dimanche 27 mars 2011

Une sociologie de l’acte social du 26 mars 1991

Une sociologie de l'acte social du 26 mars 1991

 

Il est heureux que le journal « Info-Matin » ai pris l'initiative d'appeler à une évocation des souvenirs et des analyses à l'occasion du vingtième anniversaire des événements du 26 mars 1991. J'ai eu le privilège de voir la tension qui a culminé dans les événements de la journée du 26 mars 1991. J'avais réussi à me faire une idée très précise des enjeux, durant les longs mois précédents, en rencontrant certains des acteurs principaux. J'ai rencontré le General Sékou Ly à plusieurs reprises, en France et au Mali y compris, une fois, en présence de son épouse et de Madame la Présidente. J'ai rencontré le General Abdoulaye Danfaga à l'Etat Major en présence de Me Mamadou Gakou. J'ai rencontré des personnes engagées dans l'action politique clandestine dont il fallait prendre soin des familles et pour cela je venais de Paris à Bamako tous les 15 jours environ. J'ai offert des bourses d'études à certaines personnes qui encouraient un grand risque personnel et physique. J'ai rencontré des chefs d'Etat de la sous-région. J'ai rencontré Alpha Oumar Konaré à Cotonou. J'ai rencontré des nostalgiques de « l'Organisation des Etats Sahariens », survivants de l'Algérie française et rêvant de libérer le Sahara et les sahariens.  Je ne ferai pas d'évocation. Je ne revendique nul titre de vétéran de la « révolution de mars 1991 ». Chaque fois que j'ai agi, je l'ai fait en accord avec mes convictions philosophiques, morales et politiques de patriote républicain. Dans ce présent texte, mon ambition est d'essayer de comprendre la sociologie qui s'est construite autour du « 26 mars » et en particulier, je vais chercher à comprendre ce qui fait que tout au long de ces vingt ans le peuple malien semble avoir divorcé d'avec ses élites.   

Mes références seront essentiellement les travaux du créateur de la sociologie compréhensive, Max Weber et ceux de Vilfredo Pareto, l'un des pères de la « théorie des choix » en sociologie et en économie.

 

Mise en garde

Le présent texte doit être lu comme dans les limites de son ambition. Il ne serait pas juste de déduire de ce texte que toute l'élite malienne est corrompue. Il serait également erroné de conclure de ce texte que seules des actes de corruption sont issues des événements du « 26 mars ».

 

Le 26 mars a-t-il été une révolution ?

La révolution, dans le contexte du présent papier est un mouvement social qui vise à défaire un régime politique en place et l'instauration d'un ordre nouveau avec des institutions nouvelles. Le mois de mars 1991 a vu culminer une lutte et même des luttes sociales dont les origines peuvent remonter jusqu'au coup d'Etat de 1968. Le 27 mars 1991 le chef de l'Etat n'était plus le même. Cependant, en dehors de la personne du chef de l'Etat, une photo des dignitaires du Mali prise le 24 mars 1991 ressemble fort à celle prise le 27 mars 1991. Donc du point de vue du personnel politique et de la haute administration, le 26 mars n'a sans doute pas été une révolution. En réalité le « 26 mars » ressemble fort aux multiples révolutions latino-américaines des deux derniers siècles.  Il s'agit de situations tragiques dans lesquelles les populations locales écrasées par la pauvreté, l'inégalité sociale, le manque de liberté politique se révoltent. Les élites du continent sud-américain sont toujours parvenues à détourner ces mouvements sociaux à leur profit. Ces captations sont explicables par la théorie de Max Weber exposée en particulier dans son ouvrage « Economie et Société ». Max Weber soutient que pour comprendre ce qui se produit dans ces révolutions avortées nous devons analyser le comportement des élites, bénéficiaires finaux de ces mouvements sociaux, à l'aune de la rationalité économique. Ceci veut dire qu'en réalité lorsque les élites poussent les populations pauvres à offrir leurs corps en chair à canon aux pouvoirs répressifs qui gouvernaient leurs vies, très rapidement, les élites prennent la direction des événements, abandonnent les objectifs des luttes populaires pour rechercher des intérêts économiques et financiers personnels.

 

Quelle est la stratégie sournoise des élites corrompues?

Nous allons nous référer ici à des travaux académiques accomplis par Max Weber à la fin du 19eme siècle et au début du 20eme siècle. Notre référence première sera son ouvrage « Economie et Société ». Ses travaux découlent de l'observation des sociétés européennes au début de l'économie industrielle où la règle d'or était de s'enrichir par tous les moyens et rapidement comme c'est largement le cas aujourd'hui en Afrique, au Mali en particulier. Selon Max Weber, des élites moralement, mentalement, intellectuellement corrompues, pour satisfaire la soif de s'enrichir, capturent à leurs profits, les mouvements populaires en agissant via deux techniques qui sont : (1) la manipulation mentale, et, (2) la domination.

 

La manipulation mentale

La manipulation mentale consiste à utiliser des arguments élaborés présentés dans des formules simples, à la manière des spécialistes de la communication commerciale, pour convaincre les populations combattantes de retourner à la maison en prêtant, à ces élites, leur confiance. Les travailleurs veulent des salaires élevés ? On leur promettra des augmentations inouïes. Les chômeurs veulent des emplois ? On leur promettra des emplois en grand nombre et bien payés. Le peuple souffre de maladies graves ? On lui promettra de la bonne santé. Pour réussir la manipulation, les élites fabriquent des raccourcis de langage appelés slogans du genre, pour prendre un exemple au Mali, « kokadje ». Les élites corrompues avancent devant le peuple, la main sur le cœur se décrivant comme « d'authentiques révolutionnaires », des « démocrates sincères », des « patriotes convaincus ».  D'après Max Weber, elles ont déjà dans la tête une intention bien fixe et déterminée. Ce que cherchent ces élites, en réalité, selon Max Weber, c'est de mettre à l'œuvre la stratégie hédoniste de la recherche de l'intérêt personnel. C'est un comportement rationnel. C'est même selon Max Weber, un comportement cohérent qui se comprend à la lumière de la sociologie entendue comme la science de l'action sociale, c'est-a-dire une tentative de comprendre le comportement de « l'être de conscience » qui agit par rapport à « sa compréhension du monde » et des intentions  qu'il porte en lui.

C'est finalement Max Weber qui nous permet de comprendre la vie politique de Houphouët-Boigny, de Mobutu et de nombreux « révolutionnaires » maliens. Ils ont déclaré aux peuples de leurs pays qu'ils défendaient leurs intérêts et les conduiraient à atteindre les objectifs fixés par ces peuples. Mais en réalité ils n'ont poursuivi que des intérêts personnels. Le peuple du Zaïre malgré les énormes richesses de son sous-sol est resté misérable tandis que Mobutu et sa famille déposaient sur des comptes dans des banques étrangères jusqu'à 4milliards US Dollars. De même au Mali, on peut aisément constater que les populations sont demeurées très éloignées des objectifs de la révolution de 1991 qui étaient simplement l'amélioration de leurs conditions de vie. Certaines personnes ayant profité du 26 mars 1991, des individus d'alors désespérément sans ressources et sans espoirs sont devenus effrontément riches sans jamais avoir produit un gramme de richesse. En réalité c'est cela qui a toujours été, selon la théorie de Max Weber, leurs intentions exclusives et cela dès le début. Tout le reste est de la manipulation mentale, selon Max Weber.

 

La domination des masses par les élites corrompues

Selon Max Weber, les élites corrompues lorsqu'elles parviennent, grâce à la manipulation mentale, à cacher leurs intentions réelles qui sont de s'approprier les mouvements populaires pour devenir riches en francs, en immeubles, en terrains, en bijoux, etc…cherchent à asseoir durablement leur aisance acquise en développant une stratégie de domination. Cette stratégie de domination, selon Max Weber, se subdivise en trois types de domination qui sont : (1) la domination traditionnelle, (2) la domination charismatique, (3) la domination rationnelle-légale.

 

La domination traditionnelle des élites au Mali après le 26 mars 

Selon Max Weber, la domination traditionnelle consiste à utiliser les croyances et les pratiques coutumières, les croyances de la communauté en la légitimité du patrimoine vu comme un don divin afin de pérenniser les biens et les privilèges mal acquis. Ainsi les nouveaux riches maliens ont souvent largement distribués des biens autour d'eux en faisant dire qu'ils étaient des « enfants bénis » ou qu'ils avaient été « récompensés par Dieu ». Dans le même temps ils empêchent que des emplois se créent, que d'autres prospèrent. Alors ils apparaissent comme les bienfaiteurs providentiels pour leurs parents, leurs proches et tous les autres qui finissent par croire que cette situation a été créée par « la volonté divine ». Les autres enfants de la famille, du quartier empêchés sciemment de s'accomplir sont présentés comme « des enfants maudits » ou « danga-denw ». Au Mali nous accusons les populations d'être complices de cette situation en acceptant passivement les biens mal acquis en considérant les corrompus comme des enfants prodiges. En réalité nos populations sont victimes, selon Max Weber de la manipulation mentale des élites corrompues. Il est donc, selon Max Weber, injuste de faire porter par les populations la responsabilité de ce méfait social. Les coupables sont les élites corrompues et enrichies au détriment de l'ensemble de la société et qu'il faut châtier par la loi.

 

La domination charismatique des élites au Mali après le 26 mars 

Selon Max Weber, les élites dominent les masses en créant les conditions d'une domination charismatique. C'est ainsi qu'au Mali l'attitude des élites corrompues consiste aussi à « sacraliser » les chefs de partis, à les présenter comme des personnes irremplaçables. Dans ce domaine également on peut citer, selon Max Weber, la propension des nouveaux riches de dire à tout vent que tels biens (souvent immobiliers) que ces élites possèdent leur ont été donnés en héritage. Bien entendu, c'est faux, mais ils utilisent le fait que l'heritage est une chose respectée au sein des populations sans éducation. Houphouët-Boigny a toujours dit qu'il tenait sa grande richesse matérielle des terres que sa famille lui avait léguées. Baliverne. Maintenant on sait qu'il avait pris l'habitude, depuis l'époque coloniale, de prélever un pourcentage sur les exportations de café et de cacao de ce pays. Je n'ai pas d'exemple, mais je suis certain que certains cadres maliens propriétaires fonciers illégitimes peuvent raconter qu'ils ont, eux aussi, hérité ces biens d'un héritage afin de les rendre inattaquable devant les populations qui considèrent l'héritage comme sacré.

 

La domination rationnelle-légale des élites au Mali après le 26 mars 

Selon Max Weber, l'effort des élites de faire imposer des lois (écrites ou non ecrites) agissant en faveur des corrompus participe à la stratégie de domination des élites. Par exemple, faire en sorte que les malfaiteurs marchent impunis dans la rue en toute jouissance des biens mal acquis, en toute impunité, est une manifestation de la volonté des élites corrompues d'utiliser, selon Max Weber, « la fonction de détenteur du pouvoir » pour protéger les biens mal acquis par les élites ayant détourné la révolution populaire à leurs bénéfices.

Nous voyons que la situation que nous vivons au Mali n'est pas spécifique. Elle reproduit ce qui a déjà été vécu ailleurs et que des penseurs authentiques et respectés ont analysé. Il nous appartient d'apprendre les leçons de l'histoire. Ces leçons sont là devant nos yeux écrits dans le grand livre du patrimoine commun de l'humanité.

 

L'efficacité et l'efficience selon Pareto

Vilfredo Pareto a établi que les élites corrompues peuvent être efficaces au sens où elles peuvent atteindre des objectifs économiques. Mais ces élites ne sont jamais efficientes au sens d'être capables d'atteindre des objectifs fixés en termes de qualité, de rapidité, de coûts, de rentabilité en optimisant les ressources utilisées. Ce défaut est volontaire et conscient, selon Pareto. La différence entre les coûts générés est un bénéfice pour ces élites qui, ainsi, maintiennent les populations dans un état constant d'extrême pauvreté et dans une grande précarité alimentaire car un pauvre affamé ne s'occupe que de son estomac et jamais de son futur. Le futur de la nation encore moins.

Pareto dans son ouvrage « Traité de Sociologie Générale » publié en 1916 établi que ces élites qui s'emparent d'une révolution pour s'en servir, maintiennent les populations dans un état de misère intellectuelle en laissant l'éducation se dégrader afin, dit Pareto, «d'empêcher la masse de s'élever au niveau des élites corrompues et d'être en mesure de les combattre et de les remplacer ».

Pareto constate et nous averti que dans les élites corrompues « l'accroissement du savoir ne signifie pas un accroissement des vertus ».  Il prévient cependant ces élites, en leur disant que c'est lorsqu'elles se soucient le moins de l'éveil des masses manipulées et exploitées « qu'elles mêmes vont être écrasées par la roue de l'histoire».

Pareto dans le même temps et dans le même ouvrage, nous prévient en disant qu'il est illusoire de croire qu'un jour les intérêts particuliers de ces élites corrompues peuvent se réconcilier avec les intérêts des populations spoliées. Pareto, en cela il semble rejoindre Karl Marx, dit que les intérêts des populations spoliees ne seront recouvrés que dans le cadre d'une lutte politique sans concession entre les forces corrompues qui ne se laisseront pas facilement défaire de leurs privilèges mal acquis et les forces de progrès. Chaque intellectuel malien à le pouvoir de faire le choix soit de figurer au nombre des élites corrompues moteur de la régression sociale, soit d'être du coté des forces de progrès.

 

La situation économique et sociale après le 26 mars

D'après Max Weber, même inconsciemment ce sont les principes de la rationalité économique qui pousse les populations appauvris dans une société inégalitaire à la révolte et cela avec l'espoir d'améliorer leurs conditions de vie. Manifestement certains maliens ayant tiré avantage du 26 mars qu'ils ont regardé de loin ont vu leurs conditions sociales et économiques s'améliorer. Mais dans le même temps l'inégalité sociale a atteint des proportions jamais égalées dans un pays libre. En mettant côte à côte, le rapport du 26 juillet 2010 de la CIA, d'une part, et des rapports de la Banque Mondiale sur la pauvreté et l'inégalité sociale de l'autre, on conclu que le Mali a atteint un seuil où moins de 1% de la population soit moins de 120.000 personnes détiennent 80% de la richesse nationale totalisant une valeur cumulée de 800milliards CFA.  La grande majorité de ces 120.000 nouveaux « possédants » possédaient un patrimoine égal a zéro il y a 20 ans et même, pour certains, il y a 10 ans. Ces richesses ont été accumulées sans que ces personnes ne produisent aucun bien. Du reste selon les chiffres des services chargés de la Planification, 93% des rares entreprises maliennes sont techniquement en situation de faillite. Dans le même temps, le manque de patriotisme de ces « nouveaux riches » qui n'investissent pas dans les appareils productifs fait que l'Etat vit avec un budget reposant sur l'aide extérieure à environ 50%. L'école est incapable, en ce moment de produire le moindre cadre apte à correspondre aux exigences du marché de l'emploi du 21eme siècle. La dette publique malienne n'est pas inferieure à 120%PIB (la norme est de 60%PIB) et le déficit du budget n'est pas inferieur à 20%PIB (la norme est de 3%PIB). Ces facteurs font partie des raisons qui ont poussé les agences internationales de notation soit abaisser la note du Mali soit à arrêter même d'évaluer le Mali. La pauvreté et la misère ont, dans de nombreux endroits y compris les villages les plus reculés, contrairement à nos traditions, affaibli les règles de la solidarité traditionnelle faisant de la méchanceté, de la malhonnêteté, et de l'égoïsme des comportements parmi les plus communs aujourd'hui au Mali.

Je laisse le soin à d'autres de dresser une liste d'avantages économiques et sociales de l'après 26 mars. Il en existe probablement. Cependant, la Banque Mondiale par la voix de sa Vice-présidente la nigériane Mme Obiageli Ezekwesili a déclaré, le 8 mars 2011, que l'ensemble des politiques économiques et sociales mises en œuvre depuis 20 ans à l'instigation de la Banque Mondiale, dans de nombreux pays africains dont le Mali, est un échec. D'après Mme Ezekwesili, la Banque Mondiale marque ainsi « un tournant décisif dans l'évaluation de l'Afrique et du rôle de la Banque Mondiale en Afrique ». Elle a signifié que la Banque Mondiale prenait note de l'échec de l'Afrique «  à faire prendre à ses économies un essor comme ce fut le cas pour les economies d'Asie durant les trois dernières décennies ». Ce constat d'incompétence de l'Afrique et donc du Mali à améliorer le sort de leurs populations a conduit la Banque Mondiale à concevoir, à compter de ce mois de mars 2011, une nouvelle stratégie intitulée « L'Avenir de l'Afrique et Comment la Banque Mondiale Entend y Contribuer ». La responsabilité de ces échecs incombe totalement aux élites africaines et maliennes. Ces échecs contredisent les espoirs des populations maliennes ayant conduit la révolte le 26 mars et contredisent les engagements des élites qui se sont installées dans les positions de leader, depuis.

 

La marche vers le développement est compromise

Il ne peut y avoir de développement dans un pays lorsque certains défauts affectent les populations d'une part et, d'autre part les superstructures de la société politique.

La situation du Mali après le 26 mars se caractérise par la montée en puissance de certains défauts affectant les populations qui sont la méchanceté, la malhonnêteté et l'égoïsme. Ces défauts sont à la solidarité sociale ce que la rouille est au fer. Ces défauts détruisent la capacité des populations de se mettre ensemble, de travailler ensemble, de collaborer pour une amélioration de leurs conditions de vie.

Concernant les superstructures, le Mali ne se développera jamais économiquement tant que les banques maliennes, en manifestant leur manque de discernement, seront incapables de contribuer au développement du pays en identifiant, apriori, certains jeunes porteurs de projets crédibles. Il est facile de trouver au moins dans de nombreux domaines d'activités au moins 10 jeunes motivés, compétents capables de faire la différence et de prouver que les maliens peuvent se développer par eux-mêmes.

Tant que les partis politiques ne seront pas en mesure de concevoir et de développer de véritables projets politiques construits sur des visions légitimes visant les intérêts de nos populations, aucun développement ne sera possible.

Tant que le désespoir habitera nos populations devant les biens exhibés par les élites corrompues, et tant que ces elites corrompues ne seront pas punies par la loi, aucune mobilisation des populations au service du développement ne sera possible. Tant que l'échelle des valeurs sera renversée et que les populations, les jeunes en particulier, se diront que les meilleurs arguments pour devenir leader dans notre société ne reposent pas sur la compétence, ne reposent pas sur l'efficience, ne reposent pas sur la probité mais, au contraire, reposent sur le mensonge, la fraude, la triche, le trafic, etc… alors aucun développement ne pourra prospérer.

 

Peut-on rectifier l'après 26 mars ? Si oui, comment ?

Dans le présent papier, je me suis restreint à une étude sociologique de la réalité malienne consécutive à l'acte social du 26 mars 1991 en la regardant à travers le prisme de Max Weber et de Vilfredo Pareto. A présent et pour conclure, je vais essayer mon jugement personnel pour dire, en deux mots, si la situation peut être récupérée et comment.

Mon opinion personnelle que je partage avec de nombreux amis est qu'une tache de reconstruction est possible. Nous avons vu que le profil sociologique présenté par le Mali post-26mars a déjà été connu ailleurs. Ces pays en s'en sortie. Le Mali aussi peut s'en sortir mais cela ne se fera ni par hasard ni de façon inéluctable. Le chemin de la reconstruction passera, nécessairement, par le rétablissement d'une éducation publique, républicaine et civique ragaillardie et aussi la mise en place par l'Etat d'une régulation permettant à la force publique de réprimer dans le cadre de la loi les élites prédatrices et spoliatrices des populations.

A l'instar de Pareto je crois en effet que cette tâche de rectification nécessaire à la réconciliation des élites et des populations, des populations et de la politique ne se fera que dans le cadre d'un projet politique rassemblant les forces patriotiques, démocratiques, républicaines et progressistes.

 

Dialla Konaté

Pour le journal Info-Matin

Bamako, 19 mars 2011 


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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