique, le Continent esclave, pourvoyeuse de main d'œuvre immigrée clandestine sous-payée, de matières premières bradées. Mais comment, maudite Chine, elle va sortir ce continent martyrisé, spolié et à la démocratie bananière de sa dépendance multiséculaire ! Cette Chine qui n'aura jamais le même niveau de développement que l'Occident veut offrir à l'Afrique le choix entre son offre inconditionnelle de coopération et l'offre conditionnelle des institutions de Breton Wood (limitation du recrutement à la fonction publique quelques que soient les conséquences ultérieures pour la gouvernance, privatisation de toutes entreprises publiques quelques soient les conséquences ultérieures pour l'économie nationale). D'ailleurs pour ces institutions, peu importe l'état économique de tel ou tel pays dominé. Ce qui importe le plus, c'est la possibilité offerte aux multinationales de pouvoir tirer des profits exorbitants dans ledit pays en toute quiétude.     

 

    De la part de Mr. Soya DIGUÉ, économiste de son état, on se serait attendu à voir citer des faits économiques montrant l'avantage que l'Afrique aurait à commercer avec d'autres parties du monde (l'Occident par exemple puisque c'est de lui qu'il s'agit) plutôt qu'avec la Chine. Mais rien de tout cela. Voyons les arguments que lui-même évoque.

 

   Ainsi selon lui, les conditionnalités des institutions de Breton Wood (lutte contre la corruption et de bonne gouvernance) sont de nature à protéger les peuples du Continent. Il ignore ou feint d'ignorer que ces institutions sont elles-mêmes au centre de la corruption, leurs responsables étant souvent corrompus (le cas de Paul WOLFOWITZ, actuel dirigeant de la Banque Mondiale n'est qu'un exemple parmi tant d'autres) et ils constituent avec nos responsables un cartel de gens corrompus.

 

   Ensuite la propagande occidentale est tellement forte et insidieuse, qu'elle réussit à nous faire croire que bonne gouvernance et démocratie sont des termes synonymes. Or cela est archifaux. Tout au plus, « bonne gouvernance » et démocratie peuvent-elles coïncider et s'équivaloir momentanément.

 

         La bonne gouvernance est l'ensemble des règles édictées par le Capital Financier International pour pouvoir prendre pied dans tout pays, à tout moment, et partir quand il le veut avec le moins de contraintes possibles conformément aux principes de la libre entreprise, principes supérieurs selon les tenants du libéralisme à la dignité et au bien être des peuples et des nations.

 

  Concrètement, cela signifie, que les maliens pourraient être dans la situation où la moitié de la population meurt de faim, de malnutrition, de sida, de tuberculose, de paludisme et d'autres maladies de la pauvreté et de la misère tandis qu'au même moment le FMI et la BM félicitent les dirigeants de l'heure pour leur bonne gouvernance et leur bonne gestion. Pour cela, il suffirait que les télécommunications, le chemin de fer Dakar-Niger, l'office du Niger, les mines d'or et la CMDT soient accaparés par les multinationales et que le Mali soit à jour dans le remboursement de sa dette dont le montant initial aura été multiplié par 3, voire 4 ou 5. L'on voit très bien que tout peuple jouissant pleinement de la démocratie ne peut que proscrire l'intervention de ces instituions sur son territoire national. Et le Président Chavez du Vénézuéla vient de montrer  la seule voie à suivre pour la disparition complète de ces institutions d'exploitation et de misère.

   Maintenant nous allons procéder à l'analyse cas par cas des trois exemples donnés par Mr Soya DJIGUÉ pour illustrer sa thèse.

 

1°)  L'Angola qui dit-il, a préféré se tourner vers la Chine pour un prêt de cinq (5) milliards de dollars, se soustrayant ainsi aux critères de la Banque Mondiale. Ainsi Mr Paul WOLFOWITZ, l'homme aux chaussettes  trouées qui accorde 40% d'augmentation de salaire à sa maîtresse au détriment de tous les pauvres de la planète, dit à l'Angola, je peux vous accorder cinq (5) milliards de dollars mais voilà mes conditions. Alors l'Angola se tourne vers  la Chine qui les lui accorde de manière inconditionnelle. Bravo Chine éternelle. Cher monsieur Soya DJIGUÉ, vous oubliez une chose !

 La Banque Mondiale ne peut accorder une telle somme  à un pays pour la bonne et simple raison qu'elle n'en a pas la capacité financière et son rôle du reste est celui d'une sorte de bureau d'étude chargée de conseiller les bailleurs de fonds occidentaux sur leurs investissements et de soumettre les pays pauvres et dominés à des critères uniformes sortis de laboratoires de charlatans. Elle n'est qu'un mécanisme d'exploitation des pays pauvres et dominés comme le dit si bien le Président des peuples Hugo Chavez. L'unicité du centre de décision du FMI et de la BM n'offre d'autres alternatives aux pays pauvres aux abois que la soumission servile et honteuse à une multitude de rapaces occidentaux sans foi ni loi qui s'enrichisse sans vergogne de manière exponentielle sur la sueur, les larmes et le sang des peuples du tiers monde.

 

  C'est ce monde de jungle, d'exploitation éhontée et de répression digne de l'inquisition que la Chine a commencé à briser qui inquiète ceux qui nous dominent depuis près d'un millénaire. Puisque c'est la Chine, grande puissance financière, première puissance financière mondiale, qui donne à l'Angola les cinq (5) milliards dont il a besoin, c'est que l'argent servira au gouvernement angolais à acheter des armes pour massacrer les opposants à son régime. Voilà la belle affaire. Mais cher monsieur, connaissez-vous au monde un seul gouvernement qui manque autant de moyens financiers pour équiper ses forces de répressions à tel enseigne qu'il soit obligé de recourir à des emprunts extérieurs? Vous semblez oublier cher monsieur que l'Angola est un pays riche, voire extrêmement riche car on imagine mal un pays ou même un groupe de pays accorder d'un coup un prêt d'un milliard de dollars à un pays pauvre comme le Mali pour ne prendre que cet exemple.

 

  L'Angola étant donc un pays riche, a tourné dignement et royalement le dos à l'institution de Mr. Paul WOLFOWITZ pour aller vers la Chine de la longue marche du grand timonier Mao Zedong. En un mot, elle a mis en pratique le principe sacro-saint des capitalistes libéraux, celui de la libre concurrence.

 

2°)  Le Soudan, cet autre « ami » de la Chine, aujourd'hui domaine de démonstration de la bonne conscience universelle de l'Occident est le deuxième exemple de Mr. Soya DJIGUE. Les Etats-Unis ont toujours soutenu le Soudan des colonels arabisants et islamistes qui avaient fait de leur pays la base arrière d'Ossama Ben LADEN. Il a suffi que Ben LADEN se retourne contre ses mentors américains pour que le Soudan devienne la bête immonde à abattre coûte que coûte. Nous autres africains, nous devons exiger du régime de Khartoum le respect des droits de l'homme mais nous devons aussi faire la part des choses et ne pas crier avec les loups occidentaux.

 

3°) Enfin le Zimbabwe,  libéré par les africains comme le dit la chanson de Bob Marley, est le deuxième exemple de bête noire qui hante la nuit de tous les tyrans d'Occidents.  En effet, tous les africains, états et  citoyens doivent faire block derrière Mugabe pour l'application intégrale des accords de Lancaster House qui ont défini la base de l'indépendance zimbabwéenne.  Ces accords prévoyaient entre autres l'expropriation des colonialistes racistes blancs alliés de l'Apartheid et leurs indemnisations par la Grande Bretagne. C'est l'application de cette partie des accords qui pose aujourd'hui problème, les britanniques ignorant superbement leurs engagements pendant que les nègres de service comme Morgan T. s'agitent au nom de la démocratie. Mais en fait, ils sont manipulés par les colonialistes blancs qui pensent que nous avons déjà oublié les affres de l'esclavage, du colonialisme et du néocolonialisme dont nous sommes en train de sortir péniblement.

 

 

Pour terminer, nous dirons deux choses :

 

A.   Des pays comme le Nigéria, le Gabon ou la République Démocratique du Congo, sont loin d'être des modèles de démocratie ou de bonne gouvernance. Et pourtant, l'aide de la BM et du FMI ne leur a jamais fait défaut et ne leur fera jamais défaut à moins qu'ils ne soient en cessation de paiement ou pire (ou mieux, c'est selon) que l'un ou l'autre  de ces pays aient un gouvernement démocratique soucieux de l'intérêt  supérieur et du bien être de son peuple  et qui décide d'envoyer paître ces institutions génocidaires.

 

B.   Mr Soya DJIGUÉ devrait savoir que le gouvernement des États-Unis a plus de pouvoir sur le Directeur Général de la BM qu'il n'en a sur le Directeur Général du Trésor américain.

 

Enfin de tout cela, nous tirons un enseignement majeur à savoir que le gouvernement angolais avait un choix entre les institutions de Breton Wood et la Chine. Nous lançons un appel au futur gouvernement malien qui sera issu des élections actuelles à promouvoir ses relations avec la Chine afin d'éviter la privatisation de la CMDT qui est synonyme de liquidation du secteur coton dans notre pays. Il n'appartient pas à la Chine pas plus qu'à n'importe qui d'imposer la démocratie sur le Continent Noir que les institutions de Breton Wood et leurs mentors occidentaux continuent à exploiter et à martyriser grâce à l'absence de système démocratique. La seule chose que l'on demande aux uns et aux autres, c'est de laisser les peuples du Continent se donner les régimes de leur choix, c'est de cesser d'interférer sur les choix démocratiques des peuples du Continent Noir.

 

 

 

Pérignama SYLLA, architecte DEIAU


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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