mardi 11 janvier 2011

Touaregs-AQMI : qui cherche à créer l’amalgame ?


 

Lyon, le 10 janvier 2011

 

Touaregs-AQMI : qui cherche à créer l'amalgame ?

 

Les derniers événements au Sahel constituent une nouvelle étape dans la dégradation de la situation sécuritaire de la région.

 

Nous saurons bientôt qui a intérêt à faire l'amalgame et nous pourrons ainsi, une nouvelle fois, prendre la mesure des intérêts des uns et des autres à ne pas vouloir faire toute la lumière sur ces drames.

 

Nous pensons aux parents des deux jeunes hommes kidnappés dans un restaurant de Niamey. Deux jeunes gens heureux d'être au Niger, heureux pour l'un de s'y marier, avec une Nigérienne de surcroît, bref, heureux sans doute de faire confiance à la vie plutôt que de craindre le pire à chaque instant. Et espérons que nous ne nous contenterons pas seulement des détails de cet enlèvement ni de la fin tragique de ces jeunes gens…

 

L'intervention directe des forces françaises dans ce type de situation demeure problématique, car, si elle s'explique d'un point de vue technique et opérationnel, elle risque d'illustrer davantage encore les deux poids et les deux mesures auxquels on assiste, selon que l'on souhaite sauver des vies humaines occidentales ou locales. Cette région a connu d'autres crimes de masse contre lesquels la France s'est toujours gardée de jouer le rôle qu'elle souhaite assumer aujourd'hui. Cela est amplifié par une médiatisation qui fait peu de cas des vies nigériennes en jeu ! Mais peut-il en être autrement quand les gouvernements locaux eux-mêmes ne montrent aucune considération pour la vie leurs citoyens ?

 

Ainsi, depuis quelques mois, les projecteurs sont enfin braqués sur le Sahel et le Sahara central. L'importance géostratégique de cette région et la qualité des richesses que recèle son sous-sol suscitent de telles convoitises qu'il est presque impossible de reconnaître ouvertement que les intérêts des uns ne font pas forcément l'affaire des autres et qu'il semble qu'il soit unanimement reconnu qu'il vaut mieux faire l'impasse sur la vie des hommes directement concernés plutôt que perdre l'autorisation d'exploiter. Eh oui, l'autorisation d'exploiter est trop souvent tributaire d'entorses au sujet des droits les plus fondamentaux. Croire que l'on verra plus tard cette question pour mieux la faire respecter est forcément un leurre. Ce ne sont pas les citoyens de la République démocratique du Congo qui pourront nous contredire, eux qui possédaient le territoire le plus riche du monde, demandez-leur ce qui leur est advenu !

 

La France en tant que principale puissance impliquée dans les affaires de cette région doit faire évoluer ses méthodes et intégrer les droits des populations locales dans sa stratégie de préservation de ses intérêts. Elle a, en effet, trop souvent fermé les yeux sur les exactions que subissent les populations locales dans la région et donné l'impression qu'elle cautionnait la répression contre ces mêmes populations, notamment touarègues. Cette attitude a considérablement dégradé l'image de la France, « pays des droits de l'homme », et entamé le sentiment quasi-affectif que ces populations ont continué à garder pour elle, malgré les épreuves de la colonisation et la confiscation de leur souveraineté au moment des indépendances.

 

Le pillage des richesses de leur espace est organisé dans une opacité et selon des circuits qui favorisent l'évaporation des quelques retombées dans les méandres de la corruption au détriment des intérêts du pays. 

 

Aujourd'hui, certains milieux français cherchent à créer la confusion en suggérant l'existence de complicités touarègues dans les actes commis contre des Occidentaux dans la région. Un ex-ministre français des Affaires étrangères s'est assez curieusement précipité, au cours d'une déclaration pour le moins hasardeuse, dans une évocation du rôle qu'auraient pu jouer des Touaregs dans l'enlèvement des 7 personnes à Arlit (Niger). Il prend ainsi le risque de ternir davantage l'image de la France dans la sous-région.

 

Les agissements d'Aqmi ne concernent en rien des histoires de sous-sol, encore moins des affaires de droits de l'homme, mais ils éclairent d'une lumière très crue une région immense, trop bien exploitée pour certaines parties ou complètement abandonnée à elle-même au point qu'il s'y déroule toutes sortes d'affaires qui n'ont rien à voir avec nos valeurs, les cultures autochtones et les aspirations de tous ses habitants.

 

L'environnement géopolitique ne devrait pas s'accommoder de la faiblesse des populations locales pour bafouer ou mépriser leurs droits et intérêts. Cela pourrait risquer de les pousser dans des aventures qui compliqueraient sérieusement la mise en place de dispositifs sécuritaires, car ceux-ci seraient alors perçus, à juste titre, comme hostiles.

 

La méfiance que cultivent certains Etats à l'égard des Touaregs et le contexte actuel, qui ne concerne cependant en rien les populations vivant en permanence dans le Nord, favorisent la tendance de ces Etats à stigmatiser toujours davantage les communautés touarègues et à renforcer ainsi officiellement l'hostilité qu'elles inspirent malgré elles et très souvent en toute innocence…

 

Les Touaregs sont aujourd'hui dans un tel désespoir de faire reconnaître leurs droits, ils aspirent si fort à voir la fin des injustices qu'ils subissent que cela pourrait effectivement inciter certains à accepter des alliances de circonstance qui leur donneraient l'illusion d'être, enfin, acteurs de leur avenir !

 

Il ne faudrait pas qu'AQMI apparaisse un jour comme la seule voix qui s'élève au niveau international pour parler du sort fait aux populations locales. Cela pourrait avoir un impact non négligeable sur la perception qu'en auraient ces dernières.

 

 

Abdoulahi ATTAYOUB

aabdoulahi@hotmail.com

Temoust

Lyon (France)

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Activités récentes:
Connaître et faire connaître le peuple touareg.
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--
Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
Tel (00) 223 222 32 44
Fax (00) 223 223 81 68
B.P. E3206 Bamako-Mali
Cel1 (00) 223 643 49 64
Cel2 (00) 223 653 83 44
skype: djaladjo32
site: http://www.aboubacrine-assadek.com/

Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".



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