mardi 6 avril 2010

Fwd: Etats sans pilotes

Bonjour toutes et tous.
Voici un texte qui relance le débat sur la souveraineté factice des Etats africains et le rôle de pion (malléable et corvéable à souhait) que les puissances étrangères font jouer aux chefs d'Etat qui ne sont finalement doués que pour la privatisation de l'Etat, parce que réduit à servir des intérêts privés au détriment de la collectivité, et la répression des opposants internes qui,le plus souvent et une fois au pouvoir, font pire que les anciens tenants du pouvoir. En bambara, cela s'appelle "sonsoro tara, sonsoro nana" (littéralement, remplacer la posture du chat par celle du chien) ou alors "ka bokèla falen sugunèkèla la" (le remède pire que le mal).
Bonne lecture.
SOD


Le syndrome du drone : des Etats sans pilote

Les étrangers qui entendent se charger de la sécurité sahélo saharienne sont désormais chez eux en Mauritanie. Pour faire bonne mesure, ils confirment que la Mauritanie est apte à surveiller ses immenses frontières, avec leur aide bien entendu (mais sans insister sur ce détail). Comment ? Par satellites, par des vols de reconnaissance, par des écoutes de télécommunications et par des missions au sol. Pourquoi le gouvernement revendique-t-il maintenant cette couverture nationale du territoire, alors que précédemment il en doutait ouvertement, malgré un renforcement des déploiements depuis le 3 juin 2005 ?

Au Mali, le territoire situé au nord d'une ligne qui va de Tombouctou à Gao n'est que très ponctuellement visité par les forces maliennes. Les Algériens y ont repoussé leurs Salafistes (et n'usent que très rarement du droit de poursuite que les Maliens leur concèdent). Les alliés occidentaux du Mali observent d'assez loin le phénomène, en épinglant sur leurs cartes les lieux bien connus où circulent, vivent, se marient et s'épanouissent les éléments des katibats. Pourquoi annoncer alors, dans des conditions aussi peu engageantes, des projets de reprise en main de la souveraineté malienne, sous la forme d'un plan d'action présidentiel qui mêlerait de gros moyens de défense et un important arsenal de développement de ces zones désertiques ?

Au Sénégal, la France a souhaité économiser de ruineux frais d'intendance, en fermant ses bases militaires et en ne maintenant que ses cadres et personnels utiles à la logistique des ses déplacements et renseignements, et à la formation des armées africaines. Oubliant au passage les 3000 employés sénégalais de ces bases, qui demandaient un départ progressif des militaires français, le Président Wade a voulu accélérer ces fermetures pour donner l'impression de reprendre la main et de célébrer dignement, plutôt qu'un camouflet économique et stratégique, le 4 avril 2010 d'un Sénégal cinquantenaire, flamboyant et (enfin) indépendant !

Quel est le point commun entre ces trois situations, ces trois pays voisins et parfois amis ? Le soupçon d'une perte réelle de souveraineté qui serait à peine masquée par une communication sécuritaire et politicienne, un faux semblant qui donnerait lieu à des anniversaires tristes, pour des indépendances galvaudées.

En effet, si au Sénégal « le concept de base militaire a vécu », selon ses alliés français, c'est probablement que la sécurité dans la région peut désormais s'exercer autrement, sans troupes françaises au sol, avec d'importants moyens de surveillance électronique et avec, au besoin et pour les basses besognes, quelques supplétifs africains (ces tirailleurs sénégalais qui portent désormais leur propre uniforme, mais dont la fonction n'est plus aussi cruciale que dans les tranchées françaises). Bref, il n'est besoin que de logistique et d'un peu de formation pour que le travail soit fait. Et pendant ce temps, les décideurs sénégalais pourront céder (aux moins offrants) les anciens terrains militaires (avec vue sur mer), contre de gigantesques œuvres d'art nord-coréennes à la gloire de leur renaissance.

Au Mali, il ne semble plus indispensable de persuader le Président ATT de cesser son concours d'indifférence avec la partie algérienne, et de s'opposer enfin aux actes graves (mais graves pour qui ? pour des populations locales qu'il est bon de contrarier parfois, et pour les Européens qui subissent des prises d'otages ou les effets des trafics de drogue et de l'émigration) commis par l'AQMI sur son sol, un sol un peu lunaire, il est vrai, vu de Bamako… D'autres puissances amies ont pris les choses en main, discrètement. Et pendant que se fait attendre ce retour de la souveraineté malienne sur le Nord du territoire, selon un déploiement souvent annoncé, mais toujours reporté, les affaires peuvent bien continuer entre Medellin, Bamako, Gao et Tripoli.

En va-t-il autrement en Mauritanie ? En quelques secondes, un drone peut anéantir de son missile une bande de terroristes ou de trafiquants, partout où elle se trouve. Lorsque l'intelligence et l'électronique de nos alliés y suppléent, il n'y aurait donc plus véritablement besoin de pilote dans l'avion sécuritaire de nos vastes pays largement sous-peuplés. En va-t-il autrement du pilotage de ce développement, lent et coûteux, que financent nos exportations, nos émigrés et nos chers bailleurs de fonds selon leur propre modèle de gouvernance ?

Avant de fêter, comme le Sénégal, nos cinquante années d'indépendance, on pourrait méditer un moment sur le rôle de nos pilotes, de nos présidents, de ces dirigeants que nous nous sommes donnés selon les règles de la démocratie, sur le rôle concédé à nos leaders, un rôle qui paraît bien utile pour arbitrer de vagues et inévitables conflits politiciens internes, au cœur de nos quelques villes, au sein de nos vastes étendues survolées par d'autres. Mais qu'on ne s'y trompe pas : les drones ont bien des pilotes (à distance) et parfaitement efficaces. Nos Etat, par contre, seraient passer d'un trop plein de commandement, à l'élection de quelques figurants choisis, comme cet ancien cow-boy de Hollywood pour la Maison Blanche, sur un CV d'opposant historique, de pourfendeur de la dictature ou de rectificateur de la démocratie.

Le pilotage est ailleurs.


Sid Ahmed pour CIESMA
Lien:
www.mauritanidees.fr/Le-syndrome-du-drone -des-Etats-sans-pilote_a1349.html -




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