mercredi 23 février 2011

Hommage posthume à Samba SANGARE.

                        Hommage posthume A SAMBA SANGARE,

                         au militant sincère, au soldat patriote,

 

 

J'ai connu Samba Sangaré vers le     milieu des années1980. Depuis lors, j'ai gardé un contact permanent avec lui à travers de fréquentes visites et à travers une correspondance régulière après mon installation à Washington.

De nos nombreuses rencontres, je garde de lui l'image d'un homme franc, d'un militant passionné au sens noble du terme. Il était sincère comme l'étaient les premiers responsables du Mali qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes pour libérer notre pays du joug du colonialisme et qui se sont attelés à bâtir une société de justice sociale et de liberté tout en voulant construire l'unité de l'Afrique afin réhabiliter la dignité de notre Continent.

Samba Sangaré était au nombre de ces valeureux soldats qui, sous la conduite du capitaine Diby Silas Diarra, ont tenté de débarrasser le Mali du régime du CMLN qui était entré par effraction dans l'histoire de notre pays à la suite du coup d'état militaire du 19 novembre 1968. Ces soldats patriotes voulaient ainsi restaurer l'honneur de notre armée nationale qui avait été souillé par la forfaiture des putschistes du 19 Novembre 1968.Hélas, ces soldats patriotes furent arrêtés et déportés au bagne de Taoudénit, un camp de détention dont les geôliers n'ont rien à envier, en termes de barbarie et d'inhumanité, à ceux des camps Nazi d'Auschwitz ! Le chef de ces geôliers n'avaient-ils pas coutume de dire : « quand tu ne peux pas enfoncer le pilon dans l'anus du coq, c'est que tu as pitié de lui ».

À Taoudénit, Samba Sangaré et ses camarades ont vécu dans un véritable enfer. Leurs geôliers avaient reçu comme consigne de les faire mourir de la manière la plus atroce. A tour de rôle, le capitaine Diby Silas Diarra -ce héros de l'Armée nationale, pour lequel un soldat doit être au service du peuple et non se servir de son arme pour le subjuguer- et ses compagnons (Bakary Camara, Sawadogo, Alassane Diarra ; Jean Bolon Samaké, Many Ouattara,) seront purement assassinés dans le bagne-mouroir de Taoudénit. Il en sera de même pour Yoro Diakité, Tiékoro Bakayoko, Kissima Dounkara, tous anciens compagnons du général Moussa Traoré qui n'hésita pas à les envoyer à la mort pour satisfaire sa soif inextinguible de pouvoir.

A sa libération, Samba Sangaré a rendu un grand service au Mali et à l'Afrique en publiant un témoignage captivant sur sa détention dans le camp de Taoudénit. Ce livre restera gravé dans les mémoires car il a permis de connaitre la vérité de la barbarie déployée dans ce goulag africain par les sbires du général Moussa Traoré.

Samba Sangaré, le capitaine Diby Silas, et leurs camarades font partie de ces soldats patriotes dotés d'une conscience politique aigüe, qui resteront à jamais des modèles pour les générations à venir. Ils ont été les précurseurs des Jerry Rawlings et Thomas Sankara, qui ont montré que l'Afrique pouvait compter sur ses soldats pour porter haut le flambeau de la dignité, de l'honneur, de la justice sociale. La jeunesse malienne, victime de l'ambiance de médiocrité, d'obscurantisme et de confusion régnant dans notre pays, doit apprendre à connaître le parcours de ces combattants intrépides animés par un amour profond de la patrie. Elle doit apprendre à aimer sincèrement le Mali, car le patriotisme, loin d'être une infamie, est une des meilleures expressions du génie du genre humain. Adieu, mon cher Tonton. Puisse Allah, le Seigneur de l'Univers t'accorder Sa Grâce, Sa Miséricorde et t'accueillir en Son Royaume afin que ton âme repose en paix pour l'Éternité.

 

    Moussa Sow    

 Washington DC USA.

Msow59@hotmail.com


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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