vendredi 17 décembre 2010

Ultimatum en Côte d'Ivoire : Gbagbo a trois jours pour partir

Ultimatum en Côte d'Ivoire : Gbagbo a trois jours pour partir
Alors qu'Abidjan vit vendredi dans la peur de nouveaux affrontements après le lourd bilan de jeudi, Paris et Washington entrent dans la bataille post-électorale et lancent un véritable ultimatum à Laurent Gbagbo, le président ivoirien sortant qui revendique toujours la victoire, pour qu'il quitte le pouvoir « avant la fin de la semaine ».
Au cours d'une conférence de presse à Bruxelles, Nicolas Sarkozy a prévenu que si Laurent Gbagbo ne quittait pas le pouvoir avant la fin de la semaine, son nom serait inscrit sur la liste des personnes visées par des sanctions de l'Union européenne, essentiellement des proches de Gbagbo.
« Laurent Gbagbo et son épouse ont leur destin entre leurs mains. Si, avant la fin de la semaine, il, Laurent Gbagbo, n'a pas quitté le poste qu'il occupe en violation de la volonté du peuple ivoirien, ils seront nommément sur la liste des sanctions »

La liste sera finalisée lundi par les ministres des Affaires étrangères de l'UE, et comprendrait des personnalités comme le conseiller pour la sécurité de M. Gbagbo, Kadet Berlin, le secrétaire général de la présidence, Désiré Tagro, ou le président du Conseil constitutionnel, Yao N'Dre, qui a proclamé la victoire du président sortant.

La communauté internationale adopte une position commune

Une position similaire à celle de la France a été énoncée vendredi à Washington par un responsable du département d'Etat, qui a indiqué que cette position de « fermeté » était également partagée par l'Union africaine.
Son principal responsable, Jean Ping, est arrivé vendredi à Abidjan, sans doute porteur de ce message de la communauté internationale, et par la Confédération des états d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) dont fait partie la Côte d'Ivoire.
Cet ultimatum rajoute à la tension de cette nouvelle journée test dans la capitale ivoirienne. Après la journée de manifestations de jeudi, qui s'est terminée sur un lourd bilan de plusieurs dizaines de victimes, dont 20 à 30 morts selon les sources, Abidjan se préparait en effet de nouveau au pire. En cause : le nouvel appel à manifester lancé par le président élu reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, toujours reclus à l'hôtel du Golf, protégé par les casques bleus de l'ONU.
Selon Christophe Boltanski, l'envoyé spécial du Nouvel Obs à Abidjan, « le climat est très tendu dans les quartiers populaires. Toutes les boutiques sont fermées, les habitants dans la rue sont très nerveux, il y a des policiers postés à tous les coins de rue stratégiques. Dans le Nord de la ville, au carrefour Williamsville, une vingtaine de jeunes postés sur un pont se sont mis à lancer des pierres sur des voitures. On a aussitôt entendu des détonations et vu débarquer deux blindés de la garde républicaine et un camion de police. (…) Il semble que consigne a été donnée de tirer dès qu'il y a un semblant de rassemblement. »
Impuissante jusqu'ici à éviter cet engrenage de la violence, la communauté internationale tente de lancer des appels au calme. Mais à entendre le porte parole de l'Onuci, la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire, vendredi matin sur France Info, on ne pouvait que ressentir cette impression d'impuissance tant de fois vécue dans des situations de montée de la violence, de l'ex-Yougoslavie au Rwanda.

Les casques bleus patrouillent et protègent Alassane Ouattara

Interrogé sur le rôle des casques bleus pendant les affrontements de jeudi, le porte-parole a indiqué qu'ils avaient effectué des patrouilles, et protégeaient l'Hôtel du Golf où sont réunis Alassane Ouattara, son « premier ministre » Guillaume Soro, et leurs entourages. C'est beaucoup, et ce n'est évidemment pas suffisant pour empêcher le bain de sang qui menace.
Dans cette langue onusienne si éloignée de la réalité de la rue, l'Onuci a publié un communiqué qui ressemble à autant de voeux pieux :
« Depuis l'annonce des marches du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) prévues les 16 et 17 décembre 2010, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Côte d'Ivoire, YJ Choi, a multiplié les initiatives pour que la raison prévale et que tout soit fait pour éviter la violence afin de ne pas aggraver une situation déjà fort complexe. (…)

L'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) réitére son opposition à tout recours à la violence pour résoudre les difficultés et lance un appel à toutes les parties concernées pour qu'elles fassent preuve de retenue et de sang-froid et qu'elles évitent de poser des actes qui pourraient alourdir les souffrances des populations et compromettre les multiples efforts en cours en vue de faire prévaloir la volonté du peuple du 28 novembre 2010. »

Les deux camps s'accusent d'employer des mercenaires

Vendredi, l'impasse semblait toutefois totale : le camp du président sortant Laurent Gbagbo, qui contrôle l'armée nationale et les grands médias de la capitale, ne montre aucun signe de rechercher un compromis reconnaissant le résultat des élections proclamé par la Commission électorale indépendante et reconnu par la communauté internationale.
Laurent Gbagbo a été proclamé président par le Conseil constitutionnel (qui lui est acquis), et a prêté serment pour un nouveau mandat.
D'autant que les deux camps s'envoient des accusations réciproques d'avoir recours à des forces étrangères, des « mercenaires » libériens pour le camp Gbagbo, et des soldats burkinabés dans le nord pour le camp Ouattara. Ces accusations n'ont pas été prouvées.
Reste à savoir, désormais, si l'ultimatum lancé par la Communauté internationale à Laurent Gbagbo sera de nature à le faire céder, ou s'il ne fera que radicaliser les positions dans ce climat qui menace de dégénérer en nouvelle guerre civile.
Pour suivre les évenements de la journée, cet article sera réactualisé régulièrement. (Voir la carte d'Abidjan)



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Mr ASSADEK aboubacrine
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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