dimanche 13 mars 2011

La drôle de guerre.

                                               La drôle de guerre.

 

                       Etrange particularité que celle du landerneau politique malien! Après la démocratie consensuelle, va t-on assister à la drôle de guerre? Si la drôle de guerre est née de la déclaration de guerre entre l'Allemagne et les Alliés, celle à la malienne va t-elle précéder la période des conflicts pré-électoraux et post-électoraux? L'escarmouche déloyale engagée ces derniers temps par le Pr Bretaudeau à l'encontre du Parena constituent à n'en pas douter les prémisses d'interminables combats de fleurets mouchetés que certains intellectuels brusquement surgis des bois vont livrer aux partis politiques dans les mois à venir. Le professeur Alhousseini Bretaudeau a commis un esclandre. Dire que " un mauvais fichier électoral vaut mieux que l'absence de fichier électoral" ou "des élections un peu sales valent mieux que pas d'élections" est une véritable pierre de scandale. Je conteste ce principe d'expression de la volonté populaire en proposant ironiquement le vote à main levée. D'autres coups de jarnac suivront. C'est un évidence que de dire que l'opposition malienne a été majoritairement frileuse, aphone et complaisante vis à vis de l'exercice du pouvoir monarchique de Amadou I &II. Si nous devons nous souvenir qu'il y'a quelques partis politiques qui, dans cette situation de méli-mélo, ont courageusement tiré leurs épingles du jeu, il serait inujuste d'en venir à oublier le Parena. Nos intellectuels maliens qui s'étaient volontairement et complaisamment murés dans leurs tours d'ivoire, veulent subitement sortir de leurs cachettes et du haut de leurs chaires professorales daignent nous dispenser ex cathedra des cours de sciences politiques. Il tient de la banalité que de se livrer au double jeu du silence et de la parole. Nous leur demandons, par respect pour notre démocratie –qui va cahin caha  en suivant son petit bonhomme de chemin-de bien vouloir rester derrière la ligne maginot ou alpine derrière laquelle ils se sont volontairement retranchés. Qu'ils aient la décence de se taire. A quelques encablures des échéances électorales, d'autres partis politiques ne manqueront pas d'enjamber la ligne Siegfried qu'ils s'étaient tracée pour mener d'autres assauts .

                    Dans la situation socio-politique dégradante de notre pays, devant la démission des partis politiques dans leur majorité, nous avons souhaité voir des intellectuels révolutionnaires, engagés pour jouer le rôle de contre-pouvoir. Je pousse l'outrécuidance à poser la question de savoir combien sont-ils ces intellectuels maliens qui peuvent se targuer d'avoir défrayé la chronique par leur courage et leur engagement politique aux côtés des masses populaires? Et Dieu seul sait s'il y'avait des causes justes pour lesquelles ils devraient s'enflammer ! Au lieu de dénoncer les dérapages du régime actuel et contrarier le prince, ils ont joué la politique de l'autruche en cachant leur tête dans les livres encyclopédiques. Nous nous doutions qu'ils avaient une conscience politique ces personages-doctes ès comédie. Selon Platon, ils ressemblent à des Athéniens qui excellent dans l'abondance et l'élégance du parler. Leur éloquence ne serait-elle pas une injure à la réalité sociétale ambiante ? Si la Libération a donné naissance à Sartre,  prototype de l'intellectuel engagé politiquement, qu'est ce que notre révolution de mars 1991 aura t-elle enfanté? Une caste d'intellos bourgeois avec une "mauvaise foi" de sa conscience qui  se cramponne à ses avantages administratifs. Raymond Aron, philosophe et politologue français touché par la muse disait que chaque pays génère ses intellectuels.

                        Quel procès de mauvais aloi veut on intenter au Parena? Certains nostalgiques veulent ils revoir le scenario de la situation délétère dans laquelle ont lieu les élections de 1997 ou de 2007? Le crime de ce parti politique est d'avoir eu la sagesse de nous demander de prendre des dispositions en vue d'éviter une re-belotte. Point n'est besoin d'être pythonisse ou devin pour augurer un monstrueux tohu bohu à n'en plus s'entendre aux lendemains des prochaines élections présidentielles. Ce qui se passe  actuellement au Bénin doit nous enseigner. La Côte d'ivoire et la Guinée furent en butte aux mêmes casus beli. C'est simpliste et primaire d'honorer notre démocratie en se satisfaisant de l'aberration de l'autoflagellation et de l'autodafé en disant que le Mali est un exemple de démocratie. Allons nous offrir au reste du monde, après nos élections, l'image de nos jacasséries? A l'instar de ceux qui n'ont pas prévenu, allons nous reporter la date de nos consultations, compter et récompter les voix, légitimer le CENI au détriment de la Cour Constitutionnnelle ou vice versa?  Les sages ont toujours prévu mais ont-ils été toujours compris? Oui ! les membres du Parena sont de vrais patriotes, les mauvais patriotes sont ceux là qui ont oublié les fautes des processus électoraux antérieurs. La vraie faute n'est elle pas celle qu'on ne corrige pas?  Peut on nous garantir la toute perfection de notre code électoral? Pourquoi le black-out total sur le RAVEC? Connaissant les approximations du pouvoir actuel, serait- ce erronné de dire que toutes les précautions utiles sont déjà prises exceptés nos cartes d'électeurs, le matériel électoral? La sagesse pratique voudrait qu'on s'y attèle hic et nunc.

               Je voudrais dans mes propos, attirer l'attention des uns et des autres sur l'attitude de cette bourgeoisie nouvelle privilégiée qui au Mali s'est contentée de s'aggriper à ses avantages, de se cloîtrer dans le luxe douillet des bureaux administratifs, des bibliothèques et des chaires universitaires et qui ont oublié qu'ils avaient une responsabilité sociale consubstancielle à son statut d'intellectuel. Il n'est nullement dans mes intentions de gloser sur le rôle de l'intellectuel dans une approche historique mais plutôt dans une approche sociopolitique visant à secouer un tant soit peu tel un cocotier l'orgeuil nobiliaire de ces intellos, ennemis de notre démocratie de par le péché de leur concupiscence. A la faveur des progrès fabuleux des moyens de communicaction à travers les réseaux sociaux, l'internet, les fora de discussion, ils n'ont pas réalisé que la communication est essentielle, simple et accessible pour jouer leur partition avec des prises de position  audacieuses dans les enjeux sociaux et politiques. Allergique à la contestation, consciente que tout enjeu comprend des conséquences, elle ne s'est  pas risqué de perdre ses avantages. Nous nous inquiétons de l'attitude cynique de retrait, de démission sous-tendue par une propagande ou une théorisation à leurs profits et à ceux  du pouvoir. Véritables ennemis de notre démocratie, ces épigones de Joseph Goebbels, spécialistes de la manipulation de l'opinion publique et de la démagogie, veulent user de manoeuvres dilatoires obscures pour fausser notre perception de notre réalite socio-politique. Alors extrême méfiance! N'oublions pas qu'un autre grand intellectuel, docteur de son état, excelle à régenter l'information avec passion  dépuis son quartier-bunker de Bozola. N'oublions pas que le légendaire Paul Joseph Goebbels était un très grand intellectuel. On connait la suite.

              La chute du mur de Berlin a fondamentalement modifié la carte de l'Europe. Le nouveau vent venu de Bouazizi (la Tunisie) va radicalement modifier la carte démocratique de notre continent, les consciences aussi. Le peuple malien est sorti de la candeur de son enfance. Il conjugue maturité et transcendance. Maître de son destin, il a le pouvoir de "néantiser" aujourd'hui le déterminisme, la fatalité que certains voudraient s'ingénier à lui imposer. Vivement que le Parena fasse des émules dans notre univers politique! Les porteurs de nouveaux messages ont toujours malheureusement  porté le chapeau. Si d'aventure, la manipulation politique, la médisance et la calomnie venaient à avoir raison du courage et du patriostisme du Parena, je leur dirais de cogiter sur la profondeur de cette sagesse de Thomas Edison de mon cher New Jersey: " Je ne me décourage pas car toute tentative infructueuse qu'on laisse derrière soi constitue un pas en avant.".

Fatogoma Mohamed Ouattara

Orange, New Jersey

Fouattara2@comcast.net

http://fouattara.blogspot.com

 

   

 

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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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