jeudi 13 janvier 2011

Le président de CARE, Cheick Boucadry Traoré : "Nous devons formuler de nouvelles politiques de gouvernance pour notre pays"

Le président de CARE, Cheick Boucadry Traoré : "Nous devons formuler de
nouvelles politiques de gouvernance pour notre pays"

L'Indépendant, 13/01/2011 Commentaires [ 3 ] E-mail Imprimer

"Pourquoi se battre pour un nouveau Mali". Tel est le thème d'une réflexion à
laquelle le président de la Convergence Africaine pour le Renouveau (CARE),
Cheick Boucadry Traoré dit Bouga, prend une part active depuis un moment. Dans
une récente intervention sur facebook. com /cheickboucadrytraore, le fils du
Général Moussa Traoré, que l'on annonce comme probable candidat à l'élection
présidentielle de 2012, réaffirme son engagement à formuler les bases de
nouvelles politiques de gouvernance pour le Mali. Lisez plutôt.
Notre pays se trouve face à de grands défis. Après 50 ans d'indépendance, des
millions de Maliens vivent encore dans la pauvreté et l'insécurité, privés de
l'accès à une alimentation suffisante, à la santé, à l'éducation, au capital et
aux autres services, dans des conditions qui ne se sont pas améliorées depuis
les premières années de notre indépendance.
En effet, l'un des problèmes épineux qui se posent à notre démocratie
naissante est celui de la menace constante d'explosion sociale liée à l'urgence
des exigences sociétales qui ont été ignorées depuis des années, en raison de
l'inadéquation des structures de commandement politique et économique. De ce
fait, des réformes radicales s'imposent d'autant plus que ces structures sont la
source de graves tensions et conflits qui peuvent anéantir toutes tentatives
d'instauration d'institutions véritablement démocratiques. Le Mali devrait avoir
le choix des changements qui s'imposent par un mode de gouvernance fondé sur
l'intérêt des citoyens. Après cinquante ans d'indépendance, notre pays est
encore appelée un pays en " voie de développement " en raison des errements des
systèmes politiques et de la mauvaise gestion des ressources. Les cadres de
politique de gouvernance devraient être révisés afin que notre pays évolue
progressivement vers un système véritablement pluraliste.
Nous devrons parvenir intelligemment à concilier le caractère collectif de
la culture sociale qui sous-tend notre pays avec l'économie de marché. Nous
devrons affermir la rigueur budgétaire et monétaire, se doter de politiques
sociales mieux pensées et se soucier davantage de l'égalité des chances pour
tous. Il s'agit de faire reculer le nombre de personnes vivant dans la pauvreté
et de mettre l'éducation, la santé et les retraites à la portée du plus grand
nombre. Il nous appartient d'améliorer les infrastructures dans le cadre de
partenariats public-privé. De tels progrès ne peuvent être réalisés que par
l'éducation civique et en associant l'ensemble de la population aux activités
politiques. Nous devrons aussi mettre l'accent sur l'élaboration de programmes
scolaires appropriés, sur le renforcement des capacités, l'amélioration de
l'enseignement et la maîtrise de programmes agricoles comme autant d'outils
d'enracinement de la citoyenneté et du sentiment d'appartenance à la nation.
Cependant, les nombreuses réussites comptées depuis cinquante ans ont prouvé
qu'il est possible d'avancer rapidement, même dans les circonstances les plus
pénibles. De telles considérations, associées au talent et à l'énergie
extraordinaire des citoyens maliens, à la volonté de notre génération de
transformer notre qualité de vie et de vouloir affirmer la place du Mali dans le
monde, nous font croire que les cinquante années à venir seront encore plus
prospères que les cinquante dernières. C'est à nous, la nouvelle génération, de
relever le défi. Nous sommes persuadés que nous sommes à la hauteur de la
situation. Nous avons un devoir à accomplir pour notre génération ainsi que
celles qui la suivront : faire émerger un système politique meilleur, nourri des
valeurs et des structures sociales et culturelles maliennes. Nos citoyens
aspirent à des politiques tournées vers l'avenir et fondées sur une vision
capable de porter leurs aspirations pour les cinquante années à venir et
au-delà.
L'avenir de notre pays ne passera certainement pas par les remèdes des
institutions internationales. Il ne passera sans doute non plus par la copie de
modèles de politiques de gouvernance non adaptées. Il est largement temps de se
dire que l'avenir du Mali passera par les Maliens eux-mêmes. Nous ne pouvons
plus être des spectateurs mais de véritables acteurs du débat citoyen. Nous
devrions nous donner comme devoir de formuler ensemble les bases de nouvelles
politiques de gouvernance pour notre pays. Il est temps que nous répondions à
l'appel et il est temps que nous soyons au rendez-vous de l'honneur.
Cheick Boucadry Traoré*
Président de CARE
NB : Le chapeau et le titre sont de la Rédaction
Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
Tel (00) 223 222 32 44
Fax (00) 223 223 81 68
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