dimanche 27 mars 2011

A son Excellence Monsieur, le Président de la République du Mali.

A son Excellence Monsieur, le Président de la République du Mali.

 

 

Objet : Motion du Front Pour le Refus (FPR).


Monsieur,

 

Le dimanche 23 janvier 2011, la direction du FPR s'est réunie à Paris pour analyser les questions sécuritaires et le phénomène galopant de la corruption dans notre pays.

A la suite de cette réunion le FPR a constaté que depuis la signature des accords d'Alger du 06 juillet 2006, le nord de notre pays est devenu une zone de non-droits avec son corollaire de banditismes, de trafic de drogues (Air cocaïne) et de terrorismes.

Avec le laxisme, la complaisance voire la complicité, la banalisation, la démission et l'effacement de nos autorités, la situation s'est empirée propageant l'insécurité sur toute l'étendue de notre territoire avec son lot d'enlèvements (50 otages Européens depuis 2006) et d'attentats.

Notre pays est devenu le mouroir du monde, un Afghanistan Africain où toutes les Armées viennent se battre pour accomplir la mission et le rôle de notre Etat en violation des principes fondamentaux de notre souveraineté au nom d'un hypothétique droit de poursuite.

En effet, après neuf ans à la tête du Mali, l'observateur le moins avisé se rend compte d'une évidence implacable : jamais présidence n'a suscité autant de questionnements sur le fonctionnement d'un Etat réduit à sa plus simple expression : corruption généralisée (388 ,09 milliards de FCFA en 7 ans), laxisme institutionnalisé, impunité totale, défaillances répétitives, etc. L'Etat n'arrive même plus à garantir aux citoyens une sécurité moyenne et une justice équitable et crédible. L'épisode de l'évasion du terroriste tunisien, Bachir Sémoun, est venu planter le dernier clou dans le cercueil : le seul service sur lequel le Malien pouvait encore compter, la Sécurité d'Etat, est gagné par le virus du laisser-aller et de la négligence coupable.

La politique de sécurité que nous distinguons de l'illusion actuellement entretenue au Mali, avec son idéologie et ses dérives, représente bien ce qui sépare le courage démocratique du spectacle démagogique, le courage politique de l'impuissance politique.

La corruption a aujourd'hui atteint dans notre pays un niveau jamais égalé. Encouragé par l'impunité totale garantie par le chef de l'Etat en personne, ce fléau est entrain, lentement mais surement de compromettre le devenir du Mali.

Fidèle à son principe de sanction zéro, après avoir mis en place en grande pompe l'institution  du Vérificateur Général(VGAL) (institution budgétivore censée lutter contre la corruption), le chef de l'Etat s'est simplement contenté de classer sans suite les rapports remis par celle –ci et qui pourtant incriminent les voleurs de la république .Cette attitude inacceptable d'un chef d'Etat constitue purement et simplement une insulte au peuple malien. Aussi cette mentalité selon laquelle le chef de l'Etat s'interdit d'humilier des chefs de famille n'est ni plus ni moins qu'un aveu d'impuissance et d'incapacité à lutter contre un phénomène qui mène inévitablement notre pays à sa perte. Avec un tel message le Président se disqualifiait pour porter une politique anti-corruption, en fait il a mis tout simplement des œillères irresponsables et coupables.

Le laxisme, la complicité du chef de l'Etat face au phénomène de la corruption à atteint son paroxysme le 05 février 2011, date à laquelle ceux qui organisent et planifient l'assassinat économique du Mali ont décidé de décerner  à son excellence Monsieur Amadou Toumani  Touré une médaille (celle de la honte) en remerciement de sa protection. Cet acte à nos yeux est moralement scandaleux, politiquement injustifiable et juridiquement indéfendable.

 

Il est inadmissible que le Président de la République ne réagisse face à la corruption que sur pression des bailleurs de fonds mecontents de l'utilisation à des fins privées qui a été faite de leurs  fonds (cas de Monsieur le ministre de la santé…….      ) comme si l'argent public malien ne valait pas la peine de faire l'objet d'une utilisation et d'une gestion honnêtes et transparentes.

Le Président de la République par sa complicité, son laxisme et son manque de courage à trahi le Mali de l'après 26 Mars 1991 en le laissant se transformer en un pays de corruption à ciel ouvert sur fond d'impunité totale.

En conséquence, c'est dans cette atmosphère délétère d'un Mali, ni autorité, ni visage, ni message, ni idée, et de tout ce qui précède, il apparaît clairement  que le Président Amadou Toumani Touré et son gouvernement ont lamentablement échoué dans la gestion globale de la lutte contre la corruption et du problème de la sécurité dans notre pays en général et dans la lutte contre les terroristes d'AQMI en particulier. Ils ont transformé notre diplomatie jadis respectée de tous en une diplomatie de mendicité. Elle est devenue négociatrice et receleuse d'otages en violation de la résolution des nations unies interdisant à ses Etats membres de négocier avec les terroristes en leur payant des rançons.

Face à cette menace grave qui sape la réputation de notre pays et qui risque de l'inscrire un jour sur la liste des Etats voyous si nous ne prenons pas garde.


Pour toutes ces raisons, des mouvements et associations de la diaspora malienne de France réunis au sein de la plate-forme dénommée : Front pour le refus (F.P.R), demande au Président de la République et à son gouvernement :

 

Au titre des Fraudes, et délinquances financières :

  1. Le respect total de la séparation des pouvoirs et le fonctionnement normal de nos institutions ;
  2. De bien vouloir mettre à la disposition de la justice les rapports du Vérificateur général (VGAL);
  3. De bien vouloir laisser cette institution faire son travail en lui donnant les moyens et à éviter d'entraver la bonne marche de sa raison d'être ;
  4. D'améliorer le cadre de la responsabilité des magistrats dans la lutte contre la corruption ;
  5. propose un Amendement spécial à valeur constitutionnelle avec lequel tout citoyen (ne) malien peut invoquer pour refuser de payer, ou demander le remboursement des prestations en nature ou en espèce, demandée par un agent de l'État, si celui n'est pas en mesure de lui fournir une preuve officielle par écrit. une obligation pour tout élu politique, agent public et parapublic y compris les exécutifs politiques et administratifs, de systématiquement déclarer aux fiscs, la preuve et l'origine de ses  patrimoines ( espèces, comptes, meubles ou immeubles) acquis au bout d'un an, si  les valeurs sont supérieures ou égales à 1 million de CFA.
  6. D'interdire à toute personne investie d'une mission régalienne de l'État, d'accepter les libéralités  provenant  des particuliers (opérateurs économiques, lobbies, dealers).

 

 

Au titre de la sécurité Nationale :

  1. Dénonce le laxisme et la faiblesse de notre Etat face aux menaces terroristes ;
  2. Demande à ATT de ne pas faire passer sa réputation d'Homme de paix, de médiateur international au détriment des intérêts supérieurs du Mali ;
  3. Réclame l'éradication totale et sans délai du terrorisme et de toute sorte de banditisme sur notre territoire à travers : la tenue immédiate d'une rencontre nationale sur la sécurité au Mali ;
  4. Réclame l'engagement clair et ferme ainsi que la détermination de tous les Etats et partenaires dans la lutte contre le terrorisme ;
  5. Exhorte le gouvernement malien à prendre toutes les mesures nécessaires afin de préserver notre pays des troubles actuelles dans la sous-région ;
  6. Demande la création d'un Conseil spécial de sécurité nationale composé des membres du gouvernement, des hauts commissaires des régions; des Hauts commandements militaires et de la protection civile, des membres de la commission de défense de l'assemblée nationale et d'experts maliens en la matière ; ce conseil doit se réunir tous les 3 mois pour évaluer l'évolution de la situation sécurité au plan national et international et d'en tirer les conséquences ;
  7. De mettre fin au droit de poursuite sur notre territoire national, si cela n'est pas réciproque, et coopérer avec les Armées voisines dans la lutte contre les criminels ;
  8. Réaffirme notre dévouement à la patrie, la défense de l'intérêt général, l'amour de la démocratie, notre attachement à la République comme forme de gestion de l'Etat et des affaires de la nation.

 

En vous souhaitant une bonne réception, nous vous prions d'agréer, excellence Monsieur, le Président de la République, l'assurance de notre très  profond respect.

 

                                                                                     

                                                                                             

                                       

                                                                        

Quand on refuse, on dit non !

 

Fait à paris, le 26 mars 2011.

 

Le Front Pour le Refus.

 

Le Président : Mr. Mariko Bakary.

 

 

 


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
Tel (00) 223 222 32 44
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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