samedi 2 avril 2011

CÔTE D’IVOIRE DÉCLARATION DU PORTE-PAROLE DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET EUROPÉENNES



XII.-

CÔTE D'IVOIRE
DÉCLARATION DU PORTE-PAROLE
DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
ET EUROPÉENNES

 

(Paris, 30 mars 2011)

Depuis plusieurs jours, les forces de Laurent Gbagbo s'en prennent aux diplomates étrangers à Abidjan. Cet après-midi, ses forces spéciales ont tiré en rafale sur une voiture d'escorte de l'ambassadeur de France.

Ces agissements, venant après d'autres voies de fait contre d'autres ambassadeurs, sont inadmissibles. Ils traduisent une fois de plus le fait que Laurent Gbagbo ne respecte plus rien, qu'il poursuit sa politique de violence aveugle et qu'il n'hésite pas à attenter aux vies humaines, ivoiriennes ou étrangères.

Nous condamnons ces actes avec la plus grande fermeté. Nous en tiendrons Laurent Gbagbo comptable.

Le Conseil de sécurité débat en ce moment même d'un projet de résolution visant à mieux protéger les populations civiles de cette violence aveugle et à accentuer la pression pour le départ de Laurent Gbagbo./.


 

XIII.-

CÔTE D'IVOIRE
ADOPTION DE LA RÉSOLUTION 1975
DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES
DÉCLARATION DU PORTE-PAROLE
DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
ET EUROPÉENNES

 

(Paris, 31 mars 2011)

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté hier à l'unanimité la résolution 1975 sur la situation en Côte d'Ivoire, qui exige clairement que la volonté du peuple ivoirien soit respectée et qui soumet Laurent Gbagbo et ses proches à des sanctions. Cette résolution a été adoptée face à la gravité de la crise qui frappe la Côte d'Ivoire.

La France et le Nigéria ont été ensemble à l'initiative de cette résolution qu'ils ont portée au Conseil de sécurité. Dans les circonstances présentes, ce texte répond à une nécessité.

Le Conseil de sécurité exige clairement que la volonté du peuple ivoirien soit respectée et appelle instamment Laurent Gbagbo à reconnaître pleinement Alassane Ouattara comme président légitimement élu de Côte d'Ivoire. Son élection a d'ailleurs été reconnue par l'ensemble de la communauté internationale à commencer par les pays africains au travers des positions constamment exprimées par la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest et par l'Union africaine.

Pour la première fois, le Conseil de sécurité sanctionne directement des personnalités ivoiriennes et condamne l'usage d'armes lourdes contre des civils. Le Conseil demande à l'ONUCI, la force des Nations unies en Côte d'Ivoire, de mettre tout en œuvre pour empêcher que ces armes soient tournées contre la population c'est-à-dire, pour être clair, à les saisir.

Le Conseil de sécurité souligne également que les violences commises par les forces de Laurent Gbagbo sont susceptibles de constituer des crimes contre l'humanité, qui relèvent de la compétence de la Cour pénale internationale.

Par cette résolution, les membres du Conseil de sécurité apportent leur plein soutien à la paix et à la démocratie en Côte d'Ivoire. Ils adressent également un message très clair à Laurent Gbagbo : il doit respecter la volonté du peuple ivoirien.

Laurent Gbagbo et ses proches doivent entendre ce message et arrêter de faire couler le sang de leurs compatriotes./.


 

XIV.-

CÔTE D'IVOIRE
AIDE HUMANITAIRE D'URGENCE
DÉCLARATION DU PORTE-PAROLE
DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
ET EUROPÉENNES

 

(Paris, 31 mars 2011)

Afin de répondre aux besoins de la population ivoirienne et face à l'accroissement du nombre de déplacés intérieurs et de réfugiés, la France a décidé d'apporter une aide humanitaire d'urgence.

- Un million d'euros sera alloué au Programme alimentaire mondial (PAM) dans le cadre d'un programme d'assistance d'urgence aux populations déplacées en Côte d'Ivoire et aux familles d'accueil dans les régions ouest, centre, nord et Abidjan.

- 500 000 euros seront alloués aux activités du PAM au Libéria. L'opération portera sur l'assistance d'urgence aux réfugiés ivoiriens et de la population hôte au Centre-Nord et Sud-Est du pays.

- Le ministère des Affaires étrangères et européennes a également affecté, au titre de ses contributions au Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR), une aide de 400 000 euros au bénéfice des réfugiés ivoiriens fuyant le conflit dans le cadre du Plan révisé d'action humanitaire d'urgence des Nations unies pour le Libéria.

- Enfin, 300 000 euros seront alloués au Comité international de la Croix-Rouge pour l'assistance qu'il apporte aux populations civiles affectées par la crise en Côte d'Ivoire, ainsi que 200 000 euros à l'organisation non gouvernementale Action contre la faim et 130 000 euros à l'ONG Caritas - Secours catholique.

Cette contribution française s'élève donc à 2,5 millions d'euros. Des subventions supplémentaires à d'autres ONG pourraient  intervenir rapidement, en fonction de l'évolution de la situation.

La France souligne la nécessité de garantir pour les acteurs humanitaires de travailler en toute sécurité et d'avoir accès aux populations vulnérables et en particulier aux réfugiés et aux déplacés intérieurs.

Je vous rappelle que l'Union européenne a décidé le 17 mars de quintupler son aide humanitaire, portant ainsi son soutien à un total de 30 millions d'euros./.


 

XV.-

CÔTE D'IVOIRE
REMARQUES A LA PRESSE
DU REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA FRANCE
AUPRÈS DES NATIONS UNIES,
GÉRARD ARAUD

 

(New York, 30 mars 2011)

Nous venons d'adopter la résolution 1975, c'est une résolution qui a été adoptée à l'unanimité et c'est une résolution qui a été votée très rapidement puisqu'elle a été mise sur la table du Conseil vendredi et qu'elle a été votée aujourd'hui.

L'unanimité, l'urgence, tout simplement parce que la situation sur le terrain l'exige.

Comme vous le savez, les affrontements s'étendent et le risque est que demain la guerre se déroule dans les rues mêmes d'Abidjan avec tout ce que l'on peut craindre en termes de pertes civiles.

Donc le Conseil voulait lancer un dernier message politique pour demander à M. Gbagbo de partir, de laisser le pouvoir à M. Ouattara, mais également pour permettre la création du gouvernement d'Union nationale, c'est-à-dire un gouvernement qui inclurait aussi des partisans de M. Gbagbo comme l'Union africaine l'a demandé.

Dans cette résolution, vous trouverez également une référence à la Cour pénale internationale et au fait que les atrocités qui sont commises peuvent constituer un crime contre l'humanité.

Enfin, la résolution comporte une liste de cinq personnes soumises à sanctions. Ce sont Laurent Gbagbo et ses conseillers les plus proches. C'est un message politique. Nous disons à Laurent Gbagbo que, au-delà de la crise politique, il y aura un après et que la justice internationale n'oubliera pas ce qui a été fait et ce qui est fait dans les rues d'Abidjan.

Aujourd'hui, d'après le représentant de Côte d'Ivoire, nous en sommes à 860 morts. C'est 860 de trop. Nous aimerions que ces atrocités s'arrêtent et nous aimerions que la Côte d'Ivoire redevienne le pays prospère, démocratique, qu'elle a été.

Merci.

Q - Quelles sont les sanctions que vous allez prendre contre Laurent Gbagbo et son entourage et par quel moyen les forces de l'ONU vont empêcher l'utilisation des armes lourdes ? Est-ce que cette interdiction s'applique aussi aux forces de M. Ouattara ?

R - La première question, ce sont des sanctions financières et des sanctions d'interdiction de voyage. Donc, ils ne peuvent plus quitter la Côte d'Ivoire sauf dans des cas très spécifiques d'exemptions si, par exemple, ils veulent se rendre à Addis Abeba pour négocier la fin de la crise, ils pourront. Mais sinon ils ne peuvent plus et leurs biens sont saisis en dehors de la Côte d'Ivoire.

En ce qui concerne les armes lourdes, l'ONUCI a déjà commencé. L'ONUCI a déjà tiré sur un groupe qui utilisait un mortier contre des populations civiles. L'ONUCI peut déjà empêcher l'utilisation de toutes sortes d'armes. Nous ne changeons pas vraiment le mandat de l'ONUCI. Nous lui demandons simplement d'apporter une attention particulière à cette utilisation des armes lourdes dans l'exercice de son mandat.

Q - Est-ce que cela s'applique aussi à M. Ouattara ?

R - L'utilisation de toutes les armes lourdes à Abidjan évidemment, y compris celles de M. Ouattara. Mais pour le moment ce n'est pas la question.

Q - Il semble qu'une critique majeure est formulée par l'Inde et le Brésil, celle selon laquelle l'ONUCI devrait être impartiale. Il y a des rapports de l'ONU faisant état de tirs sur ses hélicoptères et  provenant des forces armées de Ouattara et de ses commandos invisibles. Appelez-vous à de la retenue de ce côté ?

R - Bien sûr. Nous appelons à cesser toute violence contre l'ONUCI, toute violence contre les populations civiles. Je pense que les préoccupations des indiens et des brésiliens sont légitimes. Vous avez une guerre civile, une augmentation de la violence, la perspective de possibles combats dans Abidjan. Les Indiens, en particulier parce qu'ils sont un contributeur majeur en troupes, et les Brésiliens ne veulent pas voir l'ONUCI prendre part à ces combats, à cette guerre civile. Et une nouvelle fois, pour ce qui est des violences contre les civils, nous adressons le même message aux deux parties.

Q - Pensez-vous que les forces de Ouattara devraient cesser leur progression sur le terrain ou est-ce que d'une certaine manière vous les encouragez ?

R - Je pense que le président Ouattara est le président de la Côte d'Ivoire et que les forces légitimes du président légitime sont sous son autorité.

Je vous remercie./.



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