lundi 10 janvier 2011

Le probleme ivoirien: my take

On aimerait  croire que les solutions durables aux problèmes sociaux sont les solutions négociées et on parait décidément plus sage en préférant les négociations à l'usage de la force. Mais si l'histoire nous apprend quelque chose c'est que pour les conflits qui ont eu une longue période de gestation,  une solution négociée ne  devient possible que quand les rapports de forces ont été  clairement établis.

Ce fut le cas de la guerre civile aux USA, ce fut le cas de l'Allemagne avant et avec Hitler, ce fut le cas des Balkans et  ce fut le cas récent du Rwanda, pour ne citer que ceux-là.  Il me semble malheureusement que négocier aujourd'hui avec Gbagbo ne serait qu'une fuite en avant. La Côte d'Ivoire est aujourd'hui malade. Elle souffre d'un problème d'identité qui dépasse la personne de Gbabo. La RCI doit en venir à termes avec ses nouvelles données, à savoir qu'on n'a pas besoin d'être Agni, Baoulé ou Bété pour être Ivoirien. Qu'on n'a pas besoin d'être du Sud, du centre ou de l'Est pour être Ivoirien à pleins droits. C'est cela, à mon avis le mal ivoirien et Mr Gbabo n'en est que le symptôme.

Les Ivoiriens peuvent faire l' épreuve de force  préalable a une solution durable aujourd'hui, ou la renvoyer à leurs enfants. Mais elle est nécessaire pour que les éléments nationalistes n'aient plus de doute que  les tendances puristes d'ivoirété n'ont aucune chance de succès.  C'est seulement alors que ce pays pourra aller de l'avant. Si cela demande une intervention extérieure, tant mieux. A défaut ce sera une reprise de la guerre civile ivoirienne, qui de toute façon nécessitera l'intervention extérieure.

Seulement l'intervention de troupes africaines est délicate à cause justement des nationalités présentes en RCI. Des troupes maliennes, sénégalaises, burkinabés, ghanéennes ou guinéennes pourraient engendrer la guerre civile que l'intervention extérieure voudrait justement éviter.  D'autre part il ne faudrait pas s'imaginer des troupes Françaises et encore moins américaines débarquer de façon prophylactique.  Ces troupes ne viendraient qu'en sauveurs d'une situation désastreuse, c'est-à-dire quand les massacres auront atteint un nombre insoutenable à la conscience des nations développées.  C'est une meilleure entrée pour elles qu'une intervention préventive qui leur donnerait des allures d'arrogants  colons Blancs.  Alors la seule solution que je vois est celle d'une Côte d'Ivoire face à elle-même. Peut-être une République du Nord et une du Sud, comme le Soudan en sera un précédent dans les jours prochains,  peut-être une seule République sous Gbagbo avec une trêve de quelques années, peut-être une guerre civile rangée aboutissant sur un nouveau pays comme les USA, ou les citoyens sont unis par une communauté de but et de destin plutôt que de descendance.


Time will tell.

 Sabu Nyuman

PS : Pour ce qui est de la légitimité de Mr Gbagbo, personne n'est dupe. Ce serait trop facile si une cours constitutionnelle de quelques membres *désignés*  avait toute latitude sur les résultats des présidentielles. Du reste même aux regards de la loi, la cours constitutionnelle ne compte pas, ni ne modifie le décompte des voix. Elle certifie ou annule les élections. La constitution de la RCI est accessible a cette adresse :

http://fr.wikisource.org/wiki/Constitution_de_C%C3%B4te_d%E2%80%99Ivoire_du_23_juillet_2000




Aucun commentaire: