dimanche 12 septembre 2010

Nous avons tué aussi la micro finance


 

Il y'a des escrocs dans tous les pays du monde et dans toutes les couches socioprofessionnelles : Présidents, hommes d'affaires, citoyens ordinaires. La particularité de l'Afrique est que les crimes sont punis ou non suivant le rang social du criminel. Les prisons sont faites seulement pour les voleurs de coqs, les journalistes et les petits comptables pour préserver la paix sociale, la realpolitik à l'africaine. Le plus grand escroc que l'humanité ait jamais créé, à savoir Bernard Madof, n'est pas africain. Mais un Bernard Madoff ne sera jamais inquiété au Mali, de même qu'un ex-président ou ex-premier ministre escroc. Il restera libre de ses mouvements, utilisera son énorme fortune issue de l'escroquerie pour financer des candidats escrocs ou sollicitera lui-même le suffrage du peuple qui ne trouvera rien à redire. Dans sa misère quotidienne sans issue possible, le peuple voit toujours derrière toute fortune la main de Dieu. Les intellectuels formés avec l'argent du pauvre contribuable dans les universités les plus prestigieuses d'Europe et d'Amérique et qui restent son seul espoir ne réagiront pas non plus, parce que soit achetés, soit issus du système ou soit victimes d'une malformation phycologique héritée de siècles d'esclavage et de colonisation : la soumission au seigneur du moment.

Il suffit qu'une politique courageuse et visionnaire veuille bien appliquer à ces criminels économiques et de sang, la justice dont nous nous sommes librement dotée et copiée fidèlement de chez nos anciens colons que nous interprétons dans nos dialectes suivants nos intérêts sans en comprendre le sens véritable, pour peu que ces criminels soient des politiques, des riches ou puissants, pour que ces mêmes intellos du système, achetés ou psycholo-déformés sortent l'argumentaire de la chasse aux sorcières, de la préservation de la paix et de la concorde nationale et d'autres contorsions dialectiques pour dissuader cette dernière à aller au bout de son action ou comploter contre elle. Les enfants qui meurent de faim, ceux qui n'ont pas l'opportunité d'aller à l'école parce que mal nés, les pauvres qui meurent faute de soins en payant leurs impôts avec le seul sac de mil dont ils disposaient, etc., ne sont pas à considérer pour la concorde nationale. Pourtant nous sommes 99% à croire en Dieu dans nos pays. Une croyance fanatique, hypocrite ou d'opportunisme et des comportements civiques et moraux jamais appris. Voilà le problème des africains.

Mais tous les intellectuels ne sont pas à mettre dans le même sac. Certains, peu nombreux certes, se sont battus jusqu'au sacrifice de leur liberté, de leur vie ou se battent encore pour que cette majorité soit rétablit dans son droit. Ces cas restent hélas isolés, or il faut une conscience collective pour faire une vraie révolution, révolution dans le sens du changement j'entends.

Pour le moment, nous restons mentalement des assistés, sans savoir que le vrai changement viendra de nous même et de nous seuls. Les conseillers du Président aiment à nous le rappeler ici, je pense qu'ils seraient mieux inspirés d'aller le lui dire.

J'ai suivi par ailleurs son discours à Bruxelles où il demandait une assistance supplémentaire à l'union européenne (UE) pour venir à bout des terroristes d'AQMI (ou financer son PDES). Je me suis demandé même avec l'assistance du tout-puissant si jamais nous y arriverons un jour sans aucun effort de notre part. Le bon sens aurait voulu qu'il donne d'abord un bilan de l'aide déjà consentie par l'UE qu'il a reconnue, son niveau d'exécution, la part détournée et les sanctions prises.

Kamano  

 

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Savoir, c'est porter la responsabilité d'agir, et agir c'est s'engager dans la voie de la reforme de la société. L'engagement est une responsabilité sociale de l'intellectuel


--- En date de : Sam 11.9.10, Yvonne van Driel Krol <yvandrielkrol@gmail.com> a écrit :

De: Yvonne van Driel Krol <yvandrielkrol@gmail.com>
Objet: Re: [msas] Nous avons tué aussi la micro finance
À: "Kamano Bengaly" <b_kamano@yahoo.fr>
Cc: msas@maliwatch.org, "malilink" <malilink@malilink.net>, "paix au" <peace-initiative@malilink.net>
Date: Samedi 11 septembre 2010, 1h33

And how about this one, Kamano?

French arrest "father" of 55 children in suspect benefits scam

Fri Sep 10, 2010 2:06pm GMT
 
  

PARIS, Sept 10 (Reuters Life!) - A Paris man who registered 55 children by 55 different mothers faces up to 10 years in jail and fines for suspected paternity fraud and for helping to obtain residency under false pretences, police said on Friday.

The 54 year-old of African origin, who authorities did not identify, was arrested in his two-room flat in Paris during a police raid which yielded documents showing more than 50 people were registered as living at that address.

Police suspect the man was involved in a social benefits scam which could have been costing the state over 1 million euros ($1.27 million) annually in claims by the mothers.

"At the moment 42 women have been identified and each claim that the man is the biological father of their child," Paris police said in a statement.

Authorities said the man claimed he met the women at bars, night spots and occasionally during visits to their home countries, including Senegal, Cameroon and Mali.

For a fee of 150 to 200 euros, he registered the children and their mothers with French authorities, enabling them to obtain residency permits and claim social benefits.

Some of the mothers told authorities they had received up to about 7,500 euros on various monthly allowances.

"Investigations are on-going and an investigating magistrate will decide whether DNA tests have to be administered to determine the children's paternity," a police spokesman said. (Reporting by Bate Felix, editing by Paul Casciato)

© Thomson Reuters 2010 All rights reserved



2010/9/8 Kamano Bengaly <b_kamano@yahoo.fr>

Mohamed Ould Abdel Aziz à Jeune Afrique : « Je dois tout contrôler ».

Vous êtes omniprésent, alors que votre gouvernement est très discret. Gouverne-t-il vraiment ?

Je suis obligé de suivre ce qui se fait avec précision. Il a souvent manqué à ce pays un président qui se soucie des détails. C'est ainsi qu'on a laissé faire la gabegie et la corruption. Je dois donc tout contrôler moi-même.

Vous n'avez aucun homme de confiance ?

J'en ai. Mais pour surveiller la gestion, il faut être au plus près. C'est pour moi une manière de remettre de l'ordre dans le pays.

Loin de moi l'idée d'approuver tout le style fanfaron d'Abdel Aziz, tel que ce raid d'humiliation qu'il a mené sur notre territoire avec les français (le Mali entier ne se résume pas à ATT même si ce dernier le représente symboliquement) mais il faut reconnaître qu'il a du caractère dans la gestion des affaires de son pays.

Nous savons tous dans notre pays, que nous soyons pro-ATT, pro-AOK (ou même pro-GMT), que les institutions de la république sont grippées dans leur marche. Or, le développement économique et social d'un pays dépend de la bonne marche de ses institutions dont la fondation est sa justice. Nul besoin d'être un politologue ou un juriste pour comprendre cela.

Je ne pense pas que démocratie rime avec laxisme et désordre ou complaisance dans les vols et détournements. Des entraves graves à la justice sont toujours faites dans ce pays sans qu'aucune sanction ne soit prise à l'encontre des vrais fauteurs, excepter les menus fretins. Pourquoi voulez-vous donc que cela s'arrête ? Et si vous êtes dans le système et veut adopter un comportement « civilisé », ce sont vos propres parents qui vous traiteront de « dangadén ». N'ont-ils pas raison ? Lorsque vous êtes dans un groupe de margouillats et refusez de changer de couleur pour être conforme à ce milieu, ou vous êtes un imbécile ou vous êtes fou (qui seuls ne changent pas).

Je ne pense pas que l'on peut correctement diriger en Afrique sans veiller soi-même sur tout et au détail près. L'évolution mentale actuelle des africains ne peut tolérer un autre mode de gouvernance.

Si c'est le système de régime adopté dans la constitution qui contribue au blocage des institutions, il faut alors le changer et avancer. Mais si c'est notre nature corrompue et fourbe d'africain qui nous empêche de gérer correctement nos propres affaires, alors il faut aussi y réfléchir sérieusement. Il paraîtrait que les taximen chinois refusent souvent de prendre nos compatriotes africains dans leurs taxis parce qu'on leur aurait appris que les africains sont fourbes.   

Kamano

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Savoir, c'est porter la responsabilité d'agir, et agir c'est s'engager dans la voie de la reforme de la société. L'engagement est une responsabilité sociale de l'intellectuel


Edito : Nous avons tué aussi la micro finance


La micro finance, était célébrée, il y a peu, comme une des rares success stories de l'Afrique de l'ère démocratique. Les « affaires » qui se suivent et se ressemblent indiquent probablement que  le temps de la désillusion est arrivé. Sans doute, plus de pays sont touchés mais la bulle a déjà crevé au Bénin, avec un scandale dont les éclats parviennent jusqu'au président de  la République , au Togo et au  Mali. Et rarement, les « Madoff » tropicaux sont derrière les barreaux. Le plus souvent, ils se barrent avec le magot.

Et la tragédie est que c'est l'argent de petits épargnants. Peut-être envoyés sur la paille pour un bail, tant ils peinent à réaliser des économies à cause de leurs multiples urgences et de leurs petits moyens. 

Car justement, les victimes ne sont pas les vautours d'Etat qui rencardent leurs maîtresses à Honolulu aux frais du contribuable mais des producteurs  suant sang et eau pour avoir le peu qu'ils ont. Bien plus grave, ils peuvent être majoritairement femmes et ruraux. 

Alors, on ne peut donc pas écarter la terrible crainte que la faillite de la micro-finance africaine n'aggrave pas, d'une part, la féminisation de la pauvreté, et d'autre part, la ruralisation de la tragédie de l'Afrique coupée en deux : d'un côté, ceux qui, par la magie du diplôme et le piédestal qu'il offre décident et de l'autre, les masses maintenues dans l'inorganisation et le bluff, et dont les enfants, à cause de la fameuse marchandisation de la vie, forment le gros des déchets scolaires.

Au-delà de la destruction du formidable instrument de lutte contre la pauvreté qu'est la micro-finance, ce que l'Afrique démontre, une fois de plus, c'est sa capacité de perversion. Elle l'a démontré avec les élections, au point de discréditer ce moyen qui reste pourtant le seul moyen d'accéder à la démocratie. Elle l'a prouvé aussi avec les privatisations de certaines sociétés et entreprises d'Etat. Elle le confirme maintenant avec l'outil de Muhammed Yunus et de  la Grameen-Bank. Comme  si le mot de passe secret risque d'être ici le Waterloo du dogme libéral.

 

Adam Thiam






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