vendredi 24 décembre 2010

R ATT soutient-il Gbagbo ? Le Mali paye les salaires des fonctionnaires ivoiriens


Publié le vendredi 24 décembre 2010   |  AP




Vos outils

IMPRIMER
height=28
REAGISSEZ

PARTAGEZ



Le Conseil des ministres de l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) a demandé à la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest de couper l'accès de Laurent Gbagbo aux comptes de la Côte d'Ivoire. Une initiative qui accentue la pression sur le président sortant qui refuse de céder les rênes du pouvoir sur fond de violences post-électo

La décision prise par le Conseil des ministres de l'UEMOA jeudi lors d'une session extraordinaire à Bissau va compliquer les efforts de Laurent Gbagbo visant à payer les fonctionnaires et les soldats. Les alliés d'Alassane Ouattara, dont la victoire au second tour de la présidentielle a été reconnue par la communauté internationale, espèrent que cette mesure ouvrira la voie à des défections en masse si les gens ne reçoivent pas leur salaire.

Dans un communiqué, le Conseil des ministres de l'UEMOA dit avoir "pris acte des décisions de l'ONU, de l'Union africaine et de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) de reconnaître" le chef de l'opposition Alassane Ouattara comme "président légitimement élu de la Côte d'Ivoire. Il demande à la BCEAO de "permettre aux seuls représentants régulièrement désignés par le gouvernement légitime de Côte d'Ivoire, d'effectuer les mouvements sur les comptes ouverts en son nom".

Ces représentants sont "les seuls habilités à prendre des mesures relatives au fonctionnement de l'Union, au nom" de la Côte d'Ivoire, a également souligné le conseil des ministres de l'UEMOA, déclarant "donner instruction à la BCEAO et aux banques de l'Union" de veiller à "l'application rigoureuse" de l'ensemble des décisions.

Mercredi, la Banque mondiale avait annoncé avoir gelé ses prêts à la Côte d'Ivoire.

Si Alassane Ouattara dispose du soutien de la communauté internationale, Laurent Gbagbo contrôle encore les forces armées. Jeudi soir, la télévision d'Etat a disparu des écrans dans au moins six villes, selon des habitants, mais continuait à être reçue à Abidjan. Il y a une semaine, des partisans de Ouattara avaient tenté en vain de s'emparer du contrôle de la chaîne. On ignorait la raison pour laquelle le signal avait été coupé.

Au moins 173 personnes ont été tuées et 90 torturées ou maltraitées entre le 16 et le 21 décembre, selon les Nations unies, dans des violences ayant suivi la proclamation des résultats de la présidentielle en Côte d'Ivoire, suscitant la crainte d'un retour à la guerre civile.

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a adopté jeudi une résolution appelant à la fin des violences. Le texte condamne avec force les enlèvements, détentions, violences sexuelles et autres abus qui ont été rapportés, et demande des enquêtes sur les accusations de violations des droits de l'Homme.

Des hommes masqués, équipés de lanceurs de roquettes, ont bloqué l'accès vendredi à un site qui pourrait abriter, selon l'ONU, un charnier. Des miliciens lourdement armés du camp Gbagbo et rejoints par des hommes masqués empêchaient tout accès au village de N'Dotre.

Charles Blé Goudé, "ministre de la Jeunesse" de Laurent Gbagbo, a appelé à des manifestations mercredi prochain. Il fait l'objet de sanctions prises en 2006 par les Nations unies pour son rôle dans la mobilisation des Jeunes Patriotes, un groupe pro-Gbagbo qui a commis de violentes attaques contre des étrangers, particulièrement des ressortissants français.

En France, la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie a estimé sur RMC que Laurent Gbagbo avait "encore la possibilité" de faire une "sortie honorable" en transmettant le pouvoir à Alassane Ouattara. "Un chef d'Etat qui perd des élections, à partir du moment" où il "fait un certain nombre de choses positives" dans son pays "a droit à avoir une sortie tout à fait honorable et je crois que tout le monde en était bien d'accord sur ce point", a-t-elle observé. Avant d'ajouter: "Mais il est vrai que plus le temps passe, et plus il y a effectivement de dérapages, voire de violences, et plus cette perspective s'éloigne".


2010/12/24 Kamano Bengaly <b_kamano@yahoo.fr>

Amadou Toumani Touré (ATT) au secours de Laurent Gbagbo. C'est grâce à un coup de pouce du chef de l'Etat malien que les fonctionnaires ivoiriens ont été payés, hier. La direction nationale de la Bceao du Mali a décidé d'alimenter les comptes de la Sgbci et de la Bicici, un seul coup de fil de ATT a suffi.

« Nous avons le regret de vous informer que faute d'avoir reçu la couverture financière du virement des salaires des fonctionnaires, les comptes de ces derniers n'ont pu être crédités par la banque ». C'est en substance le message que les fonctionnaires ont pu lire hier matin aux portes de la SGBCI qui héberge 60% des comptes des salariés du secteur public et de la Bicici.

Grand était donc le désarroi des fonctionnaires qui commençaient pour certains à passer la fête de la nativité sans un centime dans les poches. Mais vers la fin de la matinée, c'est-à-dire à 11 heures, les agences de ces deux banques ouvrent leurs portes. Les responsables des deux banques (SGBCI et BICICI) reçoivent le Ok qu'ils attendaient de la Bceao. La couverture financière des virements des fonctionnaires est effective et les comptes de ces derniers sont immédiatement crédités. Information prise, le coup de pouce salvateur serait venu du Mali. Le président ATT qui a été démarché par Gbagbo (Désiré Dallo était à Bamako) a accepté de donner instruction à l'agence nationale de la Bceao de Bamako d'alimenter en liquidités les comptes de la SGBCI et de la BICICI, via la Bceao d'Abidjan.

La question que l'on se pose, c'est pourquoi ATT, qui est le président en exercice de l'UEMOA, a décidé de passer outre les directives de l'Union en soutenant un président qui a perdu les élections et qui se maintient au pouvoir par la force des armes ? Y a-t-il un deal entre Gbagbo et ATT ? Pourquoi cet officier-général de l'armée malienne, qui a donné une leçon de démocratie à toute l'Afrique, choisit-il de ramer à contre-courant de la communauté internationale ? ATT pourra-t-il répéter l'acte qu'il vient de poser chaque mois si Gbagbo parvenait à se maintenir au pouvoir ?

Pour sûr, le Mali vient d'administrer une belle gifle au peuple souverain de Côte d'Ivoire en soutenant celui qui l'opprime réprimant dans le sang toute velléité de contestation.

Le Nouveau Réveil via abidjan.net



Kamano

 

______________________________________
Savoir, c'est porter la responsabilité d'agir, et agir c'est s'engager dans la voie de la reforme de la société. L'engagement est une responsabilité sociale de l'intellectuel



Aucun commentaire: