jeudi 28 janvier 2010

Un coureur des bois au pays du Karité.

Bonjour toutes et tous.
Je vous soumets ce fabuleux récit d'un ami du Mali et du Burkina Faso.
Son regard sur notre société marite beaucoup d'attention, notamment la responsabilité première des dirigeants qui n'ont souci, la plupart des cas, que d'eux-mêmes.
Ce que je signale en plus, c'est que le Mali compte plus de beurre de karité que le Burkina Faso. Cependant, le pays des hommes intègres en exporte plus que le Mali vers les USA dans le cadre de l'AGO initié par le président Clinton.
Bonne lecture.
SOD

Un coureur des bois au pays du karité
En mission de coopération internationale avec le CECI, j'ai l'occasion de donner un coup de main à deux organisations qui œuvrent dans le domaine du Karité. Ce blog a pour but de partager avec vous cette expérience et de vous donner l'opportunité de faire des commentaires et de poser des questions auxquelles je répondrai dans la mesure du possible et ce pendant que je suis sur place. Au plaisir!

27 janv. 2010
Le retour à Montréal : un bilan
Je suis revenu par Royal Air Maroc avec une longue escale à Casablanca. Longue, mais pas assez pour sortir de l'aéroport. Je me suis donc installé dans une cafétéria. Un petit enfant s'est mis à hurler sans fin, au point où ça devenait vraiment irritant. J'ai alors réalisé que pendant les quatre mois que j'ai passé au Mali et au Burkina Faso, je n'avais jamais entendu une pareille scène malgré l'omniprésence de jeunes enfants. Partout, on voit des enfants jeunes et moins jeunes qui s tournent autour de leur mère ou se promènent librement.. Ils ont toujours l'air serein. Un rien les fait sourire et ils répondent à toute tentative de communication quand il ne l'initie pas eux-mêmes. En fait, ils sont comme leurs parents.

Après quelques semaines au Canada, je dirais que c'est l'impression la plus forte que je garde de mon séjour là-bas. L'occidental qui met les pieds au Mali ou au Burkina Faso est d'abord frappé par les conditions difficiles de vie pour la grande majorité de la population. Transports bondés, habitations vétustes, petits commerçants précaires, conditions sanitaires minimales. Puis, au fur et à mesure que l'on entre dans la vie quotidienne des gens, on découvre de nouveaux obstacles plus ou moins bien cachés. Partout les gens vivent cette réalité non seulement avec dignité mais avec une certaine sérénité qui surprend. Rarement les gens sont à bout et laissent paraître malheur ou désespoir comme on peut le voir dans plusieurs villages autochtones du Canada, quartiers afro-américains aux Etats-Unis ou banlieues d'immigrés en France.

Ce qui est vraiment dommage, c'est que toute cette énergie est peu canalisée en ressources productrices. En Afrique, les leaders à la Nelson Mandela sont rares. Plus on se rapproche de la tête de l'État, les réseaux d'entraide, qui sont la source de survie pour la famille et le clan, deviennent des vampires qui sucent les ressources du pays. Les dirigeants s'enrichissent outrageusement et la population reste avec les miettes.

Comme occidentaux, nous avons aussi nos responsabilités. Les milliards que l'on déverse en aide internationale ne viennent pas compenser les dommages causés par nos subventions agricoles qui étouffent les paysans de ces pays. N'oublions pas que 80% de la population du Mali et du Burkina Faso vivent en milieu rural. Ils ne peuvent compétitioner nos agriculteurs subventionnés et mécanisés. L'oignon que l'on achète à Bamako vient d'Europe et non du paysan d'à coté. La production de coton, deuxième source de revenus pour ces deux pays, ne peut faire face aux milliards de dollars que reçoivent ceux des États-Unis. Le Canada n'est pas sans reproche. Derrière le discours de la souveraineté alimentaire qu'on tient ici, se cache le fait que nous sommes un des plus importants exportateurs de produits agricoles au monde.

La situation n'est pas désespéré, au contraire. L'Afrique avance. La démocratie prend lentement sa place. La corruption recule lentement, très lentement. Des initiatives sociales et économiques sont prometteuses. Entre autres, j'ai pu observer que le développement des coopératives de productrices de karité a un impact économique et social. Les maigres revenus qu'elles en tirent font la différence pour des gens habitués à vivre avec presque rien. De plus, la prise de pouvoir crée la confiance et certaines femmes ont tenté leur chance avec succès pour occuper des postes politiques.

J'ai eu l'impression de faire quelque chose d'utile et je vais continuer. En effet, j'ai ramené dans mes bagages un projet de commercialisation du karité pour l'industrie cosmétique en occident et qui se fera à partir de Montréal. Plusieurs organisations se sont montrées intéressées à soutenir ce projet. Au cours des prochaines semaines, je vous tiendrai au courant de l'évolution de ce dossier.
Je profite de l'occasion pour vous remercier d'avoir suivi mon périple. À ce jour, plus de 1,000 personnes de 49 pays sont venues faire 2,300 visites sur le blogue.

Une histoire à suivre…
Publié par DanielB à l'adresse 10:52

http://danielberthiaume.blogspot.com/2010/01/le-retour-montreal-un-bilan.html




--
Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
Tel (00) 223 222 32 44
Fax (00) 223 223 81 68
B.P. E3206 Bamako-Mali
Cel1 (00) 223 643 49 64
Cel2 (00) 223 653 83 44
skype: djaladjo32
site: http://www.aboubacrine-assadek.com/

Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

Aucun commentaire: