vendredi 11 mars 2011

Contribution du 26 mars: le Mali de nos rêves !

Contribution du 26 mars : le Mali de nos rêves !

 

Dans la nuit du 22 mars1991, lors du dernier comité directeur de l'association des élèves et étudiants du Mali (A.E.E.M.) quelques heures avant les événements, il était écrit sur le fronton du mur de ex Ecole Nationale d'Administration (E.N.A.) : «  ce que le Mali sera demain c'est Moussa Traoré, la tête nous les pieds »

Ce qui est advenu après tout le monde le sait, juste  faut- il rappeler ô combien la démocratie malienne a été arrachée aux prix d'énormes sacrifices consentis par les jeunes, les femmes et un groupe de patriotes convaincus qui se sont organisés pour tirer le Mali de la boue dégradante de l'humiliation, de injustice, et du désespoir.

En le faisant, ils aspiraient à une société de solidarité, de justice et de liberté, débarrassée des oripeaux de la corruption et de l'analphabétisme.

Dans quelques jours le Mali notre pays fêtera les vingt ans (20 ans) de l'avènement de sa démocratie et de son multipartisme intégral.

Quel bilan peut-on en tirer aujourd'hui ?

Notre analyse se concentrera essentiellement sur cette question en essayant de nous appesantir sur les réponses sociales, économiques, politiques, diplomatiques et sécuritaires que la révolution a apportées à ses causes.

Le Mali que nous attendions et désirions de  la révolution du 26 mars 1991, nous savons depuis un certain temps qu'il n'est pas là pour le moment, on attendait d'elle qu'elle bâtisse un Mali digne et fort, qu'elle restaure l'autorité de l'Etat, qu'elle mette fin à la gabegie et à la gangrène de la corruption qui ronge notre pays. Mais 20 ans après elle a oublié ses engagements et l'espoir que le peuple malien avait placé en elle.

Alors que s'est' il passé ?

Rappel :

En effet, le peuple combattant du Mali toute composante confondue est sorti en 1991 pour demander des conditions de vie, d'étude  et de travail descentes, du travail, de la justice sociale et des libertés.

Vingt (20) ans après les réponses apportées sont telles satisfaisantes ?

Nous tenterons d'y répondre à cet exercice périlleux car «  la critique est facile mais l'art est difficile » mais aussi nous disons que l'art de la critique est difficile.

Sur le plan social :

Pour les jeunes : il s'agissait d'avoir une école qui éduque et qui forme, du travail et des libertés.

Faisons une analyse opérationnelle et stratégique de la situation des jeunes de 1991 à  2011 pour nous le bilan est mitigé sur tous les plans, c'est le pilotage à vue.

D'abord sur le plan opérationnel, nous parlons  ici des  politiques d'emplois des jeunes élaborées par les différents gouvernements, elles ont permis a certains jeunes d'avoir des broutilles avant de se retrouver à nouveau à la rue, ou d'être obligés d'aller tenter leur chance ailleurs avec toutes les conséquences que cela peut engendrer.

Ensuite sur le plan stratégique, nous parlons  ici de l'école et de la carrière politique des jeunes c'est-à-dire de l'avenir.

Sur le plan éducatif, tout le monde est unanime que l'éducation situe le niveau de conscience générale d'un peuple, sa capacité d'action, technique et technologique.

La révolution a apporté la Neuf c'est-à-dire la nouvelle école fondamentale, la méthodologie convergente, le programme décennal pour l'éducation en lieu et place de la réforme de 1962, une Université crée sur l'existant.

Ces mesures apportées comme des solutions miracles ce sont révélées inefficaces en faisant de notre école une école déliquescente, moribonde, une fabrique de chômeurs.

 

Certes des efforts sont faits pour le contenant, mais à quoi sert le contenant sans le contenu ?

Les forums organisés par les gouvernements successifs tardent à nous révéler leur efficacité à apporter des solutions sinon même leur raison d'être, entre temps leurs enfants prennent des cours dans les meilleures universités du monde, vive l'aristocratie naissante !

La seule réponse apportée aux  préoccupations des jeunes se résume à un fameux programme d'appui à la jeunesse malienne (PAJM) en collaboration avec l'ambassade de France au Mali.

Pour nous autres la pertinence c'est de poser des actes majeurs en faveur de la jeunesse en leur permettant d'accéder à l'éducation, à la formation, à l'emploi et à des responsabilités à tous les niveaux afin d'acquérir de l'expérience pour relever les défis de demain, car l'expérience est la seule chose que l'intelligence humaine ne donne pas.

Pour les travailleurs : la révolution a permis la régularisation des salaires en évitant les retards de paiements. Il y a eu aussi quelques augmentations de salaires mais sans changer grand-chose dans le quotidien des travailleurs dont la majorité vie dans la plus grande précarité.

Les syndicats censés les défendre sont victimes de la politique de « diviser pour régner » et sont  réduits à leur plus petite expression.

 

Sur le plan économique :

La révolution a bradé toutes nos entreprises en les privatisant.

Des fleurons comme la CMDT, HUICOMA, la COMATEX, la SOTELMA ont été liquidés, mettant ainsi les paysans et les travailleurs compressés dans une misère noire.

Le Mali en tant grand producteur d'OR ne reçoit que 20% de sa production.

Malgré ses ressources et un taux de croissance stable, le Mali est l'un des pays le plus pauvre du monde avec un indice de développement très faible où la majorité de la population vit avec moins de 2 dollar par jour. Il y a une véritable juxtaposition entre les pauvres et les riches car avec la corruption les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.

 

Sur le plan politique :  

La déroute de la démocratie et de la liberté dans son exercice quotidien au Mali à déconcerter l'immense majorité des maliens et des démocrates de plus en plus désillusionnés, attristés et déçus, qui se sont détournés des urnes car personne ne souhaite cautionner un système qui ne se soucie que de sa survie.

Comme ont le dit : « la révolution mange ses propres enfants ». La démocratie est prise en otage par le régime, en mettant dans le gouvernement des « personnalités » qui ne doivent leur légitimité qu'aux pouvoirs administratifs qu'ils détiennent en tant que ministre, chose qui rend impossible toute manœuvre des partis au risque de se disloquer.

La démocratie malienne est en péril, il y a un véritable problème de légitimité et de fonctionnement de nos institutions.

Il se trouve que la plupart des représentants du peuple que ça soit au niveau de l'Assemblée Nationale ou de la société civile sont mal élus ou tout simplement imposés à leur base, chose qui ne les permet pas d'êtres efficaces sur le terrain en faisant des propositions ou des restitutions à la base.

Tout nous conduit à penser que, derrière le masque des mots et le jargon des initiés, la politique qui est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire est devenue un ascenseur social, une sorte de «  mangécratie. »  

Malgré l'engagement loyal et constant du peuple et son attachement aux valeurs de la république  c'est l'indifférence, le mépris et la monté de l'intégrisme religieux qui ont pigeon sur rue.

Hors à notre sens le Mali est une République laïque et, cette laïcité doit permettre d'articuler les diversités culturelles et religieuses avec l'unité du lien politique et social, il nous faut donc faire preuve d'intelligence politique et de créativité sociale pour inventer de nouveaux rapports entre la laïcité, la justice sociale, la manière de marier les libertés individuelles et les libertés collectives.

L'Etat ne doit pas favoriser telle ou telle confession, mais offrir une égalité de traitement.

Le citoyen lui-même peut être musulman, catholique, protestant, juif, athée, agnostique etc.

La finalité de la laïcité est l'intégration et non exclusion. Elle est de dégager ce qu'ont en commun les hommes et non d'ériger les différences en autant d'absolus exclusifs les uns des autres.

La laïcité ne signifie pas l'abolition de la religion ce qui n'est pas compris dans notre société à cause de l'analphabétisme et de la manipulation de certains leaders religieux et politiques, elle permet la liberté de choix, qui dit liberté de choix dit liberté de croire ou de ne pas croire, qui dit liberté de choix dit également libre possibilité d'une authenticité religieuse, cette liberté devant être celle de tous.  Nous sommes  sûr que nous pouvons y arriver si on tire les leçons du passé de dégager un large consensus, cela résulte même de la « détermination de l'intelligence ».

 

Sur le plan diplomatique :

Le Mali pays jadis, très respecté et écouté dans le monde pour son hospitalité, la stature de ses Hommes d'Etat, et ses prises de positions courageuses, n'est –il pas en passe de devenir un Etat voyou ? Les faits sont têtus car depuis 2003,  notre diplomatie est devenue une diplomatie  « receleuse d'otages(50) et de mendicité »,  elle ne participe qu'à des négociations d'otages avec paiements de rançons.

Aujourd'hui  nous sommes face à un Mali, ni autorité, ni idée, ni message, ni visage, où le silence est la règle.

 

Sur le plan sécuritaire :

Depuis 1960, le septentrion de notre pays fait face à une situation sécuritaire précaire. Après le traitement de la rébellion, effectué par les présidents successifs, notamment grâce aux Accords de Tamanrasset, le Pacte National en 1992, la Flamme de la Paix à Tombouctou en 1996 et les Accords d'Alger en 2006, le pays allait trouver la paix.

La signature des Accords d'Alger du 6 juillet 2006, a montré les limites du régime actuel mais aussi et surtout la faiblesse de L'Etat malien (personne morale de droit public qui personnifie la nation à l'intérieur et à l'extérieur du pays dont elle assure l'administration), car depuis le nord de notre pays est devenu une zone de non-droits avec son corollaire de banditismes, de trafic de drogues et de terrorismes.

Avec le laxisme, la complaisance voire la complicité, la banalisation, la démission et l'effacement de nos autorités, la situation s'est empirée propageant l'insécurité sur toute l'étendue de notre territoire avec son lot d'enlèvements et d'attentats.

Notre pays est devenu le mouroir du monde, un Afghanistan Africain où toutes les Armées viennent se battre pour accomplir la mission et le rôle de notre Etat en violation des principes fondamentaux  de notre souveraineté au nom d'un hypothétique droit de poursuite.

 

En définitive,  les réponses apportées par la révolution du 26 mars à ses causes d'une certaine manière résument toutes les dérives du système, elles se cristallisent, comme souvent les explosions sociales, un malaise qui dépasse de très loin la cause première pour la quelle plusieurs milliers de maliens sont descendus dans la rue. Elles démontrent aujourd'hui que l'équilibre de notre société est menacé. Et comment croire qu'une société en déséquilibre puisse continuer à faire vivre la démocratie ?

C'est aux Hommes politiques de comprendre que les monuments, les routes, les ponts, les hôpitaux et les logements sociaux ne valent rien sans les ressources humaines bien formées et compétentes, un peuple bien éduqué et consciencieux.

La vie politique ne doit plus être marquée pour nous par la démagogie, une diarrhée verbale incoercible et la prolifération de structures n'ayant aucune base sociale ou idéologique.

 Il est temps que  nous nous ressaisissions et que nous empruntions la seule voie qui doit mener à la victoire : la démocratie (alternance démocratique, le changement).

Le peuple doit savoir d'où  il va, quel va être son rôle, il n'y a pas de défi que le peuple ne soit pas capable de relever si on lui montre un chemin de justice et d'espoir, c'est ce chemin que nous devons tracer ensemble. Nous devons être une nation d'innovation, porteuse des espoirs de son temps, qui comprend les contraintes liées à la mondialisation et qui ne renoncerait pas à les repousser.

Aujourd'hui il faut décréter l'état d'urgence politique pour répondre à la détresse des maliens au lieu de dresser des barrières invisibles insupportables et de maintenir des hommes usés dont leur suffisance réduit à néant toute tentative de réforme.

 -Urgence de changer la vie de ceux qui souffrent le plus, urgence à répondre à l'angoisse créée par la mondialisation de l'économie, urgence à redonner un sens à l'action publique.

 -Urgence d'agir, seul ATT peut répondre à cette urgence de refonder le compromis social sur le quel il a basé son engagement en 2002 : «  retrouvons ce qui nous unit » en procédant aux choix d'hommes et de femmes capables d'agir et de changer le quotidien des Maliens.

Quel que soit  le bilan que les uns et les autres vont faire de la révolution du 26 mars 1991, le Mali doit sortir grandit, il s'agira de préserver notre culture, nos traditions, notre héritage politique et social et, dans le même temps transformer notre pays pour lui imprimer le rythme du monde, saisir les opportunités offertes par cette nouvelle donne, permettre au Mali de conserver son rang et son influence : voila la tache qu'il faut accomplir.

Elle est exigeante. Elle requiert de la détermination, presque de l'acharnement.

Au moment où les maliens ont le sentiment que tous leurs repères s'estompent et que la mondialisation fait voler en éclats la structure de la société, ce sont des garanties qu'ils réclament, pas de l'aventure, c'est de la concertation qu'ils ont besoin, non d'autoritarisme mais non plus de laxisme qui met les institutions à terre.

Avec gravité et résolution, nous vous appelons à un nouveau combat, celui du Mali de demain et de toujours.

 

Debout sur le champ d'honneur et de la dignité, unis et déterminés, nous allons triompher.

Dieu bénisse le Mali.

 

M. Mariko. Bakary.

France.

 

 

 

 

 

 


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

1 commentaire:

Anonyme a dit…

ou en sommes ns today?une choz est sur et certaine la democratie telle qu'elle fut transposée directement dans notre societé constitue un veritable handicap.la notion dindividu et de liberté ds leur semantiq sont tres differente sentr loccident et Afrik et tt l pb vient de la!!!!