mardi 26 mai 2009

Rapport des Assises de l’Opposition : Un « empêchement » à la sénégalaise


Rapport des Assises de l’Opposition : Un « empêchement » à la sénégalaise
26/05/2009 01:57:00 LE REPUBLICAIN
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image Karim Wade

Avec le sens du rebondissement qui le caractérise, Abdoulaye Wade avait crée la surprise en déclarant, voici quelques mois, qu’il intégrerait volontiers les actes des Assises Nationales tenues par son opposition sous l’égide du respecté Amadou Maktar Mbow. Eh bien, il pourrait changer d’avis maintenant que le rapport qualifié d’audit de la nation est public. Pas que Wade aurait de grands problèmes avec l’appel soutenu à l’orthodoxie. C’est la loi du genre et les conclusions de ce rapport particulier sont valables pour presque tous les pays africains. Encore qu’ici, c’est une sorte de charte anti- Gondwana qui est proposée, donnant une idée de la distance à parcourir jusqu’à la case bonne gouvernance, mais sans personnaliser ni le problème ni la solution. Cependant, l’avenue Roume n’apprécierait que moyennement une des recommandations rappelant les temps ancestraux où une lutte homérique était engagée pour séparer l’Etat et l’Eglise. En fait, Une pierre dans le jardin du président mouride auquel est fait l’insidieux procès de mettre en danger la laïcité de l’Etat. En raison de la promiscuité de son pouvoir avec le populeux mais discipliné du fief mouride, autrefois bassin arachidier et aujourd’hui électoral du Sénégal. Pour ne rien arranger, un terme qui peut fâcher le président Wade est celui de patriotisme économique, un nouveau concept utilisé par l’opposition pour dénoncer ce qu’elle qualifie de gabegie. Mais là ou le bât blesse le plus et ne manquera pas du tout de blesser le président atypique, c’est que l’opposition veut dénier aux enfants, descendants ou ascendants au premier degré des chefs d’Etat le droit d’être candidats aux présidentielles. Trop ciblée pour être impersonnelle, cette recommandation ressemble, comme une sœur, à une stratégie d’empêchement de Karim Wade, recalé à la mairie de Dakar par la volonté des urnes, et depuis remis en selle comme super-ministre par un décret paternel, fût-il présidentiel. Dans les termes du terroir, Karim Wade serait, comme on dit, un cartouchard, c’est-à-dire quelqu’un qui aurait épuisé ses droits sans avoir même eu à tirer. Du seul fait de sa naissance. C’est gros, mais en matière d’alternance, il est difficile de faire mieux. Georges Bush fils aurait sans aucun doute mis le Sénégal dans les pays de l’axe du mal à cause de cette disposition « terroriste ».
Adam Thiam

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