vendredi 24 septembre 2010

Une partie de l’’actualite malienne ce 22 septembre 2010


 

Chères toutes, chers tous

 

Il me vient, comme promis de répondre rapidement à quelques questions qui m'ont été posées par certains jeunes.

 

1- Faut-il ou non fêter le 50tenaire ? Faut-il la présence de Moussa Traore ?

Je suis fondamentalement un républicain c'est-à-dire que je crois à loi et à la nécessité de faire fonctionner les institutions selon des règles objectives et communes. De ce fait même si je suis en désaccord, je reconnais le pouvoir et même le droit à un gouvernement reconnu légitime de prendre des décisions. Même si ces décisions me paraissent insensées. De ce fait le gouvernement a le droit et le pouvoir de fêter le cinquantenaire du Mali et de lui donner la dimension qui lui plait.

Mais ce pouvoir et ce droit du gouvernement n'ont un sens que parce que le citoyen a le droit de les approuver ou de ne pas les approuver. L'esprit de la démocratie et les droits individuels et collectifs des hommes permettent a ce citoyen d'exprimer publiquement son désaccord. Le gouvernement a encore le droit de ne pas entendre ces désaccords pour autant qu'il estime que ce désaccord n'émane que d'une fraction négligeable de citoyens.

Mais est-ce que le débat est clos ? Non. Chaque citoyen a le devoir de respecter l'ordre républicain et d'attendre le moment ou viendra le temps « naturel » pour que seule la voix du citoyen compte. Ce temps arrive. Il s'appelle 2012. Certains diront : « mais les élections seront truquées et la voix du citoyen ne sera pas entendue ».  Il y a un antidote à la fraude : c'est la mobilisation citoyenne. Que chaque citoyen se lève et fasse en sorte que : (1) il s'exprime, (2) que personne ni rien ne soit en mesure de subtiliser sa voix.

 

En politique je m'intéresse aux idées, aux projets et aux stratégies. Les hommes viennent loin après et cela uniquement lorsqu'ils symbolisent une idée, un projet ou une stratégie. Je suis convaincu qu'a la tribune du 22 septembre il y avait des individus qui ont été proches du General Moussa Traore et qui n'ont certainement ni les mains plus propres ni la conscience plus nette. Personne n'a demande une assistance  « purifiée » de ces individus malfaisants. Alors quoi ? Il y a que Moussa Traore est le symbole vivant de certaines idées, de certaines pratiques, de certaines stratégies de l'exercice du pouvoir. Et, je l'ai souvent dit, a mes yeux, il n'a pas encore eu la grandeur d'éprouver l'humilité de faire contrition au Peuple malien pour les souffrances qui ont été endurées et dont réellement et symboliquement il est le responsable.

Une fois de plus le gouvernement a eu le grand tort de ne pas s'être expliqué. Il y a pourtant dans chaque ministère, à la primature, à la présidence, un charge de communication. Je crois même qu'il y a un ou une ministre porte-parole du gouvernement. Les choses auraient été plus saines si le gouvernement avait indiqué à la population ses intentions en les expliquant. Se mettant à l'écoute de cette population, il aurait pris une décision qui aurait, dans un sens ou un autre, été plus démocratique et plus républicaine et surtout qui aurait été moins ressentie comme une « moquerie » par ceux qui, légitimement portent encore la souffrance des années symbolisées par le General Moussa Traore. Au Mali le symbole est très important.

C'est pour cela, encore une fois, je dirai que ceux qui comme moi lisent avec beaucoup d'intérêt les messages de nos jeunes ont le devoir de les entendre. Ce que disent Fatogoma  Ouattara, Oumar Samassekou, Aboubacrine Assadek, Sherif Haidara, Yachim Maiga et bien d'autres comme le Professeur Abdoulaye Traore dit Diop. Ces hommes et d'autres femmes, muettes, mais pas dénuées de capacités cognitives disent des choses qui ne peuvent pas être traitées seulement ni par le mépris ni par la dérision. En allant plus loin, j'affirmerai sur la base de bien de messages prives que je reçois, les discours tenus publiquement par ces citoyens est de l'eau plate a cote de certains vins qui couvent depuis longtemps. Surtout dans la jeunesse. Une preuve ? Au Mali la conversation a disparu pour laisser la place a la confrontation. Y compris au sein des familles. La passion a atteint un niveau alarmant. Nul ne peut l'étouffer. Alors il faut libérer les énergies positives des honnêtes gens. Il faut arrêter d'alimenter cette colère sourde et justifiée en laissant se promener les malfaiteurs notoires. Il faut mettre fin a l'injustice et permettre que le jeune malien soit en mesure de s'instruire au mali et de trouver du travail au Mali. Ces voix qui s'élèvent courageusement parmi nous ne disent rien d'autre que cela.

 

2- La situation au Nord du Mali

Je vais être bref en rappelant simplement ce que j'ai dit il y a quelques années lorsque le Ministre, un Général, en charge de l'administration territoriale disait qu'il valait mieux signer un mauvais accord que d'avoir la guerre. Ma réponse dans un article alors avait et ceci : «  bientôt, nous aurons les deux : le mauvais accord et la guerre quand même ».

Depuis combien de maliens, civils et militaires sont morts ? N'est ce pas la guerre ? Puisque l'accord mauvais a été signé, n'a t-il pas les deux ?

Pire, l'armée malienne apparait désormais aux yeux du monde comme un tigre en papier édenté. Personne n'en aura plus peur. Ni les terroristes, ni les trafiquants ni même les armées voisines de pays jadis assistées par elle. D'une pareille armée l'histoire nous enseigne qu'un seul groupe de personnes a peur : les honnêtes gens.

Le plus terrible est que désormais, oui puisqu'il n'y a pas plus d'armée malienne, il y a 5 autres armées régulières : l'armée mauritanienne, l'armée nigérienne, l'armée française, l'armée algérienne, et l'armée américaine. Et une multitude d'armées irrégulières.

Les armées régulières seraient nos amies et alliées. Mais comme l'a dit Sir Winston Churchill : « l'ennui avec les alliés c'est qu'ils ont leurs propres intérêts ».

 

3- un point passe inaperçu

L'actualité malienne est si riche et si passionnante ces derniers temps que peu de gens ont fait attention a la vidéoconférence animée par le premier responsable de la BCEAO. Tout avait été fait dans les agences nationales en soignant les journalistes au petit four et aux boissons fraiches dans ces bunkers tempérés en terres sahéliennes. La note de satisfaction du Gouverneur de la BCEAO et de ses collaborateurs est la stabilité des prix. L'ennui est qu'ils ne nous ont pas dit en quoi la stabilité des prix est une bonne chose pour l'économie malienne. La stabilité des prix dans un monde qui a connu et qui connait la hausse des prix des produits agricoles sur les marches internationaux c'est la baisse des revenus paysans (80% de la population) et en effet une stabilité des revenus pour les fonctionnaires et autres citadins. Il est erroné de faire croire que la stabilité des prix est nécessairement une bonne nouvelle dans un pays et que la hausse des prix est nécessairement une mauvaise nouvelle. La différence est en fait dans l'efficacité de la politique économique et sociale du gouvernement du pays concerne.

 

Dialla Konate

Blacburg, 23 septembre 2010.

 

 


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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