vendredi 14 janvier 2011

Le génie tunisien en cause ?

S'agit-il d'une résurrection ou d'une réincarnation d'un peuple de génies ? J'admire personnellement le peuple tunisien. De part son modèle, de part son génie, il a su se démarquer, malgré ses ressources naturelles inexistantes (à l'instar du Mali), de la plupart des pays d'Afrique du nord engagés dans le terrorisme religieux aveugle qu'est l'islamisme ou la barbarie à l'état pur, l'assassinat gratuit au nom de l'islam. Le peuple tunisien a décidé de prendre son destin en main. Des manifestants ce vendredi criant des slogans hostiles au président Ben Ali au lendemain de son discours apaisant, après un mois d'émeutes sanglantes (Un professeur agronome chercheur de renommé internationale est parmi les morts qui sont au nombre de 66). Malgré que le président ait décidé de ne pas être candidat aux élections de 2014, de la formation d'un gouvernement d'union nationale, de la baisse des prix des produits de première nécessité, de la réouverture des sites publics web, intimé aux policiers de ne pas tirer sur les manifestants (ce que le GMT dont on veut nous imposer la réhabilitation n'avait pas eu la décence de faire), etc.

«Le ministère de l'Intérieur est un ministère de la terreur» et «hommage au sang des martyrs» ou encore «non, aux Trabelsi (ndlr: la belle famille du président) qui a pillé le pays», ont également scandé les manifestants. La femme du président ainsi que toute sa belle famille (les Trabelsi) seraient à l'origine du pillage systématique des deniers publics. Il faut avoir des relations solides avec cette belle famille pour avoir un emploi, dises les tunisiens. J'ai personnellement un ami tunisien ingénieur hydraulicien, qui m'informe de la situation.

Le président tunisien est un génie qui a été usé par le pouvoir et trompé par son entourage (il a eu le courage et le mérite de le reconnaitre), rien à voir avec nos dirigeants au QI asymptotiquement proche de l'axe zéro. Il suffit de faire une comparaison sincère et non partisane avec les dirigeants comme Boutef, Abdoulaye Wade, ATT, Laurent Gbagbo, D. Sassou Nguesso, Paul Biya, feu Eyadema et fils, feu Bongo et fils, feu Kabila et fils, etc. pour se surprendre entrain de faire une comparaison entre A. Einstein et un homo-sapiens (vous voudrez bien m'excuser des termes choisis pour cette comparaison). Pour les derniers dirigeants de l'Afrique centrale (et voisins) cités, la dernière trouvaille est l'élection présidentielle à un tour : le « truc con » copié à l'infini et qui ne demande pas à faire travailler ses méninges. Avec ces évènements sanglants, le pouvoir de Ben Ali semble à une agonie certaine.

Un peuple aussi intelligent qu'est les tunisiens, qui voyage, qui a été bien formé en Tunisie et dans les pays occidentaux, ne peut accepter cette insulte à son intelligence avec le pillage des ressources du pays par la femme du président et sa famille. Un pays n'est pas un bien familial ou le bien d'un clan.

Le taux de croissance exhibé annuellement pour justifier un bilan ne sert à rien si la richesse issue de cette croissance est concentrée entre les mains d'un clan, sans être correctement rétribuée à travers la performance du système éducatif et du système de santé desquels nos propres dirigeants n'ont aucune confiance, le développement agricole, le développement en matière énergétique dépendant de pays violents, instables et répandant une idéologie de la terreur et meurtrière.

Je suis d'accord avec la plupart des analyses de notre cher professeur de renommée, Monsieur Dialla Konaté dont la pertinence se passe de commentaires, mais je ne suis pas d'accord avec lui quand il écrit que le développement est un état d'esprit qu'on acquière par l'éducation. Les nombreux enfants qui meurent de faim, ceux qui sont malformés du fait de la famine et du manque de soins, ceux qui ne peuvent même pas rêver d'une éducation de qualité du fait de leur lieu de naissance, sont-ils à reprocher pour leur état d'esprit ? Cela n'a d'autre nom que pauvreté et sous-développement. Le secret de la réussit de l'ex-président brésilien a été de comprendre qu'on ne peut faire le développement d'un pays en excluant 80% de la population. 

Kamano 


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Savoir, c'est porter la responsabilité d'agir, et agir c'est s'engager dans la voie de la reforme de la société. L'engagement est une responsabilité sociale de l'intellectuel


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