dimanche 30 janvier 2011

Niger : mêmes hommes, mêmes intrigues ?


Par Jean-Baptiste Placca

A Niamey, rien de nouveau. On vote, ce 31 janvier, mais, au lieu du renouveau démocratique espéré, les Nigériens n'auront le choix qu'entre le passé et… le passé ! Les principaux candidats à la magistrature suprême sont les mêmes qui dominent la vie politique au Niger, depuis deux décennies, avec leurs intrigues, avec leurs reniements.

Aussi, lorsque tous proclament aujourd'hui leur détermination à sortir le pays de la pauvreté, l'on ne sait trop s'il faut en rire ou simplement serrer les dents. Et, face aux alliances et mésalliances de la toute dernière minute, l'on se demande sérieusement si le général Saliou Djibo n'aurait pas dû nettoyer davantage les écuries avant de rendre les clés.

Des dispositions avaient été proposées pour élever le niveau (intellectuel) de la magistrature suprême ; elles ont disparu in extrémis, sans explication convaincante. Des procédures judiciaires ont été initiées, et entre deux meetings, certains candidats doivent répondre aux convocations des enquêteurs. Soit le dossier d'accusation n'est pas assez étayé, auquel cas, il faut leur épargner cette épée de Damoclès qui peut troubler les électeurs. Soit les charges présumées sont suffisamment sérieuses, et il s'impose de clarifier leur situation avant de prendre le risque de les proposer comme chef d'Etat aux Nigériens.

Saliou Djibo a rejeté la demande de report du scrutin formulée par presque tous les candidats, en raison, notamment, d'une certaine impréparation. Que le général veuille en finir au plus tôt avec cette transition est tout à son honneur. Mais à quoi aura servi tout le mal qu'il s'est donné pour ramener le Niger sur les rails de la démocratie, si, demain, les mêmes pratiques et les mêmes intrigants reviennent au pouvoir ?

En la matière, un des « modèles » africains auxquels l'on pense est Jerry Rawlings, au Ghana. En 1979, il avait fait juger ses prédécesseurs pour crimes économiques et démantelé les réseaux de corruption, avant d'organiser les élections et de transmettre le pouvoir au président élu. Aucun des partenaires étrangers du Niger n'aurait reproché au général de se donner quelques mois supplémentaires pour parfaire sa copie.

Car, au-delà des intrigues, ce qui est en cause, c'est le risque de retrouver, demain, au palais présidentiel, quelqu'un qui a porté et cautionné la forfaiture de l'ancien président, Mamadou Tanja. Ce qui risque de choquer, c'est que le premier magistrat du Niger, demain, soit un homme responsable de malversations financières, mais qui n'aura pas eu à en répondre, parce qu'il se sera fait élire, entretemps, président de la République.

Il y'a de forte chance avec ces intrigues et ces reniements que le parti de Tandja Mamadou revienne au pouvoir, avec comme président de la république, Seini Oumar, l'avant-dernier premier ministre de Tandja et un des hommes les plus riches du Niger qui aurait remboursé sous le régime de la transition actuelle une partie de son butin volé dans les caisses de l'état ; et comme premier ministre de ce régime issu de cette alliance funeste, le célébrissime ex-premier ministre sous Tandja pendant presque 10ans qui a comme seul mérité, d'avoir élevé l'Indice de Développent Humain du Niger au rang de dernier de la planète en pillant systématiquement les caisses de l'état pour son compte personnel en dehors de son salaire qui s'élevait à 15 millions de FCFA par semaine. Il a déjà fait un séjour en prison en fin de règne de Tandja de laquelle il s'est enfui en France, incarcéré pour avoir viré dans sons compte un milliard de FCFA destiné à la presse nigérienne parce qu'il ne pouvait pas payer de l'argent à une presse qui l'insultait au quotidien disait-il. Il a dans son actif une trentaine de milliards de FCFA dans des affaires encore pendantes devant la justice nigérienne. A ce tableau, il faut ajouter le futur président de l'AN, un ancien président, le premier démocratiquement élu au Niger (1993 - 1996) et dénommé pigeon voyageur parce qu'il a le mérité de créer des missions pour les frais et les avantages liés à ces missions. Lorsqu'il était président de la république, il emmenait dans son avion lors de ses déplacements à l'intérieur de l'Afrique des sacs d'oignons qu'il revendait à destination. De part ses comportements, il est la cause d'au moins  2 coups d'états militaires au Niger. Voilà pour le sombre tableau des futurs présidentiables du pays le plus pauvre du monde et dont le sous-sol nourrit et développe la cinquième puissance économique et militaire de ce monde. Lorsque ce funeste tableau sera aux affaires, il y'a fort à parier qu'il fera libérer Tandja Mamadou et le réhabilitera. Et il y'a de fortes chances qu'il y arrive, parce qu'un ami me disait que les paysans lui ont dit lors de son déplacement à l'intérieur du pays que le vote coutait 2000 FCFA.

Les prémisses d'un énième coup d'état militaire dans ce pays d'Afrique noire.

La véritable indépendance des pays africains après nos 50ans d'indépendance a débuté en Tunisie suivie après par l'Égypte. J'espère pour eux et pour l'Afrique qu'ils y arriveront.


Kamano

 

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Savoir, c'est porter la responsabilité d'agir, et agir c'est s'engager dans la voie de la reforme de la société. L'engagement est une responsabilité sociale de l'intellectuel




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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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