dimanche 27 mars 2011

Appel au Peuple militant du Mali (Message du Dr Soumana Sako)


Appel au Peuple militant du Mali

Chers compatriotes,
Voilà vingt ans, la Révolution du 26 mars 1991 remettait notre vaillant Peuple dans ses droits politiques fondamentaux inaliénables. Les sacrifices indicibles consentis par les forces vives de la Nation ont permis à notre pays d'entrevoir, enfin, des perspectives nouvelles en matière de libertés publiques, de progrès économique et de justice sociale. Gloire éternelle aux martyrs de la lutte populaire pour la démocratie!

Maliennes, maliens,
Venant après la célébration du cinquantenaire de l'accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale, le vingtième anniversaire de la Révolution démocratique du 26 mars nous invite aussi à rendre un hommage appuyé et fort mérité aux Présidents Mamadou Konaté, Modibo Keïta, Jean-Marie Koné et Mahamane Alassane Haïdara ainsi qu'à leurs  intrépides compagnons qui, fidèles à leur serment de ne jamais trahir le Peuple, ont, pour nombre d'entre eux,  sacrifié leur liberté, le printemps de leur vie, leur santé, voire leur vie, pour le rayonnement et la dignité du Mali et de l'Afrique tout entière dans le concert des nations.

Peuple militant du Mali,
Sous l'égide des différents Gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis avril 1991, des progrès remarquables ont été enregistrés et continuent de l'être dans tous les secteurs de la vie nationale, souvent dans des circonstances nationales et internationales plutôt éprouvantes, même si ce qui reste à faire pour l'épanouissement total de notre Peuple demeure à la fois énorme et exaltant. Aussi, en jettant un regard rétrospectif sur le chemin parcouru depuis mars 1991 et en nous projettant dans l'avenir, force est de reconnaître que, comme toute autre Révolution, celle du 26 mars a été et continue d'être confrontée à divers écueils et menaces qu'il revient aux forces démocratiques et patriotiques d'identifier et d'analyser clairement en vue de les endiguer de manière efficace et durable dans l'intérêt exclusif du Peuple tout entier, savoir:
1)    Le gauchisme et le verbiage pompeux pseudo-révolutionnaire petit bourgeois, lesquels, de part leur tendance nihiliste et négativiste à tout décrier et à ne rien reconnaître qui ait été fait de positif depuis mars 1991, voire depuis le 22 septembre 1960, apportent en réalité de l'eau au moulin des ennemis du Peuple et à celui des milieux désireux de recoloniser l'Afrique;
2)    Le populisme, doublé de pusillanimité, qui pousse à abreuver le Peuple de promesses démagogiques sans lendemain et à entreprendre des actions apparemment  spectaculaires mais économiquement non viables qui, s'y l'on n'y prend garde, peuvent  préparer demain le lit de l'aventure et du fascisme ;
3)    Le nombrilisme et le narcicisme , qui poussent certains acteurs de la vie politique et sociale à surestimer leur rôle dans la lutte révolutionnaire, voire à s'arroger une place plus imaginaire que réelle dans le combat libérateur de notre Peuple  et à minimiser et dévaloriser la contribution de tout autre groupe ou individu;
4)    Le révisionnisme, qui se traduit par des velléités de reécrire l'Histoire, même celle toute récente de notre pays, créant ainsi délibérément la confusion notamment  dans l'esprit des jeunes générations ;

5)    La recupération, voire les velléités de restauration alimentées par une couche prédatrice et cleptocratique dont le point de convergence avec les milieux affairistes nationaux et étrangers est leur volonté commune de mettre l'Etat, l'économie ainsi que la société en coupe réglée et de transformer la vie politique  en une vaste opération de vente aux enchères publiques; et, enfin,
6)    Le défaitisme, la lassitude et la démobilisation des forces démocratiques et patriotiques face à l'immensité de la tâche et à l'ampleur des défis, nombreux et variés, qui se présentent et se bousculent dans tous les domaines de la vie nationale : l'école, la santé, la sécurité, la chèreté de la vie, l 'aggravation des inégalités, la corruption, la spéculation foncière et l'accaparement des terres urbaines et rurales, le délitement de pans entiers de l'administration et de la justice, l'affaissement de l'autorité de l'Etat face à des poussées corporatistes ou irrédentistes, les tentations ethnocentriques ou régionalistes, la faiblesse du taux de participation aux élections sur fond de fraudes électorales, de clientélisme politique, d'achat des consciences et de transformation de nombre de partis et d'associations en groupements d'intérêt économique, l'incivisme et les dérives mafieuses se nourrissant de tous les trafics, notamment le narco-trafic et le blanchiment d'argent, l'incapacité de bon nombre d'institutions à jouer leur rôle constitutionnel, le refus d'une bonne  partie de la presse publique et privée de privilégier leur professionnalisme et leur déontologie face aux tentatives d'instrumentalisation par les puissances financières et politiques du jour,  l'offensive  de forces obscurantistes se nourrissant de l'illétrisme d'une bonne partie de nos compatriotes, l'effritement de nos valeurs culturelles, l'avancée du désert et la dégradation de l'environnement, etc…

Chers compatriotes,
Dans ce contexte, il n'est pas exagéré de dire que les grandes échéances politiques de 2012 détermineront, dans une large mesure, l'avenir immédiat et à moyen terme du processus démocratique en République du Mali. En effet, il s'agira de choisir entre la fidélité aux valeurs fondatrices du 22 septembre 1960 et du 26 mars 1991 d'une part, et leur reniement complet entre les mains de prédateurs et autres prébendiers impénitents ayant accumulé d'importantes ressources financières et politiques de par leur accès aux postes-clé de l'Etat, de l'Administration publique et de l'économie. Il revient, dès lors, aux forces progressistes et démocratiques de se ressaisir, de se retrouver et de s'organiser en un vaste Front Populaire pour:

a)    Assurer la défense et l'application effective des acquis de la Révolution du 26 mars, y compris la Constitution du 12 janvier 1992;
b)    Organiser, en appui et en complément aux structures et processus constitutionnels formels, des voies et moyens efficaces de participation des citoyens à la prise de decision, à l'animation de la vie politique et au contrôle de la gestion des ressources publiques;
c)    Proposer à notre Peuple un  Pacte Refondateur Global pour la bonne gouvernance, le progrès économique et la justice sociale qui i) redonne confiance à notre jeunesse désemparée, notamment en suscitant l'investissement et la création d'emplois productifs et rémunérateurs et en incitant les jeunes à embrasser hardiment les nouveaux challenges dans les domaines de la révolution de l'information, de la science, de la technique et de la technologie ainsi que celui de la promotion de l'environnement, ii)  libère la femme de toutes les pesanteurs entravant sa participation pleine et entière à la vie économique et politique, et iii) galvanise et récompense les initiatives individuelles et collectives dans un environnement de solidarité positive qu'il convient de ne pas confondre avec l'encouragement du parasitisme social et le nivellement par le bas;
d)    Renforcer l'unité et la cohésion nationales, ces valeurs si chères au Président Modibo Keïta et qu'aucune rivalité ni rancoeur politiques ne devraient pouvoir remettre en cause, mais sur base de la justice, de l'équité, de la transparence, ainsi que de l'égalité des chances pour tous les citoyens des villes comme de la campagne;
e)    Refonder l'école et la moderniser dans toutes ses composantes à la hauteur des défis du 21ème siècle;
f)    Moderniser nos Forces Armées et de Sécurité tout en renforçant leurs systèmes et moyens d'action, en améliorant leurs conditions de casernement et en assurant une gestion transparente et budgétairement viable des recrutements et des carrières ;
g)    Moderniser et redynamiser nos structures économiques et nos pratiques commerciales dans le sens de l'encouragement aux investissements productifs et novateurs et de l'émergence de vrais entrepreneurs et capitaines d'industrie soucieux de leur responsabilité sociale, encouragés, appuyés et encadrés par l'Etat dans la transparence et dans l'équité et capables de tenir leur rang dans la compétition dans l'espace UEMOA et CEDEAO, voire à l'échelle continentale et au-délà ;
h)    S'assurer que l'investissement privé, national ou étranger, surtout dans les mines, la téléphonie mobile et dans l'agriculture soient fortement encadrés par l'Etat dans l'intérêt primordial du Mali et des maliens d'aujourd'hui et de demain;
i)    Assurer l'ancrage de notre économie et de notre société dans le monde  moderne en voie de globalisation accélérée mais dans le respect de nos valeurs culturelles positives;
j)    Stimuler l'émergence, à tous les niveaux de l'Etat, de l'Administration publique, des collectivités décentralisées, de l'économie et de la société, d'hommes et de femmes compétents, dynamiques, intègres, patriotes et engagés aux côtés du Peuple, capables d'inspirer et de motiver nos compatriotes autour d'une Vision Nationale de bonheur individuel et collectif par le travail et l'initiative créatrice, comme le prescrit du reste notre hymne national;
k)    Engager un véritable processus de professionnalisation de l'Administration publique en la mettant à l'abri des compétitions politiques partisanes et des dérives patrimonialistes et vénales, tout en veillant à ne baser les recrutements, nominations, promotions ou démotions que sur le mérite et la sanction, positive ou négative, de la performance et du résultat;
l)    Repenser  la décentralisation territoriale dans le sens d'une meilleure adéquation entre les objectifs de gouvernance et  de développement  d'une part, et les capacités, ressources et pouvoirs nécessaires, d'autre part;
m)    Faire entendre et respecter la voix du Mali démocratique face aux grands enjeux géo-stratégiques sous-régionaux, régionaux et internationaux au service de la paix, de la démocratie et du progrès et de la dignité de l'Afrique.

Chers compatriotes,
Le 26 mars est l'apanage et le patrimoine communs de tous les maliens de bonne volonté, civils et militaires, jeunes et vieux, hommes et femmes, de l'intérieur comme de l'extérieur. Certes, comme c'est le propre de toutes les Révolutions, singulièrement celles qui, comme la nôtre, ont connu une longue période de gestation, des circonstances historiques particulières, y compris celles qui ont abouti en novembre 1973 à la création, par notre génération, de l'Union Nationale des Etudiants du Mali (UNEM), ont permis à des groupes ou à des individus de se distinguer de manière positive en tant qu'incarnation de la conscience et des aspirations populaires, mais nul individu ou groupe n'est fondé à s'arroger un quelconque rôle exclusif de deus ex machina qui minimiserait le rôle premier et incontournable du Peuple en mouvement. Dès lors, la défense des acquis politiques, économiques, culturels, sociaux et institutionnels du 22 septembre et du 26 mars ainsi que la recherche inlassable de solutions durables aux défis multiples et multiformes qui se présentent à notre pays sont et doivent demeurer l'affaire de tous et de chacun.

A cet égard, il convient de ne jamais perdre de vue que la démocratie a, certes, une valeur intrinsèque en ce que des citoyens sont prêts à consentir jusqu'au sacrifice ultime pour la conquérir  ou la sauvegarder, mais aussi une valeur instrumentale  car les citoyens en attendent qu'elle leur apporte des solutions concrètes aux  difficultés de vie concrètes auxquelles eux-mêmes, leurs familles et leurs communautés sont confrontés tout en leur permettant  d'espérer un avenir meilleur.
En avant donc, chers compatriotes, vers des efforts plus vigoureux mais aussi des victoires plus éclatantes encore dans l'approfondissement, l'élargissement et l'enracinement durable de la démocratie politique, économique,  culturelle et sociale au Mali!

Gloire éternelle au Peuple malien, héritier de grands bâtisseurs d'empires et de chevaliers intrépides de la justice sociale!

Fait à Hararé, le 26 mars 2011
Soumana Sako
Ancien membre du Mouvement des Jeunes Pionniers du Mali
Ancien Secrétaire à l'Information  du Lycée Askia Mohamed
Ancien Secrétaire Général des Etudiants de l'ENA;
Ancien Vice-Président de l'UNEM
Ancien membre de l'Association des Journalistes Sportifs du Mali
Ancien Vice-Président du Stade Malien de Bamako
Ancien Ministre des Finances et du Commerce
Ancien Economiste Principal du PNUD
Ancien Secrétaire Exécutif de l'ACBF
Ancien Contrôleur Général Adjoint de l'Etat
Ancien Professeur à l'ENA, à l'ECICA et à l'Institut de Formation des Magistrats
Ancien Premier Ministre, Chef du Gouvernement de Transition de la République du Mali

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Aida Hamahady
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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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