jeudi 10 février 2011

Le héros est mort, vive le contre-héros!

Le héros est mort, vive le contre-héros!


Le 5 février 2011 fera date dans l'histoire du Mali. Cette
journée aura consacré l'encouragement de l'insuppportable médiocrité d'un homme
à la tête de notre pays par une bande de mercantis, de prébendiers dirigée par
Jeamille Bittar. Le peuple malien que les maîtres d'oeuvre de la haute comédie
prennent pour givré ou comme le dernier des peuples dingues de l'histoire ne
s'est nullement trompé sur la signification réelle d'un pareil montage
politico-médiatico-mensonger qu'on pourrait d'ailleurs intituler : " les voleurs
et le prince-receleur". Qui du voleur ou du receleur est coupable? Le principe
de la légalité criminelle se pose. Le secteur privé malien pour lequel
l'ingratitude est un crime, après avoir gracieusement bénéficié de crédits
d'impôt, d'exonérations, de ristournes, de marchés fictifs, …..s'est montré
royalement reconnaissant à l'endroit de celui- là qui a donné à la corruption
toute son onction pateline et ses véritables lettres de noblesse au Mali sous
son règne. Une pièce d'orfevrerie( médaille d'un kilo d'or), véritable quote-
part du lion, dédiée aux enfants, les amis du Président. Le plus grand cadeau
qu'on puisse faire aux enfants, c'est de poser la primauté de l'école, de
l'éducation sur tout projet de développement. A l'issue des deux mandats de
notre samaritain de Président, l'avenir de ses amis les enfants est
dramatiquement bouché.

Qui dit que comparaison n'est pas raison? L'année
2002 aura vu ATT et Lula accéder à la magistrature suprême de leurs pays
respectifs, concomitemment. Luis Ignacio Lula se serait senti insulté devant une
telle mascarade, lui qui aura permis au Brésil d'entrer dans le BRIC(Pays
émergeants) en affichant d'excellents résultats économiques doublés d'un envol
insolent: ruée des investisseurs étrangers, inflation presque inexistante, taux
de scolarisation des enfants élevé, diminution de la pauvrété, émergence d'une
classe moyenne jouissant du système bancaire et accès aux crédits. Les
troubadours-panégyristes d'ATT le comparent à l'Empereur Auguste qui se
targuait par la célèbre formule d'avoir " trouvé un Rome de briques; et laissé
un Rome de marbre". Avec les formules pompeuses , les crapeauds des marais,
chantres d'un certain PDES qui marche à une vitesse hypersonique, symbole "d'un
Mali qui gagne" n'arrêtent de coassser, de bruire. Peut-on parler de progrès
miraculeux après les deux mandatures de ATT qui lui vaudrait d'être célébré?
Soyons sérieux, on n'évalue pas le progrès d'un pays à l'aune des échangeurs,
des logements sociaux d'attbougou, de la cité administrative, de la colombe de
la paix….. A combien s'élève réellement le taux moyen de la croissance? A
combien s'élève l'ardoise de la dette extérieure qu'il lègue aux générations
futures? A quel niveau se trouve aujourd'hui l'école malienne? En presque dix
ans d'exercice du pouvoir, qu'a-t-il fait pour faire sortir l'école malienne du
gouffre? A quel niveau d'industrialisation se trouve le Mali ? Et les
exportations du Mali? A-t-il créésuffisamment d'emplois? La répartition des
biens est-elle équitable? Les maliens mangent –ils à leur faim? Et le combat
contre la pauvrété? Et l'indice du développement humain: espérance de vie,
scolarisation, pouvoir d'achat..! La situation sécuritaire au Nord du Mali?
A-t-il su sauvegarder cette nation malienne à toutes épreuves tant à l'intérieur
qu'à l'extérieur? La diplomatie malienne sur l'échiquier internationale? Autant
de questions auxquelles il faudrait honnêtement répondre. Est-il besoin de
soutenir que nous posons plus de questions que nous n'avons de réponses?

Si l'appeler pater patriae(père de la nation) peut
prêter à la polémique sémantique, il ne serait pas moins exact de l'affubler de
titre de héros de mars 1991 qui aura été l'artisan de la naissance d'un nouveau
régime politique: la démocratie. Après les moments d'euphorie, la déception, la
désolation et le désespoir ont fait irruption dans la vie des maliens: la
montagne a accouché d'une souris. Nous avons aujourd'hui glissé d'un monarchisme
constitutionnnel à une kleptocratie(gouvernement des voleurs). L'exercice du
pouvoir, sur la durée, a corrompu l'homme. Il abuse et continue d'en abuser.
Lord Acton ne s'était pas du tout trompé. Le héros sauveur d'un certain mars
1991 n'a pas échappé à la sacro-sainte règle.

" Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée: car chacun pense en être
bien pourvu."Au Mali d'ATT, la honte est la chose la mieux partagée. Elle ne tue
pas, ne dérange les consciences ni des généreux donateurs ni des heureux
récipiendaires. L'orgueil et la modestie n'étant plus partie prenante de nos
éthiques personnelles, tout devient alors possible. Devant des cadeaux pour
lesquels on n'a pas droit, on dit non par orgueil qui tient lieu de raison.
Partager les dividendes de la délinquence financière autorisée par ATT avec
ATT, renvoyer l'ascensseur à ATT c'est bien, mais lui enseigner la modestie, la
mesure et l'honnêtété, démonstrations d'une certaine sagesse, c'est lui rendre
un grand service. L'image non reluisante que nous offre aujourd'hui notre
Président de la République paraît si écornée qu'elle ne correspond plus à celle
du héros national dans son acception la plus pure. Un héros se caractérise par
son courage, l'audace, le sens du sacrifice et du patriotisme pour son pays. Il
est recompensé de façon honorifique par l'Etat en guise de reconnaissance d'un
service civil ou militaire. Le vrai héros, digne de ce nom, garant de
l'autorité morale se serait contenté humblement d'une palme emblématique si tant
est que la recompense était justifiée. Personne ne se serait offusqué de voir
une figure emblématique bénéficier d'un insigne emblématique. L'homme a
ridiculement manqué de modestie. Mes chers compatriotes, tenez vous bien! La
réprésentation théatrale n'est pas encore finie. Si l'Empereur romain Auguste
après s'être miré à l'approche de la mort s'était exclamé en laissant choir:
Plaudite, acta est fabula !"(Applaudissez, la pièce est finie !), tel n'est pas
le cas de mon général-président.Il ne lui déplairait pas de voir ses laudateurs,
ses flagorneurs-profiteurs qui ne manquent pas d'ingéniosité de monter
d'autres pièces comiques en son honneur. Après les quartiers attbougou, la
médaille de 220 millions au musée national, il restera à donner son nom aux
rues, ériger des statues à son honneur, classer sa maison paternelle et la
mosquée qui est a quelques encablures, dans le patrimoine de l'humanité, honorer
Soud'Baba en érigeant un mausolée après sa mort et le classer huitième
merveille du monde et frapper son effigie sur la monnaie nationale, les timbres,
célébrer sa date de naissance. …
Nous surmontons notre timidité en frondant de
concert ces impertinents de laquais et l'incartade du héros d'hier qui n'a pas
daigné laisser le sage peuple malien et l'Histoire juger ce qu'il mérite. Depuis
belle lurette, les maliens, loin d'être d'une naïve candeur mais avisés, dans
leur vaste majorité ont brulé le héros de mars 1991 à la faveur de la dérive
monarchique, de la plutocratie( règne de l'argent), de la bureaucratie, du
népostisme, du clientélisme, de l'à peu près de sa gestion du pays, de
l'impunité; de la chèreté de la vie, le chômage et l'absence d'avenir radieux
pour une jeunesse désemparée. La misère est ambiante. Il y'a une espèce de honte
d'être le heureux récipiendaire d'une palme de 220 millions à la vue d'une
certaine misère sociale sans nom.
.
Le héros de mars 1991 s'est lamentablement commué en
contre -héros. Dommage qu'il n'est de si beau jour qui n'amène sa nuit. Je tire
le rideau sur ses frasques ridicules, ils sont inadmissibles; je les fustige car
il est piteusement tombé dans les travers de la mégalomanie, de la cupidité, du
narcissisme et de la petitesse. J'ai bien peur que cette affreuse décoration ne
réussisse à cacher sa vraie nature. Et oui, il est un mortel comme nous!

Fatogoma Mohamed ouattara
Fouattara2@comcast.net
http://fouattara.blogspot.com
Orange, New Jersey
USA


Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
Tel (00) 223 222 32 44
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