mardi 4 janvier 2011

Laurent Gbagbo ou l’échec des intellectuels africains

Laurent Gbagbo ou l'échec des intellectuels africains

Par Allain Jules

http://www.connectionivoirienne.net/?p=47839

Échec retentissant, mauvaise foi, mensonge, déni, tous ces ingrédients qui émaillent de la crise ivoirienne dévalorisent de plus en plus les vrais panafricains. Faut-il être autiste pour se targuer d'être africain ? Sur tous les plans, mais, surtout dans le cercle de ceux qui se disent intellectuels, le port des oeillères est la règle… Au premier chef, le sortant ivoirien, soutenu par une horde d'hystériques autoproclamés patriotes, plutôt des patriotes alimentaires, qui se réclament de la fierté africaine, des xénophobes, des anti-blancs, des anti-Afrique, des anti-Europe, in fine, qui vivent pourtant dans le vieux continent. Or, ce n'est pas le débat. Il s'agit ici de savoir qui a réellement gagné l'élection présidentielle ivoirienne et non l'inverse. Arrêtons les hors sujets.

De l'art de porter des oeillères

C'est le déni perpétuel. L'indignation sélective, la fuite en avant pour mettre sur la table, des sujets sans objet, qui ne sont là que pour la diversion. En premier, ceux qui parlent de rébellion, d'exactions et tutti quanti, n'ont probablement pas lu l'accord de Ouagadougou, au Burkina Faso. Signé le 4 mars 2007 par l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le chef des Forces nouvelles Guillaume Soro et le président burkinabè Blaise Compaoré, il visait à ramener la paix en Côte d'Ivoire et à réunifier le pays.

En conséquence de cet accord, Le Président Gbagbo nomma M. Soro Guillaume au poste de premier ministre et signa dans la foulée une mesure d'amnistie, dont le premier chapitre du décret énonce :

« Article premier :
Sont amnistiées de plein droit quels que soient leurs auteurs, coauteurs ou complices, militaires ou civils, et quelles que soient leurs natures et les peines qu'elles ont entraînées ou sont susceptibles d'entraîner, les infractions contre la sûreté de l'État et la Défense nationale ainsi que les infractions connexes commises par les nationaux ivoiriens se trouvant sur le territoire national ou en exil, entre le 17 septembre 2000 et la date de signature de la présente ordonnance.
Article 2 :
Sont également amnistiés les faits et leurs effets collatéraux relatifs aux opérations de défense des Institutions républicaines menées par les Forces de Défense et de Sécurité aux dates et périodes des faits amnistiés par la présente ordonnance.

Article 3 :
La présente amnistie ne s'applique pas :
a) aux infractions économiques ;
b) aux infractions qualifiées par le code pénal ivoirien de crimes et délits contre le droit des gens, crimes et délits contre les personnes, crimes et délits contre les biens autres que celles énumérées aux articles 1er et 2.

Et par conséquent, ceux qui tentent d'évoquer les exactions du passé sont hors sujet. En revanche, considérant qu'aucune oeuvre humaine n'est parfaite, oui, le désarmement n'a pas eu lieu. Pourquoi donc aller aux élections ? Nonobstant ces faits, à partir du moment où ladite élection s'est déroulée dans l'ensemble sans réels conflits, ce n'est pas parce qu'on est perdant, qu'il faut mettre les accords sous le tapis.

Le hold-up électoral

A mesure que les bureaux de vote fermaient, le camp Gbagbo commençait à sentir sa défaite et déclara par la voix de Pascal Affi Nguessan (né de père Burkinabé), porte parole du sortant, qu'il fallait annuler cette élection au niveau de 4 départements du Nord, favorables à Alassane Ouatarra (né de mère burkinabé). Finalement, le Conseil constitutionnel qui éplucha en 2 heures, 20 000 procès verbaux -un travail de titan pour 6 personnes-, voyant que le candidat Ouatarra était toujours en tête, ajouta 3 départements pour que son candidat puisse dépasser les 50%. De mémoire d'homme, c'est bien la première fois que le pouvoir en place dénonce la fraude des opposants. Pire, à la hussarde, Laurent Gbagbo prêta serment le lendemain. Encore une grande première, du jamais vu ailleurs qu'en Côte d'Ivoire. L'avis du plus grand constitutionnaliste ivoirien, le Pr Francis Wodié (d'ethnie abouré comme Simone Gbagbo et dont la femme est bété comme Laurent Gbagbo), est sans ambiguïté. Il dit le droit simplement, ce que tentent de contourner les zélateurs du perdant en faisant d'un incident électoral, un pseudo problème de souveraineté, de patriotisme ou encore de panafricanisme. Des voltiges mensongères abyssales :

La violation de la loi portant code électoral : son article 64 nouveau, alinéa 1er, tel que résultant de l'ordonnance de 2008 portant ajustements au code électoral, énonce : « Dans le cas où le Conseil Constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble, il prononce l'annulation de l'élection et notifie sa décision à la Commission Électorale Indépendante qui en informe le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et le Représentant Spécial du Facilitateur à toutes fins utiles. La date du nouveau scrutin est fixée par décret pris en Conseil des Ministres sur proposition de la CEI. Le scrutin a lieu ou au plus tard 45 jours à compter de la date de la décision du C.C. ».Comment se fait-il alors, que privant le candidat Alassane OUATTARA de plus d'un demi million de voix sur la base d'irrégularités graves (article 64 nouveau du Code électoral en inversant ainsi les résultats, le Conseil Constitutionnel n'ait pas cru devoir appliquer la loi en annulant toute l'élection afin qu'on la reprenne conformément à la loi ?

Vous avez dit ingérence ? De quoi parlons-nous au juste ? Des vrais résultats de l'élection volée ou d'autre chose ? Oui, dans sa communication, le président français Nicolas Sarkozy a donné des arguments à ceux qui souhaitaient mener le débats dans des chemins tortueux n'ayant en réalité, aucun rapport avec l'élection présidentielle ivoirienne.

Laurent Gbagbo le panafricaniste d'opérette

Mettons donc à présent au défi, ceux qui se reconnaissent vraiment en la sagesse du panafricaniste d'opérette, plus connu sur le sobriquet du boulanger, pour qu'ils nous démontrent, montrent, prouvent, ce que leur champion a fait en 10 ans à la tête de la Côte d'Ivoire. On aura droit aux quolibets les plus crasses qui soient par manque d'argumentation. Le patriote de pacotille a bradé au plus offrant, la Côte d'Ivoire, la transformant en bric-à-bric insipide. C'est ironique, il n'a pensé à aucun de ses compatriotes ou aux Africains. Visitons ce chapelet d'actions aussi surprenantes les unes que les autres inconnues du grand public.

la filière la plus importante du pays, à savoir le cacao, est sous le contrôle à 90% par des sociétés étrangères : Cargill (Etats-Unis), ADP (Agro-Dealer development programme / Etats-Unis), Saco (Société africaine de cacao/ Suisse/Espagne/Hollande) et Cemoi (France).

Sur le plan du pétrole, le groupe Total a hérité sous l'impulsion du grand panafricaniste, environ 60% des parts, dans le permis d'exploitation CI-100 représentant 2009 km2 off-shore. Cerise sur le gâteau, l'homme qui aime tant son peuple, a permis à Total de s'implanter sur ce site, avec la garantie d'exploiter le pétrole ivoirien pour 20 ans de forages… gratuits.

C'est la société française Euro RSCG filiale de Bolloré, qui s'occupe de la communication du patriote ivoirien autoproclamé. Et que dire des experts de TNS Sofres qui se sont déplacé à Abidjan, pas pour des cacahuètes, pour réaliser des sondages sur l'élection présidentielle perdue par Laurent Gbagbo ?

Bolloré se voyait renouvelé le marché de gré à gré de la gestion du port à conteneurs d'Abidjan. Pendant ce temps, Vinci héritait d'un grand chantier à Yamoussoukro dont le palais présidentiel. Le partage est clair : la multinationale Bolloré contrôle les ports, Bouygues gère les ponts et Vinci les palais. Les chantiers Yamoussoukro sont ainsi aux mains de l'architecte français Pierre Fakhoury suivant des procédés qui avaient ému le FMI

Quand les intellectuels ou considérés comme tels cesseront d'écarter la passion et l'émotion dans leurs débats, en analysant sans brailler, mieux ça vaudra. Finalement, Leopold Sédar Senghor, le poète et ancien président sénégalais n'avait-il pas raison lorsqu'il déclara : « L'émotion est nègre et la raison est hélène » ? Cette citation qui m'a toujours hérissé le poil trouve dans le dossier ivoirien, une vérité implacable. Le spectacle ridicule que donnent Laurent Gbagbo et ses partisans est ubuesque. La politique de l'autruche les tuera…Comme le disait si bien Jean-Paul Sartre : « l'enfer c'est les autres ». Pour les intellectuels africains, le sport national est de rejeter leur incompétence sur les autres. Quelle ironie !

Allain Jules

 

Kamano

 

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Savoir, c'est porter la responsabilité d'agir, et agir c'est s'engager dans la voie de la reforme de la société. L'engagement est une responsabilité sociale de l'intellectuel




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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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