vendredi 10 décembre 2010

Côte d'Ivoire : l'enfer ce n'est pas les autres


 
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En Côte d'Ivoire, l'Occident se mêle de ce qui le regarde : il a mis son argent dans l'organisation des élections.
 Doit-il se taire lorsqu'il y a forfaiture ? Dans ce cas-là, il ne fallait pas accepter son argent ! 

 

JeuneAfrique.com

Côte d'Ivoire : l'enfer ce n'est pas les autres

09/12/2010 à 18h:28 Par Tshitenge Lubabu M.K.
Côte d'Ivoire : l'enfer ce n'est pas les autresCôte d'Ivoire : l'enfer ce n'est pas les autres

Le premier week-end de ce mois de décembre, je me suis retrouvé chez un ami qui fêtait ses 40 ans. L'ambiance détendue montrait l'existence de ces bonheurs simples. Comme le fait de boire une bière, un verre de vin, de savourer du bar sénégalais à la banane frite, dundolé camerounais, des brochettes de bœuf (prononcez bœu, je n'y peux rien !) ou du sanglier. 

Bonheur simple aussi que ce bikutsi, rythme saccadé qui demande beaucoup d'adresse aux danseurs et réveille les sens. Pendant que j'admire les prouesses des danseurs (je m'y suis essayé moi-même sans aucune réussite), un homme plus jeune que moi, l'esprit tout à fait lucide malgré les litres d'alcool qui sont passés par son gosier, s'approche. Et il m'interroge : « Que penses-tu de la situation en Côte d'Ivoire ? » Je lui réponds tout de go : « C'est lamentable ! » Il continue : « Les Occidentaux veulent imposer Ouattara au peuple ivoirien ! » Je dis : « Ouattara a remporté la présidentielle. » « Non, c'est Gbagbo », rétorque-t-il. Mais comme l'aube avançait à grands pas et que la compagne du monsieur était pressée de rentrer, nous sommes convenus de reprendre cette discussion plus tard.  

Je sais déjà ce que je dirai à ce monsieur la prochaine fois. Je lui rappellerai qu'il est faux de penser qu' « en Afrique on n'organise pas une élection pour la perdre », comme l'aurait dit l'ancien président du Gabon, Omar Bongo Ondimba. En Zambie, au Malawi, en Centrafrique, au Bénin, à Sao Tomé e Principe, au Congo-Brazzaville, au Kenya, par exemple, des chefs d'État en exercice ont perdu des scrutins et se sont inclinés. Qu'il est absurde de croire que « les Africains ne sont pas prêts pour la démocratie », n'en déplaise à l'ancien président français Jacques Chirac. La démocratie est un processus, pas un prêt-à-porter.
Âme panafricaine volage
Le problème est simple : certains de nos leaders se comportement pas en hommes d'État, mais en bandits. Je le mettrai en garde contre tous les vendeurs de vent, tous les apprentis sorciers aliénés jusqu'à la moelle qui, au quotidien, mangent dans la main de l'Occident, jurent par l'Occident, leur modèle absolu. Mais quand ça les arrangent, quand leurs intérêts égoïstes sont menacés, ils insultent le père et la mère de l'Occident. Et se découvrent une âme panafricaine. 

En Côte d'Ivoire, l'Occident se mêle de ce qui le regarde : il a mis son argent dans l'organisation des élections. Doit-il se taire lorsqu'il y a forfaiture ? Dans ce cas-là, il ne fallait pas accepter son argent ! Et puis, comment peut-on accuser l'ONU d'ingérence alors que l'accord de Pretoria lui reconnaît le droit de certifier les résultats des élections ? Elle l'a fait et on connaît le vainqueur : Ouattara.  

Je dirai au jeune homme que l'attitude du camp qu'il défend n'honore pas l'Afrique. Instaurer un couvre-feu en plein second tour ne se justifiait pas. Le bâillonnement de la commission électorale était programmé. Tout comme l'annulation des votes dans sept régions, la proclamation de la victoire du président sortant et sa prestation de serment précipitée. Fouler aux pieds les règles du jeu n'est pas une preuve de démocratie. Ce n'est pas en trouvant des boucs émissaires en Occident que l'Afrique s'en sortira. Ma grand-mère disait : « Celui qui a tort doit être conseillé en public. »

Le coût de la démocratie pèse sur le développement


Nous payons le prix de nos contradictions. » Cette confidence faite début juillet par le président de la République, Laurent Gbagbo, à l'un de ses conseillers s'impose comme une évidence au fur et à mesure des retards enregistrés dans les différentes phases devant mener à l'élection présidentielle. Le report de cette échéance, très attendue, entraîne une inflation des coûts qui ont fait dire à certains observateurs qu'il s'agit du scrutin « le plus cher du monde ». Il sera en tout cas le plus cher de l'histoire de la Côte d'Ivoire, avec un coût estimé à plus de 200 milliards de F CFA, dont une grande partie à imputer au processus d'identification. Soit, avec pour hypothèse 6,4 millions d'inscrits, un peu plus de 66 dollars par électeurs, un record mondial.

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Les bonnes affaires de la présidentielle

21/07/2009 à 14h:57 Par Jeune Afrique
Sagem Sécurité a dépensé environ 160 milliards de FCFA pour le processus d'identificationSagem Sécurité a dépensé environ 160 milliards de FCFA pour le processus d'identification© DR

La facture pour designer le futur chef de l'État ivoirien, le 29 novembre, dérape. Elle dépassera les 200 milliards de F CFA. À qui profitent-ils ?

Pascal Airault, envoyé spécial à Abidjan, avec Baudelaire Mieu
Nous payons le prix de nos contradictions. » Cette confidence faite début juillet par le président de la République, Laurent Gbagbo, à l'un de ses conseillers s'impose comme une évidence au fur et à mesure des retards enregistrés dans les différentes phases devant mener à l'élection présidentielle. Le report de cette échéance, très attendue, entraîne une inflation des coûts qui ont fait dire à certains observateurs qu'il s'agit du scrutin « le plus cher du monde ». Il sera en tout cas le plus cher de l'histoire de la Côte d'Ivoire, avec un coût estimé à plus de 200 milliards de F CFA, dont une grande partie à imputer au processus d'identification. Soit, avec pour hypothèse 6,4 millions d'inscrits, un peu plus de 66 dollars par électeurs, un record mondial.
Même si la situation de crise politico-militaire explique en partie cette inflation, il n'en demeure pas moins que cela affecte lourdement les finances publiques dans une période de récession mondiale qui plombe les recettes fiscales du pays tirées du pétrole et du cacao. Il est encore trop tôt pour affirmer que les questions financières retarderont la tenue du scrutin prévue le 29 novembre. Mais c'est un souci de plus pour les autorités, qui sont entrées dans une phase délicate du processus électoral avec l'établissement de la liste des votants.
« La volonté politique de tous les protagonistes est là, explique un diplomate étranger en poste à Abidjan. Mais la multiplicité des acteurs intervenant dans le processus, la mauvaise organisation des opérations et les difficultés de trésorerie de l'État ivoirien constituent de profondes préoccupations. » Et plus les retards s'accumulent, plus les opérations techniques coûtent cher, notamment celles mises en œuvre par Sagem, la filiale du groupe français Safran, concernant l'identification des populations, l'enrôlement des électeurs et l'établissement des listes définitives des votants. 
Une accumulation de retards
Comment en est-on arrivé là ? En mai 2002, c'est le ministre de l'Intérieur d'alors, Émile Boga Doudou, qui choisit Sagem pour la confection des nouvelles cartes d'identité sécurisées. Le contrat est de 46 milliards de F CFA. Sagem choisit pour partenaire la société ivoirienne de télécommunications (Sitel), dirigée par l'homme d'affaires François Bakou, ex-golden boy du cacao. La prise des territoires du Nord par les rebelles en septembre 2002 est venue tout remettre en question. Le groupe français fait face à une nouvelle concurrence et à un nouveau défi : identifier les populations et préparer les élections. Au lendemain de la nomination de Charles Konan Banny au poste de Premier ministre en décembre 2005, la Côte d'Ivoire lance un appel d'offres international pour sélectionner l'opérateur technique qui aura en charge l'identification et l'enrôlement des électeurs. Opposé au belge Zetes, qui s'est occupé de l'identification en RD Congo, et à son partenaire Gemalto, le leader européen de la carte à puce, Sagem rafle la mise le 29 janvier 2007. Elle s'est appuyée sur l'homme d'affaires malien Sidi Mohamed Kagnassi, qui, malgré ses déboires dans le coton et dans la banque, garde ses entrées auprès de toute la classe politique ivoirienne. À l'époque, l'ambassadeur de France en poste à Abidjan, André Janier, lâche, de manière prémonitoire, à l'un de ses invités : « C'est le début des emmerdes… »
Le ministre du Plan, Paul Antoine Bohoun Bouabré, président du Comité interministériel de sélection, a jugé acceptables les propositions de l'opérateur hexagonal. L'offre financière de Sagem fixée à 50 milliards de F CFA, est ramenée après discussions à 48 milliards de F CFA. Quelque 17 milliards de F CFA additionnels sont prévus pour l'équipe technique de la primature et les structures partenaires comme l'Institut national de la statistique (INS), l'Office national de l'identification (ONI), la Commission nationale de supervision de l'identification (CNSI).
Mais tout ne va pas se dérouler comme prévu. Les opérations ne débuteront jamais et Charles Konan Banny est remercié en avril 2007 après la signature de l'accord politique de Ouagadougou entre Gbagbo et Soro. S'ouvrent alors de nouvelles négociations avec Sagem, qui signe un avenant en décembre 2007. L'identification et l'enrôlement doivent être réalisés en quarante-cinq jours pour un coût de 68 milliards de F CFA : 48 milliards de F CFA pour la prestation de Sagem, 12 milliards de F CFA pour les partenaires techniques et 8 milliards de F CFA pour les assurances. Dans la foulée, Sidi Mohamed Kagnassi fonde la société Modern Technologies, qui s'occupe du recrutement des équipes techniques. Le Malien réussit même à convaincre le clan de Laurent Gbagbo, sceptique au début, de sa neutralité et du bon déroulement des opérations. Mais l'identification, contrairement aux quarante-cinq jours prévus, dure de septembre 2008 à fin juin 2009. Sagem a bordé son contrat : chaque semaine supplémentaire coûte 2,5 milliards de plus à l'État ivoirien. Un premier avenant puis un deuxième sont signés. Sagem réclame aujourd'hui à la Côte d'Ivoire 160 milliards de F CFA. À peine 49 milliards ont été versés par le Trésor ivoirien. La primature menace de faire un audit du contrat et le pointage des prestations face aux retards enregistrés. 
Renégocier le contrat Sagem
Le ministre de l'Économie et des Finances, Charles Koffi Diby, et Sidi Mohamed Kagnassi sont arrivés à Paris le 16 juillet pour aller renégocier avec Sagem. L'État ivoirien se dit prêt à payer désormais entre 118 et 120 milliards de F CFA. D'un accord à Paris dépend la poursuite du processus. Le 23 juillet, les opérations de collecte des données sur le terrain doivent débuter. Un travail sous-traité par Sagem à CFAO Technologies qui se chargera de la connexion par satellite des 69 centres de coordination repartis sur tout le territoire ivoirien. Ces centres ont pour rôle le stockage et le traitement des données recueillies pendant l'identification avant de les transférer au centre principal, qui sera basé à Abidjan. Sagem a fait également appel à la société de solutions informatiques Digitech basée à Marseille pour la livraison des scanners et les logiciels d'état civil.
Restera ensuite à croiser les données recueillies avec les fichiers existants (recensement, sécurité sociale, liste électorale de 2000…) et à chercher les doublons avant d'entamer la phase de contentieux. Fin septembre, la liste définitive doit être entérinée. La Commission électorale indépendante (CEI) dispose pour les opérations de vote elles-mêmes de 36,7 milliards contre 10 milliards en 2000. L'INS, l'ONI et la CNSI, se partagent 30 milliards de F CFA. Les aides extérieures s'élèvent à 7,6 milliards. Les 22 000 urnes et isoloirs sont offerts par le Japon. Les bulletins de vote pourraient être imprimés par l'imprimerie nationale de Côte d'Ivoire. La sécurisation, avec le déploiement de 8 000 hommes, va coûter 6 milliards de F CFA.
La communauté internationale maintient sa pression sur les acteurs. Le report de l'échéance coûte près de 1 million d'euros par jour à la France pour le maintien de sa force d'interposition, Licorne, soit environ 900 soldats. Même impatience à New York. L'ONU, embourbée dans le pétrin ivoirien, ne peut déployer ses troupes en Afrique de l'Est et au Soudan. « Notre dispositif revient à 600 millions de dollars par an », indique-t-on à New York. Le 23 juillet, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Côte d'Ivoire, Young-Jin Choi, devrait présenter son rapport au Conseil de sécurité des Nations unies. Il ne manquera pas d'insister sur les lourdeurs administratives du processus, première source de problèmes. « Quels que soient les reports, les élections devraient se tenir à terme. Toutes les péripéties actuelles ne sont que le prix à payer pour la paix et la transparence du scrutin », conclut un diplomate onusien.


Côte d'Ivoire : 2529,5 milliards FCFA pour le budget 2009 Version imprimable
Côte d’Ivoire
30-04-2009

Après révision, le budget 2009 de l'Etat est fixé à 2529,5 milliards de FCFA (environ 3,86 milliards d'euros) au lieu des 2464 milliards précédemment projeté, en raison du programme économique et financier dont bénéficie la Côte d'Ivoire pour l'allègement de la dette publique extérieure.

 Le budget 2009 modifié connaît une hausse de 213,7 milliards de FCFA, soit 9,2% par rapport au budget 2008, révisé d'un montant de 2315,5 milliards, a indiqué l'Agence ivoirienne de presse (AIP), citant une source officielle.





Enfin le temps des élections ?

31/08/2010 à 14h:44 Par PA, RC, MM, FP et CS
Dépouillement du premier tour de la présidentielle guinéenne.Dépouillement du premier tour de la présidentielle guinéenne.© Youri Lenquette

Les scrutins présidentiels ne manqueront pas sur le continent en 2010-2011. Mais certains s'annoncent plus périlleux que d'autres...

La Guinée ouvre le bal, la RD Congo le ferme. De septembre prochain à novembre 2011, six élections présidentielles à haut risque sont prévues sur le continent. Signe de l'importance des enjeux : partout, les dates ont été contestées. À Madagascar, celle du 4 mai 2011n'est pas encore définitive. En Côte d'Ivoire, le 31 octobre 2010 a été officiellement retenu. Mais avec cinq reports depuis 2005, comment ne pas être tenté, comme saint Thomas, d'attendre de voir pour croire ?
Paradoxalement, le Niger est le pays où l'adoption d'un « chronogramme » – c'est la Côte d'Ivoire, spécialiste en la matière, qui a mis ce néologisme à la mode – s'est déroulée avec le moins d'anicroches. Là où le gouvernement, issu d'un coup d'État, est pourtant le moins légitime a priori. Preuve que la qualité des dirigeants compte autant que celle des institutions… En Guinée, en Côte d'Ivoire, en Centrafrique, au Niger, à Madagascar et en RD Congo, la réussite des scrutins dépendra de la bonne volonté des candidats à respecter les résultats s'ils sont en leur défaveur. Et, avant cela, à faire en sorte que le combat soit loyal. Jusqu'à présent, le cas ne s'est pas souvent présenté.
En Centrafrique et en RD Congo, la prime au sortant devrait fonctionner. Ailleurs, les jeux sont plus ouverts. Le vote doit clore une fois pour toutes les ères Conté (en Guinée) et Tandja (au Niger). En Côte d'Ivoire, il estcensé solder des années de crise et, à Madagascar, faire le tri entre les innombrables acteurs politiques. Tour d'horizon.

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Coûts estimés des élections dans six pays ayant prévu une présidentielle en 2010-2011.

Illustration Christophe Chauvin/J.A.

Guinée : l'inévitable confrontation ?
« Mon combat n'est pas dirigé contre les Peuls, mais contre une mafia qui veut s'accaparer le pays », déclarait Alpha Condé, le 11 août dernier à Conakry. À l'approche du second tour de la présidentielle, prévu le 19 septembre prochain, ces propos du candidat malinké appelé à affronter le Peul Cellou Dalein Diallo sonnent comme une mise au point alors que beaucoup redoutent des affrontements communautaires.
Si les candidats démentent avoir une vision ethnique du pouvoir, du côté des militants, le discours est moins rassurant. Chaque camp estime qu'il est « mathématiquement » impossible que l'autre l'emporte. Il faut ainsi s'attendre à des contestations. La Force spéciale de sécurisation du processus électoral (Fossepel) manque cruellement de moyens, et la configuration de Conakry, surpeuplé, avec des quartiers chauds difficiles d'accès, rend toute intervention délicate.
L'autre danger vient des militaires. « Une partie de l'armée, habituée à profiter de sa position pour racketter et organiser des trafics, est réticente. À la moindre occasion, elle pourrait reprendre le pouvoir », confie un agent des renseignements. Ce risque, le général Sékouba Konaté, à la tête de la transition, en est conscient. Au cours de ces derniers mois, il a pris des mesures pour récupérer les armes en circulation, démanteler des camps d'entraînement illégaux, promouvoir des militaires longtemps mis à l'écart et engager la construction de casernes.
Côte d'Ivoire : solder l'héritage d'Houphouët
Ce serait donc pour le 31 octobre 2010. Échaudés par cinq reports de l'élection présidentielle depuis 2005, les Ivoiriens restent sceptiques. Alors, certains se raccrochent aux signes. L'annonce a été faite le 5 août dernier à Yamoussoukro, village du premier président, Félix Houphouët-Boigny, décédé en 1993 et dont l'héritage ne sera soldé que lors de cette élection tant attendue.
Depuis sa mort, le pays est en crise. Il y a eu d'abord le scrutin de 1995, boycotté par l'opposition, puis le coup d'État de Noël 1999, l'élection calamiteuse de 2000 et la tentative de putsch de septembre 2002 qui a dégénéré en guerre civile et conduit à la partition du pays, sans parler de l'affrontement avec la France, en novembre 2004.
Des années troubles, auxquelles seul un scrutin peut mettre un terme. Trois favoris : Laurent Gbagbo, président sortant et opposant historique d'Houphouët – mais qui fait tout pour réhabiliter sa mémoire –, et les héritiers naturels du « Vieux »â€‰: Henri Konan Bédié, son successeur, et Alassane Dramane Ouattara, son unique Premier ministre.
Mais la route est encore longue. Il faut se mettre d'accord sur la liste électorale définitive, distribuer cartes d'électeur et cartes d'identité, obtenir des ex-rebelles et des miliciens qu'ils déposent les armes avant d'engager la bataille finale. En espérant qu'elle ne dégénérera pas.
Niger : même casting
Cette fois, le Niger semble avoir de la chance : il est dirigé par un putschiste éclairé, Salou Djibo. « Ce n'est pas un intellectuel, mais il sait où il veut aller et il s'y tient », estime un diplomate. De l'avis des observateurs, la commission électorale est apte à organiser les scrutins à venir. Le défi réside plutôt dans le nombre de ces rendez-vous électoraux : pas moins de six en quatre mois.
Au programme : un référendum constitutionnel le 17 novembre prochain, suivi d'élections municipales, régionales et législatives. Et pour finir, le 3 janvier 2011, le premier tour de la présidentielle, et le 14 janvier 2011, le second tour (éventuel). Évalué à 30 milliards de F CFA (45 millions d'euros), le budget est loin d'être bouclé. Pour le moment, l'État a débloqué 3 milliards, et les bailleurs de fonds, déjà mis à contribution pour lutter contre la crise alimentaire, seront largement sollicités.
Parmi les candidats, celui du parti de Mahamadou Tandja, Seïni Oumarou, ancien Premier ministre soupçonné de détournements ; Mahamane Ousmane, ancien chef de l'État ; Mamahadou Issoufou, ex-président de l'Assemblée ; Hama Amadou, ancien Premier ministre ; et Moussa Moumouni Djermakoye, qui a repris le flambeau de son frère, Moumouni Adamou Djermakoye, décédé en juin 2009.
Tous sont des politiciens connus, qui ont pour la plupart été aux affaires. C'est l'une des raisons qui a conduit la junte, malgré le manque de temps, à organiser des élections régionales. « Salou Djibo pense que c'est le seul moyen de voir émerger des figures locales et de renouveler un peu le paysage politique », indique un observateur. Ce serait là le vrai changement pour le Niger.
Centrafrique : en finir avec les putschs
Cette fois, les observateurs y croient. Le 11 août dernier, les dates de la présidentielle ont été fixées : premier tour le 23 janvier 2011, second tour le 20 mars. Le recensement aura lieu en septembre. Ce nouveau calendrier intervient après deux reports. Mais il est jugé plus crédible, car il résulte d'un consensus : après maintes tergiversations, le pouvoir, l'opposition et l'ex-rébellion ont signé un accord. C'était la condition de l'Union européenne pour financer le scrutin (6,5 millions d'euros).
Élu en 2005 après un coup d'État en 2003, François Bozizé ne court pas grand risque. Face à lui, l'opposition est divisée entre deux candidats : Martin Ziguélé, chef du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), et son ancien allié, Ange-Félix Patassé. L'enjeu est donc moins le passage de témoin que la consolidation d'un système démocratique mis à rude épreuve, le pays ayant connu neuf putschs depuis l'indépendance. Enfin, la sécurité de la campagne et du scrutin sera à surveiller de près. Les attaques rebelles dans le Nord-Est, aux alentours de Birao, et dans le Sud-Est, à la frontière avec la RD Congo, n'ont toujours pas cessé.
Madagascar : l'indispensable appui des bailleurs
L'« ivoirisation » du processus démocratique : le terme est à la mode à Antananarivo et il en inquiète plus d'un. Comme en Côte d'Ivoire, les élections sont sans cesse repoussées depuis la prise de pouvoir par Andry Rajoelina, en mars 2009. Le président de la Haute Autorité de la transition (HAT) voulait les organiser avant le 26 juin 2010, date anniversaire des cinquante ans de l'indépendance. Mais, faute d'une entente avec l'opposition, il a dû revoir sa copie. Désormais, suite à l'accord signé le 11 août 2010 par plus de 80 partis et accepté par Rajoelina, on évoque les dates du 16 mars 2011 pour les législatives et du 4 mai 2011 pour le premier tour de la présidentielle.
« Nous espérons que cet accord sera le bon », indique Patrick Mounibou, vice-président de la HAT. Problème : les trois principales mouvances de l'opposition ne le reconnaissent pas. « Ce texte relève de l'unilatéralisme. Les décisions prises ont été dictées par Rajoelina, dans le seul but d'obtenir la reconnaissance de la communauté internationale », accuse Fetison Rakoto Andrianirina, porte-parole de la mouvance Ravalomanana, le chef d'État déchu et condamné depuis le 28 août aux travaux forcés à perpétuité. « Pour nous, il est hors de question de participer et de cautionner ces scrutins. Et je ne pense pas que la communauté internationale les reconnaîtra. »
C'est le nerf de la guerre : sans l'appui des bailleurs, le gouvernement de la transition semble incapable de financer ces élections. Selon les estimations, celles-ci coûteront entre 12 et 18 millions d'euros – très cher, pour un pays qui ne bénéficie plus d'aucune aide financière depuis dix-huit mois. Rajoelina a beau répéter que la solution sera malgacho-malgache, « il sait que la reconnaissance internationale est sinon indispensable, du moins très utile », confie l'un de ses proches. Pour financer la révision des listes électorales, le matériel de vote, mais aussi la présence d'observateurs indépendants. De toute façon, le scrutin sera contesté, comme chaque scrutin à Madagascar », conclut le journaliste et historien Denis-Alexandre Lahiniriko.
RD Congo : qui face à kabila ?
Présidentielle et législatives en novembre 2011, provinciales en juillet 2012, municipales en janvier 2013, locales en mai, nouvelles municipales en août… la RD Congo entre dans un cycle électoral chargé et donc coûteux. Selon Apollinaire Malu Malu, président de la Commission électorale indépendante (CEI), le budget global s'élève à 556 millions d'euros. L'État devrait en financer 60 %, le reste incombant sans doute aux bailleurs de fonds, qui ne se sont pas encore prononcés. La Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) jouera un rôle technique et logistique. « Nous sommes prêts à assurer la sécurité du scrutin si le gouvernement nous le demande », ajoute Madnodje Mounoubai, son porte-parole.
Les enjeux sont à l'échelle de la RD Congo. Dans un pays-continent de 63 millions d'habitants, où les infrastructures routières sont aussi rares que vétustes, l'organisation d'un scrutin est une gageure. D'autant que le pays n'a pas l'habitude de voter. Il s'apprête à connaître les deuxièmes élections libres (au suffrage universel direct) depuis l'indépendance.
Autre défi : la transparence. À peine annoncé par la CEI, le 10 août, le calendrier était critiqué. François Muamba, président par intérim du Mouvement de libération du Congo (MLC, dans l'opposition), estime qu'il est l'aboutissement d'une décision « unilatérale » et préconise une consultation « de toutes les parties ».
La controverse donne une idée de la tension. L'opposition voit arriver une chance de s'emparer enfin du fauteuil présidentiel. Mais elle n'a aucun poids lourd susceptible de l'emporter sur Joseph Kabila. L'adversaire de ce dernier en 2006, Jean-Pierre Bemba, le chef du MLC, est derrière les barreaux depuis mai 2008, inculpé de crimes de guerre et de crime contre l'humanité par la Cour pénale internationale. Bête noire de feu Mobutu, le chef de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Étienne Tshisekedi, 78 ans, est bien fatigué. Dans ces conditions, l'opposition a-t-elle vraiment intérêt à participer à une élection en 2011 ? Le calcul est inavouable, mais elle peut avoir avantage à faire traîner les choses. C'est l'inverse pour la majorité.
Le scrutin peut être explosif : de chaque côté, des partisans parfois fanatiques sont prêts à en découdre avec leurs adversaires. De sa réussite dépend la consolidation des très fragiles institutions congolaises.


Le coût de la démocratie pèse sur le développement

09/12/2008 à 15h:52 Par La rédaction web de Jeune Afrique
Le coût de la démocratie pèse sur le développement Le coût de la démocratie pèse sur le développement

Les dépenses engendrées par le maintien de la démocratie aux Comores se révèlent être une telle charge que le gouvernement envisage aujourd'hui des changements radicaux, fomentant peut-être ainsi les divisions que son système de gouvernance complexe avait justement été conçu pour empêcher.

L'Union des Comores, composée de trois îles, a introduit sa Constitution en 2001 (conséquence directe de l'indépendance des îles de Mohéli et d'Anjouan, proclamée unilatéralement en 1997) pour briser le cycle de coups d'Etat et de tentatives de sécession qui secoue l'archipel depuis son indépendance par rapport à la France, en 1975.

Le système électoral complexe prévoit un gouvernement semi-autonome et un président pour chacune des îles (Anjouan, la Grande Comore et Mohéli) ainsi qu'une présidence tournante pour le gouvernement de l'Union des Comores. Les îles de l'archipel sont chacune dotées de leur propre assemblée, d'un président et d'un grand nombre d'autres prérogatives, qui absorbent environ 80 pour cent du budget annuel du gouvernement central.

Depuis son indépendance, l'archipel a été le théâtre de plus de 20 coups et tentatives de sécession, dont la plus récente a été réprimée cette année par les soldats de l'Union africaine lorsque Mohamed Bacar, l'homme fort d'Anjouan, s'est réinstallé à la présidence de l'île à l'issue des élections controversées de 2007.

Du fait du système de semi-autonomie en vigueur dans l'Union, cette dernière se trouve également confronté à une situation sans issue : le développement du pays est paralysé par les coûts de gestion de sa démocratie, elle-même introduite pour neutraliser les conflits.

Les Comores ont contracté une dette de 297 millions de dollars, soit 63 pour cent de leur Produit intérieur brut (PIB), et sont passées de la 132e à la 134e place au classement de l'Indice de développement humain établi par le Programme des Nations Unies pour le développement entre 2004 et 2006.

« Dans un pays pauvre comme le nôtre, qui n'exporte presque rien, nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir autant d'institutions ; c'est tout simplement trop coûteux », a estimé Abdourahim Said Bakar, ministre de l'Information.

« À l'heure actuelle, nous avons une assemblée dans chaque île, un président dans chaque île, et nous dirigeons un seul pays en dépensant pour quatre. Nous devons réduire le nombre de ces institutions », a-t-il dit.

Après la crise électorale à Anjouan, le gouvernement a proposé de faire passer plusieurs réformes destinées à promouvoir un développement durable, à attirer les investisseurs étrangers, à réduire la pauvreté et à rationaliser le gouvernement.

« Changer la Constitution est une étape très importante vers la stabilisation du pays », a noté M. Bakar, et un comité spécial travaille actuellement à l'élaboration d'un projet de réforme.

Résistance au changement

Il est néanmoins peu probable que la réforme du système démocratique ne se heurte pas à une résistance, dans un pays où le gouvernement est sans conteste le premier employeur et où les emplois sont rares.

Mohamed Ali Said, le président de l'île de Mohéli, a notamment menacé de boycotter les travaux de préparation de la nouvelle proposition de gouvernance, bien que Moussa Toybou, le président d'Anjouan, se soit engagé à coopérer pleinement au processus.

« Ce ne sera pas un processus aisé ; nous organiserons peut-être un referendum si aucun accord n'est conclu avec l'opposition », a déclaré M. Bakar.

Le passé agité de l'archipel, peuplé pour la première fois par des marchands il y a 1 000 ans, avant d'être reconverti en repaire pour les pirates, et finalement annexé par la France en 1904, pèsera lourd dans la balance entre la nécessité de simplifier et réduire les coûts de gouvernance, et le risque de déclencher un nouveau conflit entre les îles.

« La position à laquelle nous adhérons est la suivante : tous les Comoriens devraient s'asseoir à une table et chercher, par le biais du dialogue, à minimiser les conflits et à promouvoir un développement durable », a déclaré à IRIN Opiah Kumah, représentant du Programme des Nations Unies pour le développement aux Comores.

 

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"Si on veut changer le monde, il faut changer la société,
 si on veut changer la société, il faut changer les hommes, 
si on veut changer les hommes, il faut leur donner envie de changer" 
A. Einstein


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2 commentaires:

reine d'éburnie a dit…

bjr, je voulais juste vous faire remarquer que c'est la côte d'ivoire elle même et non l'occident comme on veut nous le faire croire qui a financé ses élections. par conséquent se sont les ivoiriens qui ont financé leur propre élection, pourquoi alors la si grande comunauté internationale veut nous imposer un président que nous ne voulons pas. reconnaissez le une bonne fois pour toute, les ivoiriens n'ont pas choisi ouattara alassan dans les urnes sinon vous verez qu'il ya belle lurette qu'ils auraient chassé celui que l'occident traite d'usurpateur. on ne veux pas d'alassane, accepter le et renégocier vos contrats avec le président gbagbo. parce que si vous voulez nous imposer votre volonté vous risquer de tout perdre en côte d'ivoire et à l'allure où va les choses cele fera cas d'école pour les autre pays francophonnes. chèrs amis occidentaux, un conseil d'amis: revoyez votre copie sur la côte d'ivoire et son peuple. nous somme au même niveau, sinon plus, d'intelligence que vous. à bonne entendeur, salut!

reine d'éburnie a dit…

encore moi. la comunauté inter dit reconnaitre les résultats de choi, mais que fait elle de nos institutions? au premier tour voici le shemas.
1-la CEI donne des resultats provisoires dans un delais de 72 h francs
2-le Conseil Constitutionnel approuve ces resultats
3- Choi certifie les dits resultats
4-la comunauté inter applaudit et félicite la côte d'ivoire
Au deuxième tour on veux nous imposer un shemas différent
1- le président de la CEI donne un résultat hors cadre ( au QG d'un des candidats qui oh miracle est déclaré vaiqueur) et pas entouré des membre de ladite CEI alors qu'elle est forclauce (après 72 h de délibérations infructueuses)
2- Choi certifie ces résultats
3-la communauté inter félicite l'heureux proclamé, par là même, aprouve la bêtise des deux premières personnes sus-citées
GRANDE QUESTION?
QUE DEVIENT LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL DANS CE DEUXIEME SHEMAS.
SI WADE, SARKOZY ET OBAMA QUI SONT VU COMME DE GRANDS JURISTES A TRAVERS LE MONDE ARRIVENT A EXPLIQUER AUX IVOIREINS ET AU MONDE ENTIER LA FAISABILITE JURIDIQUE DE CE DEUXIEME SHEMAS ALORS NOUS SERONT PRET A ACCEPTER D'ETRE GOUVERNER PAR OUATTARA.
C'est aussi simple que le jour et la nuit.