vendredi 12 février 2010

Comment lire la situation économique nationale du Mali.

Comment lire la situation économique nationale

 

Pourquoi ce texte ?

Des jeunes, essentiellement des dames, m'ont écrit suites aux plus récentes lignes que j'ai écrites sur l'économie internationale au mois de décembre 2009. En résumé, ces jeunes personnes qui s'inquiètent pour les emplois qu'elles n'ont pas, qui s'inquiètent pour l'avenir, m'interrogent ainsi : « Est-il possible de savoir exactement où en est l'économie malienne après les récentes évaluations faites à son sujet par les « maisons de notation ? Le Mali peut-il devenir un pays émergeant? »

 

Pour répondre à ces questions on va rappeler de façon illustrée les éléments qui permettent d'évaluer un pays. Ensuite on verra ce que cela veut dire, en chiffres, pour le Mali s'il devait devenir un pays émergeant en 2010. Nous serons obligés d'évoquer et d'invoquer en permanence la théorie économique. Cela rend le texte quelque fois difficile mais certainement très long. Cela est cependant utile du fait même que de nombreux gouvernements africains semblent se convaincre que l'on peut faire de l'économie sans parler économie ; que l'on peut développer un pays en s'affranchissant des lois et règles de l'économie.

La simple lecture des documents factuels délivrés régulièrement par des institutions comme la Banque Mondiale, le PNUD, etc… ne donnent que des chiffres avec, souvent, quelques commentaires se rapportant à des faits. Jamais ces institutions ne portent de jugement. La première voie pour comprendre la réalité économique profonde d'un pays africain est l'accès à des documents d'analyse établis part des spécialistes de pays développés à la demande de leurs gouvernements ou de groupes d'intérêts. Ces documents d'analyse sont en général classés confidentiels. L'autre méthode que par paresse ou par peur on se refuse est que des experts africains, à partir des données brutes produisent les mêmes types d'analyse pour les populations africaines et leurs dirigeants.  La population générale mais aussi les cercles de décideurs (politiques, économiques, sociaux) doivent être éduqués à l'économie politique. Cela permettra à chacun de savoir qu'une décision, y compris la plus simple, peut avoir une profonde incidence directe ou indirecte ; immédiate ou différée sur la qualité de la vie de tous les citoyens d'un pays. Une des conséquences attendues de cette compréhension populaire de l'économie devrait être une participation populaire accrue à la vie politique en général, aux élections en particulier. Un électeur doit savoir la signification profonde du geste par lequel il confère à d'autres citoyens le pouvoir de décider en son nom et de faire les lois auxquelles nous sommes tous soumis.  De même une telle connaissance basique de l'économie devrait inciter les décideurs, en particuliers politiques, à consulter plus souvent leurs experts et à les entendre avant de prendre des décisions y compris celles qui semblent les plus populaires. Voilà le projet de ce papier.

 

Que vaut l'économie malienne ?

Au nombre des institutions produisant les documents d'analyse d'accès réglementé ou payant se trouvent les trois grandes « maisons de notation » internationales que sont « Moody's », « Standard & Poor's », et « Fitch ». Il y a quelques mois, les deux premières citées, qui sont américaines et qui sont les plus grandes du monde, ont décidé d'abaisser la « note » attribuée au Mali. Cela signifie que ces organismes disent ceci : « si vous croyez à l' avenir économique du Mali reflété par les chiffres disponibles actuellement, alors vous prenez un risque considérable. » L'appréciation récente émise par la troisième « maison de notation », dénommée Fitch est la plus significative. Cette appréciation a été publiée (en anglais) le 4 décembre 2009. Elle peut s'entendre ainsi (la traduction est de moi) : « Un degré élevé de pauvreté persistante, une trop grande dépendance vis-à-vis des chocs extérieurs, un trop lent rythme de croissance économique, un trop grand déficit budgétaire, un niveau de dette publique extérieure hors de limite et en croissance incontrôlée, sont des éléments compromettant le développement économique. Le fait que le Mali soit dans cette situation enlève toute confiance dans une évolution favorable de l'économie malienne à moyen terme ou à long terme. Ce constat enleve du sens, pour nous, d'attribuer une quelconque note au Mali. » Ainsi la « Maison Fitch » a décidé jusqu'à nouvel ordre de situer l'économie malienne en dessous de toutes les notes qu'elle attribue. Attention. Fitch n'insulte pas le Mali. Fitch ne dénigre pas le Mali. Fitch fait son travail. Cela signifie que Fitch analyse froidement des données chiffrées et, en raison de critères précis de la théorie  de l'Economie Politique, indique s'il est risqué ou non de faire confiance à la gouvernance économique et financière (non la gouvernance politique) d'un pays. Pour nous maliens, deux attitudes sont alors possibles. La première est de s'enfermer dans une tour d'ivoire en faisant un raisonnement en trois phases, simple mais erroné, consistant à dire : « Mes ennemies ne disent pas du bien de moi. Fitch ne dit pas du bien de moi. Alors Fitch est mon ennemie ». La seconde plus responsable est de chercher à comprendre la déclaration de Fitch pour, peut être, trouver nos erreurs et, peut être, les corriger. Cette deuxième démarche est la mienne.

 

Comment comprendre les notes négatives attribuées au Mali ?

A mes yeux, la « notation » de Fitch concernant le Mali est significative et même plus significative que celles de ses concurrentes. Pourquoi? Parce que, quoiqu'installée aux Etats-Unis, la « Maison Fitch » appartient à la France et la France, structures publiques et privées considérées indistinctement, est sans doute le pays le mieux renseigné sur le Mali.

Dans la suite de ce document j'utilise des données provenant de la plus récente « fiche-Mali » de la Banque de France publiée en juin 2009. Mon analyse produit un document qui est en accord avec l'analyse de Fitch interrogeant la bonne gouvernance économique du Mali. Il existe une théorie économique. Cette théorie indique que pour être considéré comme étant bien gouverné, le Mali devrait montrer en 2009 des performances qui, pour une richesse nationale totale de 3,954milliardsCFA sont les suivantes : le déficit du budget devrait être inferieur à 3%PIB. Il est de 6% (en fait 5,87%).  La part des dépenses de l'Etat devrait être inferieur à 20%PIB. Cette part est de 25% (en fait 24,6%). Malgré que l'Union Européenne ait accordé, le 9 décembre 2007 et pour 5 ans, dans le cadre du 10eme FED, une assistance au Mali de 367 milliards CFA, malgré que les Etats Unis aient accordé au Mali une assistance dans le cadre du « Millenium Challenge » de 250 milliards CFA, les indicateurs fondamentaux considérés par Fitch n'ont pas connu d'amélioration. Une analyse fine fait ressortir ce qui suit : (1) le Mali ne semble pas avoir pris des mesures suffisantes permettant de protéger ses populations, ses ressources naturelles en face des alertes de changement climatique malgré que le Mali se situe dans une zone d'extrême fragilité naturelle. Si le changement climatique s'aggravait ou perdurait alors qu'adviendra t-il de l'agriculture malienne ? Que deviendront les surfaces dévolues à l'agriculture lorsque les gens « instruits » se seront accaparés de toutes les terres cultivables pour y construire des villas ? Que deviendra la qualité humaine du malien dans la mesure où la malnutrition pourrait diminuer les capacités physiques et intellectuelles de l'individu ? A ces interrogations, il faut ajouter la certitude que l'école malienne est et restera durant au moins de nombreuses années à venir, incapable de fournir au pays les cadres compétents dont il a besoin. Pour les cadres déjà disponibles, les plus compétents ne semblent pas avoir été toujours ceux qui ont été promus.

 

Le Mali s'est-il éloigné des critères de la bonne gouvernance économique ?

Le Mali a, en une fois, auprès de la Banque Islamique de Développement (BID), emprunté la somme de 360milliardsCFA pour construire 20.000 logements sociaux. Ce montant représente 10% de l'ensemble de la richesse créée par les maliens. En utilisant les métriques de la théorie économique, on est amené à mettre en cause ce prêt. En terme comparatif, ce prêt à lui tout seul est supérieur à l'ensemble des prêts que la théorie économique permettrait au Mali de contracter  sur une durée de 4 ans.  Considérons un instant la Grèce qui est pratiquement mise en faillite, et l'Espagne mise sous sévère surveillance. Les situations économiques de ces deux pays qui mettent en danger l'existence de la zone euro sont similaires ou meilleures que la situation malienne. La Grece en effet affiche ceci : déficit public=12,7%PIB ; dette publique=112%PIB. Pour l'Espagne les données sont : déficit public=8%PIB ; dette publique=77%PIB. Pour le Mali, le déficit qui était de 5,8%PIB, avec le financement des logements sociaux se retrouve subitement à 16%. Et selon la CIA (Factbook- Mali Profile mise à jour le 15 janvier 2010) personne (officiellement et publiquement) ne connait le montant exact de la dette publique du Mali depuis 2002. Mais cette dette semble être bien au-delà de 115%PIB. Cet état de fait est aussi confirmé par Exim Bank de l'Inde qui a installé en Suisse un observatoire pour surveiller la situation économique et financière des pays africains, entre autres. Le rapport d'Exim Bank qui vient de paraitre a même éliminé la « colonne dette publique » de sa « fiche-Mali ». Par honnêteté intellectuelle nous devons reconnaitre qu'il n'existe aucun exemple dans l'histoire économique récente de pays ayant été dans une telle situation et qui n'ai pas connu par la suite de très graves difficultés de toutes sortes.

A ce point que le lecteur me permette de m'adresser aux hiboux qui hantent les nuits bamakoises en hululant que je suis contre le gouvernement chaque fois que j'écris un texte d'analyse portant sur le Mali. Mon intention n'est ni d'assombrir la mine des personnes rassemblées pour fêter la pose de la première pierre des logements sociaux ni de gâcher la joie des fêtards du cinquantenaire. Je fais mon devoir. Que chacun fasse le sien. Mon devoir n'est-il pas aussi d'alerter les autorités maliennes du danger de prendre certaines décisions ? Oui. Est-ce que je me suis acquitté de ce devoir ? Oui. Sans trahir la nécessaire discrétion, même le secret, qui sied aux entretiens que je peux avoir un dirigeant politique, je peux avouer avoir parlé du danger que cela représente de financer les logements sociaux avec de la dette publique dès décembre 2008. Je l'ai fait avec le Président de la République, en face à face. Avec le Premier Ministre en face à face. Avec Madame le Ministre de l'Habitat en face à face. Cette dernière m'a demandé une note que je lui ai faite le 29 janvier 2009. Dans ma note j'ai présenté des schémas alternatifs crédibles et faisables des logements sociaux. Le temps se chargera de dire qui a donné le mauvais conseil, qui a donné le bon conseil.

 

La légitimité de la théorie économique contre la legitimite de la souveraineté

Soyons clairs : la théorie économique n'est pas une science exacte. Cependant, il n'existe aucun exemple récent de pays s'étant développé en ayant violé les lois de cette théorie. Il est aussi vrai que la construction des logements sociaux est une volonté très forte et personnelle du Président de la République. Du reste quel citoyen serait-il malheureux de pouvoir disposer dans son pays de jolies et confortables maisons ? Si le gouvernement parvenait à mobiliser la population afin que celle-ci accroisse sa productivité, que celle-ci fasse de l'épargne une priorité alors, le Mali pourra revenir à l'intérieur d'un « triangle de crédibilité » déterminé par les chiffres de son déficit public, sa dette publique, ses dépenses publiques. Dans ce cas l'effort conjugué des maliens donnera raison à ses dirigeants qui auront décidé de construire des logements sociaux dans les circonstances actuelles. Cela veut dire que désormais, il est engagé entre les gestionnaires de l'économie malienne et les analystes internationaux des « risques-pays » une compétition dont l'issue tranchera entre la légitimité de la souveraineté d'un gouvernement, d'un coté ; et la légitimité de la théorie économique, de l'autre.

Cependant cette competition qui prend l'allure d'un conflit intellectuel est une faute dont la responsabilité n'appartient pas, pour une fois, aux seuls décideurs politiques. Mais elle appartient aussi et surtout aux fonctionnaires économistes. Il est dans la fonction d'un homme politique que le Président de la République est, que tout membre du gouvernement est, de vouloir accomplir des faits qui vont dans le sens de ce que recherchent les populations. Mais il appartient aux fonctionnaires (dont hélas, certains sont à la fois peu courageux et peu compétents) de mettre l'Etat au dessus de la conjoncture politique et de dire aux hommes politiques lesquelles de leurs promesses ne sont pas réalisables dans les circonstances qui prévalent. C'est ainsi que fonctionne une république. Si les fonctionnaires des ministères du Plan, de l'Economie et du Budget n'ont pas rédigé une note d'alerte adressée aux autorités politiques, alors ils portent une grande part de responsabilité dans la situation présente. Cette situation est comparable à celle d'un chef de famille empruntant 115% de ses revenus alors que de façon prévisible ses revenus vont continuer à se dégrader et des besoins nouveaux sérieux inévitables sont devant lui et sa famille. Cependant, nous devons reconnaitre que finalement, et en appliquant les règles républicaines, ni le Président, ni le Gouvernement, ni les fonctionnaires ne sont restés responsables pendant longtemps de cette réalité économique que nous allons léguer aux générations futures. En effet l'Assemblée Nationale, constituée de « représentants du Peuple », les a exonérés. Consciemment ou inconsciemment, elle a voté une perle de lois acceptant et le budget et les emprunts. A présent cette perle est devenue une ardoise extrêmement lourde et infamante accrochée au cou de la Nation. De ce fait même exonéré par la procédure, aucun malien consciencieux et informé des choses de l'économie ne pourra être exonéré par sa conscience.

 

Le Mali peut-il se sortir de cette situation ?

Depuis Adam Smith, donc depuis bientôt 4 siècles, on sait que le progrès économique et social est assujetti à au moins deux choses que sont : la division du travail et le progrès technique. En suivant les règles élémentaires de la division du travail, les hommes politiques doivent fixer des objectifs clairs. Ensuite les spécialistes et autres techniciens se saisissent du problème et y apportent des solutions. Par le débat scientifique la meilleure solution est sélectionnée. Elle est ensuite soumise aux hommes politiques avant d'être validée par les représentants du peuple. C'est ensuite que la solution est appliquée. Puis évaluée. Ce schéma suppose que les hommes politiques savent quel est le problème à résoudre, quels sont les enjeux et quels objectifs sont raisonnables.

Les Nations Unies, sur la base des exemples asiatiques indiquent que pour devenir un pays émergeant, nos pays doivent soutenir une croissance réelle d'au moins 8% par an pendant au moins une dizaine d'années. Mais chaque 1%  de cette croissance nécessite des ressources nouvelles comme une voiture necessite plus de carburant lorsqu'on accélère et augmente sa vitesse. Je ne rentre pas dans le détail de la technique mais acceptons que, sur la base du PIB-2008 de 3,954milliardsCFA, pour réaliser chaque 1% de croissance le Mali doit trouver environ 40milliardsCFA [40milliards=0,01x (60%PIB)]. Pour realiser 8% de croissance en 2010 le Mali doit trouver un financement supplémentaire de 320milliards (8x40milliards=320milliards). Mais à ce besoin financier il faut rajouter l'impasse budgétaire qui est, sans compter les dons, de 232milliardsCFA, Cela nous amène à un total en besoins réels de financement de 552milliardsCFA soit 14%PIB. Comment faire pour trouver, en 2010, ces 552milliards manquants et mettre le Mali sur une rampe de pays émergeant ?  Une partie de cette somme a déjà été réunie sous la forme de dons faits par les pays partenaires techniques et financiers pour un montant de 135milliards. Pour le reste soit 417milliards, pour que le Mali soit en voie d'être pays émergeant il lui faut rechercher cette somme dans l'épargne des familles et dans la capacité d'investissement des entreprises. Connaissant la réalité malienne nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper qu'à ce coût là, le Mali ne sera pas un pays émergeant. Ni en 2010, ni dans un avenir proche et prévisible. Car nous ne pouvons trouver ni dans l'épargne des maliens, ni dans le cash flow des entreprises la somme de 417milliards. Si ces 417milliards existaient ils seraient sous des matelas. Dans ce cas, les individus qui les ont acquis frauduleusement sont trop égoïstes, trop malhonnêtes, trop peu patriotes donc ils sont trop stupides pour aider la Nation. Il est vrai que les 180milliards de la vente de la Sotelma auraient pu aider. Judicieusement investis, selon les calculs économiques, ces 180milliards auraient potentiellement permis de produire 4,5% de croissance. Cette analyse nous fournit aussi un outil pour vérifier, à posteriori, si l'argent tiré de la privatisation de la BIM (Banque Internationale du Mali) et celle de la Sotelma (Société des Télécommunications du Mali), soit 220milliardsCFA, a été bien utilisé pour servir la croissance. Puisque si tel a été le cas, la croissance économique devrait être, selon les calculs, supérieure a 5,5%. Cette croissance devrait être retrouvée pour 4,5% au niveau des domaines financés par la privatisation de la Sotelma et pour 1% au niveau des domaines financés par la privatisation de la BIM.

 

Une esquisse de méthode de travail

Au Mali, à mon avis, la première chose à faire est de créer un système économique national. Il s'agit de faire en sorte que les entreprises créent du profit. Ce profit doit servir à créer des emplois et non à épouser une troisième femme, à acheter une seconde « Mercedes » à la quatrième épouse ou à envoyer la première épouse en pèlerinage à la Mecque. Les emplois rapportent des revenus aux familles. Ces revenus engendrent des dépenses qui vont aux entreprises pour autant que celles-ci produisent des biens de qualités consommables. Le fonctionnement normal de ce cycle est le premier vrai signal indiquant la bonne gouvernance économique d'un pays. Il repose sur le sérieux, la compétence des leaders d'entreprises mais aussi sur le comportement civique des citoyens. Dans ce système, deux agents ont des rôles très importants : les banques et l'Etat. Ce sont les banques qui collectent l'épargne des familles d'un coté et qui versent des ressources dans le système via les entreprises, de l'autre. Le gouvernement est le mécanicien de la voiture dont les entreprises sont le moteur et l'arbitre du match que constitue le fonctionnement régulier du système économique. Mais hélas, ni les banques, ni l'Etat, ni les entreprises, ni les (gros) salariés ne font leurs tâches. Pour cela, au lieu de voir dans la « Maison Fitch » et dans tout analyste sérieux un comploteur contre le Mali, les maliens doivent s'unir pour interpeller sans cesse la conscience collective de tous les maliens et la lucidité de chaque malien. Simples citoyens, leaders politiques, leaders économiques, leaders sociaux ; notre avenir est le même et se confond avec celui de notre pays. Oui le Mali n'est pas condamné à la pauvreté. Oui les maliens ne sont pas condamnées à la misère. Il ne suffit pas seulement de déclamer ces slogans, il faut surtout travailler concrètement à la rédemption nationale. La rédemption ne viendra ni d'une main secourable amie, ni du ciel. La rédemption commencera par la valorisation de la ressource humaine malienne. Par la formation et la motivation. Par la liberté qui conduit à la valorisation des talents immenses enfouis dans les meilleurs d'entre nous. La réussite d'un entrepreneur ne doit pas être le reflet de ses relations avec le pouvoir politique mais de son labeur. Les banquiers maliens ne doivent pas être des militants déclarés ou clandestins, à  la fidélité changeante, liés aux dirigeants politiques. Ils doivent servir l'intérêt de la nation en rendant le service pour lequel la banque existe : financer l'entreprise. Le faire avec intelligence. Financer uniquement le crédit à la consommation est certes facile et rentable pour les banques mais nocif pour le pays. Dans un pays où peu de richesse est créée, l'excès du crédit à la consommation (de produits importés) à des taux d'intérêts excessifs qui sont ceux que nous connaissons au Mali est une incitation à la corruption, au trafic de drogue, à l'incivisme économique et financier. Un défit réel est lancé aux banquiers maliens. C'est celui de pourvoir recycler la liquidité qu'ils ont entre les mains. Ils doivent et peuvent, grâce à leur énergie et à  leur intelligence, trouver les moyens de convertir en ressources longues les dépôts à court terme. Oui le Mali peut financer une bonne partie des efforts privés de son développement.

Mais ces « bonnes choses » nécessitent  la démocratie. La démocratie pratiquée dans un esprit républicain. La démocratie ? Je suis inquiet pour elle lorsque j'entends des « partis politiques de l'opposition » réclamer que le chef de l'opposition soit désigné par le Président. Ils pensent que la vie doit être nécessairement facile pour eux et que le pouvoir devrait se livrer à eux sans effort ni mérite mais par la volonté de subrogation d'un souverain temporel. Ah ! Bon Dieu. Si cela se réalisait, l'opposition cessera d'être l'opposition démocratique au gouvernement avec sa force de proposition alternative pour devenir l'opposition du gouvernement. Dans ce cas, le chef de cette opposition devrait être, au propre comme au figuré, logé au rez-de-chaussée de la Primature avec le Premier Ministre officiel au premier étage. Au fait qui est le chef de la majorité ? Qui le nomme t-il ? Où est-il ? Quels sont ses privilèges ?

Pour que le Mali soit sur la bonne voie menant aux « bonnes choses », nous devons faire naitre le civisme qui permet au malien de mériter la rédemption.

 

Dialla Konaté

Blacksburg, 11 février 2010

 



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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

1 commentaire:

code d'einstein a dit…

Blog(fermaton.over-blog.com),No-14. THÉORÈME DE HIGGS. - Le dieu rédempteur de la science ?