dimanche 26 décembre 2010

Réconciliation Nationale à la sauce ATT.

                                                                                                                                    

Union Soudanaise RDA                                                                Respectueuse du Passé

Bureau Politique national                                                              Confiante en l'Avenir

 

DECLARATION

 

A la veille de son départ de la Magistrature Suprême du pays, le Président Alpha Oumar KONARE a estimé devoir accorder la grâce présidentielle à Monsieur Moussa TRAORE et son épouse dont les deux condamnations à mort avaient déjà été commuées en détention perpétuelle. Cette décision de grâce relève des prérogatives constitutionnelles du Président de la République.

L'Union Soudanaise RDA prend acte de cette décision et souhaite que les bénéficiaires en saisissent correctement la signification morale et politique. Elle y voit une manifestation des vertus de la démocratie malienne qui, par delà le souci d'un certain apaisement dans la classe politique se veut sensible aux considérations d'ordre humanitaire.

Cela étant, l'Union Soudanaise RDA met en garde la classe politique, le peuple tout entier et l'opinion internationale contre des amalgames et des extrapolations spécieuses qui conduiraient à confondre grâce présidentielle, réhabilitation juridique et amnistie.

En effet, si une mesure de grâce annule les effets d'une condamnation, elle n'annule pas les faits incriminés qui sont à la base de cette condamnation ni les peines complémentaires ou accessoires.

Pour l'Union Soudanaise RDA, Moussa TRAORE est et demeure le premier responsable du Coup d'Etat du 19 Novembre 1968, un crime de dimension historique contre la Constitution et toutes les Institutions en vigueur à l'époque. Les conséquences énormes de ce crime perdurent encore de nos jours dans tous les domaines de la vie et bon nombre des problèmes que connaît notre peuple y trouvent leur source. Moussa lui-même ne disait-il pas dans une récente interview à Jeune Afrique l'Intelligent : « qu'à l'heure du bilan on se retrouve(rait) comme à la veille du 19 novembre 1968 » ?  Qu'est-ce à dire sinon que ni ses 23 ans de gestion ni les 11 ans de pouvoir ADEMA n'ont servi à rien, sauf à faire reculer le pays dans les domaines essentiels ? La réalité est encore plus grave et la grande majorité de l'électorat malien en convient ainsi que cela apparaît à travers les résultats des présidentielles de 2002 qui ne sont que la sanction infligée aux deux régimes par un peuple meurtri exigeant le changement.

Moussa TRAORE est et demeure le premier responsable du Régime arbitraire, dictatorial et sanguinaire qui a bradé les biens du peuple malien, liquidé les acquis du peuple, attenté aux libertés publiques et individuelles, détruit le tissu social ainsi que le système scolaire et universitaire, commis avec la complicité active des organes directeurs et des acteurs de l'Etat qui étaient sous son autorité d'usurpation, de nombreux  meurtres et assassinats d'enfants, de femmes, de militaires et de civils.

Moussa TRAORE est et demeure le premier responsable de l'assassinat du Président Modibo KEITA, Père fondateur de la République du Mali, et des autres victimes civiles et militaires qui sont mortes dans différentes geôles sous son règne sans jamais avoir été jugées ou après des simulacres de procès. Aujourd'hui encore, beaucoup d'anciens détenus du régime de Moussa Traoré vivent dans les pires conditions possibles, les séquelles des mauvais traitements et des maladies contractées en détention constituant l'essentiel des maux dont ils souffrent. On ne parle même pas de leur situation à plus forte raison y trouver remède. Que dire de ceux qui sont morts sans être rétablis dans leurs droits les plus élémentaires ?

Moussa TRAORE est et demeure le premier responsable des assassinats de leaders estudiantins dont Abdoul Karim Camara dit CABRAL et TIOKARY.

Pour l'Union Soudanaise RDA enfin, Moussa TRAORE est et demeure le premier responsable des hécatombes qui ont émaillé son règne à l'occasion des sécheresses et surtout des centaines de morts et de blessés de janvier-mars 1991 pour qu'il reste président.

L'Union Soudanaise RDA saisit cette occasion pour réaffirmer sa compassion à l'égard de toutes les familles endeuillées du fait des répressions exercées sous le régime de Moussa Traoré.

L'Union Soudanaise RDA salue la lutte des patriotes de tous bords et de tous pays qui ont par leurs efforts et leurs sacrifices, permis au peuple malien de mettre fin au régime de Moussa Traoré. Elle assure toutes les organisations de lutte contre la répression  et les injustices au Mali (le CDLDM – Amnesty International – France Liberté – les syndicats du Mali - les Magistrats et avocats Maliens – les Partis de la gauche française – la CGT française – le Secours Populaire de France - le CNID Association - l'ADEMA Association – l'AMDH – l'AEEM – l'ADVR – l'ATVR – l'AMS UNEM – le mouvement démocratique Malien - etc. ), de sa profonde reconnaissance et de son soutien ferme et indéfectible.

L'Union Soudanaise RDA ne prône pas la vengeance mais elle met en garde contre l'oubli amnésique qui effacerait de la mémoire collective, la cruelle réalité historique et conduirait à saluer ce qui doit être condamné.

L'USRDA reste fidèle à sa conviction acquise depuis le Président Modibo Keita, que le MALI est une valeur toujours plus grande et que c'est dans le dépassement des données négatives, sans pour autant les gommer, que résident les chances de l'Avenir !

 

 

Bamako 14 juin 2002

Pour le Bureau Politique National

Le Secrétaire Politique

Amadou Seydou TRAORE

 

 

Dans les faits

que pense ATT de Moussa Traoré ?

(Extraits d'articles publiés par le journal Nouvel Horizon en 2002)

 

 

De sources concordantes, on a appris que, pour le second tour du scrutin présidentiel, le Général ATT, dans le cadre des traditionnelles tractations politiques, serait entré en pourparler avec des responsables du MPR, le parti se réclamant l'héritage politique du GMT. Au cours de ces discussions secrètes, tenues loin des projecteurs, une fois encore, la question brûlante de la libération de Moussa TRAORE et de son épouse a été remise sur le tapis. Comme à son accoutumée, le Général ATT, qui est favorable à l'élargissement des époux TRAORE, aurait donné des assurances fermes à ses interlocuteurs politiques, s'il était élu Président de la République, quant à la prochaine remise en liberté totale de l'ex-couple présidentiel. …

 

 

Le parcours du Général ATT, pour parvenir à obtenir les faveurs du MPR, s'inscrit dans le cadre du discours sur la réconciliation nationale. Cet engagement aura longtemps été développé par les Tigres qui ont toujours revendiqué haut et fort l'héritage du Général Moussa TRAORE, justement déchu du pouvoir et emprisonné par celui-là qui sollicite aujourd'hui leur appui.

Pour justifier son entrée en lice pour les présidentielles de 2002, l'un des arguments décisifs avancés par le Général ATT, a été la nécessaire réconciliation nationale. Et d'ailleurs, lorsque l'éventuelle candidature de l'auteur du coup d'Etat du 26 mars 91 en était encore au stade des supputations (et il faut remonter à une conversation tenue dans les locaux de la Fondation pour l'Enfance le 1er mai 1999, donc bien avant qu'il ne soit question d'une démission ou d'une retraite anticipée de l'Armée), …

 

 C'est en fait le 9 mai dernier que la saga réconciliatrice est véritablement sortie des discours de campagne pour se retrouver sur la table des négociations d'entre les deux tours. Selon nos informations, le Président et candidat du MPR, Choguel MAÏGA aurait été bien approché par le Général Amadou Toumani TOURE, ce dernier sollicitant un ralliement assez conséquent à sa cause, les partis du MDC étant visiblement peu suffisants pour dessiner une victoire dont l'ampleur écrasante paraissait compromise. Malgré le lourd contentieux en souffrance, le Président du MPR, sans toutefois écarté quelque option, n'en formulera pas moins deux préalables, à ses yeux incontournables. Il est vrai que même si l'opportunité électoraliste demeure sans conteste avec l'appui recherché des Tigres, le Général candidat n'en a pas moins présenté sa sollicitation sous la rubrique de la réduction de la fracture nationale, dont il n'est pour autant pas étranger au thème.

En effet, pour Choguel MAÏGA, membre du regroupement Espoir 2002, en compagnie de l'ancien Premier Ministre Ibrahim Boubacar KEITA du RPM, Me Mountaga TALL du CNID, entre autres poids lourds de l'opposition d'alors, il n'est guère possible de se défaire des engagements conclus dans ce cadre. Aussi aurait-il fait remarquer au solliciteur que les voix du MPR, certes minorées pour les besoins de la cause (en aurait-il fait la révélation), ne pourraient cependant être négociées que dans le seul cadre strict de Espoir 2002. Aussi le Président du MPR aurait-il incité le Général ATT à s'adresser à cet effet à IBK, leader ''naturel'' du regroupement (du moins depuis les résultats officiels du 1er tour). La suite, on la connaît, même tard dans la soirée du 9 mai.

Le second préalable de Choguel MAÏGA, assurent les sources proches de Quizambougou, aurait été le cas certes du Général Moussa TRAORE, mais également de tous les anciens dignitaires du régime défunt de l'UDPM. Et de fait, à la lumière des dix dernières années de tracasseries de toute sorte, voire de règlements de compte et chasse aux sorcières pratiqués comme nouvelle politique néo-démocrate, il restait d'assez lourds contentieux à vider, dont le moindre n'est pas l'emprisonnement du couple présidentiel, soumis à deux les deux procès ''crimes de sang'' et ''crimes économiques'', aux relents plus d'humiliation que véritablement juridiques. Si Choguel MAÏGA n'a pas jugé utile de rappeler au Général ATT son silence quant à ce dossier sulfureux, il insistera néanmoins sur le caractère incontournable d'une rencontre entre le Général ATT et ceux-là qu'il a renversés et jetés en prison un soir du 26 mars 91. Ce à quoi le candidat se pliera volontiers, puisqu'au demeurant une telle rencontre ne sort pas du cadre de son discours politique. C'est donc après Sébénicoro que se tiendra ce face à face où, entre autres barons du régime défunt, avaient pris part les Généraux Mamadou COULIBALY et Sékou LY, le Colonel Ousmane COULIBALY, Sidiki DIARRA ancien Président de l'Assemblée nationale, M'Bouillé SIBY, Mady DIALLO, Drissa TRAORE, Oumar KANOUTE, Djibril DIALLO, Tiénan COULIBALY, etc. Durant près d'une heure trente minutes, les parties plancheront sur cet engagement certes moral, mais fondamental : obtenir la réhabilitation des anciens dignitaires. Pour les uns et les autres, la vraie réconciliation nationale passe par ce préalable, pour des hommes et des femmes, certes sortis de prison, mais exposés durant ces dix ans à l'humiliation et même à la persécution, pour avoir exercé de hautes fonctions sous l'ancien régime. Aux yeux de ses interlocuteurs de ce soir du 9 mai dernier, ATT, mieux que quiconque, sollicitant l'appui de ceux-là dont les avanies proviennent de son acte du 26 mars, est le meilleur gage de leur réhabilitation. Pour eux, la démarche du Général était en soi un acte majeur et, poursuivent les sources, cela aurait déjà suffi à les incliner en sa faveur, en plus d'un engagement ferme à ce propos. Mais le contentieux du Général et ancien président, emprisonné en compagnie de son épouse, demeurait toujours. Et cette fois, ce serait ATT lui-même qui aurait sollicité de ses interlocuteurs de devenir son porte-parole auprès de l'ancien Président de la République pour solliciter son appui dans ses efforts d'ascension de Koulouba, d'où il l'en avait chassé le 26 mars 91. Lorsqu'il est revenu à Mady DIALLO de prendre la parole pour répondre, ce dernier ne manquera pas de faire remarquer que la réhabilitation était déjà acquise dès lors que ATT est venu à eux. Car, pour eux, il ne s'agit point de sortir de prison ni se voir octroyer quelque avantage que ce soit, mais simplement d'être lavés du sceau d'infamie dont l'ostracisme les a accompagnés ces dix dernières années. Pour ATT, au-delà d'une possible victoire après les consultations de ce dimanche, la véritable victoire aura été, à l'en croire, acquise ce 9 mai.

Par la suite, une délégation du MPR aurait quitté Bamako le lendemain 10 mai, en direction de Markala, avec pour objectif de s'entremettre et rendre compte auprès du vieux couple présidentiel qui y est emprisonné. Le Général Moussa TRAORE aurait déclaré prendre acte du geste et de la démarche de son tombeur, en assurant avoir tourné la page.

Assurément, les 9 et 10 mai dernier, une partie de l'échiquier semble avoir fermé une parenthèse douloureuse de l'histoire nationale, quand bien que cela serait intervenu dans un contexte électoraliste bien souvent non dépourvu d'hypocrisie discursive. …

Yaya TRAORE

 

 

En effet, dans J.A/L'Intelligent N°2158, le futur Président du Mali déclarait à propos de la libération de GMT : "Si mon prédécesseur ne le fait pas d'ici le 8 juin, démarche à laquelle j'adhère totalement, je le ferai dès mon installation au pouvoir". Cette démarche du Général est guidée par son penchant humanitaire dont il s'est fait écho " Pendant une décennie, j'ai fondé mon action sur l'humanitaire. Le Président Konaré pourrait y contribuer à sa façon. Il en est de même pour le Général Moussa Traoré. Une fois qu'il sera élargi".

 

 

 

Si tout le monde reste acquis à l'idée de la libération de Moussa Traoré et de sa femme, force est de reconnaître que certains posent des conditions. En l'occurrence, ils demandent qu'après sa libération que le général fasse son examen de conscience et demande pardon à tous ceux qui ont été victimes de loin ou de près de par sa gestion du pouvoir. Il s soutiennent cet argumentaire selon lequel le Général Moussa Traoré, étant le chef de l'Etat, est tenu pour responsable de tous les actes posés par ses collaborateurs. Cette frange de citoyens exige que le Général Moussa Traoré, à l'instar de Obasanjo, demande excuse auprès des familles des militaires qui ont perdu leur vie dans les geôles sous GMT, des militaires qui ont été victimes d'accusations et qui les traînent en longueur de journée, de ces femmes qui ont perdu leurs maris, de ces enfants qui sont restés orphelins, de ces familles dont les responsables ont perdu leur vie du fait de la gestion du pays par GMT. Pour eux, la réconciliation nationale ne saurait être définitive que si GMT demandait publiquement pardon à toute la nation et principalement aux familles victimes de son pouvoir…

 

Le Président du MPR, le Dr Choguel MAIGA, s'est évertué, dans un discours politique désormais célèbre, à prouver que la réconciliation nationale n'est possible que sauf si le peuple malien consent à accepter d'ouvrir et de débattre de tous les grands dossiers sur la mort de Mamadou Konaté, de fily Dabo et ses compagnons, de Diby Sylass et compagnons, de Tiécoro, Kissima et compagnons, de Cabral, des événements du 26 mars 1991, de la mort de Tiéoulé Mamadou Konaté. Pour le MPR, seule la lumière sur ces grands événements pourra permettre une réelle réconciliation nationale. Le fait pour Moussa TRAORE de demander pardon aux fins de dissiper les rancœurs est mal perçu par les responsables de ce parti qui estiment non seulement que le parti l'a suffisamment galvaudé, mais que trop d'actes ont été posés par rapports à des événements dont on impute la responsabilité à Moussa TRAORE mais qui ont été dénoncés par les responsables actuels de ce pays. Une lumière sur ces événements permettra de voir clair et d'apprécier à sa juste valeur ces événements et donner à la nation les raisons d'une entente entre les fils du pays. Toutefois, d'autres estiment que le geste politique du MPR est, certes, salutaire, mais que l'acte de pardon aux familles des victimes de la IIè République provenant de Moussa TRAORE est plus porteur et plus significatif que tout autre.

 

 

Une délégation importante conduite par le Général Tiécoura DOUMBIA a été envoyée par la Présidence à Markala pour signifier à l'ex-couple présidentiel la décision du Président Alpha de procéder hier même à leur libération. Mais, cette délégation a été accueillie à froid par le Général qui a posé deux conditions sans la résolution desquelles il restera toujours en prison :

1- Il a été arrêté et condamné pour avoir utilisé les moyens de l'Etat dans pour l'électrification de son champ. Or, depuis les événements de 1991 et lors du Procès " Crimes économiques " nulle part il n'a été prouvé sa culpabilité. Son champ, qui n'a jamais été électrifié, a été saccagé et les matériels volés. Moussa TRAORE exige donc que toute la lumière soit faite sur ce dossier et le réhabiliter en conséquence.

2- Il a été accusé d'avoir tué les gens sans que cela soit prouvé. Il exige en récompense qu'à défaut des preuves, il soit réhabilité.

Une troisième condition qui n'est pas des moindres, GMT estime qu'on lui a tout volé et il n'a nulle part où aller. Peut-il de façon hasardeuse quitter la prison sans savoir pourquoi on le libère et où aller après y avoir passé dix ans ? Mieux, selon des sources proches de GMT, il aurait soutenu que les deux condamnations sont politiques, donc si c'est pour les mêmes raisons politiques que Alpha veut le libérer, alors qu'il ait le courage de le réhabiliter et restituer ses biens dont certains ont été vendus aux enchères sans l'avis du magistrat instructeur et avant tout procès. C'est pourquoi le Général Moussa TRAORE a exigé d'abord une totale réhabilitation.

 

En outre, il est également important de noter que la position de l'ancien Président, emprisonné, n'a pas fondamentalement varié vis-à-vis de son Ex-Ministre de la jeunesse, aujourd'hui Chef de l'Etat, à propos de la grâce présidentielle. En effet, GMT, depuis qu'il est en prison, s'est toujours refusé à demander une grâce à un "mortel" comme lui. Ce qui l'a empêché de s'adresser formellement et personnellement à l'actuel Président de la République pour obtenir le bénéfice de quelque grâce présidentielle que ce soit. Son niet catégorique rentre dans cet ordre d'idée….

 

Par Mohamed SACKO

 


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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