jeudi 21 avril 2011

Des décrets pour crédibiliser le prix Kéba Mbaye !


Des décrets pour crédibiliser le prix Kéba Mbaye !

Depuis le changement du gouvernement Modibo Sidibé, nous assistons chaque semaine à des mesures spectaculaires de la part de notre exécutif, qui au lieu d'être des mesures efficaces contre la corruption s'apparentent à un règlement de compte entre le président et son ex- premier ministre.

Les décrets pris par le nouveau gouvernement pour relever les directeurs administratifs et financiers des différents ministères ainsi que certains directeurs nationaux, nous révèlent le caractère populiste et opportuniste de ces mesures.

A mon sens toute sanction collective est injuste, au lieu de punir les vrais coupables le président se contente encore une fois de brouiller les pistes. Comme à son habitude, il dénonce de façon véhémente la corruption et sacrifie quelques amis au passage pour rendre son prix Kéba Mbaye pour l'éthique plus crédible.

Cette fondation en reconnaissant et récompensant « les valeurs humaines, de solidarité et de paix » d'ATT à pêcher par simplisme et s'est atrophiée. Sinon pourquoi la fondation Momo Ibrahim n'a pas eu de lauréat en 2010 ?

Kéba Mbaye était un Homme intègre, solidaire, de paix, un vrai humaniste. Mais quant en t-il du récipiendaire de son prix ?  

Amadou Toumani Touré, est un vrai disciple de Marcus Garvey qui disait que : « la vie c'est de l'opportunité, il faut savoir la saisir au bon moment ».

ATT est un opportuniste, un manipulateur né, il est sans état d'âme, tout ce que cet homme fit le fit au nom de l'intérêt catégorique du moment par fidélité à son agenda personnel et non en homme de devoir.

Comme on le dit : « nul n'est prophète chez soi » mais à mon avis ce prix révèle le grand malaise qui existe dans nos sociétés africaines, j'ai l'impression que nos sociétés sont atteintes de schizophrénie, cette psychose caractérisée par une grave division de la personnalité chez un patient, une inadaptation au réel …

Cette pathologie, transposée à l'échelle de nos sociétés pourrait expliquer le choix d'ATT pour le prix Kéba Mbaye, car il existe une double réalités sociales, économiques, politiques, de conditions humaines et d'éthiques partout en Afrique.

Les sénégalais obsédés par la nouvelle candidature de leur président en 2012, ont pris ATT en sympathie du fait qu'il doit partir en 2012, or cela n'est pas un fait majeur au Mali car notre constitution l'exige ainsi que la conjoncture internationale actuelle.

Sinon où est l'éthique ?

En effet, après neuf ans à la tête du Mali, l'observateur le moins averti se rend compte d'une évidence implacable : jamais présidence n'a suscité autant de questionnements sur le fonctionnement d'un État réduit à sa plus simple expression : corruption généralisée (388 ,09 milliards de FCFA en 7 ans), laxisme institutionnalisé, impunité totale, défaillances répétitives, etc. L'État n'arrive même plus à garantir aux citoyens une sécurité moyenne et une justice équitable et crédible.

La corruption a aujourd'hui atteint dans notre pays un niveau jamais égalé. Encouragé par l'impunité totale garantie par le chef de l'État en personne, ce fléau est entrain, lentement mais surement de compromettre le devenir du Mali.

Fidèle à son principe de sanction zéro, après avoir mis en place en grande pompe l'institution du Vérificateur Général(VGAL) (institution budgétivore censée lutter contre la corruption), le chef de l'État s'est simplement contenté de classer sans suite les rapports remis par celle –ci et qui pourtant incriminent les voleurs de la République .Cette attitude inacceptable d'un chef d'État constitue purement et simplement une insulte au peuple malien. Aussi cette mentalité selon laquelle le chef de l'État s'interdit d'humilier les dignes chefs de famille n'est ni plus ni moins qu'un aveu d'impuissance et d'incapacité à lutter contre un phénomène qui mène inévitablement notre pays à sa perte. Avec un tel message le Président se disqualifiait pour porter une politique anti-corruption, en fait il a mis tout simplement des œillères irresponsables et coupables.

Aujourd'hui il prend des décrets spectaculaires encore une fois pour fuir ses responsabilités tout le monde sait que ce n'est pas les décrets qui luttent contre la corruption mais la justice la vraie.

Le dessein de ces mesures populistes n'est pas de lutter contre la corruption mais de se faire une bonne presse et d'avoir bonne conscience pour crédibiliser son prix « d'éthique ».                                                                                          

                                      

 Mr. Mariko Bakary.

France.

 

 

 

 

 

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